Edwige Fenech

L'ami Pierrot a évoqué très récemment les dix films les plus nuls qu'il lui a été donné de voir. Foin de Max Pécas et autres BHL, nous avions deux points de divergence. D'une part, Chantages de femmes de Michel Ricaud. Je cite Pierrot :

Quant à "chantage de femmes", je ne me souviens absolument pas du nom des actrices! c'est un porno d'une facture aussi médiocre que n'importe quel autre film X. Mais si je l'ai placé en tête de mon classement (et il le mérite !), c'est pour les propos qu'il tient qui sont ignobles ! En gros, toutes les femmes du film sont des chiennes qui ne veulent que du cul (admettons, nous sommes dans un univers codifié!) mais qui ensuite prétendent qu'elles ont été violées pour faire chanter les hommes (ben voyons !). Donc, si nous approfondissons, le viol n'est qu'un prétexte de femmes toujours consentantes pour culpabiliser les hommes. Ce discours me fait horreur et me fait vomir parce qu'on sent en plus qu'il est conforme au mode de pensée du beauf de base (combien de fois j'ai entendu des connards prétendre qu'une fille violée l'avait cherché ou avait provoqué ! pensez-vous, elle avait mis une jupe !).Donc, "Chantage de femmes" ignoble merde à proscrire, à conchier, à conspuer !

Je ne discuterai pas le "scénario" de ce film. Eddy, de DVDRama, semble toutefois avoir plus apprécié que Pierrot. Mais les arguments de ce dernier me semblent particulièrement convaincants. Je n'ai pour ma part vu ce film que... sans le son, ce qui ne me permet pas de porter un jugement. Alors je fais confiance aux remarques de Pierrot. Je note toutefois que l'actrice pincipale n'est autre que Marie Noelly, l'une de mes actrices fétiches (au sens fort du terme !) - bien avant Deborah.

Avec la même, je vous conseille tout particulièrement Etreintes à la prison de femmes, Deux belles garces ou Attention fillettes !, mais vraiment pas L'Education d'Anna, ignoble nullité. J'aurai probablement l'occasion de parler plus longuement, une autre fois, de Marie.

Et d'autre part, notre autre divergence portait sur La Toubib du régiment de Nando Cicero. Non que je conteste le fait que ce film est une nullité, je l'aurai même classé en tête en ce qui me concerne. Mais j'en profite pour rebondir sur une actrice aujourd'hui injustement oubliée, Edwige Fenech. Compte tenu des précédents de ce blog - je ne citerai que Black Emanuelle - je me devais de parler d'une telle actrice.

Plantons tout de suite le décor : nombre de gens n'aiment pas cette actrice. Je cite une nouvelle fois Pierrot :

Copeau, j'attends avec impatience le moment où tu évoqueras la carrière de l'inénarrable Edwige Fenech dont certaines mauvaises langues ont dit qu'elle était aussi excitante qu'un plat de tagliatelles froid.

Vous trouverez à la fin de ce billet des photos qui vous permettont, si vous ne la connaissez pas ou si votre mémoire est défaillante, de vous faire une opinion par vous-mêmes.

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Ataegina, de Moonspell

Dans la playlist, ajout d'Ataegina de Moonspell. Ce titre est aussi un clin d'oeil à la petite, même si je pense que, du haut de sa connaissance du goth, celle-ci connaît déjà ! (j'en profite pour signaler, si tant est que vous ne connaissiez pas, ses galeries, souvent remise à jour et absolument excellentes).

D'ailleurs, l'illustration de ce billet est un fan-art que j'avais réalisé pour la belle, jadis.

Dans la playlist, donc, ajout de ce titre rare de Moonspell. Ce groupe portugais montre, comme le disait Elegy dans la chronique du sampler dont ce titre provient, à quel point la terre lusitanienne a subi l'influence anglo-écossaise. Il s'agit d'ailleurs du numéro 3 de ladite revue, qui depuis longtemps a disparu dans les profondeurs de l'oubli.

Et, histoire de donner un gage à la mode, j'ai également ajouté un morceau de Scenario Rock, qui, je l'espère, vous plaît déjà. Une nouveauté, c'est suffisament rare sur la radio obscure pour être signalé !

La véritable théorie de l'exploitation

George Reisman est professeur à L.A. Dans un essai intitulé The Political Economy of Freedom Essays in Honor of F.A. Hayek (1985), il s’interroge sur les fondements et sur le devenir de la théorie, fort populaire durant tout le XXe siècle, de l’exploitation du prolétariat.

Selon cette théorie, le capitalisme disposerait d’une logique intrinsèquement pernicieuse, fondée sur le quasi esclavage de la classe laborieuse, au profit des intérêts conjoints des bourgeois et des capitalistes, lesquels, mus par l’avarice sinon la convoitise, ne constitueraient qu’une classe de parasites dévorant le travail des masses. Nonobstant la hausse continue du niveau de vie moyen dans les pays développés, depuis la Révolution industrielle, les laudateurs de la théorie de l'exploitation l'attribuent, non au capitalisme, mais aux limites imposées audit capitalisme. Ce faisant, les collectivistes attribuent la croissance économique et le progrès technique aux syndicats et au droit du travail, ainsi qu'au paternalisme de certains employeurs, essentiellement des capitaines d'industrie.

