Nous sommes les vrais rebelles

Les vrais rebelles, ce sont ceux qui s'opposent à la centralisation étatique, au dirigisme autoritaire.

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Europa vs Froggistan

Un excellent post de Taranne sur la position de la France face à la nouvelle commission européenne.

En voici un extrait :

L'initiateur du grand-projet-français-pour-l'Europe, le Très Saint et Très Révéré Charles de Gaulle freina autant qu'il put l'entrée du Royaume-Uni dans le Marché Commun, arguant que ce serait une catastrophe. De fait, la Perfide Albion ne reçut son carton d'invitation qu'en 1973, soit trois ans après la mort du Général, et notre presse ne s'est pas gênée depuis pour fustiger l'"euroscepticisme régnant Outre-Manche, l'insistance de Londres à obtenir des passe-droits pour certaines règles communautaires - notamment fiscales et sociales - ou le refus acharné des Britanniques d'abandonner la Livre Sterling au profit de l'Euro.

Il n'en reste pas moins que, malgré toutes ces tentatives plus ou moins réussies de faire partie de l'Union sans en faire partie, ce n'est pas Londres qui depuis quarante ans modèle l'Europe à sa convenance, avec le secret désir d'en faire une réplique d'elle-même à l'échelle continentale, laissant aux autres le choix fort simple de lui lécher les bottes ou de la boucler. De même que ce n'est pas elle qui pioche régulièrement dans les caisses de l'Union pour renflouer une économie qu'elle n'a ni la volonté ni l'envie de réformer drastiquement. Bref, ce n'est pas la Grande-Bretagne qui torpille l'Europe. C'est bien à nous, et à nous seuls, que revient le mérite de cet exploit.

Punks libertariens

New site For libertatarians

Question authority. Do it yourself. Be an individual.

Not only are these *punk* concepts, they're also *libertarian* concepts.

The goal of libertarianpunk.com is to offer a place for people who believe in questioning authority and thinking for themselves to debate how such ideas should be extended into politics. We personally would like to connect punk rock to libertarianism because we believe the two share common core beliefs. But we're not out to convert everybody to our political ideology or to brainwash you into believing that all "punks" think alike. We're just sick of the absolute stranglehold the media exercises over politics in America and how everything is branded either "liberal" or "conservative." It's either John Kerry or George Bush.

But it's not simply John Kerry and George Bush! There are four candidates who will be on the ballot in a great deal of states: Kerry, Bush, Michael Badnarik, and Ralph Nader.

What, you've never heard of Michael Badnarik? Now you know why we're here.

Les mains sur la tête et crache ton chichon

Pendant que Vincent publie un excellent billet sur les inégalités en France et aux USA, et les richesses comparées des foyers français et US, Jeffrey Miron, Professeur à l'Université de Boston, sort un nouveau bouquin consacré à la folie sécuritaire des Américains à l'encontre des drogués et des dealers, intitulé Drug War Crimes: The Consequences of Prohibition.

On y découvre que 318 000 américains sont derrière les barreaux pour le pas avoir respecté la prohibition sur les drogues. Ce qui représente plus que le total des prisonniers incarcérés pour ce motif en Angleterre, France, Allemagne, Espagne et Italie cumulés. Plus d'un million et demi d'Américains sont arrêtés chaque année pour des infractions à la législation sur les drogues. Le plus souvent pour une simple possession, pas pour du trafic. La plupart des gens qui se font arrêter avaient en réalité violé des lois mineures (vol à la tire, excès de vitesse, prostitution, etc). Si bien que

  • la répression effectuée de la police américaine ne touche qu'une infime partie des utilisateurs de drogues (estimés à 28 millions)
  • si vous respectez le code de la route et diverses lois banales, il y a peu de chances pour que vous soyez repéré.

