Darfour crématoire

(pardon)

On nous rebat les oreilles en ce moment avec l'aide aux victimes du tsunami asiatique. J'ai moi-même suivi le mouvement dans un récent billet. Je note au passage que le niveau des aides privées égale ou dépasse celui des aides gouvernementales dans nombre de pays, ce qui est une excellente nouvelle pour tous les amis de la liberté. Preuve en est donnée qu'on peut agir charitablement sans que les hommes de l'Etat décident pour notre compte.

Mais la polémique et surtout la surenchère bien-pensante (ou bien-donnante) qui fait rage en ce moment sur le montant des aides publiques de tel ou tel pays, cache aussi la forêt des ressentiments de l'obsession anti-américaine. Comme le dit fort bien le Ring,

150.000 morts, 500.000 blessés, 5.000.000 de sans-abri ; les chiffres donnent le vertige, mais certains ne perdent pas le nord. Une semaine après le désastre, l'internationale bien-pensante distribue les blâmes, en premier lieu aux Etats-Unis, accusés en vrac de négligence, de mesquinerie et d'avarice. « Pourquoi sommes-nous si pingres ? » demande avec malice Jan Egeland, le coordinateur pour les Nations Unies ; à l'évidence, la remarque a fait mouche, puisque l'aide internationale d'urgence dépasse désormais largement les estimations des besoins avancées par l'ONU. Qu'importe, l'occasion fait le larron : la France et son cartel des droits de l'homme avancent leurs pions, instrumentalisant sans honte la tragédie pour mieux fustiger l'ennemi américain.

Et surtout :

l'essentiel n'est pas l'argent ; comme le savent les spécialistes de l'humanitaire, ce sont la logistique, le transport, la distribution, et la coordination des moyens qui constituent les principaux goulots d'étranglement. Et là, on sait bien qui va faire le travail.

Autre observation, objet du titre de ce billet : on parle de l'Asie car il y avait quelques Occidentaux qui ont péri tragiquement là-bas. On ne parle jamais du Darfour, il y en a aucun. Le silence est assourdissant. C'est celui aussi bien des pays qui se gargarisent aujourd'hui quant à savoir qui fera le mieux la pute internationale. C'est aussi le silence des Arabes, pourtant premiers concernés, sinon acteurs. Comme le dit Abu Khawla, un militant des droits de l'homme et l'ancien président de la section tunisienne d'Amnesty International,

J'accuse le panarabisme d'être le principal facteur devant être mis en cause dans le manque de réactions arabes au «crime odieux commis par leurs compatriotes arabes au Soudan». Selon lui, le seul moyen efficace pour contrer «la propagande incitant à la haine et au mensonge» répandue par le mouvement panarabe est de mobiliser le mouvement libéral arabe.

Il ajoute :

«Le silence arabe ne peut s'expliquer qu'après avoir compris la vraie nature des fascismes jumeaux que sont l'islamisme et le panarabisme»

je trouve qu'il y va tout de même un peu fort sur le panarabisme. Mais il est vrai que personne ne trouve rien à redire parmi les pays arabes, pas plus d'ailleurs que dans la rue arabe, aux événements du Darfour, comme on parlait en 1954 des événements en Algérie. Une région aussi vaste que la France peuplée d'environ 7 millions d'habitants, qui a fait au moins 70 000 morts - essentiellement des civils - et plus de 1,6 million de déplacés ou de réfugiés. Ce n'est pas complètement rien.

J'ajoute qu'il y a bien sûr des gens courageux, comme, au maghreb, mon amie Neila et son parti libéral méditerranéen. Lire aussi ceci.

Les soeurs fâchées

Réalisé par Alexandra Leclère

Avec Isabelle Huppert, Catherine Frot, François Berléand

Un film mi-figue mi-raison, pas très drôle mais très grinçant. Louise, esthéticienne au Mans, vient passer trois jours chez sa soeur Martine qui vit à Paris, jouée par Isabelle Huppert plus belle que jamais et au mieux de sa forme.

Martine a apparemment tout ! Tout sauf l'essentiel. Et l'essentiel, justement, Louise l'a : celle-ci, interprétée par une excellente Catherine Frot, passe ses nuits à écrire un roman, qui n'est rien d'autre que le roman de sa propre vie, et de l'amour qu'elle a rencontré. C'est une personne sympathique, charmante, attirante, chaleureuse, nonobstant son physique, qui n'est vraiment pas à la hauteur de celui de Martine. Pas plus que son niveau de vie.