Ce faisant, ceux-ci n'imaginent même pas un monde dans lequel les syndicats n'existeraient pas, sans salaire minimum ni législation sur la durée maximale de travail, sans loi sur le travail des enfants. Plus généralisme, en l'absence de telles règles, la plupart d'entre-nous pense que les taux de salaires retomberont au niveau de subsistance ; que les femmes et les enfants retravailleront dans les mines ; et que la durée quotidienne du travail sera aussi longue que le patronat pourra l'imposer.

la théorie de l'exploitation et le renversement de l'économie classique

Non seulement la théorie de l'exploitation a eu une influence majeure sur le collectivisme, mais au surplus celle-ci a contribué au triomphe du socialisme par des voies plus subtiles. Smith et Ricardo ont été vus à juste titre comme les précurseurs de cette théorie, en créant un système impliquant nécessairement la victoire de ce concept. Avec la théorie de la valeur-travail, et la loi d'airain des salaires, la théorie de l'exploitation a jeté un profond discrédit sur les concepts fondamentaux du taux de salaire et de l'épargne comme source de profit. Deux générations plus tard, l'abandon des doctrines classiques sur l'épargne a rendu possible le keynésianisme et l'inflation, les déficits, ainsi que l'accroissement de la dépense publique et des pouvoirs de l'Etat. Simultanément, l'abandon de la théorie selon laquelle les coûts de production sont les déterminants directs (pas ultimes) des prix (plutôt que l'équilibre de l'offre et de la demande), a conduit aux théories de la concurrence "pure et parfaite", aux oligopoles, à la concurrence monopolistique, aux prix administrés ou encore à la politique antitrust. De la sorte, et par deux chemins distincts, la théorie de l'exploitation a permis l'avancée du socialisme.

Cela étant, même si la théorie de l'exploitation a réussi à discréditer l'économie classique, le simple fait de suggérer que les coûts de production peuvent être un déterminant direct des prix montre une ignorance de l'économie enseignée depuis 1870 et une nette sympathie marxiste. En effet, Böhm-Bawerk et Wieser savaient que les coûts de production sont souvent le déterminant direct des prix. Ils ont simplement ajouté que cette détermination des prix, qui constitue les coûts, est basée sur l'offre et la demande, et donc sur le principe de l'utilité marginale décroissante. Malheureusement, la plupart des successeurs de Böhm-Bawerk et de Wieser ont subi une influence plus grande encore de Jevons et de ses amis.

le cadre conceptuel de la théorie de l'exploitation

La théorie classique, on l'a dit, a contribué sur trois points à la théorie de l'exploitation :

  • par la valeur-travail
  • par la loi d'airain des salaires
  • par l'allégation selon laquelle le revenu, c'est le salaire moins le profit.

Par conséquent, ce cadre implique la croyance selon laquelle les salaires sont la forme originelle et première de revenu, desquels les profits et les revenus non-salariaux proviennent et sont déduits, lorsque le capitalisme et les capitalistes sont apparus, en gros au moment de la Révolution industrielle. Smith a été l'un des fondateurs de cette théorie que je baptise des "salaires originels". Pour lui, dans les économies pré-capitalistes, tous les revenus proviendraient des salaires reçus par les travailleurs. Les salaires sont le revenu originel. Les profits, selon lui, ne sont apparus qu'avec le capitalisme. Et ne sont que la déduction du salaire naturel et du salaire d'équilibre [1].

On trouve la même logique chez Marx [2] : l'économie pré-capitalisme est marquée, selon lui, par le schéma B-M-B (un travailleur produit un bien B, le vend pour de l'argent M, et achète d'autres biens B). Il n'y a pas d'exploitation, pas de profit, pas de surplus. Tous les revenus sont, donc, des salaires. Au moment où le capitalisme naît, on passe alors selon Marx à un schéma M-B-M' (le capitaliste dépense une somme de monnaie M en achat de matériel et de machines, et en payant des salaires. Un bien B est produit, qui est vendu pour une plus grande somme d'argent, M'). La différence entre l'argent dépensé par le capitaliste et l'argent reçu de la vente du bien constitue son surplus, son profit.

Attention, il ne s'agit pas en tant que telle que la théorie de l'exploitation ; il s'agit du cadre conceptuel de celle-ci. Avec ce même cadre, Marx appliquera la théorie de la valeur-travail et la loi d'airain des salaires, et Böhm-Bawerk l'approche de l'escompte, qui l'amène quant à lui à une critique de la théorie de l'exploitation. Les deux mobilisent leur doctrine respective pour expliquer comment les profits sont déduits des salaires. Pour Marx, les capitalistes versent en effet arbitrairement un salaire égal à la simple reproduction de la force de travail. Or, selon lui, les capitalistes vendent la production du salarié à un prix correspondant à un plus grand nombre d'heures. Entre les deux, l'exploitation. Pour Böhm-Bawerk, les biens présents ont plus de valeur que les biens futurs. Donc le salarié a un salaire inférieur à ce que sa production vaudra dans le futur. Dans les deux cas, la même logique : celle des salaires originels.

