Welcome to Goulagland

"Le plus terrible moment de ma réclusion, c’est le début, c’est le choc, c’est le passage dans une existence qu’on pense ne pouvoir supporter".

Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne (*) The Soviet Gulag Era in Pictures - 1927 through 1953 "Millions in the wrong place at the wrong time" Photos Gallery

"Les déportés se trouvaient répartis en différentes «catégories», suivant la fantaisie des bourreaux.

Pour la première fois, nous entendîmes parler des «délinquants». C'était l'aristocratie du camp. Les détenus qui avaient commis des délits dans leur service mais non des crimes politiques. Eux n'étaient pas des «ennemis du peuple», mais de simples dilapideurs des deniers publics, concussionnaires et prévaricateurs. (Nous ne ferions connaissances des véritables détenus de «droit commun» que plus tard. Dans le camp de transit, il n'y en avait pas.)

Les simples délinquants étaient fiers de ne pas appartenir au groupes des «ennemis du peuple». Ils expiaient leurs fautes par un travail acharné. Certains postes exécutifs, dans le camp, étaient occupés par des détenus : c'était aux délinquants qu'on les confiait. La plupart des starostes, des chefs d'équipe, des chefs de groupe et des préposés de baraque se recrutaient parmi eux.

Ensuite, venait la hiérarchie compliquée de l' «article 58» : les politiques. Le «paragraphe 10» était le moins grave ; il s'appliquait aux «conteurs de blagues», aux «bavards», à ceux que la terminologie officielle qualifiait d' «agitateurs anti-soviétiques». Les condamnés pour «activités contre-révolutionnaires» occupaient plus ou moins la même position - il s'agissait, pour la plupart, de sans-parti. On leur confiait un travail moins dur, et parfois ils pouvaient même occuper certains postes administratifs réservés aux déportés. Il en était rarement de même pour les déportés «soupçonnés d'espionnage». Jusqu'à notre arrivée, les pires criminels étaient les condamnés pour «activités contre-révolutionnaires trotskystes». On leur réservait les plus pénibles travaux, en plein air; on ne les admettait pas aux «postes administratifs»; et parfois, les jours de fête, on les mettait au cachot".

GUINZBOURG Evguenia, Le vertige, Tome I page 317 et Le ciel de la Kolyma (tome II), Seuil, collection "Points", 1967 (original publié en russe chez l'éditeur italien Arnoldo Mondadori en janvier 1967).

Un T shirt meurtrier ?

Lu sur le blog de Johan :

14:14 - WHY DO YOU HAVE A MURDERER ON YOUR T-SHIRT?: The Cuban revolutionary Che Guevara is still considered cool on t-shirts, and in the new film The Motorcycle Diarries, he is portrayed as a fighter for freedom. But Paul Berman (author of the important book Terror and Liberalism) reminds us that Che was a murderer and a totalitarian. It should be as unthinkable to wear a Che t-shirt as it is to wear a Goebbels t-shirt:





"Che was a totalitarian. He achieved nothing but disaster. Many of the early leaders of the Cuban Revolution favored a democratic or democratic-socialist direction for the new Cuba. But Che was a mainstay of the hardline pro-Soviet faction, and his faction won. Che presided over the Cuban Revolution´s first firing squads. He founded Cuba´s ´labor camp´ system—the system that was eventually employed to incarcerate gays, dissidents, and AIDS victims. To get himself killed, and to get a lot of other people killed, was central to Che´s imagination. In the famous essay in which he issued his ringing call for ´two, three, many Vietnams,´ he also spoke about martyrdom and managed to compose a number of chilling phrases: ´Hatred as an element of struggle; unbending hatred for the enemy, which pushes a human being beyond his natural limitations, making him into an effective, violent, selective, and cold-blooded killing machine. This is what our soldiers must become …´— and so on. He was killed in Bolivia in 1967, leading a guerrilla movement that had failed to enlist a single Bolivian peasant. And yet he succeeded in inspiring tens of thousands of middle class Latin-Americans to exit the universities and organize guerrilla insurgencies of their own. And these insurgencies likewise accomplished nothing, except to bring about the death of hundreds of thousands, and to set back the cause of Latin-American democracy—a tragedy on the hugest scale."