En l'espace de trois jours, Louise et son bonheur évident exaspèrent Martine au plus haut point et font voler sa vie en éclats. Elle s'engueule avec ses amis, déploie des trésors de méchanceté avec sa bonne, son mari, son fils, Louise. Elle ne s'en remettra pas vraiment.

De très bonnes comédiennes, mais un film pas très bien écrit. Ni comédie, ni comédie dramatique, le film navigue à vue entre deux eaux. A conseiller si vous n'avez rien à faire, mais vous pouvez fort bien vous en passer.

A noter en conclusion une réplique marquante, tout de même, dans la bouche de François Berléand :

ça fait dix ans que je baise une morte, et j'y arrive !

mais baiser une jalouse, ça, c'est au-dessus de mes forces !

Happy New Year !

issu de Bruxelles, ma ville.

Stratégies...

D'une façon générale, je suis souvent interpellé sur le point de savoir quelle stratégie devrions-nous adopter pour diffuser au mieux nos idées, dont on ne peut pas dire qu'elles soient des plus populaires - ni d'ailleurs des plus connues en ce vert pays.

Il me semble que les divergences qui m'opposent à beaucoup tiennent moins en une finalité différente qu'en une vision différente de la stratégie à adopter.

En effet, je crois qu'on peut résumer en quatre idéaux-types les choix qui s'offent à qui veut s'engager pour la promotion de nos idées marxisto-collectivistes :

1. la voie solitaire (attention je n'ai pas dit "individualiste", car c'est pour moi un très beau mot). C'est celle que je prends avec ce blog. C'est celle de tous les guerriers solitaires du net et d'ailleurs. C'est celle que ceux qui refusent tout compromis, et qui refusent même de coopérer avec leurs semblables. Il y a des gens comme ça. Mais - je vais peut-être vous étonner, messieurs mes détracteurs - ce n'est pourtant pas mon cas. C'est une voie qui n'est pas nécessairement vouée à l'échec. Elle est même individuellement enrichissante, c'est incontestable. Mais elle est aussi stérile. Et qui veut plus doit s'y employer.

2. La voie opposée est celle de l'engagement partisan. Dans le combat politique, dans un parti. Outre que je n'aime pas spécialement faire la pute (j'ai dit "faire la pute", pas "me faire une pute", maman), je trouve cette stratégie pour le moins risquée lorsqu'on voit qu'un candidat se réclamant de nos couleurs ne parvient, nonobstant un charisme personnel indubitable, à se hisser qu'à quelques pourcents lors d'élections de prime importance. Il reste alors deux voies médianes, moins extrêmes que les deux précédentes. Etudions-les à présent, si vous le voulez bien.

3. Il y a la solution du lobbying. Peu importe la forme qu'il prenne : association, syndicat, le but est toujours le même : se servir de la société civile pour faire passer ses idées. Lorsqu'on parvient à obtenir une puissance non négligeable, cette voie est des plus rapides. Qu'il s'agisse de puissance technique et financière (par exemple, les Contribuables associés), ou de puissance médiatique (Lib chérie), la voie du lobbying est pleine d'avenir. Les ONG ont presque toutes été créées de la sorte.

Mais il y a un hic.

Le lobbying sous-entend que les thèses défendues sont populaires. Plus exactement, qu'elles sont susceptibles une fois connues de recueillir l'assentiment du plus grand nombre. Ce qui, je le répète, n'est pas notre cas. Alors à quoi bon faire le con avec une pancarte "vive moi" si c'est pour passer pour un hurluberlu fanatique ? A quoi bon planter deux tournesols en plastique dans un pot Riviera si c'est pour se ridiculiser ?

La solution du lobbying suppose résolu son principal obstacle : son degré d'accointance avec le vulgus pecus.

4. C'est pourquoi je crois meilleure une quatrième voie. Celle qui consiste à se dire que le combat que nous menons ne se gagne pas sur le terrain - ou pas principalement -, mais dans les esprits. C'est la voie choisie par les think tanks. Il est vrai qu'en France ils se font rares. Mais ils existent, et leur financement n'est pas toujours aussi aisé qu'ailleurs.