Or, s'il y a bien une critique à apporter à la théorie de l'exploitation, c'est bien plus sur la doctrine des salaires originels que sur la valeur travail ou la loi d'airain, pourtant si criticables par ailleurs, qu'il faut la porter. Cette doctrine est fausse à un triple titre :

  • Tout d'abord, elle oublie que le profit, c'est le fait que les recettes des ventes sont supérieures aux coûts monétaires de production
  • Ensuite, le capitaliste, c'est quelqu'un qui achète pour vendre à profit
  • Enfin, le salaire, c'est l'argent payé en échange de la réalisation du travail par le salarié (et non en échange des produits créés par le travail).

La demande de biens et de services est différente de la demande de travail. En achetant des produits, on ne paye pas des salaires, pas plus qu'on ne touche un salaire en vendant des produits. Dans une économie pré-capitaliste, si bien sûr une telle économie a jamais existé, tous les revenus vont aux travailleurs. Mais non pas, comme Marx et Böhm-Bawerk le croyaient, en salaires ; ils sont, en réalité, des profits.

Ricardo se trompait lui aussi lorsqu'il disait que les profits augmentent à mesure que les salaires baissent, et inversement. Les salaires payés seraient, selon Ricardo, payés par les capitalistes, pas par les consommateurs. Puisque, dans une économie pré-capitaliste, il n'y a pas de capitalistes, il n'y a donc pas de salaires versés pour la production, ce qui signifie donc que tout le revenu est constitué de profits.

Par définition, l'apparition des salaires n'a été possible qu'avec l'apparition des capitalistes.

L'émergence des capitalistes a donné vie au phénomène des salaires, ainsi qu'aux coûts monétaires de production.

Le capitalisme a créé les salaires. La conséquence immédiate en a donc été une baisse des profits réalisés sur les ventes. Autrement dit, plus l'économie est capitalistique, plus bas sont les profits réalisés. Sans capitalistes, la seule manière de survivre est d'utiliser ses moyens de production et de vendre ses propres produits (pour pouvoir donc empocher des profits). Il faut pour cela avoir sa terre, avoir produit ou hérité des outils nécessaires à sa production. Soyons clairs : peu de gens peuvent survivre de cette manière. Le génie du capitalisme a rendu possible pour le plus grand nombre de vivre en vendant son travail plutôt qu'en tentant de vendre le produit de son travail[3].

Profits et travail : la contribution productive des capitalistes

Dans une économie pré-capitaliste, le revenu du travail est le profit, et le profit est évidemment un revenu du travail. Dans une économie capitaliste, il y a également de nombreux exemples dans lesquels les profits sont des revenus du travail : c'est le cas toutes les fois qu'un capitaliste travaille pour son entreprise, aussi bien en tant que manager qu'en tant que travailleur manuel. Aujourd'hui comme hier, le profit est toujours un revenu du travail, même s'il est largement un retour sur le capital investi et s'il est variable selon le volume dudit capital investi. Pour au moins deux raisons :

  • D'une part, le travail est de plus en plus souvent intellectuel (conception, planification, prise de décision) ;
  • D'autre part, le capital est le moyen par lequel le capitaliste réalise ses plans. C'est par ce moyen qu'il achète le travail de ses collaborateurs, et qu'il les équipe, qu'il achète du matériel. Plus exactement, la possession de capital multiplie l'efficacité du travail du capitaliste. Au plus il a de capital, et au plus il pourra réaliser ses idées, ses plans.

Les salaires, eux, dépendent du prix du travail. Ils sont donc fonction de trois facteurs principaux :

  • l'état de la technologie
  • l'offre d'équipement en capital
  • la compétition avec les autres industries ou activités.

Dans ce cadre, la nature du travail du capitaliste consiste à augmenter la productivité (et donc les salaires réels) du travailleur manuel (notamment, par la division du travail). L'économie classique et néoclassique a développé la théorie de l'égalisation des taux de profit (entre les différentes branches d'activité). On assiste à ce phénomène grâce aux capitalistes. La seule manière d'avoir un taux de profit élevé, c'est en effet d'être un innovateur, en offrant de meilleurs produits, ou bien des produits identiques à la concurrence, mais moins chers. Il faut donc des innovations permanentes, car le rattrapage par la concurrence est rapide.

Comment expliquer la forte hausse des salaires réels ? En augmentant fortement la productivité du travail manuel, les capitalistes réduisent constamment la quantité de travail nécessaire pour produire chaque bien, ce qui diminue le prix relatif des salaires (il y a donc hausse des salaires réels).