Mais où sont passées les gazelles ?

A lire cet article de Bernard Zimmern, l'auteur de la Dictature des syndicats, et consacré aux gazelles, entendez par là les entreprises de taille moyenne, de 100 000 à 1 millions d'euros de capital, et surtout dotées d'un fort potentiel de croissance.

Si l'on compare les gazelles françaises aux gazelles anglaises, on constate qu'il en naît presque deux fois plus chaque année en Grande-Bretagne, que chacune d'entre elles se crée avec en moyenne deux fois plus de personnel, et que, au bout de quatre à cinq ans, les gazelles anglaises nées une année donnée ont embauché plus de 100 000 personnes de plus que les gazelles françaises !

Sa solution :

Une étude que nous venons de faire effectuer sur les gazelles françaises créées en 1996, 1997 et 1998, montre en effet que la seule TVA payée par les gazelles pendant les douze premiers mois après leur création représentait plus de la moitié du capital social, et même 90% si l'on se limite aux gazelles capitalisées à moins de 2 millions d'euros, qui sont les plus intéressantes pour l'emploi. Donc, une mesure permettant à des individus de déduire de leurs impôts la moitié des investissements effectués par eux dans des entreprises nouvelles l'année d'imposition ferait que les rentrées fiscales excéderaient le coût fiscal... et le précéderaient.

Voir également le site de l'iFRAP, bien sûr.

Laura Gemser, aka Black Emmanuelle

Connaissez-vous Laura ?

Elle a tourné dans plein de films du cinéma maudit, celui tourné par des réalisateurs vilipendés par la critique bien pensante, boudés par le public et qui acquirent pourtant au fil des années un statut de réalisateurs cultes. Parmi ces illustres cinéastes, on trouve de grands noms comme Orson Welles et bien sûr notre ami transalpin Joe D'Amato. Laura a tourné de gros nanards, mais il y parmi ses films de série B d'authentiques films cultes, surtout avec trente ans ou presque de recul. Et puis vous savez, j'adore le kitsch, alors le surkitsch série B voire Z, vous pensez bien...

Je vous invite vraiment à regarder ses films, notamment ses innombrables Emmanuelle, vous ne serez pas déçus par le fou rire et le pincement au coeur que ce visionnage vous procurera.

Elle a d'ailleurs navigué durant sa carrière entre l'érotique soft et l'épouvante giallo, même si elle n'a jamais tourné avec le grand Dario Argento. Un exemple ici, avec Emmanuelle and the last cannibals.

Je ne résiste pas à l'envie de vous citer ce texte, tiré d'un site internet consacré aux scream queens.

lire la suite

Egoïste, altruiste, mots en iste

Excellent texte de Laure Allibert: Quelle égoïste je suis...

Elle y oppose l'égoïsme libéral à l'égoïsme collectiviste, et, partant, l'altruisme libéral et l'altruisme collectiviste, qui, lui, est forcé.

Un détail cependant : pour ma part, plutôt que d'employer la formule "égoïsme libéral", qui est un oxymore, je dirai tout simplement "individualisme", qui est un terme plus juste.

Foutage de gueule

Zek est un génie. Un dieu de la plume. Nonobstant le fait que je ne suis pas toujours en accord avec lui, je dois bien reconnaître que son style d'écriture, découpé au stylet, est unique.