Par ailleurs, la prohibition des drogues ne permet de coffrer que le menu fretin, pas les caïds, qui, eux, bien sûr, restent intouchables. Les 33 milliards de dollars que le gouvernement des Etats-Unis dépense annuellement pour imposer la prohibition de drogue, ont été plus efficace pour stimuler la corruption parmi les fonctionnaires publics que pour réduire la consommation de drogue.

Miron explique a contrario comment et dans quelle mesure la prohibition accentue la violence de rues, les risques sanitaires des utilisateurs, la réduction des libertés individuelles. Comment elle empêche l'utilisation médicale et thérapeutique des drogues. In fine, cette législation répressive aboutit à un transfert massif de richesses au profit des criminels. Voici pourquoi la War on drugs doit être abolie.

A lire sur le blog d'xxc : Borloo futur prix Nobel d'économie.

Un café et l'utraddition, s'il vous plaît

Quand j'étais p'tit, j'adorais Wingman. C'était un personnage de DA, caricature des bioman et autres super-héros nippons du moment, et il était amoureux en secret d'une fille timide aux cheveux roux.

Mais cette série se moquait tout particulièrement, allez savoir pourquoi, d'un dénommé Ultraman. Il est vrai que le héros de ce navet était risible avec son costume moule-bite et son casque à la crête rouge et aux yeux de carpe. Tout comme Wingman, j'aimais bien me moquer d'Ultraman.

Mais à présent, c'est à mon tour d'être traité d'ultra.

Quoi ? si j'avais été catholique, on m'aurait soupçonné - à juste titre - de tendances ultramontaines, car je suis plus ou moins d'origine italienne. Mais je ne suis pas catholique. Chercher dans cette direction, c'est par conséquent faire fausse route. Si j'avais été communiste à la grande époque, celle des goulags, peut-être aurais-je été un utra-hortodoxe. Mais je suis né bien trop tard pour en profiter. Je voulais faire des études de dictateur communiste, un beau métier, où on liait les avantages de la vie sociale et de la reconnaissance professionnelle. Mais les gens sont ingrats. Certains ont même protesté contre cette soi-disant atteinte à leur liberté. Comme si les pauvres (et pourquoi pas les capitalistes, tant qu'on y est !), ont droit à une quelconque liberté !

Enfin bref, j'ai du me résoudre, en rongeant mon frein, à trouver autre chose.

La science aurait été un bon choix. J'aurais pu étudier la praxéologie des ultraviolets, leur nocivité, ou encore les développements possibles des thérapeutiques basées sur les ultrasons. Mais je ne goûte pas trop à la science.

Toujours ultra-actif, c'est en prenant ce matin un ultramway que j'ai enfin réalisé quelle était ma voie : il me suffisait, afin d'incarner l'Ultraman que je raillais jadis, de devenir un ultralibéral. Ouais, trop cool, un ultralibéral. Plus besoin de courir après les ULM, les petites fêtes ultramondaines. Voici quelle est ma voie : devenir ultralibéral.

Bien sûr, j'aurais pu aller boire des bibines avec les ultras de Marseille, tout en butant des Arabes à la mi-temps, mais le sport, c'est pas trop mon truc. Je suis ultra-feignant et je préfère siroter ladite binouze devant ma télé.

Remarquez, être ultralibéral, c'est pas ultratendance de nos jours. Ben oui, il vaut mieux arracher quelques champs d'OGM avec mes potes les ultra-antimondalistes, célébrer des mariages homos avec un maire ultra-citoyen. Dans une société comme la nôtre, mieux vaut ne pas soulever la robe de la mariée citoyenne, car ses dessous ne sont pas des plus râgoutants. C'est pas ultrapropre, si vous préférez.

Etre ultralibéral, c'est franchement pas très positif de nos jours. Libertarien passe encore, mais ultralibéral, ah là non, faut pas, ma p'tite dame. C'est pô bien. Et croyez bien que pour moi, qui suis plus victime que coupable de cette qualité dont on m'affuble, c'est une tragédie. Une ultragédie.