N'oublions pas que le droit des travailleurs à la pleine valeur de leur production est pleinement satisfaite lorsque les capitalistes sont payés par leurs clients pour leurs produits. Ces produits leurs appartiennent, ils n'appartiennent pas à leurs employés. L'aide que les employés apporte est rémunérée par les salaires versés - et uniquement par ceux-ci.

Il n'y a aucune exploitation du travail des salariés. Ces salaires sont payés par les capitalistes actifs ; ils ne viennent donc pas en déduction des salaires, mais des profits. Si on devait vraiment parler d'"exploitation", ce serait celle non des salariés, mais des capitalistes !

Bien sûr, le paiement de ces salaires ne constitue pas une exploitation, car ces salaires constituent aussi une source de gain pour les capitalistes.

Exploitation et socialisme

A tout prendre, le vrai système d'exploitation du travail, c'est le socialisme. En régime socialiste, le citoyen n'est pas une fin en lui-même ; mais un moyen entrant dans les objectifs imposés par la société. Mais qui détermine ces objectifs, sinon les dirigeants de l'Etat ? L'individu devient le moyen de la fin de la société, telle qu'elle est interprétée et déterminée par les leaders de l'Etat socialiste. Et la finalité de la société, ce sont les buts des dirigeants de cette société. L'individu, en régime socialiste, peut passer sa vie à travailler dur pour ses dirigeants, qui n'ont aucune raison de lui offrir plus que le minimum nécessaire à sa subsistance. Ceux-ci ne lui donneront plus que s'il est nécessaire d'anticiper et de se prémunir contre des révoltes ou rébellions. Ou encore pour donner du corps au prestige du régime. Dans un tel cas, les dirigeants fourniront un niveau de vie relativement élevé aux scientifiques militaires, aux agents de police, aux agents secrets, aux intellectuels et aux athlètes qui travaillent à la gloire du régime. Le pékin moyen, lui, devra se sentir heureux si on lui donne de quoi survivre. Heureux, car, comme Mises et Hayek l'ont montré, l'absence de coordination et même le chaos du socialisme est si grand, qu'en l'absence d'un monde capitaliste à proximité, le socialisme aurait conduit à la destruction de la division du travail et par conséquent, à un retour à une économie primitive, de type féodale.

Le socialisme n'est même pas capable de maintenir ses esclaves en esclavage ; livré à lui-même, il conduit le travailleur moyen à sombrer toujours plus bas dans la pauvreté - tandis qu'apparaît une dépopulation de masse.

Notes

[1] Adam Smith, La Richesse des nations, 1776.

[2] Marx, Le Capital, Livre 1, I, chap. 3

[3] Comme le dit Hayek dans Capitalism and the Historians : "Le prolétariat, que le capitalisme a, en un sens, créé, n'a pas été créé en proportion de la population qui aurait existé sans lui et qui a été aupauvrie ; c'est la population additionnelle qui a pu grossir et s'enrichir grâce aux opportunités nouvelles d'embauche que le capitalisme a permis" ou encore : "La vraie histoire de la connexion entre le capitalisme et l'apparition du prolétariat est à l'exact opposé de ce que suggère la théorie de l'exploitation des masses."

Barbie from Hell

Voilà un vrai site de Barbies pour vos enfants.

La politique économique du gouvernement Raffarin : entre Keynésianisme de supermarché et fatalisme vaudou

La politique économique du gouvernement Raffarin, tout comme celle de ses prédécesseurs, est marquée du sceau du keynésianisme. Il est en de même d’ailleurs de la politique suivie au niveau européen, qui, grâce aux « lignes directrices de l’emploi » ou à coup de politique de « grands travaux » cherche à tout prix à mener une politique de « relance ». Ce qui est étonnant lorsqu’on sait les erreurs du keynésianisme. Par exemple, les grands travaux américains des années trente n’ont pas mis fin à la grande dépression, mais l’ont au contraire prolongée par un vaste gaspillage de ressources.

Au plan national, le gouvernement et plus encore le président ne s’affichent pas ouvertement keynésiens. Ils préfèrent, selon une technique éprouvée, dire tout et son contraire. Chirac veut baisser les impôts, en reconnaissant que cela favoriserait la croissance, mais il dit dans le même temps qu’une baisse d’impôt n’est possible que s’il y a croissance !

C’est que la politique économique française est une combinaison d’un volontarisme économique (un seul exemple, le plan Borloo) et d’un fatalisme vaudou : la croissance et l’emploi seraient le produit de forces magiques supérieures et mystérieuses, qu’on ne comprend pas, qu’on explique encore moins. Entre ces deux bornes, on établit quelques vagues et arbitraires relations de causalité :

  • la croissance serait « tirée » par la croissance extérieure (et personne ne se demande comment on la tire, elle)
  • la croissance serait tirée également par la consommation intérieure
  • la croissance serait « freinée » par la guerre en Irak (à laquelle on n’a pas participé)

Plutôt que de se creuser la tête à comprendre, Raffarin préfère agir. Comme disait Jean Cocteau : « ce mystère nous dépasse, feignons donc d’en être l’organisateur ». Alors il agit, oui : il dépense, il subventionne, il réglemente. Pour votre bonheur. Comme la France est le pays le plus dépensier et réglementé d’Occident, c’est dire si nous sommes tous heureux.