Son dernier billet vise la techno parade. Malgré ma volonté de ne pas citer à tour de bras, je ne puis m'empêcher de le faire ici :

Chaque jour apporte sa moisson de foutage de gueule, et ceux qui n'ont pas tout à fait perdu la boule peuvent se contenter des délires des hommes politiques et des journalistes pour se rendre compte que ce pays bat très sérieusement la campagne. Il y a un certain nombre de choses qui pour une raison ou une autre sont GLOP, et au lieu de dire GLOP-GLOP ou en bon orwellien, DOUBLEPLUSBON, les crapules qui nous gouvernent et qui nous prennent pour des cons à un degré insoupçonné nous ressortent les adjectifs empathiques de la novlangue moralo-victimaire, utilisée de façon parfaitement incongrue. Miko, Gervais, Pepsi-Cola et Ariel ne penseraient jamais à nous expliquer qu'il faut acheter Ariel parce que c'est une lessive en voie de disparition, boire Pepsi parce que c'est une boisson alternative et minoritaire, manger des glaces Gervais parce que c'est un droit fondamental de la personne humaine, porter des Nike parce que c'est de la culture, et fumer des Dunhill parce que ce sont des cigarettes opprimmées. Les publicitaires nous prennent pour des sacrés cons, mais comparés aux politicards ils font preuve d'un respect inouï. (NB-Il y a cependant le "commerce éthique" qui gagne du terrain...)

Ainsi l'Agence Tass nous rapporte sans la moindre nuance d'ironie de la part du journaliste, les impressions de la nomenklatura sur l'équivalent festif et EFGien des défilés en rang d'oignons de Pyongyang et la Havane, à savoir la ci-devant "Techno Parade". Comme chacun sait, le techno est une musique de merde (en général), écoutée à un volume terroriste par des jeunes drogués, souvent sur la propriété d'autrui qu'ils vandalisent au passage. Je suppose qu'à ça, on peut rajouter quelques bourgeois dénaturés qui s'encanaillent. Le techno rapporte énormément d'argent à pleins de gens dont on ne peut pas dire que le talent artistique égale celui de Horowitz, ni même celui du moindre crève-la-faim ex-soviétique qui joue de l'accordéon dans le métro. Le techno est une forme commerciale de défoulement, extrêmement nuisible pour les "riverains" auxquels ont l'impose. Le défoulement ne concerne en rien les hommes politiques, si ce n'est que leur travail consiste à sanctionner les dégradations et nuisances qu'il occasionne. Par ailleurs, les hommes politiques si soucieux du risque zéro, de la sécurité totale et du principe de précaution, ainsi que de la santé publique, devraient (c'est un minimum) gronder les jeunes cons qui se foutent en l'air dans les happenings technos. On pourrait les priver de dessert, leur filer une colle, ou les forcer à débarrasser la table. C'est ce qu'on fait avec les méchants automobilistes qui font du 135 sur une autoroute déserte ou qui grillent un stop caché par un buisson.

C'est ce qui se passerait si les démagogues séniles qui régentent notre vie privée étaient cohérents avec eux-mêmes. Mais ils ont décrété que le techno c'était GLOP, sans doute parce qu'ils ont plein de petits copains qui s'en mettent plein les poches avec ça, et aussi parce qu'ils adorent la masse, les montagnes d'individus indifférenciés, embrigadés pour se trémousser à l'unisson dans une vaste porcherie urbaine, ça les excite, ou plutôt ça les rassure, car quoi de plus inquiétant pour nos princes que l'individu en pleine possession de sa raison et prêt à dire tout haut ce qu'il pense d'eux? Avec le consommateur d'ecstasy déjà ratatiné intellectuellement par l'édukazion nazionale, avec les trémoussages à faire ricaner de pitié les macaques et les ouistitis, avec le bruit tonitruant qui réduit la cervelle en bouillie, aucun risque: on peut continuer à distribuer les cadeaux, organiser ses petites partouzes, et se répartir les bonnes places juteuses en toute tranquillité. De la teuf jusqu'à la nausée et une pincée "d'alternance" pour donner le change, et le paradis de l'apparatchik intouchable, irresponsable et au-dessus des lois n'est pas près de s'effondrer.

La suite ici.