Rien ne vaut les ultramifications de l'ultra-gauche pour se refaire une santé. C'est bien plus ultratendance, vous savez. C'est même ultravantageux, je trouve. Rien de tel pour devenir une ultra-star auto-proclamée de la blogosphère, un vrai contestatire-consensuel, un con-con.

J'en profite pour vous inviter à poster des ultrackback ci-après.

AshQI-nazes

Les ashkénases auraient un QI moyen de 15% supérieur à celui des autres européens.

Dans le genre d'informations politiquement incorrectes, ce texte fait très fort.

Ce serait bien triste si c'était vrai - mais j'ai tendance à croire que c'est vrai. Ce qui me désole, c'est que malheureusement pour moi je ne suis ni ashkénase, ni même juif.

L'individualisme

Bon il semblerait que tout le monde se foute de ce billet, qui a pourtant grande importance à mes yeux. Je le remonte donc, dans l'espoir de vos commentaires...

Je suis en train de relire l'Essai sur l'individualisme de Louis Dumont. Un ouvrage pas facile d'accès, pas toujours très pertinent, mais ô combien intéressant.

Dumont brille essentiellement dans son explication de l'émergence de l'individu par, puis en opposition avec, le monde chrétien. Les conséquences qu'il en tire sont moins intéressantes.

lire la suite

Vive Constantin !

From DeviantArt

Constantin est l'un des tous meilleurs bloggeurs d'internet. Voici in extenso son dernier billet, je ne résiste pas à l'envie et au plaisir de vous en faire part ici :

Jarrod est né à Corpus Christi, au Texas. C'est un "Born-Again Christian", un membre d'une tendance très puritaine du protestantisme. Il ne boit ni ne fume. Il n'a même pas vingt ans et vient pourtant de se marier. Pour lui et son amie, il était en effet impensable d'avoir des relations sexuelles en-dehors des liens sacrés du mariage. Les hormones étant ce qu'elles sont ...

Hicham, lui, est né à Bruxelles. Il fait sa prière cinq fois par jour et se rend à la mosquée le vendredi. Chaque mois, il met un peu de son salaire de côté. Il espère ainsi pouvoir effectuer dans quelques années un pélerinage à La Mecque. Il ne boit jamais d'alcool, mais se laisse parfois aller au plaisir d'un petit "joint"...

Sabrina est coiffeuse à La Louvière. Tous les vendredis, elle retrouve quelques copines pour une virée en boîte. Elle est d'autant plus impatiente qu'on soit vendredi que ce n'est pas son tour d'être "Bob". Elle pourra donc ingurgiter autant de Vodka-Red Bull qu'il lui plaira. Si elle rencontre un garçon qui lui plaît, il est fort possible qu'elle ne rentre pas chez elle avant samedi ...

Benoît est un altermondialiste convaincu. Chaque année, il part avec ses amis protester contre la mondialisation dans la ville où se tient un congrès de l'Organisation Mondiale du Commerce. Benoît n'aime pas la violence. Il se contente de rédiger et de distribuer des tracs, et de mettre à jour le petit site internet de son mouvement. Avant-hier, il est allé à Bergen-op-Zoom dans un "Coffee-Shop" avec deux amis. Ils ont ramené un petit peu d'herbe, de quoi tenir le mois. Ben et ses copains ne sont pas de gros fumeurs, mais ils aiment bien regarder le Loft en fumant un petit "stick" histoire de bien se laisser pénétrer par l'absurdité de cette émission. Il a croisé Hicham en rue hier, et lui a vendu un peu d'herbe, histoire de le dépanner...

Albert est un petit fonctionnaire tranquille. Le matin, dans un café près de la Gare Centrale, il boit un petit Maes pour se mettre en forme. Le soir, avant de prendre le train, il retournera à "L'Empereur" pour en boire une petite dizaine pendant qu'il fait une belote avec ses collègues du ministère de la justice. Son médecin lui a dit qu'il ferait bien d'arrêter, que son coeur est fragile et que son foie n'est plus très en forme. Ca le déprime. Il commande un petit whisky pour se remonter le moral.