Raffarin a une excuse valable : il ne fait, tout comme les gouvernements précédents, que répéter le discours des experts, qui se trompent sans discontinuer depuis des années.

  • Keynes en personne avait tort, lorsqu’il distinguait les variables endogènes de l’économie, déterminées par les acteurs (ex : la consommation) et les variables macroéconomiques exogènes sur lesquelles l’Etat pourrait intervenir (investissement, déficit, etc). Comme si ces derniers facteurs n’était pas le produit de l’action humaine, mais de martiens ou de guerriers papous.
  • Mais les experts sont allés encore plus loin dans l’erreur : ils ont trouvé commode d’ajouter la consommation à la liste des variables sur lesquelles l’Etat pourrait intervenir (ce que Keynes lui-même, pourtant avide de provocation, n’a jamais osé faire). Pourquoi ? En prétendant que la consommation tirait la croissance, les experts et les gouvernements légitimaient les revendications salariales. Et s’assuraient tranquillement une paix sociale, sur le dos des contribuables et des gouvernements successeurs.

Or cette théorie est tout simplement fausse :

  • on ne peut consommer que ce qu’on a gagné, et on ne peut gagner qu’en fonction de ce qu’on a produit
  • Elle suppose que ce qui n’est pas consommé (donc épargné) disparaîtrait du circuit économique. Or c’est le contraire : ce qui est consommé est détruit, tandis que ce qui est épargné permet de produire des ressources supplémentaires.

Il y a une relation incontestable entre croissance et épargne.

Prenons un exemple, l’emploi : ce ne sont ni les dépenses publiques (le traitement social du chômage), ni les réglementations empêchant les licenciements qui diminueront le chômage, c’est le retour à la liberté contractuelle et le reflux de l’Etat.

Autre exemple, la politique budgétaire. Je vais d’emblée vous surprendre en disant qu’à mon sens, tout déficit public n’est pas mauvais. Les orthodoxes disent : attention, le déficit augmente les taux d’intérêt. C’est inexact, car le marché d’épargne prêtable est mondial. Un déficit français passant de 3 à 4% ne change rien du tout. Par ailleurs, si beaucoup de grandes entreprises décident d’investir en même temps et empruntent, cette hausse de la demande de fonds prêtables est bénéfique car c’est la conséquence d’objectifs légitimes. C’est la même chose pour l’Etat : si le déficit public finance un projet à fort rendement, il est légitime, il ne l’est pas dans les autres cas. Ce qui importe, ce n’est pas le montant du déficit, c’est le taux d’intérêt payé par l’Etat par rapport au taux de croissance des recettes fiscales. Par conséquent, le vrai problème, c’est celui de la mauvaise prévision des recettes.

Comme le dit Contribuables Associés, chaque année les experts de Bercy surestiment la croissance. Ils nous expliquent à chaque fois que la croissance miraculeuse c’est pour demain. Et un an plus tard, les mêmes experts nous expliquent pourquoi cette croissance miraculeuse n’est pas arrivée. Comme la croissance conditionne les rentrées fiscales, c’est chaque année, depuis 31 ans, un déficit à payer.

  • 2002 (Jospin) : croissance escomptée : 2,5%, croissance réelle : 1,2%
  • 2003 (Raffarin) : croissance escomptée : 2,5%, croissance réelle : 0,5%

Pour 2005, la prévision de 2,5% est totalement loufoque, tout le monde le sait et personne ne le dit.

On observe la même erreur au plan européen : l’objectif des 3% de déficit est purement arbitraire. On sait a contrario qu’il n’y a aucune raison, sous prétexte de monnaie unique, pour qu’on applique la même règle de déficit pour tous les pays. Il n’y a pas plus de raison de coordonner la politique budgétaire que la politique fiscale. Vive la concurrence fiscale ! vive la concurrence budgétaire !

Un dernier exemple, le pouvoir d’achat. On se plaint toujours qu’il est trop faible, qu’il baisse (ce qui est faux). Bien sûr, là encore, le raisonnement keynésien apparaît en filigrane.

