Aristophane Triboulet is back

Je l'ignorais, mais l'ami Arist-éroto-phane Triboulet, le fonctionnaire libertarien, est de retour. Je lui souhaite donc tous mes voeux de réussite dans sa nouvelle entreprise.

La Vie des autres

Film de Florian Henckel von Donnersmarck, avec Thomas Thieme, Martina Gedeck, Ulrich Mühe (2007)

Le cinéma allemand se porte décidément bien. Après La Chute et l'Expérience, d'Oliver Hirschbiegel, ou encore Goodbye Lenin, de Wolfgang Becker, voici un autre film de grande qualité provenant d'outre-Rhin. Un film qui, là encore, jongle avec le passé récent de l'Allemagne et avec des considérations politiques qui n'auraient sans doute pas droit de cité en France. Un film intelligent, qui sonne juste, et qui, sans complaisance, trace un croquis fidèle de la réalité de la vie des gens derrière le rideau de fer.

Nous sommes en RDA, en 1984. L'auteur à succès Georg Dreyman et sa compagne, l'actrice Christa-Maria Sieland, sont considérés comme faisant partie de l'élite des intellectuels de l'Etat socialiste. Ils montent des pièces de théâtre dans lesquelles le tout-Berlin Est se presse.

Le Ministère de la Culture commence à s'intéresser à Christa et dépêche un agent secret, nommé Wiesler, ayant pour mission de l'observer. Celui-ci fait partie de l'élite de la Stasi, c'est l'un des meilleurs éléments de la police politique ; il enseigne aux jeunes recrues les techniques les plus habiles d'interrogatoires, histoire de faire parler à coup sûr ceux qui complotent contre l'Etat.

A vrai dire, les motivations du ministre de la Culture ne sont guère avouables. Mais là n'est pas la question.

Tandis que Wiesler progresse dans l'enquête, le couple d'intellectuels le fascine de plus en plus. Sans prendre fait et cause pour eux, il sera amené à jauger son engagement politique, son travail au gouvernement, à l'aune du reste d'humanité qui l'habite encore. Un peu comme un 1984 à l'envers.

Outre les désormais bien connues méthodes oppressives des régimes totalitaires, où tout est basé sur le soupçon réciproque, le rôle clef des informateurs, les chantages et autres violences psychologiques, ce film sonne juste. A l'instar de La Chute, l'Allemagne qu'il décrit est sans complaisance, quoique les habitants s'en satisfasse bon gré mal gré. Histoire d'exorciser des démons, de considérer aussi avec intelligence le spectateur.

Un très bon film donc, pour deux raisons : la fidélité historique des événements, des lieux, des personnages, avec un Ulrich Mühe plus sadique que nature (lui qui était excellent dans Amen, et dont j'attends avec impatience la prestation dans le futur Mein Führer - Die wirklich wahrste Wahrheit über Adolf Hitler) ; et d'autre part, pour le traitement impressionniste et subtil de la dualité qui oppose l'idéal auquel il croit sincèrement et la réalité du dévoiement du pouvoir. Qui d'une certaine façon complète parfaitement la lecture d'une Hannah Arendt.

Sécurité absolue

Des rumeurs alarmantes circulent sur l'Oasis, cette luxueuse résidence californienne érigée aux abords du désert Mohave. Sous prétexte d'assurer la sécurité des locataires, on y pratiquerait le voyeurisme au moyen de caméras et de micros dissimulés. On raconte que tous ceux qui habitent là seraient les victimes consentantes de ce curieux rituel. Est-ce une légende ? Est-ce possible de vivre dans un tel enfer sans devenir fou ? Et si la réalité était pire encore ? Si l'obsession de la sécurité absolue pouvait conduire au meurtre organisé ? Quand la folie tire les ficelles du crime, tout est possible, même le pire... surtout le pire!

Ernst Noman est architecte. Il a vu le cadavre de sa femme, torturée et violée par des criminels qui ont atteint son appartement de Los Angeles en passant par les toits (idée que l'on retrouve dans Le Chien de minuit). Le smog des hauteurs les protégeaient plus que leur victime. Ce n'est pas que Noman n'avait pas prévenu Polly, son épouse, il ne cessait de la mettre en garde, de lui suggérer de partir habiter ailleurs. Mais elle ne voulait rien entendre, et n'avait pas du tout conscience du danger.

Maintenant, ça fait bien longtemps qu'elle est morte. Noman ne s'est jamais vraiment remis de sa disparition. Il a failli sombrer.

Il s'en est sorti en se jetant à corps perdu dans le travail. Face à l'horreur grouillante de la ville, il cherche l'isolement idéal. L'idée lui vient de construire un refuge pour toutes les victimes du banditisme, qui ont été attaquées, volées, dévalisées, violées. Ce sera l'Oasis, construit un plein milieu du désert Mohave, au coeur d'un environnement particulièrement hostile, là où la chaleur irradie le corps et brûle les poumons la journée, et où les pierres éclatent sous la fraîcheur de la nuit. C'est d'arrache-pied, et avec l'aide d'une secte apparemment inoffensive, que Noman parvient à construire cette forteresse imprenable, à base de matériaux militaires, capable de vivre en parfaite autarcie sans que rien ni personne ne puisse entamer l'épaisseur de ses défenses. Le réseau électrique est inattaquable, les citernes d'eau douce sont pleines, les réserves de vivres aussi.