Ce matin, en se rendant au travail, Hicham s'est fait agresser par de jeunes islamistes. Ils lui reprochaient de serrer la main aux infidèles. Ils l'ont même vu embrasser une fille sur la joue. Hicham s'est bien défendu, mais il a un oeil au beurre noir. Comment va-t-il expliquer ça à sa mère ?

La maman de Benoît aimerait bien que son seul souci soit le visage tuméfié de son rejeton. Ce matin, elle a été tirée de son lit par trois agents de police pourvus d'un mandat de perquisition. Ils ont trouvé du cannabis dans la chambre de Benoît et ont emmené ce dernier avec eux. Ils disent qu'on l'a vu en vendre en rue hier.

Sabrina, elle, pleure dans le petit réduit où se trouve la machine à café du salon de coiffure. Quelqu'un a écrit "sale putt" avec une bombe de peinture sur la porte de son petit appartement pendant la nuit. Elle se demande pourquoi les gens sont si méchants. Elle ne demande rien à personne, elle. Tout ce qu'elle demande, c'est qu'on la laisse vivre tranquillement sa vie. Après tout, elle n'a tué ni volé personne.

Benoît non plus n'a jamais tué ni volé. Il ne croit pas en dieu, mais ça ce n'est pas très grave. Il est en bonne santé et se demande ce qu'il peut bien faire derrière ces barreaux. Tout ça pour un petit bout de "shit" refilé hier à Hicham.

Vois-tu, Benoît, chacun est libre de se ruiner le foie à coups de Jupiler si ça l'amuse , ou de s'envoyer en l'air sans préservatif et en-dehors d'une union bénie par notre Sainte Mère l'Eglise. Jarrod, lui, désapprouve ce genre de comportement. D'ailleurs s'il connaissait Benoit il trouverait sans doute à redire à sa consommation de cannabis. Mais il ne se mêle pas des affaires des autres quand elles ne le concernent pas. On ne peut hélas pas en dire autant de l'Etat.

Syndicaux, piège à veaux

Le taux de syndicalisation s'élève en France à 9%. C'est pire que partout ailleurs, même en Espagne (10%) et en Allemagne (24%), pays pourtant marqués par un déclin rapide du syndicalisme. La représentativité des syndicats est donc quasi nulle.

Représentativité dis-je ? Mais de quelle représentativité parle-t-on ?

Le premier pas de la dictature est ici.

La loi du 27 décembre 1968 dispose que seuls les syndicats dits représentatifs - ceux qui n'ont pas commis de crime de collaboration avec les Allemands durant la Seconde guerre mondiale - sont admis à présenter des candidats aux élections, les autres ne pouvant se présenter qu'au second tour, à supposer qu'il y en ait un.

Vous ne me croyez pas, tellement c'est énorme ?

Et pourtant, c'est vrai. Pompidou avait accordé cet avantage auxdits syndicats pour s'acheter un peu de paix sociale, dès 1966. Deux ans plus tard, il a compris où ça l'a mené.

L'article L. 133-2 du code du travail dispose que " la représentativité des organisations syndicales est déterminée d'après les cinq critères suivants : les effectifs, l'indépendance, les cotisations, l'expérience et l'ancienneté du syndicat et l'attitude patriotique pendant l'occupation ".

En application de ces principes, cinq organisations syndicales bénéficient d'une présomption irréfragable de représentativité en vertu d'un arrêté du 31 mars 1966, il s'agit de la CGT, FO, la CFDT, la CFTC et la CGC. Cette qualité leur permet de désigner un délégué syndical, constituer une section, présenter des listes au premier tour des élections professionnelles.