  • le gouvernement dit : les Français épargnent trop (160 milliards d’euros, soit 16% de leur revenu). Le gouvernement veut débloquer cet argent, en exonérant les dons, en assouplissant les règles de déblocage de l’épargne salariale, en offrant des déductions fiscales sur les intérêts des crédits à la consommation. Mais rien ne se passe. Pourquoi ? outre qu’il a tort sur le fond, comme expliqué plus haut, le gouvernement n’a pas compris que les Français épargneront aussi longtemps que leurs retraites ne seront pas assurées, que leur avenir professionnel sera aussi sombre.
  • Alors le gouvernement dit : il faut faire baisser les prix. Sarkozy a réuni la grande distribution, Gaymard a mis de côté l’indice du coût de la construction dans l’indexation des loyers. Le seul hic : c’est absolument inutile. Pour diminuer les prix, il faut libérer la concurrence ! Il faut laisser les distributeurs ouvrir de nouvelles grandes surfaces, en faisant sauter une certaine loi… Raffarin ! Il faut supprimer les barrières à l’entrée de centaines de métiers !
  • Le gouvernement ne perd pas espoir. Comme l’a dit un premier ministre belge, « avant mon arrivée, le pays était au bord du gouffre. Mais moi, je compte bien lui faire faire un grand pas en avant ! ». Il veut baisser les impôts. Enfin, pas tout à fait. Il veut que le sorcier vaudou qui commande la croissance lui permette de baisser les impôts. Ici, le levier est énorme (impôts + cotisations = 700 milliards d’euros). Il faut le répéter : ce n’est pas la baisse des impôts qui est conditionnée par la croissance, comme le dit Chirac, mais c’est la croissance qui est conditionnée par la baisse des impôts ! Le problème, c’est qu’en les baissant, il manque de l’argent pour boucler le budget. Déjà en 2004, il a manqué 60 milliards en fin d’année. Il faut donc diminuer les dépenses, c’est-à-dire réformer l’Etat, accroître considérablement la productivité dans le secteur public.
  • Comme le gouvernement en est bien incapable, il dit : il faut mener une « politique salariale ». Outre que cette formule ne veut rien dire, puisque ce sont les entreprises qui fixent les salaires, et que ceux-ci augmentent, non sur décret gouvernemental, mais lorsque l’entreprise accumule des gains de productivité, on observe que le gouvernement fait très exactement le contraire de ce qu’il dit. Jamais on n’a autant puni les efforts du travail (35 heures, retraites anticipées), ni les efforts d’épargne (fiscalité, réglementation).

Faut-il être pessimiste ? non.

Il y a des sources de croissance : elles se trouvent dans les cerveaux et le courage des entrepreneurs, des salariés et des épargnants, qui créeraient des richesses si l’Etat ne les spoliait pas par ses impôts, ne les paralysait pas par ses réglementations.

Raffarin ne l’a pas compris. Son gouvernement échouera donc.

Il préfère apprendre auprès de son mentor, quasi Prix Nobel de la Paix et futur, c’est sûr, prix Nobel de Médecine et d’Economie réunis, prix créé spécialement pour l’occasion, j’ai nommé Jacques Chirac, qui a dit la semaine dernière, du haut de son savoir économique magistral :

« le libéralisme serait aussi désastreux que le communisme ».

Remarquez, dommage qu’il n’existe pas de prix Nobel du Retournement de Veste, car je vois mal qui pourrait le refuser à celui qui a écrit jadis

« Il n’y a pas d’autre choix que le libéralisme. Plus exactement, le libéralisme n’est pas un choix mais une nécessité... » ou encore « je dirais que le problème majeur du libéralisme en France est de n’avoir jamais été mis en oeuvre en France ».

Jacques Chirac a atteint des sommets dans l’excellence, il faut le reconnaître. Il faut saluer l’artiste. A un tel niveau, ce n’est plus une girouette. C’est un manche – un manche à air, bien sûr.

Samael

Ajout d'un titre de cet album :

Histoire de ne pas donner l'impression qu'ici règne sans partage l'électro-indus ou la darkwave ! Samael est un groupe que j'ai toujours bien aimé, qui a un petit air de Laibach que j'apprécie (tiens, Laibach, voici un autre groupe qu'il me faut vous faire découvrir bientôt !)

Il y a aussi dans la playlist plusieurs NeuroticFish, notamment Wake Me Up en version club, ou encore Prostitute (your Mind), qui commence avec les paroles désormais cultes du Poisson Neurotique :

Electronic Body Music is Dead

Up your ass ! (et ce n'est pas une allusion porno, non...)

John Santerineross

Vous pouvez découvrir à cette adresse les photographies et montages réalisés par John, un New-Yorkais qui publie tout juste son second recueil de photos. Comme il l'explique très clairement,

il s'agit d'une exploration de l'image photographique en tant que manifestation de l'iconographie du rêve.

Chez lui, la nudité érotique se combine à des symboles bien plus noirs, où la pureté, l'enfermement, l'aliénation sinon la mort sont omniprésents. A découvrir !

