Top ten de mes films préférés en 2006

Pas facile d'établir un classement auquel le dr. Orlof m'invite. Plutôt qu'un classement hiérarchique, je vous propose dix films, selon l'ordre d'apparition dans ma mémoire.

  • les Infiltrés
  • OSS 117
  • Le Parfum
  • Je vais bien, ne t'en fais pas
  • Thank you for smoking
  • Les Anges exterminateurs
  • Fauteuils d'orchestre
  • Camping
  • Mémoires de nos pères
  • Syriana

Hors de prix

Film français de Pierre Salvadori, avec Audrey Tautou, Gad Elmaleh (2006).

En ces temps de préparatifs de fêtes de la nouvelle année (j'en profite pour d'ores et déjà vous la souhaiter bonne), mon billet sera extrêmement bref, car le temps me manque. C'est sa première qualité. La seconde, qui sans doute ravira Marchange, est la suivante : pour une fois, je ne dirai (presque) pas de mal d'Audrey Tautou. Une date à marquer d'une croix blanche.

Jean, serveur timide d'un grand hôtel, passe pour un milliardaire aux yeux d'Irène, une aventurière intéressée. Quand elle découvre qui il est réellement, elle le fuit aussitôt. Mais Jean, amoureux, se lance à sa poursuite et la retrouve sur la Côte d'Azur. Rapidement ruiné, il finit par adopter le mode de vie de celle qu'il aime et s'installe comme homme de compagnie dans un magnifique palace. Ce nouveau statut le rapproche d'Irène qui accepte enfin sa présence. Elle lui donne alors des conseils et sans s'en rendre compte, s'attache de plus en plus à lui...

Audrey est excellente en garce, à croire qu'elle ne joue pas un rôle mais se comporte comme au naturel. Ses yeux noirs de vache agitée par le passage d'un train dégagent un sentiment de garcitude particulièrement élevé. Voilà pour le gimmick habituel. Pour le reste, elle est encore plus belle que d'habitude, et c'est peu dire, et ses robes, toutes plus affriolantes sinon affolantes les unes que les autres laisseraient presque sur le carreau Isabelle Carré. Elle ne porte pas souvent de sous-vêtements dans le film, et ce n'est pas moi qui la blâmerait. Gad Elmaleh est lui aussi un petit serveur timide et gentil plus vrai que nature.

C'est du reste à mon sens le principal point fort du film : j'ai l'impression que les deux héros ne jouent pas, cabotinent encore moins, et sont tout simplement "comme au naturel". C'est sans doute la force de cette comédie sans prétention, typique du renouveau de cinéma comique à la française, quoique de moindre qualité scénaristique que Quatre étoiles par exemple. Le malentendu comique de leur rencontre est en effet un peu trop téléphoné. Ce film vous fera passer de très bons moments grâce à des acteurs irrésistibles qui ont pris un plaisir évident à nous faire plaisir, ce qui n'est pas si mal.

Le nouvel individualiste

Si chaque être humain est par nature individué, est-il pour autant un individu au plein sens du terme – un être pleinement individualisé ? Rien n’est moins sûr mais rien n’est en même temps plus aisément repérable et à portée de qui se propose de le devenir : une tâche cependant jamais achevée , et toujours risquée.

L’individu véritablement accompli use de son libre arbitre en s’autodéterminant rationnellement, sans confondre sa subjectivité avec le réel. Fort et fier d’être responsable de soi et de marcher debout tout seul sans tuteur, ni coach ni béquilles, il entend avant tout se décider par lui-même. Il tient à son intimité et son quant-à-soi, tirant sa force d’âme et son identité seulement d’une vie intérieure exigeante. Il sait qu’il faut être dur avec soi-même pour connaître l’estime de soi, que rien ne lui est dû et n’est jamais acquis. Ses choix ne dépendent pas de l’approbation des autres et il n’hésite pas à faire cavalier seul si nécessaire. Exclusif propriétaire de soi, il n’appartient pas mais s’appartient. Ce n’est ni un animal social, ni un produit social et encore moins une construction sociale. Pas davantage le maillon d’une chaîne, le membre d’un groupe tribal, le fragment d’un tout ou la petite cellule fonctionnelle d’un organisme social. Ni isolé ni replié sur lui-même, il ne se veut pas consensuel et convivial à tout prix.