A présent l'Oasis va bientôt accueillir ses premiers habitants, triés sur le volet.

C'est le moment que choisit Patti Grizzle pour écrire une biographie de Noman. Ceci n'est qu'une couverture : elle veut surtout vérifier si les bruits qui courent sont vrais. Si la cité est une sorte de Truman Show collectif, où le voyeurisme sécuritaire pousse les habitants à vivre à la fois enfermés et sous l'oeil permanent des caméras et des micros dissimulés.

Mais elle vient de disparaître. Nul ne sait ce qu'elle est devenue. Les flics ont abandonné les recherches.

Oswald Caine, romancier sans grand talent mais à succès, qui a le même éditeur que Patti, et qui, accessoirement, est son ex, part à sa recherche. Il est moins sensible au délire sécuritaire qui anime Patti, il pense donc être en mesure d'analyser plus froidement la situation, d'autant que Noman lui semble être quelqu'un de relativement sage et pondéré.

Hum, il n'est pas tout à fait au bout de ses surprises, et il ignore encore ce qui se terre dans le sous-sol de la citadelle.

Outre le fait que Serge signe, comme presque toujours, un roman d'une grande originalité, on retrouve ici quelques-uns de ses thèmes favoris : l'enfermement, le voyeurisme, la vérité masquée, quelques-uns des thèmes que l'on retrouve, notamment, dans La Mélancolie des Sirènes par trente mètres de fond. Plus largement, le délire sécuritaire du personnage principal ne peut pas ne pas nous faire penser à la société contemporaine, celle qui installe des caméras dans les rues de la quasi totalité des grandes villes françaises, celles des radars automatiques, de l'interdiction de fumer dans les lieux privés accueillant des clients, en un mot, celle des interdits et du voyeurisme, le tout bien évidemment dans le but d'assurer notre sécurité, cela va sans dire.

La sécurité ne doit pas venir au détriment de la liberté, comme c'est trop souvent le cas.

Ce passage pourrait être prononcé par tel ou tel candidat à la présidentielle, pour céder à l'actualité (c'est Noman qui parle) :

Vous savez que dans les grands centres pénitentiaires les prisonniers ont maintenant le droit de faire venir leur femme pour tirer un coup ? aboya l'architecte avec un ricanement douloureux. Oui, oui ! je n'invente rien. On leur permet de s'isoler dans une pièce le temps de régler leur petite affaire. C'est trop inhumain de les condamner à l'abstinence prolongée, n'est-ce pas ? ça ne se fait pas entre gens civilisés. Putain de libéraux ! Putains d'humanistes ! (...) La prison est peu à peu devenue une sorte d'hôtel, de caserne où l'on attend sa remise de peine en regardant la télévision, en jouant aux cartes, en faisant du sport et en baisant sa bonne amie une fois par mois avec la bénédiction des gardiens. Sachant tout cela, je vous pose la question : est-ce encore une punition ?

Un petit livre que je vous conseille donc.

liberfascisme

Lucien Jaume livre au CEVIPOF (Centre d'étude de la vie politique française) un article consacré au libéralisme dans la campagne électorale, et plus généralement dans l'état d'esprit qui se dégage des médias et des sondages d'opinion. Vous pourrez le lire en cliquant ici, avec les passages surlignés par mes soins.

En quelques mots, sa thèse, que je partage totalement :

1. le libéralisme n'est pas le capitalisme, ni la mondalisation

2. le libéralisme renvoie à des idées philosophies et politiques, pas économiques - ou alors très marginalement. On réifie le libéralisme pour mieux l'assimiler au Grand Satan

3. le libéralisme a eu partie liée avec l'avènement de la démocratie, et n'a pas hésité à faire preuve de critique sociale

4. A la différence des pays anglo-saxons, en France la liberté s'est construite par le truchement de l'Etat, et pas contre lui

5. Lorsque le libéralisme a été rejeté, au profit du protectionnisme (avant 1914, en 1929), c'est en réalité le capitalisme qu'on voulait rejeter, et la confusion des deux a abouti à de nombreuses tragédies

6. le rejet de l'Europe, associé à la montée des antilibéraux, augurent-ils d'une troisième vague de rejet du libéralisme en tant que tel ?

Il n'y a que les imbéciles...

Vous vous souvenez, j'espère, de ce billet énigmatique. Et bien voilà, j'ai changé d'avis, ce blog ne fermera donc pas de sitôt.

Merci de votre présence et de vos commentaires, c'est grâce à vous toutes et tous si je continue.