Lyon se lâche

Comme le dit si bien Adam, Lyon est devenue une ville de la teuf et de la cuculture. La fête du vélo, des vieux, des voisins, de la biennale de la danse, de la fête à tonton, de freeVTT, des guinguettes remplies de gogos, du dernier happening du musée d'art concontemporain. C'est la fiesta à tous les étages. Comme le dit si bien le bulletin de propagande d'informations municipales :

Du “Quai des guinguettes” à l'exposition Winthrop du musée des Beaux-arts, des “Nuits Sonores” au Printemps des poètes, de “Tout l'monde dehors” au Concours international de musique de chambre, des festivals Hip hop et Y salsa aux Fêtes consulaires, de la Fête des lumières au festival du film Nouvelle génération, l'esprit “movida” se répand.

Collomb soutient donc l'action des Pokemon Crew, et autres grands couturiers volages de Lyon Mode City.

C'est que Lyon se veut parisienne. Ce n'est plus une ville de ploucs, c'est la ville des animations culturelles. Lyon n'est plus une ville où on va "bosser". Ce concept est suranné et obsolète, il pue la prolétarisation, le gaullisme puritain et les valeurs bourgeoises, comme le dit Zek. Non, Lyon est devenue une ville festive, faite pour des nouveaux citadins cools en rollers, enclins à jouir autant que faire se peut des beautés de l'animation culturelle municipale.

Le lyonnais nouveau habite dans un loft canaille du 4e, en haut des pentes de la Croix-Rousse ; de son 110 m² il admire, chaque matin, juché sur son balcon panoramique, cette ville qui bouge au rythme de la salsa, de la téquila et des tapas. Alors qu'il est à peine sortit du lit, vers 10 ou 11 heures, il part faire une petite balade, qui, de la place Sathonay aux ruelles du 5e, lui permet de flâner le long de ce petit Montmartre. Il jette un regard sans âme à cet agent de la voirie, qui projette de l'eau sur les pavés. Il tient toutefois à ce qu'il n'est pas l'outrecuidance d'éclabousser son jean Versace.

Ce nouveau lyonnais se rend fréquemment sur les quais du Rhône, où il donne quelques cours, et, après avoir effectué son labeur quotidien, traverse une nouvelle fois le fleuve pour déjeuner dans le dernier resto tendance de Bocuse. Il laisse bien évidemment les restos de la rue Mercière aux prolos, sans parler des bouchons de la rue St Jean, décidément faits pour ces cons de touristes. Après avoir passé cet agréable moment en compagnie de consultantes culturelles, décidément meilleures au pieu que sa copine, le lyonnais court en direction de la place Bellecour pour y acheter, dans son kiosque préféré, le dernier numéro de la Pravda. Avant tout le monde. Surtout avant ces jeunes sympathiques adolescents de banlieue, qui, eux, n'ont pas l'heur de pouvoir bénéficier d'un tel privilège. Il se comporte alors comme son compère parisien, que Zek, encore une fois, a si bien décrit :

il le lit jusqu'à la dernière ligne, car il faut être vigilant et se tenir au courant des derniers complots de la conspiration ultralibérale yankee, ainsi que des progrès de la solidarité et de l'exception culturelle et du combat des sans-papiers et d'act-up contre l'injustice.

Jamais il ne se résoud à lire Le Progrès, car il tient par essence la presse locale en horreur. Rien de plus plouc, de plus honteusement has-been. D'autant qu'il s'agit d'un titre du groupe Hersant, le célèbre fasciste, lieutenant de la division Charlemagne.

Il découvre parfois des infos locales en écoutant radio-brume ou radio-libertaire, et c'est grâce à ces excellentes émissions citoyennes qu'il prend conscience du sort maléfique des sans-papiers de Perrache et du malaise social des jeunes de Vénissieux. Il compatit sincèrement à leur malheur, tout en sirotant un verre à la terrasse d'un café branché de la presqu'île. La prise de conscience citoyenne constitue d'ailleurs un sujet majeur de conversation avec ses amis, et bien souvent il en profite pour citer tel argument qu'il a lu le jour même dans la Pravda. Tel article de Mauduit sur les mesures antisociales du gouvernement réactionnaire actuel, tel article de Delhommais ou tiré de l'édito du journal, et consacré au dernier combat culturel du moment. Il dissèrte sur les élections américaines, et raille, avec ses amis, ces connards de yankees, cons à manger du foin, et qui risqueraient de voter à nouveau pour un président fasciste - celui-là qui n'avait en réalité pas gagné les élections de 2000. Tous, se morfondent devant les atteintes sans cesse répétées que porte la mondialisation à l'exception culturelle française.