C'est la voie que j'ai - à mon très modeste niveau - choisie, avec catallaxia et le forum que vous connaissez peut-être. C'est la voie la plus exigeante intellectuellement, la plus prenante. Et - contrairement à ce qu'une vision superficielle pourrait laisser croire - l'une des plus tolérantes aussi. C'est accepter que des gens fort différents, tenant un discours très éloigné du mien, puissent s'exprimer en toute quiétude et liberté. C'est accepter la critique.

Chose que, semble-t-il, ni les artisans de la voie 2, ni ceux de la voie 3, ne peuvent concevoir. Je les plains : la critique est toujours constructive, c'est elle qui permet d'avancer.

Europe et Turquie

Un intéressant article qui fait une synthèse relativement fidèle des débats qui opposent aujourd'hui les adversaires et les partisans de l'entrée de la Turquie dans l'UE. Ce paragraphe en constitue un assez bon résumé :

De fait, ces deux visions reposent sans doute sur deux idées différentes de la puissance. L'une obéit à la conception classique de la force militaire, qui suppose une gestion centralisée et une volonté homogène. L'autre tolère plus de diversité et, s'il est vrai qu'elle s'accompagne d'une certaine dilution du pouvoir, elle s'exprime davantage en termes d'influence et de rayonnement.

Sans entrer dans le coeur du débat, qui me prendrait présentement trop de temps, j'ose toutefois vous renvoyer au billet suivant, ainsi qu'à celui-ci, resté - étrangement selon moi - sans commentaire, hormis celui de l'ami Jugurta.

Mission casse-cou

Qui se souvient de cette série télé anglaise des années 80 ?

J'aimais beaucoup les histoires de Dempsey et Makepeace. Alors que dans la série tout le monde se demandait si nos deux héros allaient former un couple, dans la vie réelle ils se sont mariés depuis le 18 novembre 1989. Voilà une série qui changeait de ton, bien loin tout de même des séries US. Evidemment, ce n'est ni les Avengers ni the Prisoner, mais la série mérite d'être redécouverte je trouve. Vous pouvez lire la liste des épisodes ici. Et un bon site ici. Et pas mal de photos et de liens ici. Apparemment des DVD existent, mais j'ignore s'il s'agit de zones 2. Il y a notamment une édition polonaise, à ma connaissance.

Enfin, voici un site consacré à Glynis Barber, la blonde actrice de la série.

Le vrai défi, c'est le temps

Le vrai défi sur internet, c'est le temps. Je veux dire par là la durée, le fait de savoir tenir dans la durée. On sait déjà que les débuts du net sont perdus à jamais.

Il est probable que nombre de sites, de pages web de la période actuelle soient perdus demain. Que devriendront tous ces blogs, toutes les pages des forums, tous les groupes de discussion, sans parler des chats ? Une partie sera conservée, à l'INA ou dans la mémoire cache de Google. Mais une large part, sans doute la principale, disparaîtra - ou ne sera conservée, au mieux, que dans le disque dur de son initiateur. Et pour combien de temps ? Un jour il ne pourra plus lire celui-ci.

Pierre Lévy explique bien, dans ''World philosophie'', l'étendue de ces considérations.

Nombre de blogs amis, de sites que je fréquente, ont disparu ou disparaîtront demain. Ce blog aussi, peut-être. Je l'ignore pour l'instant. Tout ce que je sais, c'est que, précisément, rien n'est plus facile que de créer un site. Rien n'est plus difficile que de le conserver.

Un peu comme en octobre dernier, je ne serai pas très présent en janvier. Voire pas présent du tout.

Mais n'ayez crainte ; pas plus que la première fois, je n'ai l'intention d'abandonner. Et puis Aurore passera, je l'espère, de temps en temps. D'ici là, bonnes fêtes !

Dettes et déficits

Un billet très bref : en raison de l'application en 2005 de nouvelles normes comptables internationales, IFRS, l'endettement de France télécom va gagner 9 milliards supplémentaires. Pour EDF, nombre des engagements sont réintégrés, mais il restera encore nombre d'engagements hors bilan.