Le nouvel individualiste n’est personne d’autre, dans les circonstances actuelles, que cet individu à part entière, déterminé à réaffirmer sa souveraineté morale sur soi sans se laisser faire et sacrifier par les machinations renouvelées de la tyrannie du collectif et du grégaire. C’est pourquoi il exècre par dessus tout le nouvel…ordre moral à double visage – classiquement puritain (familialiste, hygiéniste…) et celui de la bondieuserie sociale (la fabrication égalitariste de « droits à » aux frais des autres…) – et les fameuses « valeurs féminines » (lesquelles répugnent aux libres individues féminines : bienvenue aux « nouvelles individualistes » !) qui le soutiennent : cette douceâtrie maternaliste qui infantilise, cette compassion dévoyée pour tous ceux qui violent le droit des autres et se posent en victimes abusives. Il n’aime pas davantage le pseudo-antiracisme, le multiculturalisme, l’immigrationnisme, les repentances et l’idolâtrie de l’ « Autre » - bref, tout ce qui procède de la culpabilisation anti-occidentale et de la haine de soi. Ni non plus la reconfessionnalisation islamisée de la société ou l’extravagant couplage de l’autocensure et de l’hypertolérance relativiste. Et les nouvelles minorités tyranniques ne trouvent pas plus grâce à ses yeux que la vieille tyrannies de la majorité. Grands-prêtres d’un intérêt général écrasant les intérêts particuliers, régulateurs du lien social, ingénieurs sociaux de la « discrimination positive » et de la solidarité forcée, néo-collectivistes de la retribalisation à grands renforts d’identités communautaires et entrepreneurs de bonheur public qui savent mieux que les intéressés ce qui est bon pour eux : tous ceux-là sont ses bêtes noires. Pour faire bonne mesure, il abhorre le néo-esclavagisme fiscal « citoyen » aux fins de redistribution autant que le gérontocratique principe de précaution. Et il a en horreur l’anti-américanisme primaire comme toute idée de gouvernement mondial…

Son individualisme rationnel et libéral n’a donc rien à voir avec un narcissisme subjectiviste et puéril, ni l’égoïsme primitif des prédateurs, ni le repli frileux d’un autarcique « chacun chez soi », ni encore la coquille vide et le conformisme du prétendu « individualisme démocratique » de masse – ces simulacres qui caractérisent l’époque. S’il est le premier à respecter la liberté individuelle de tous ceux qui respectent la sienne, l’usage qu’il fait de cette liberté pour son propre compte procède de l’adhésion à une hiérarchie objective des valeurs privilégiant propriété et responsabilité de soi comme l’indépendance critique de l’esprit. Et s’il renoue avec un « rugged individualism » où l’on entend d’abord vivre pour soi, il s’engage volontiers pour défendre là où elle est bafouée la liberté de tout autre individu lui-même respectueux de la liberté des autres. Et ne demande pas mieux que pratiquer un coopération volontaire et contractuelle sans laquelle il n’aurait guère de plaisir à vivre. Mais comme il n’attend plus grand chose de l’évolution d’une société française (européenne) peuplée de morts-vivants et que, foncièrement sceptique (ou réaliste), il n’espère guère que dans un lendemain qui chanterait puisse advenir un monde harmonieux seulement composé de libres individus respectueux du vrai droit des autres, ce mécréant et mal-pensant se propose au mieux de contribuer à l’avènement d’une informelle confédération d’individualistes bien trempés conjuguant leurs efforts pour préserver leur souveraineté autant contre la mentalité grégaire et les idéologies collectivistes de tous poils que contre les intrusions arbitraires et excessives de l’Etat.

http://web.mac.com/nouvel1dividualiste/iWeb/Site/Numero%201.html

Quatre étoiles

Film français de Christian Vincent (2006). Avec Isabelle Carré, José Garcia, François Cluzet

Christian Vincent, auteur de La Discrète, est un réalisateur de qualité (certes inégale). Du drame psychologique (La Séparation, avec Daniel Auteuil), à la comédie de moeurs (Je ne vois pas ce qu’on me trouve avec Berroyer), Christian arrive sans cesse à capter l'intérêt des spectateurs. Ce qui n'est pas une sinécure.