Casanova de Monoprix

Je ne veux pas faire mon Casanova de Monoprix. Toutefois, je ne puis m'empêcher de m'identifier à Evoweb lorsqu'il écrit, en réponse à cette citation de Jacques de Guénin :

Contrairement au libertaire ou au libertin, le libéral a une forte morale individuelle qui lui fait rechercher autant la liberté des autres que la sienne propre. "Savez-vous vraiment ce qu'est le libéralisme?" par Jacques de Guenin, QL #143, 15 juin 2004

la réaction suivante :

Plutôt que libéral, je me serais en effet défini comme libertin, et je ne pensais pas que cela me serait reproché un jour. Les clubs échangistes, le Cap d'Agde et plein d'autres endroits de débauche m'ont laissé des souvenirs plus qu'agréables, et si je n'avais pas vieilli et ne m'étais pas marié, il est plus que probable que je continuerais à les fréquenter sans la moindre culpabilité et avec un grand plaisir. J'apprends maintenant que c'est mal. Pire, j'ai même tendance à penser que les rapports sexuels entre adultes consentants relèvent de la liberté individuelle. Comment ai-je pu ne pas comprendre qu'il ne s'agit là que du signe évident d'une très faible morale individuelle ?

Me voilà donc du coté du mal absolu, Jacques de Guenin me l'a appris cette nuit. Ma morale personnelle (une sorte de Tit For Tat Renforcé) est finalement très faible, et je ne fais qu'entraver les autres en ne décidant pas de leur vie sexuelle.

Si je vous dis que je soutiens Evoweb à 100%, je ne vous surprendrai sans doute pas.

Mais le débat ne s'est pas arrêté là. Martin Masse, du Québécois Libre, s'est fendu d'une réponse. Comme j'ignore autant qu'Evoweb ce que Jacques pouvait avoir en tête, je me tiens à ses écrits, pour le moins clairs et tranchants. Et nettement différents de l'interprétation de Martin. Evoweb en a profité pour rebondir sur la position de Martin, position qu'il juge auto-contradictoire comme toute position multiculturelle. Comme il l'écrit fort justement,

L'un des objectifs premiers de la morale est d'aider à réaliser ses objectifs reproductifs (augmenter son propre fitness) et pour cela tous les moyens sont bons. Or l'efficacité de certaines stratégies dépend directement des stratégies suivies par les autres : un libertin peut considérer que la compétition ouverte lui suffit, alors qu'un puritain peut considérer qu'il lui faut limiter la compétition en imposant sa morale aux autres.

et plus loin :

Maintenant un libertarien, qui dit vouloir respecter la liberté de chacun à la condition qu'elle n'empiète pas sur celle des autres, peut-il considérer avec la même indifférence l'attitude de quelqu'un qui cherche à vivre sa vie et celle d'un autre qui cherche à imposer son mode de vie ? Non, bien sûr. Et quand Martin Masse écrit, juste à la suite du passage précédemment cité :

>Les libertariens défendent par exemple aussi bien le droit des libertins de vivre dans la débauche que celui des fondamentalistes religieux d'éduquer leurs enfants selon leurs croyances très strictes.

>http://www.quebecoislibre.org/philo1.htm

il faut comprendre que ces fondamentalistes n'auront pas le droit d'appliquer entièrement leur morale, puisque celle-ci s'oppose aux principes du libertarianisme.

Je trouve que nombre de libertariens ne soulèvent pas cette ambigüité. Ce qui me semble relativement gênant, car elle ne va pas sans dire.

A lire avant tout

Bienvenue sur ce modeste blog.

Comme je l'explique ici, je suis un libertarien, ou plus exactement un classical liberal qui emploie le mot "libertarien" dans le sens générique que celui-ci a dans les pays anglo-saxons.

Si j'éprouve le besoin d'utiliser ce terme, c'est parce que je m'adresse à un public relativement large sur ce blog. Lequel public a, généralement, tendance à croire que les libéraux sont plus ou moins de droite. Ce qui n'est pas vrai. J'aurais même tendance à ajouter que, si vous êtes de droite, mieux vaut peut-être que vous passiez votre chemin. Vous risquez de trouver ici bien trop de choses dérangeantes pour votre petit cul bien fleuri.

Je n'ai en effet aucune réticence à pratiquer la provocation, à jouer avec le soufre, non pas d'ailleurs par plaisir jouissif mais lorsque le besoin d'une démonstration s'en fait sentir. Par ailleurs, ce blog étant un blog personnel, il reflètera mes centres d'intérêt, qui, vous en conviendrez, ne font pas de moi un adepte des mocassins à glands. En tant que rital-chaud-lapin, le sexe est une partie importante de mon existence. Je me dois donc de garder un certain standing, lequel s'affirmera, tout particulièrement, dans la rubrique "érotique", ou encore dans la rubrique "cinématique", qui marque ma prédilection pour les films bizarres, choquants ou pire encore. D'autant que l'iconographie du blog ne fait pas dans la dentelle elle non plus, mais plutôt dans la résille déchirée. Ceci est bien naturel pour un fan de goth tel que moi. La radio-web ici présente vous en persuadera.


Me voici avec une admiratrice

Enfin, il est vrai que je suis énarque. C'est relativement atypique, ce n'est pas un gage de qualité, croyez-le bien. Je n'en tire aucun orgueil particulier.