Détermination des organisations appelées à la discussion et à la négociation des conventions collectives de travail

Le Premier ministre et le ministre des affaires sociales,

Vu la loi du 11 février 1950 relative aux conventions collectives et aux procédures de règlement des conflits collectifs du travail ;

Vu la décision du président du conseil des ministres et du ministre du travail et de la sécurité sociale en date du 8 avril 1948 ;

Conformément à la décision prise en conseil des ministres le 31 mars 1966,

Arrêtent :

Article unique. - La liste des organisations syndicales nationales de salariés désignées par l'article 2 de la décision susvisée du 8 avril 1948 comme les plus représentatives est modifiée comme suit :

" La confédération générale du travail ;

" La confédération générale du travail-Force ouvrière ;

" La confédération française démocratique du travail ;

" La confédération s'instituant Confédération française des travailleurs chrétiens,

en ce qui concerne l'ensemble des catégories professionnelles de salariés, y compris les cadres ;

" La confédération générale des cadres, en ce qui concerne la catégorie professionnelle des cadres ".

Fait à Paris, le 31 mars 1966.

Le Premier ministre, Georges POMPIDOU

Mazette.

C'est insuffisant : la CGT aurait au moins mérité d'être compagnon de la libération.

Pendant ce temps, la terre continue de tourner.

  • En Italie, une contractualisation de l'emploi public soumet depuis 1993 le personnel des administrations au droit privé.

Pincez-moi, je dois rêver.

  • en Angleterre, la loi permet de condamner financièrement un syndicat pour un acte illégal qu'il a soutenu ou revendiqué, notamment un piquet de grève.

Là, j'hallucine, demain, promis, j'arrête les champignons.

  • en Suède, il y a une quasi-privatisation des services publics, avec un soutien des syndicats, qui ont obtenu en échange des hausses de salaires.

Ma p'tite dame, la patrie de la social-démocratie, c'est plus ce que c'était.

Le véritable choc des civilisations

Ronald F. Inglehart et Pippa Norris ont récemment invité [1] à une relecture de la thèse du « choc des civilisations », proposée en 1993 par Samuel Huntington et désormais bien connue mais aussi très controversée. Leur thèse principale emprunte la logique de ce choc tout en déplaçant le critère de la différenciation culturelle et du conflit possible.

Pour S. Huntington, la nouvelle source de conflits dans le monde doit être recherchée dans la division culturelle qui oppose la « chrétienté occidentale » d’une part et la « chrétienté orthodoxe et l’islam » d’autre part. L’attention a été focalisée sur la question de la démocratie. Si cette forme politique ne parvient pas à s’imposer partout dans le monde et en particulier dans le monde musulman, ce constat reposerait pour le « père » de cette thèse et selon les auteurs sur

« l’absence, dans le monde musulman, des valeurs politiques matricielles qui sont au fondement de la démocratie représentative dans la civilisation occidentale : la séparation de l’autorité politique et théologique, le règne du droit, le pluralisme social, les institutions parlementaires du gouvernement représentatif, la protection des droits individuels et des libertés civiles, qui font tampon entre les citoyens et le pouvoir de l’État ».

S’appuyant sur une enquête réalisée au niveau mondial par une organisation à but non lucratif, Freedom House, les auteurs relèvent que cette thèse apparaît justifiée s’agissant de la démocratie électorale. Ils indiquent que si, sur 192 pays, un tiers sont des démocraties électorales, ce pourcentage tombe à 25 % parmi les 47 pays à majorité musulmane recensés. Mais il leur semble qu’il ne s’agit pas d’un critère pertinent.

En effet, tirant les leçons des enquêtes menées en 1995-1996 et 2000-2002 dans le cadre de l’Étude des valeurs mondiale (dirigée par R. F. Inglehart), les deux auteurs font valoir que la démocratie et ses valeurs se sont progressivement implantées dans tous les pays. Quelles que soient les aires civilisationnelles étudiées, une majorité se dégage pour reconnaître les mérites du système démocratique. Les résultats de l’enquête montrent que, « en Albanie, Égypte, Bangladesh, Azerbaïdjan, Indonésie, au Maroc et en Turquie, 92 à 96 % de l’opinion publique soutiennent les institutions démocratiques - soit un taux plus élevé qu’aux États-Unis, où il n’est que de 89 % ». Les auteurs ne sont pas dupes de ces opinions exprimées qui ne reflètent pas toujours la réalité loin s’en faut.