La dette totale de France télécom s'élève à 57 milliards d'euros. Pour mémoire, le déficit de l'Etat n'est "que" de 50 milliards pour 2004.

Moralité ? L'endettement public, qui n'est que celui des administrations d'Etat, des administrations territoriales et des organismes de sécurité sociale, explose, et dépassera probablement en 2005 60% du PIB. Si l'on y ajoutait l'endettement des entreprises publiques ou sous contrôle étatique (établissements publics, SA où l'Etat est majoritaire) les chiffres exploseraient donc.

Par ailleurs, les déficits actuels sont les endettements de demain. Ne vous étonnez pas alors si la consommation et l'investissement ne parviennent pas à sortir de l'ornière. Et il paraît qu'il y a encore des keynésiens en France.

Le chronique d'Aurore Barde

J'ai l'honneur et la joie d'héberger ci-dessous la première chronique d'Aurore, début, je l'espère, d'une longue série de considérations libertariennes et anarchistes sur ce blog. Mais trève de palabres, je laisse à présent la parole à la belle damoiselle.





Cette chronique doit presque tout à Aristophane Triboulet. Qu'il en soit remercié par une soixantaine de vierges au moins.

On parle en Wallonie du rattachement de cette bucolique région belge, que personne ne connaît, à la France. Nos voisins Savoyards voudraient, eux, quitter le dispendieux Etat français pour aller se faire voir ailleurs. Les pacifiques et accueillants Corses, Bretons, Basques, jettent parfois de sympathiques bombes à eau pour exprimer leur joie d'être Français et de le rester.

Entre tous ces protagonistes, il y a nous, le mainstream franco-français qui cocoricote les pattes dans le fumier. Personne ne veut de nous. Personne, que je sache, n'a demandé à être rattaché à Lyon.

Mais j'ai pensé - intution féminine - que le meilleur moyen de préserver nos libertés, c'est encore de prendre les devants, et de prendre l'initiative d'un rattachement de Lyon. En se tournant vers le pays de la liberté.

C'est pourquoi j'ai officiellement demandé, au nom de toute la population lyonnaise, le rattachement de notre belle ville à l'Etat du Nevada. J'aurais bien entendu préféré supprimer totalement l'Etat, mais s'il faut encore payer des impôts, j'aime mieux les payer à Las Vegas plutôt qu'à Bercy. Les conséquences de cet audacieux rattachement seront fantastiques. On verra apparaître à Lyon une dizaine de casinos dont les jetons serviront de monnaie pour tout un chacun, allégeant ainsi des épaules du contribuable le coût de l'impression des billets. Par ailleurs, la libre concurrence prémunira les consommateurs contre une quelconque déflation. Bien plus, il arrivera sûrement qu'un casino imaginatif permette à sa monnaie de conquérir le monde et bientôt de supplanter le dollar dans les contrats internationaux, en remplaçant les portraits actuels de vielles barbes du siècle passé par des photos de Claudia, de Cindy ou de Leonardo.

Les trottoirs seront rendus à leurs légitimes propriétaires, les riverains. Ceux-ci pourront permettre, ou non, aux péripatéticiennes africaines (à Gerland) ou slaves (sur la Presqu'île) de tapiner devant chez eux. Encore mieux, pour attirer les clients, un cabaretier pourra donner quelque menue monnaie, heu pardon, quelques jetons de casino pour que ces dames se promènent devant chez lui et pas devant chez le concurrent. L'augmentation de leurs revenus, qui ne seront plus abusivement taxés, attirera un plus grand nombre de femmes vers ce métier d'avenir. Du contrecoup, par la fréquentation assidue du demi-monde, les bleus de l'université privatisée de Lyon II apprendront réellement à bien faire l'amour et répandront, sur les cinq continents, la réputation des "Lyons lovers". Les baronnes et les rombières de toute l'Europe se précipiteront chez nous sous un quelconque prétexte culturel, amenant un coup de fouet bien nécessaire à notre tourisme.

Enfin, et ça nous concerne de près, l'explosion du tourisme amènera toute sorte de gens curieux du folklore local. Avec une bonne campagne de marketing, notre association Liberté Chérie drainera les touristes à nos soirées. Ils pourront y prendre quelques photos et offrir des bières aux indigènes. Bref, on va boire, chanter et b... aux frais des autocars de Japonais.