Quatre étoiles est une comédie somme toute assez classique mais qui s’avère finalement assez originale dans le paysage dévasté du genre dans son acception hexagonale. Première piste : l’héroïne s’appelle France mais veut qu’on l’appelle Franssou car ça fait moins patriotard. Vincent prend la même tangente : lorgner du côté de l’Amérique plutôt que vers gros comique à la française qui tache. Franssou (Isabelle Carré) vient donc de toucher un héritage inattendu, important sans être colossal (50.000 euros) . Plutôt que de placer cet argent, elle décide de s’accorder du bon temps et file en villégiature au Carlton, à Cannes. C’est là qu’elle fait la connaissance de Stéphane (José Garcia), petit escroc exubérant qui se fait passer pour le manager d’Elton John, qui tente d’arnaquer un ancien pilote automobile (François Cluzet) en lui refourguant une villa qui ne lui appartient pas et qui croule sous les dettes de parties de poker perdues. Par nécessité pécuniaire, notre couple va donc se trouver uni et les dettes de cœur vont succéder aux dettes d’argent.

Si ce petit film sans prétention ne brille pas par son originalité, le scénario se déroule naturellement, et les comédiens sont excellents. José bien sûr, Isabelle certes, mais plus encore François, absolument génial et crédible dans son rôle de dadet milliardaire, obsédé par les voitures de sport et incapable d'aligner trois mots face à une jolie fille.

Isabelle Carré n'est pas une actrice que j'apprécie outre mesure, en général. Je la trouve fade, froide, insipide, un peu une Nicole Kidman française. Certes bien meilleure actrice qu'Audrey, mais vraiment pas une étoile du septième art pour autant. Cette fille de designer et de sa secrétaire dégage néanmoins un charme particulier, parfois, dans certains de ses films, notamment dans La Femme défendue, et plus encore dans le magnifique Se souvenir des belles choses. En tout cas, et Quatre étoiles en est une démonstration, au même titre que les films précédemment cités, Entre ses mains ou Holy Lola, Isabelle a une palette de style qui la rend bien supérieure à beaucoup d'autres actrices contemporaines. Isabelle a dans ce film la particularité, qu'on ne saurait lui reprocher, de ne jamais, pas une fois, dans aucune scène, pas un seul instant, porter un soutien-gorge. Sans doute une forme rare d'allergie au soutif, comme Juliette. Au service de robes plus incroyables les unes que les autres. Comme à mon habitude, vous trouverez quelques photos de la belle plus bas.

Mon ami le Dr. Orlof le dit mieux que moi :

Quand à Isabelle Carré… (soupirs !). Je vous ai déjà dis ma passion pour cette actrice exceptionnelle et elle est une fois de plus irrésistible. La délicieuse petite blonde à l’allure étudiante angélique que Christian Vincent avait révélé dans Beau-fixe est devenue une caméléon aussi crédible en modeste prof parisienne qu’en vamp des hôtels cannois. Pétillante à souhait, elle irradie le film de son sourire enjôleur et de sa grâce mutine.

Un agréable moment donc, sans prétention : voilà les deux qualités de ce film.

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L'Etat et votre liberté

Charmants

j'aime ces charmants commentaires ; ils me donnent envie de suggérer à mes détracteurs qu'ils sont libre d'aller se faire foutre sur l'ensemble de la blogosphère, et que si leur cornée se fatigue en parcourant mon blog, ils peuvent - mieux, ils doivent ! - tout à fait s'en passer.

Pour être tout à fait honnête, je reconnais volontiers que ma réflexion ne fait pas toujours, et ce n'est rien de le dire, montre d'une profondeur extraordinaire ; j'ai tendance à être plus tâcheron que philosophe, et souvent je n'apporte rien à ce qui a déjà été écrit ou dit par ailleurs. Pour autant, si mes propos intéressent, ne serait-ce qu'une seule personne, alors je n'aurai pas fait cela pour rien.

Quant aux menaces proférées par des admirateurs des grands bouchers du XXe siècle, ceux qui font passer les nazis pour de modestes humanistes provinciaux, laissez-moi rigoler.

Nemo censetur ignorare Copeau

J'aborde rarement l'actualité politicienne, je l'ai déjà dit, vous le savez. Parfois, j'évoque (assez brièvement) l'actualité nationale, voire internationale, mais sous un angle relativement neutre ; j'aborde aussi des questions économiques ou philosophiques, mais jamais, ou plus exactement presque jamais, l'actualité à travers le prisme de la « politique politicienne ».

C'est tout particulièrement vrai de la vie politique locale, que j’ai abordée deux fois maximum en trois ans.

Mais, alors que les élections présidentielles se préparent, c'est de la vie municipale dont je voudrais parler.