Après vingt heures, les jeunes de Vaulx-en-Velin se regroupent aux Terreaux. Le lyonnais les croise alors qu'il se rend à l'Opéra. Il va voir la nouvelle représentation de Chico Solié, artiste-peintre cubain auteur de nombreuses digressions sonores faites de raï et de ska. Celui-ci vient en effet de réaliser, sous le haut patronage financier de la municipalité, une reprise postmoderne de Machines are Us si réussie que Lyon Mag lui a accordé une interview extraordinaire dans son dernier numéro. Il évoque d'ailleurs, tant dans la pièce que dans l'entretien en question, ses relations avec les combattants castristes, son penchant pour les petits garçons, son amour de l'Art, sous toutes ses formes. Chico ne manque pas de saluer comme il se doit la mémoire de Ché Guevara, grand résistant, combattant de toutes les libertés, et homme de coeur au demeurant.

Le spectacle terminé, enfin satisfait de lui-même et de sa condition de lyonnais, il termine la soirée dans le nouveau bar à vins incontournable du Quai de la Pêcherie, et retrouve sa copine, qui, elle, a passé la soirée avec des amis rencontrés, il y a déjà quelques mois, au parti socialiste.

Pas besoin de voiture pour tout ça, laissons ces prothèses encombrantes aux crétins affublés d'une famille ou de la nécessité préhistorique de gagner leur vie. Le lyonnais, lui, a trouvé beaucoup mieux pour profiter éternellement des plaisirs de la ville citoyenne : le contribuable !

(Merci Zek !)

Ich Bin ein Volkswagener

Il y a en ce moment des manifs en Germanie. Mais elles s'essouflent, car les syndicats, pourtant très puissants, sont bien obligés de ne pas taper trop fort sur le chancelier, qui est leur chef. En effet, tous font partie du SPD, un peu à l'instar du Labour Party en Angleterre.

Belle image de démocratie impartiale. Passons.

Il y a des manifs, donc. Elles réunissent les gens qui s'opposent au projet Hartz IV, du nom de Peter Hartz, le DRH de Volkswagen.

Mon observation est simple : même à la Vaterlandmutter du socialisme rhénan, les projets sont coup de poing.

Surtout, ils sont inimaginables en France. Il n'y a pas un poil de couille de chance pour que Raffarien propose l'ombre de cette réforme. Mais laissons parler la poudre teutone :

  • Fusion des prestations d'assurance chômage et d'aide sociale après un an de chômdu, ce qui signifie en clair que les chômeurs y perdront, tandis que les bénéficiaires de l'aide sociale y gagneront. Le tout sous condition de ressources élargie, c'est-à-dire fonction des revenus de la famille.
  • obligation d'accepter tout travail, même inférieur à ses qualifications, et même rémunéré en-dessous des accords de branche
  • embauche de chômeurs dans les TIG (travaux d'intérêt général, pour ceux qui n'ont pas fait l'AAArmée), leur rapportant 1 € / heure, en plus de leur allocation.
  • réforme prévue du salaire minimum
  • projet de couverture sociale universelle

Il y a à prendre et à laisser dans le projet Hartz, mais ce qui est intéressant, c'est que, pendant ce temps, nous sommes en train d'ergoter sur les 35 heures sanctuarisées non par la gauche, mais par Chirak.

La loi pour le service minimum accentuera le dialogue social

Les syndicats d'agents de la fonction publique ou des entreprises de transport concernées par le projet d'instauration d'un service minimum, crient au loup. Ils nous disent : pourquoi passer par la voie autoritaire, en votant une loi qui édicte des obligations supplémentaires, restreignant plus encore le droit de grève, pourtant constitutionnel, alors que des accords librement négociés et conclus au sein des entreprises - publiques comme privées - suffiraient à résoudre les conflits, à prévenir les grèves ou à en atténuer les inconvénients pour les voyageurs ?