ça va être la fêêête !

Bisous,

Aurore

Krysti RIP

Je voudrais vous parler brièvement de Krysti Lynn. Cette actrice US est morte le 8 décembre 1995, dans un accident de voiture. Elle avait 24 ans. Et était une sex star.

Shawna Yager (c'était son vrai nom), 24, of Malibu, who made more than 50 sex films under the name Krysti Lynn, was killed Sunday night when the car she was driving skidded off Las Virgenes Road while speeding at about 100 mph, Deputy Hugh Wahler said.

Yager's body and that of a friend, Stella Martinez, 33, of North Hollywood, were found Wednesday morning 100 feet below the road by a public works crew. "She was entertaining, she was compassionate. She worried about other peoples' problems," said Jeff Marton, a friend who works at Evil Angel Productions, where Yager starred in several features. "She just liked to drive too fast, at least in this case."

Je voulais juste saluer sa mémoire, ayant malheureusement passé la date anniversaire d'une dizaine de jours.

EDIT : voici à quoi ressemble la route de Las Virgenes. Ce nom est d'ailleurs bien la dernière boutade faite par la mort à Krysti.

Au gré de mes web-tribulations

...je découvre que tel ou tel parle de moi.

Parfois en mal, comme il se doit.

Parfois en bien, ce qui fait chaud au coeur.

Une mention toute particulières aux rondes, qui cherchent les intellectuelles. Et ce faisant merci à l'Encyclopédie de l'Agora. Il s'agit bien évidemment d'une référence à cet article, paru sur Catallaxia. A Violent unknown Event, site italien comme son nom l'indique, qui invente pour mes petits camarades de contrepoison le terme d'"anarcon".

Merci à La Revue républicaine qui fait de moi l'animateur des cercles libéraux, ce qui est faux (mais où vont-ils chercher tout ça ?)

Merci à Faits et documents, pour mon texte sur le communisme. A unité française, pour le même article et pour celui consacré à Mitterrand. Je n'ai bien sûr jamais donné mon accord pour la publication de ces articles, sur des sites dont je ne partage pas les vues.

Merci enfin à tous ceux qui m'ont linkés, merci à ceux qui se sont fendus d'un commentaire sympa. Merci tout particulièrement à Sylvain pour ceci et aux compères de CPS pour cela. Merci à Eskoh, à Arnaud et aux autres bien sûr.

Voilà un billet bien oeucuménique !

Poutinni, ou Mussoline ?

Liberopensiero (libre-penseur) présente ici une comparaison, issue des réflexions du conseiller pour la sûreté nationale de l'ex-président américain Jimmy Carter, Zbignew Brzezinski. Selon ce dernier, la tendance à un centralisme de facture stalinienne du régime de Poutine ne doit pas être confondue avec le retour à une certaine forme de totalitarisme communiste. En effet, les Russes ont compris que le communisme équivaut à une régression économique et politque, et l'élite sait que retourner au régime communiste équivaudrait à renoncer à quelques privilèges. Par conséquent, tous les intérêts s'accordent pour promouvoir en Russie un capitalisme d'État, sujet à un contrôle strict de centre, qui offre les avantages de la richesse et des voyages à l'étranger. Il représente pour beaucoup la meilleure formule pour recevoir des gratifications et voir réalisées les aspirations nationalistes.

Brzezinski en tirait la conclusion que le régime de Poutine ressemble toujours plus au fascisme de Mussolini.

Le régime fasciste parlait de la grandeur de la nation italienne et de la discipline, en exaltant le mythe d'un passé plein de gloire. Poutine fait de même.

Le Duce donna de la rigueur aux horaires des trains italiens ; il centralisa le pouvoir politique au nom du nationalisme. Poutine fait de même. Il favorisait les prises de contrôle de l'économie, sans toutefois la nationaliser ou éliminer les oligarques et leur mafia. Poutine également. Poutine - observait le conseiller de Carter -

cherche à unir les traditions de la Tcheka (la gestapo de Lénine), le leadership de Staline, la revendication de l'orthodoxie russe d'une troisième Rome, et rêves panslaves d'un unique grand État guidé du Kremlin.

Brzezinski est optimiste quant à l'avenir, nous le sommes moins.

Voir également cette lettre du Corriere della Serra.

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