Il me semble partager un souci majeur avec mes camarades libertariens, ou libéraux de gauche : notre positionnement n’est pas clair, pour la quasi-totalité des gens. Sauf à lire Thierry Crouzet, qui, lui fait preuve d’une rare honnêteté, le commun des mortels ne sait pas ce que c'est que le libéralisme. L’assimile à la droite, c'est un réflexe connu. Eculé même. Et pourtant faux. Lorsqu’on est de droite et libéral, évidemment, on ne se pose même pas ce genre de question. L’un semble découler naturellement de l’autre. Lorsque, comme mon ami Farid (Farid est un pseudonyme, suffisamment vague pour préserver son identité, suffisamment précis pour que l’intéressé se reconnaisse), on a une position libertarienne jusqu’au-boutiste, refusant tout processus électoral, tout vote, tout engagement, on n’a pas non plus ce genre de questionnement.

Lorsqu’on est de gauche, ou qu’on refuse ce bipolarisme fleurant bon les années soixante, on se pose cette question. Et convaincre nos interlocuteurs du bien-fondé de notre démarche, de la sincérité de notre engagement, est un combat de tous les instants.

Pour me faire mieux comprendre, je prendrai donc mon exemple local, l’exemple lyonnais. S’affrontent un candidat de gauche, qui a des rapports détestables avec le parti socialiste dont il est issu, tant ses idées renvoient plus au centre voire à droite qu’à la doctrine socialiste orthodoxe. Ce qui lui vaut bien évidemment une haine viscérale de la part de nombre de ses camarades, qui ne voient en lui, au mieux, qu’une machine efficace à gagner les élections.

Face à lui, un candidat de droite, ministre des transports, pas plus parachuté à Lyon que le précédent, moins même, comme beaucoup le croient à tort. Un type fortement marqué à droite, à la manière de Sarko, et qui tente vainement depuis deux ans de se départir de cette image qui lui colle décidément trop à la peau.

Le premier n’est pas libéral ; le second encore moins.

Alors qu’il était ministre de la Justice, on dit Garde des Sceaux, Perben, c'est son nom, a présenté et fait voter deux lois profondément liberticides. La seconde en particulier. Les droits de la défense, les libertés civiles, les libertés publiques, les principaux pendants de notre droit pénal et civil ont été impactés par la folie sécuritaire de notre ministre. Comme j’enrage de ne point avoir eu le temps, à l’époque, de ferrailler davantage contre ce projet de loi. Mais cela appartient désormais au passé.

Arrivé aux Transports, notre ministre a fait montre de bien moins d’efficacité. Ou plutôt d’une inefficacité patente. Aucun des projets qu’il était censé porter, d’ampleur parfois stratégique, n’ont abouti. Tous sont restés au point mort. Ce qui est un peu embarrassant pour qui comptait en faire un argument majeur de sa campagne municipale. Ce n’est pas mon problème, c'est le sien.

En tout cas, une chose est sûre : je ne vois vraiment pas pourquoi je devrais spontanément voter pour Perben. Ou, pour dire les choses autrement : je ne voterai certainement pas pour lui. Tout le reste n’est qu’argutie.

Arlette Rouge

Cent jours

Dans cent jours, ce blog fermera. Le compte à rebours est lancé.

A matter of life and death

Iron Maiden a sorti il y a quelques mois son quatorzième album. Il s'intitule A Matter of Life and Death. Afin que vous puissiez vous faire une idée, j'ai mis en écoute sur la radio obscure deux morceaux : Out of the Shadows et For the Greater Good of God.

Cet album prend la continuité logique des deux précécents, Brave New World et Dance of Death, qui ont marqué le retour à la fois de Bruce Dickinson, le chanteur historique du groupe, et d'Adrian Smith, guitariste qui avait quitté le groupe à la fin des années 80. On reconnaît bien évidemment le son typique que ce groupe avait déjà dans les années 80. Certains morceaux, qui abusent parfois des choeurs, rappellent par exemple un Heaven Can Wait, ou tel morceau de Piece of Mind.

Pourtant, à l'écoute, il me semble que la période Bayley, l'ex-chanteur, n'a pas été totalement éludée. Plusieurs titres, une majorité même, débute avec une intro à la basse qui rappelle tout particulièrement Virtual XI, qui reste pour moi, et non je n'ai pas honte de l'écrire, l'un des meilleurs albums du groupe anglais, l'un des plus aboutis, l'un des plus différents aussi. On est très très loin des intros progressives de Somewhere in Time.

En conclusion, un bon album, sans être excellent. Un peu à l'image de Dance of Death, qui m'avait laissé un peu indifférent, quoique composé de morceaux de très bon niveau. Ce qui est certain, c'est qu'Iron Maiden ne sait définitivement pas faire de mauvais album. Même le plus médiocre (No Prayer for the Dying) reste bien meilleur que le meilleur album de nombre d'autres groupes, tous styles confondus.