Toutefois, ils en tirent la conclusion qu’un autre critère est plus caractéristique de l’existence d’un véritable clivage culturel. Ce critère est celui des rapports entre les sexes et plus précisément les opinions sur l’égalité des sexes et la libéralisation sexuelle. Selon eux et en un court résumé :

« Alors que les générations nouvelles devenaient en Occident, graduellement plus libérales en ces domaines, les nations musulmanes demeuraient, pour leur part, les plus traditionnelles au monde ».

Plusieurs questions ont été posées sur ces thèmes. Sur les questions suivantes : « Les hommes font-ils de meilleurs dirigeants politiques que les femmes ? » ou encore « La formation universitaire est-elle plus importante pour les garçons que pour les filles ? », l’écart se creuse. Les Occidentaux sont en moyenne à 82 % pour l’égalité tandis que dans les pays musulmans le pourcentage tombe à 55 %. Les auteurs indiquent d’ailleurs que tous les pays où le taux de réponse en faveur de l’inégalité est supérieur à 30 % ne sont pas des démocraties « avérées ». Et de citer la Jordanie, le Nigeria ou la Biélorussie.

Le second domaine, celui de la libéralisation sexuelle, est tout autant un révélateur du clivage. Les opinions favorables à l’homosexualité augmentent très sensiblement dans les pays occidentaux mais restent faibles dans les pays musulmans. Si tous pays confondus, à la question : « L’homosexualité est-elle justifiable ? », la majorité répond par la négative, le taux de « non » s’élève à « 99 % en Égypte et au Bangladesh, 94 % en Iran, 92 % en Chine populaire, 71 % en Inde. On leur opposera le plus faible niveau de rejet dans les démocraties stables : « 32 % aux États-Unis, 26 % au Canada, 25 % en Grande-Bretagne, 19 % en Allemagne ».

Ce qui est ici en cause, pour les auteurs, c’est le degré de tolérance qui est atteint, et le niveau de l’autonomie individuelle, c’est-à-dire des valeurs nécessaires à la vie démocratique. On retrouve donc, au travers de ces questions « sexuelles », le politique et les conditions d’installation d’une démocratie durable.

À cet égard, les auteurs de l’article font remarquer que le progrès économique constitue un facteur important de progrès s’agissant du statut des femmes (accès à l’éducation ; accès à un emploi rémunéré) et qu’il n’y a pas si longtemps encore, les femmes ne disposaient pas du droit de vote dans certaines démocraties (1944 en France !).

Installer la démocratie implique donc bien autre chose que la simple organisation d’élections.

Toutefois, l’évolution des mentalités est lente. L’accent doit donc être porté sur une « volonté de mobiliser les ressources nécessaires au renforcement du développement humain dans le monde musulman ».

Notes

[1] Le Débat, n°126, septembre-octobre 2003

Phinéas Fogg

Michaël Tronchon s'est livré à la police. Fort bien. Il risque perpète. C'est un paumé, un pauvre type pitoyable, en mal de reconnaissance.

Pendant ce temps, Bertrand la Tabasse prépare son extradition vers la France. Il a été condamné à 8 ans de niouf pour avoir buté sa copine.

Moralité ?

Mieux vaut buter sa grosse que profaner des tombes, ça coûte quatre fois moins cher dans notre beau pays. Etrange...

Ciel vanille

Cameron Diaz

J'ai revu récemment Vanilla Sky, de Cameron Crowe. Excellent film, un peu tordu.

On ne comprend pas tout tout de suite.