N'oubliez pas que les libertariens sont des cousins des libertaires. Ils ont avec ces derniers au moins autant d'atomes crochus qu'avec les sarkozistes de tout poil. Le Pen se dit ni de droite ni de gauche, ce qui est vrai : il est d'extrême-droite. Nous nous disons également ni de droite ni de gauche, mais dans un tout autre sens : nous sommes le camp de la liberté. Nous nous opposons à tous les collectivistes. Nos ennemis s'appellent donc les communistes, les socialistes, les nationalistes, les "républicains", les conservateurs et autres papous. J'ai pour ma part une affection toute particulière pour les conservateurs, disons, pour simplifier, la droite, contre laquelle je tend mes verges (et non pas ma verge). Mieux vaut une gauche britannique à une droite à la mord-moi-le-noeud, qu'elle soit française ou américaine, si je puis me permettre.

L'ensemble de ce blog est diffusé sous licence Creative Commons.

Last but not least, j'ai choisi le pseudonyme Copeau, par référence au héros de Levin, comme expliqué ici.

Si ce préambule ne vous a pas fait fuir, je vous souhaite donc une bonne viiste sur ce blog.

Libertarien ?

Je m'affiche libertarien. A celles et ceux qui l'ignorent, les libertariens sont des partisans de la liberté, sous toutes ses formes. Pascal Salin, dans Libéralisme, a fort bien synthétisé la quintessence de notre doctrine. Le Mises Institute, situé à Auburn (USA), est l'un des plus gros pourvoyeurs de textes et de réflexions libertariennes.

A dire vrai, je me considère plus comme un libéral classique, au sens de Tocqueville ou Jouvenel, et comme un "Autrichien", que comme un libertarien stricto sensu.

Mes préférences vont plus vers Menger, Mises, Bastiat ou à la rigueur Hayek et Rothbard, que vers David Friedman, c'est clair. J'emploie néanmoins à dessein le terme "libertarien".

En effet, les "libéraux" sont, en France tout particulièrement, clairement affichés à droite. Pour beaucoup, "libéral" rime avec "UMP", "Sarkozy" ou tout simplement "droite". Outre qu'Hayek a expliqué, il y a déjà bien longtemps, en quoi les libéraux ne sont pas de droite, il me semble toutefois nécessaire de tenir compte du poids des traditions. Habits die hard chez les Français. Je pense que le mot "libéral" sera pour longtemps encore connoté péjorativement ici. Ou, s'il n'est même pas négatif dans la bouche de celui qui l'emploie, il est assimilé maladroitement à la droite.

Or les libéraux ne sont pas fondamentalement de droite. Ni de gauche d'ailleurs. Comme le dit Eskoh, le libéralisme n'est pas politique. Il est même anti-politique, intrinsèquement. Sinon ontologiquement.

C'est la raison pour laquelle j'emploie le terme "libertarien" qui, lui, n'est pas très connu et encore relativement vierge de tout travestissement.

Iconographie

Un grand merci à DeviantArt, à l'origine de la plupart des visuels de ce blog.

Les autres - à quelques exceptions près - sont des créations originales de ma part.

Je sais ce que vous allez dire : "le style est provocateur et malsain", c'est bien ça ?

Devinez quoi ?

Non, vous ne voyez pas ?

C'est volontaire !

Copeau

Ecrivain américain né en 1929, Ira Levin a écrit une remarquable contre-utopie avec son roman d'anticipation ''Un Bonheur insoutenable'' : l'action se déroule dans le futur, dans un monde où le bonheur est ... imposé aux hommes. Tout est réglé par "UniOrd", un puissant ordinateur et les êtres humains n'ont plus de choix à opérer : programmés dès leur naissance, ils sont immunisés contre les maladies, la guerre, la faim. Les personnages, réduits à de simples numéros et appartenant à la "Grande Famille", ne connaissent même plus l'initiative ou la curiosité. Régulièrement, ceux-ci reçoivent un traitement au "Médicentre" afin d'éviter de connaître le besoin ou la souffrance. Mais un personnage, Li RM35M4419 et surnommé Copeau, va entrer en rébellion contre ce monde trop parfait où le bonheur est devenu insoutenable, car imposé : - Bob, nous ne sommes pas libres. Ni toi ni moi. Aucun membre de la Famille n'est libre.

- Comment veux-tu que je t'écoute comme si tu étais en bonne santé, quand tu dis des choses pareilles ? Evidemment, que nous sommes libres! Libres de la guerre, du besoin et de la faim, libres du crime, de la violence, de l'agressivité, de l'ego...

- Oui, oui, nous sommes libres "de" certaines choses, mais nous ne sommes pas libres de "faire" des choses. Tu dois comprendre cela, Bob. Etre "libre de quelque chose" n'a rien à voir avec la liberté.

Bob plissa le front.

- Libres de faire quoi ? demanda-t-il.

Ils descendirent de l'escalator, firent un demi-tour et s'engagèrent sur le suivant.

- De choisir notre propre classification... d'avoir des enfants lorsque nous le désirons, d'aller où nous le voulons et de faire ce qui nous plaît, de refuser les traitements quand nous ne les voulons pas...

Voici l'explication du choix de mon pseudo. Un monde presque parfait...

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