A chaque fois, c'est la même rengaine. En juillet dernier, lorsque la commission Mandelkern a rendu son rapport ; en septembre, lorsque Gilles de Robien a lancé ses consultations avec les partenaires sociaux.

A cela, deux réponses :

  • D'une part, il y a d'impérieuses raisons juridiques qui imposent le recours à la loi. En effet, le préambule de la constitution de 1946, pourtant extrêmement social sinon socialiste, disposait que le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui le réglementent. L'article 34 de notre actuelle constitution ajoute que l'exercice par les citoyens des libertés publiques, du droit du travail et du droit de grève, relève du domaine législatif. Ce qui signifie que seul l'intervention de la loi peut régir ces secteurs. Or, même si le législateur s'est, pour l'instant, gardé d'exercer sa compétence, l'obligation constitutionnelle, elle, perdure.
  • D'autre part, loin d'être une loi restrictive, la loi qui instaurera le service minimum ou garanti offira, tant aux syndicats qu'aux élus locaux, une marge de négociation bien plus importante que celle qu'ils ont aujourd'hui. En effet, faute de loi, syndicats et direction des entreprises ne peuvent pas, actuellement, signer des accords aménageant l'exercice du droit de grève : il leur est interdit, par exemple, d'organiser une procédure préalable et obligatoire de négociation, de modifier une déclaration individuelle d'intention de faire grève. De leur côté, les collectivités locales AOTU (autorités organisatrices de transports urbains) ne peuvent pas appliquer les mesures nécessaires pour concilier, à leur niveau, droit de grève et continuité du service public.

La loi permettra aux différents partenaires de négocier tous ces points, ce qui est un pas en avant considérable.

En effet, le législateur, après avoir posé les grands principes d'une réglementation du droit de grève, pourra déléguer aux employeurs et aux salariés le soin de préciser les modalités concrètes d'application de celle-ci, et même la faculté de déroger à certaines des règles.

S'ouvrira alors, au sein des entreprises, un champ nouveau de négociation.

Le même champ qui permettra aux élus locaux de négocier avec les sociétés de transports urbains, que ces dernières réalisent leur activité en régie, en gestion déléguée au privé, ou bien encore sous forme de marchés publics.

L'Etat n'interviendra que de manière subsidiaire, pour que s'appliquent des règles minimales afin de préserver les droits de ceux qui n'ont pas les moyens de faire entendre leur voix ; ceux que nous défendons - les usagers.

Dirty feuj, dirty ralibé

Voici à quoi nous sommes réduits.

11 septembre 2004

Après la traduction d'un texte de capmag, je me risque à présent à la traduction d'un article espagnol paru sur le blog Todo un hombre de estado, hébergé par liberalismo.org.

Comme pour tant d'autres choses, le 11 septembre marque défintiivement le mouvement libéral lui aussi. Il n'a probablement fait qu'accentuer des tendances implicites de désagrégation interne ; mais le fait est que, dans l'histoire du libéralisme, nous pouvons établir un avant et après ce jour fatidique. (...)

Au sein du libéralisme il existe deux tendances qui, évidemment, sont irréconciliables à long terme. L'anarcho-capitalisme et le minarchisme, dans ses différentes intensités. Je dis que, à long terme, ils sont irréconciliables, parce qu'ils poursuivent des fins différentes ; lorsque nous atteindrons l'État minimal, le schisme deviendra inévitable. Les anarcho-capitalistes essayeront de détruire un État minimal que, par contre, les miniarchistes considèrent comme indispensable.

Or, pour l'instant cette friction interne s'avère seulement significative dans le cadre académique. Tant que l'État restera dans sa dimension acuelle, ceux-ci comme d'autres poursuivront le même objectif : le réduire.

Toutefois, malgré tout ceci, le 11 septembre a touché le sujet probablement le plus sensible pour les deux mouvements : la défense. Le minarchisme a considéré qu'était arrivée l'heure où l'État devait exercer SA compétence, tandis que l'anarcho-capitalisme a vu dans le 11 septembre l'occasion historique pour l'État de devenir totalitaire.