Delpech Mode

Delpech Mode est le premier groupe des années 150 (70 + 80). Il se compose de deux membres conscrits : David Tourniaire et JG.

Véritable pont anachronologique et transgénérationnel, Delpech Mode unit et réunit « les cheveux blonds, les cheveux gris » (Michel Sardou).

Recueillant les mots de Michel Delpech (MD 70) et les mariant aux harmonies de Depeche Mode (DM 80), Delpech Mode élabore une musique mutante, un (dé/re)cloisonnement verbal et phonique fécond : le concept du « 2 en 1 ».

Mixant les époques, Delpech Mode en crée par là-même une nouvelle : « le futur antérieur ».

Pour découvrir cet OVNI musicologique, vous pouvez regarder ceci :

Je vous conseille de vous jeter sur les clips, ils ne sont même pas hilarants, ils sont tout bonnement ahurissants ! Les pochettes, les photos officielles, les passages radios, tout est bon, rien à jeter.

Les Infiltrés

Film maffieux (2006) réalisé par Martin Scorsese, avec Leonardo DiCaprio, Matt Damon, Jack Nicholson, Vera Farmiga, Mark Wahlberg, Martin Sheen, Alec Baldwin et j’en passe…

A Boston, une lutte sans merci oppose la police à la pègre irlandaise.

Pour mettre fin au règne du parrain Frank Costello, la police infiltre son gang avec "un bleu" issu des bas quartiers, Billy Costigan.

Tandis que Billy s'efforce de gagner la confiance du malfrat vieillissant, Colin Sullivan entre dans la police au sein de l'Unité des Enquêtes Spéciales, chargée d'éliminer Costello. Mais Colin fonctionne en "sous-marin" et informe Costello des opérations qui se trament contre lui.

Risquant à tout moment d'être démasqués, Billy et Colin sont contraints de mener une double vie qui leur fait perdre leurs repères et leur identité.

Traquenards et contre-offensives s'enchaînent jusqu'au jour où chaque camp réalise qu'il héberge une taupe. Une course contre la montre s'engage entre les deux hommes avec un seul objectif : découvrir l'identité de l'autre sous peine d'y laisser sa peau...

Ce film est le remake du hong-kongais Internal Affairs, réalisé en 2004 par Andrew Lau et Alan Mak. Ming et Yan, les deux équivalents chinois de Costigan et Sullivan, sont également fatigués des rôles que leur font jouer, dans l'ombre, leurs patrons respectifs. Ming rêve de devenir un vrai policier. Yan est las de tuer au nom de la justice et voudrait pouvoir se retirer enfin.

Ce film est servi par un suspense haletant, une mise en scène de qualité (on n’en demande pas moins à Scorcese), le tout au bénéfice d’un scénario aux multiples rebondissements, un peu à la Sixième sens si vous voulez. Les deux personnages principaux sont excellement joués, Léonard tout particulièrement rayonne comme jamais. Matt est la pire ordure qu’on imagine. Il couche avec Mrs French, psy jouée par la fascinante Vera, pas spécialement belle, ni bien foutue, mais au charme ahurissant. Vera tombera amoureuse de Léo, d’un amour impossible, et ne découvrira sa véritable identité que trop tardivement.

Jack est un vieux maffieux plus vrai que nature, bien qu’à titre personnel, j’aurais plus volontiers vu un Al Pacino dans ce rôle, proche d’un John Milton de l’Avocat du diable. Jack joue souvent les mêmes rôles, même si, à la différence d’autres (non, je n’ai pas parlé d’Audrey, je citerai, disons, Jean Réno pour une fois) il les joue bien.

Mais ce qui à mon sens fait la force de ce film oppressant, c'est la qualité des seconds rôles : Mark, Martin et Alec sont de très bons acteurs, admirablement dirigés ici, et apportent au scénario la crédibilité dont il manquerait sans eux. Plus précisément, ils réhaussent les scènes au commissariat notamment, où l’on sombre dans tous les poncifs du genre (un fuck tous les deux mots, des flics qui se renvoient la balle en permanence, personne sur qui on peut compter, etc) tout droit issus d’une série médiocre des seventies. A part ce point très faible, le reste du film me semble d’un excellent niveau. Un très bon moment, une pléiade d’acteurs de talent, et pas d’Audrey Tautou à l’horizon. Que demander de plus ?

(je sais, je n’ai pas pu m’en empêcher)

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