Ou plus exactement, vous croyez comprendre l'histoire sans problème dans sa première moitié. Arrive alors la seconde moitié, et là plus vous avancez dans l'histoire et moins vous comprenez. Vanilla Sky nous démontre que même aujourd'hui, à l'ère de l'automatisation et du nucléaire, l'homme se pose toujours des questions d'ordre existentiel, de petites choses certes, mais quoi de plus important ?

La noirceur profonde de ce film vous emporte pendant 2h15. Vous vous sentez triste, content, surpris, sans même le réaliser. Penelope Cruz qui rejoue son rôle d'Abre los Ojos, le transforme et s'amuse avec. Tom Cruise, qui est plus que convaincant dans son rôle de Golden Boy déchu. Cameron Diaz, sublime de méchanceté, juste dans sa composition de l'horreur féminine.

Le film oscille entre rêve et réalité et nous aussi.

Mais, rêve ou réalité, cette d'une vision d'horreur dont il s'agit.

On connaissait le cinéma provocant, dérangeant avec du sexe et de la violence. Voilà un nouveau genre en plein essor : le cinéma déroutant. Celui qui bouscule vos neurones et qui n’hésite pas à vous faire travailler du début jusqu’à la fin, voire même après.

Cameron Crowe est un " embrouilleur de pistes " à la David Lynch. Y aurait-il un second maître du mystère ? Possible. Crowe va jusqu’à nous expliquer à la fin l’inconnu car il faut reconnaître qu’on peut très vite se perdre dans ce labyrinthe d’illusion et de réel. VANILLA SKY c’est de l’AMOUR mais à quel prix !

Entre rêve et réalité, Crowe devient un génie en matière de construction et de sens. Tellement de thèmes sont traités : le pouvoir, la réussite, l’amour, l’amitié, la différence, la souffrance…

David Aames a tout pour être heureux jusqu’au jour où il n’a plus rien pour l’être. Facile de s’identifier au personnage : on recherche tous le bonheur et l’amour authentique. Un jour, on le trouve et le lendemain, on le perd. Sofia n’était qu’éphémère pour David, devenu trop différent à ses yeux. En plus d’être surprenant, le film est merveilleusement bien interprété. Le casting est remarquable avec un trio choc : Tom Cruise, Pénélope Cruz et Cameron Diaz.

Cruise (David) c’est un beau prince, à la fois plaisant et convainquant. Cruz ( Sofia) c’est le naturel avant tout, une fille pas compliquée, agréable et craquante tandis que Diaz (Julie) c’est la jolie blonde trop superficielle et passionnée qu’on aimerait pas être. Les acteurs sont bien dirigés, rien n’est à côté, tout sonne juste et c’est un véritable plaisir. Si vous aimez l’originalité et la nouveauté, VANILLA SKY vous emmènera dans un autre monde, peu familier mais si intrigant et passionnant qu’il vous sera difficile de ne pas le savourer.

Clémence Grouillé

Autant répondre tout de suite à la question que vous vous posez: oui, Vanilla sky est supérieur à son modèle Ouvre les yeux, du nouveau génie du suspense Alejandro Amenabar. En effet, Cameron Crowe et Tom Cruise se sont appropriés l'oeuvre en développant les thèmes sous-jacents, les personnages et en lui donnant une esthétique à tomber.

Le ton est donné dès les premières images: une voix qui susurre "Abre los ojos" en hommage à l'original, et arrive la première scène, nous montrant Tom Cruise seul dans Manhattan et plus particulièrement Times Square. Cameron Crowe va donc bien reproduire Ouvre les yeux quasiment à l'identique (Cesar sur la Gran Via déserte de Madrid), mais déjà des différences se font sentir: la scène est beaucoup plus marquante ici, amenant parfaitement le suspense et la tension grâce à une caméra nerveuse et à une musique totalement en accord; et de plus, l'alternance des plans larges de Tom Cruise seul et des gros plans des affiches publicitaires introduit ce qui sera le thème principal de ce remake, à savoir la manière dont notre société devient de plus en plus virtuelle, entre rapports personnels superficiels et déresponsabilisation des gens.