Tant le minarchisme comme l'anarcho-capitalisme justifient leur position (pro ou anti-guerre) par la sauvegarde de leur bien le plus précieux, la liberté. Le minarchisme croit que sans la guerre contre le terrorisme nous serons réduits en esclavage ou assassinés par le fanatisme islamiste, et l'anarcho-capitalisme croit qu'avec la guerre le Leviathan étatiste surgira en détruisant notre liberté. Dans les deux cas, la guerre est un élément décisif ; dans les deux cas un élément de discorde. Chaque camp considère l'autre comme celui des ennemis de la liberté, en prescrivant le contraire de ce dont, selon eux, la liberté a besoin. Un minarchiste en défendant la guerre est un suppôt du Leviathan, un anarcho-capitaliste, en défendant l'isolationnisme, est un allié des terroristes.

Il ne ratent pas une occasion de s'affubler mutuellement de noms d'oiseaux communistes ou socialistes. "La défense de l'État est socaliste" ; "L'opposition à la guerre est socialiste" ;. Un jeu dialectique dangereux qui nous sépare chaque fois un peu plus de ce qui, aujourd'hui comme hier, est notre objectif commun. De plus, ce jeu donne des ailes tant à la gauche qu'à l'islamisme, tandis que nous nous tordons dans nos luttes internes. Ceci permet à la gauche ne pas affronter la faillite de son Welfare State, et au terrorisme de masquer le manque d'originalité de sa lutte.

Le problème insoluble réside dans le fait que les deux parties ont en partie raison. La guerre peut s'avérer nécessaire pour mettre un terme aux régimes qu'ils soutiennent le terrorisme, mais, sans doute, il ne sera pas suffisant pour mettre un terme au terrorisme. Le terrorisme est un phénomène qui dépasse les frontières étatiques, il s'ensuit que les machines étatiques rigides sont incapables de le déraciner. C'est un phénomène parfaitement compréhensible pour les anarcho-capitalistes, qui ont toujours critiqué la défense étatique considérée comme inefficace.

Or, la solution posée par les anarcaps, l'isolationnisme (principalement "don't thread on me" ;), ne résout pas les problèmes de fond ; il oublie que (quelles qu'en soient les causes) nous sommes déjà en guerre et que cette guerre, grosso modo, est approuvée par d'autres États.

Aux libéraux, qui aimons la liberté, nous disons que cela nous impose de gagner cette guerre. Mais gagner la guerre ne peut pas être synonyme, ni antonyme, de gagner la guerre avec la défense publique. Ce peut être actuellement une bonne méthode, mais seulement partiellement. Minarchistes et anarcho-capitalistes devons chercher tous des solutions nouvelles pour un phénomène nouveau. Ni les solutions de certains (la guerre totale) ni celles d'autres (l'isolationnisme inégal) ne parviendront à mettre en échec les totalitaires.

Malheureusement je ne connais pas la solution à l'énigme de comment gagner la guerre. Cela oui, je crois savoir le chemin par lequel nous pouvons la trouver : par la conjonction des réflexions de tous les libéraux. In fine, il s'agit ici d'une croisade contre contre notre liberté. Nous sommes tous également volontaires pour la gagner. Tous, par conséquent, nous devrions abandonner le fanatisme aveugle des solutions monochromes qui, avec clarté, ont montré leurs limites.

En tout état de cause, si le 11 septembre sonne comme le schisme du libéralisme, à un moment où il doit être absolument soudé, la guerre sera perdue ; et avec elle, notre liberté.

Caligula

Je joins ici une note du film Caligula, sorti en salles en 1979-80, réalisé par Tinto Brass, mais profondément modifié par le producteur. Ce film, sulfureux entre tous, est de dimension fortement catallaxienne, par ses scènes hallucinantes, ce mélange fou de cineccitta baroque, de London Theatre altier et de porno penthousien. Un must, en somme.

lire la suite

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 >

921 lectures