Bref retour sur la suite de l'histoire: David (Tom Cruise) est emprisonné pour meurtre et cache son visage qu'il dit défiguré derrière un masque. Il raconte ses souvenirs et rêves entremélés à un psychiatre (Kurt Russell). Comment il a rencontré l'Amour en la personne de Sofia (Penélope Cruz), comment cela a rendu jalouse son ex Julianna (Cameron Diaz) qui décide de se suicider dans un accident de voiture en entraînant David avec elle, comment ce dernier survit mais avec le visage et le bras droit détruits... et comment tout s'embrouille de plus en plus dans sa tête. Les évènements sont donc les mêmes (tout comme certains dialogues), mais Crowe décide de traiter le sujet du point de vue du rêve plutôt que du thriller. Ainsi, l'histoire d'amour entre David et Sofia, et d'une manière générale les relations entre personnages, est beaucoup plus approfondie ici, au détriment de l'enquête pour savoir ce qu'il arrive réellement à David.

Excellent choix, car le film est de suite plus prenant et intéressant: le personnage principal devient une icône de notre monde occidental et de ses dérives, entre culture pop et société de consommation. Il ne s'engage jamais, ni dans son travail ni dans sa vie privée, méprisant à la fois sa copine du moment et son meilleur ami. Comme le dit celui-ci à un moment, "il ne voudrait que le miel sans devoir subir le vinaigre". Et lorsqu'il paye pour ses fautes avec l'accident et son visage défiguré, il doit se dévoiler et s'engager pour retrouver son statut; mais il refuse de l'accepter et décide dès lors de s'en remettre à Life Extension afin d'oublier ces mauvais moments. Il s'enferme alors dans son rêve encore plus parfait que sa vie, puisqu'il retrouve et son visage et Sofia en restant le même hypocrite et presque détestable personnage, et encore mieux les gens autour de lui (cf. son ami Brian) sont heureux et sans aucun problème avec lui... Forcément, son subconscient ne l'accepte pas et fait dérailler ce rêve. Ainsi, le "simple" thriller au scénario génial devient une métaphore acerbe sur notre société: tout y passe, du culte de l'apparence à la liberté sexuelle (dans la relation David - Julianna) en passant par la société de consommation qui nous transforme tous en moutons ne s'attachant plus qu'au superficiel. Plus surprenant, Vanilla sky est également supérieur dans la forme. Crowe a bien entendu repris la construction géniale de l'original, ainsi que son concept poussé jusqu'au bout: seul le dernier plan présente le "présent réel" du film ! Malgré tout, il s'en est mieux tiré sur le dénouement, car là où Amenabar rajoutait dix minutes inutiles après la révélation, il nous amène directement sur le toit avec une montée en ascenseur concluant parfaitement le tout. De plus, il rajoute sur cette histoire toute sa culture rock qui lui permet de nous gratifier d'une bande-son grandiose. >Certaines chansons amènent des scènes à un niveau supérieur, le meilleur exemple en étant Good Vibrations des Beach Boys pour la fuite de chez Life Extension... Enfin, cerise sur le gâteau: les scènes de suspense sont contre toute attente plus efficaces ici que dans l'original, et pas seulement grâce à la musique: on a déjà parlé du rêve d'ouverture, mais la séquence où Sofia se "transforme" en Julianna est bien mieux réalisée ici, avec une tension parfaitement gérée pour nous abasourdir avec ce coup de théatre.

Construction géniale, scénario profond, esthétique et bande-son léchées, mise en scène superbe; que manque-t'il pour conclure ? Les acteurs, profitant tous de personnages très étoffés et crédibles, menés par un incroyable Tom Cruise dans ce qui est sans doute son meilleur rôle jusqu'à présent.

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