Ubutez-les tous

Le projet de loi instituant le « droit opposable au logement » est en cours d’examen par les sénateurs. Le texte prévoit que l’Etat garantira la

mise en œuvre » de ce principe « à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière (…), n’est pas en mesure d’accéder (à une habitation) par ses propres moyens ou de s’y maintenir.

Les dispositions adoptées précisent également la composition et les compétences de la « commission de médiation », qui sera chargée d’examiner la situation des ménages sans domicile, mal logés ou dont la demande d’HLM n’a pas abouti après un délai « anormalement long ». Si leur cas est jugé prioritaire, le préfet sera tenu de leur proposer un logement. Faute de quoi, le juge administratif pourra être saisi et ordonner leur relogement sous astreinte.

On vit vraiment dans le pays d’Ubu : alors que la règlementation sur les loyers est la cause unique de la tragédie que vivent ceux qui dorment dans la rue, au lieu de l’abroger, on crée un comité Théodule chargé de régler le problème. Voici donc ce qui va se passer : les SDF d’aujourd’hui seront, du moins pour la majorité d’entre eux, logés demain. Leur dossier deviendra prioritaire auprès des instances d’attribution des logements HLM. L’Etat (et plus encore, vraisemblablement, les collectivités locales payeront la facture que le SDF ne paiera pas). Autrement dit, les contribuables. Cet aspect, en soi, ne me gêne pas, il est légitime que la solidarité profite aux plus faibles.

Seulement voilà : une telle mesure, inutile au regard de la réglementation néfaste qui préside à la question du logement en France, a la particularité, comme toute mesure étatique, d’engendrer des effets pervers. Etudions-les un instant.

Il y a en France, dans la majorité des grands centres urbains, environ 1 logement HLM pour40 à 100 demandes. A l’instar des bons d’alimentation dans les pays de l’Est, j’affirme que c'est l’Etat, et l’Etat seul, qui est à l’origine de cette situation, car il a créé un entonnoir de l’offre alors que la demande, elle, n’a aucune raison d’être faible. A priori, tout le monde a vocation à habiter dans le logement le moins cher possible, au regard d’un niveau de prestation donné.

Par conséquent, si demain les SDF sont prioritaires, ils le seront au détriment des autres demandeurs de logement HLM.

Lesquels sont les foyers modestes qui travaillent au SMIC et ont du mal à joindre les deux bouts.

Que va-t-il leur arriver ?

Certains iront habiter encore plus loin en banlieue, ce qui en terme de développement durable, de politique de l’habitat et des transports est une hérésie.

D’autres connaîtront la paupérisation : ils travailleront, certes, mais incapables d’accéder au locatif privé, ni, grâce au logement opposable, au locatif social, ils iront dormir… dans la rue.

De ce fait, ils deviendront prioritaires à leur tour, mais, comme tous les logements auront déjà été occupés par les plus anciens SDF, ils resteront dans la rue.

Belle réforme, bel humanisme, vive la France.

Et lisez ceci

Appel à la résistance civile

Il y a en ce moment deux choses qui m'horripilent particulièrement. Elles concernent toutes deux l'interdiction de fumer dans les lieux accueillant du public, qui entre en vigueur aujourd'hui.

La première, c'est cette putain d'expression de "lieux publics" ou encore d'"établissements publics" ; non, non et encore non, un restaurant, un commerce, la galerie marchande d'un hypermarché, l'entreprise de service ou de logistique, et les autres, ne sont PAS des lieux publics, et ENCORE MOINS des établissements publics. Ce sont des lieux purement et simplement privés. Point barre. Et ne me dites pas qu'ils accueillent du public, il n'accueillent que des clients.

La seconde, c'est évidemment le flicage sans cesse croissant de notre société, qui aime à se vautrer dans sa fange liberticide. Je n'ai pas le temps de développer ici, mais c'est un combat de plus que nous devons mener contre l'Etat policier qui suce nos veines.

En un mot, j'invite tous ceux qui le pourront et le voudront à ne pas respecter cette loi, à contester sa légitimité, à se battre pour la faire abroger, à coller des affiches pour s'y opposer. Je lancerai dès que j'aurai un moment une petite campagne numérique, c'est déjà ça.

Tartufferies

Je rigole en écoutant sur Europe 1 Sarkozy se débattre à propos de la soi-disant non enquête des RG sur le patrimoine du (faux) couple Royal-Hollande. Evidemment que les RG ont enquêté, le buzz médiatique et surtout numérique d'il y a deux mois en atteste largement.

Cela étant, j'aimerais vraiment savoir pourquoi le pseudo couple PS ne dévoile pas la vérité de leur déjà longue séparation. A la place de Louis Schweitzer, j'en serais un peu vexé.

Autre polémique, celle qui consiste à opposer à Sarko son rôle de ministre de l'Intérieur. On ne pourrait donc pas être à la fois ministre en exercice, qui plus est ministre de la police, et candidat à l'élection présidentielle.

Très bien.

Mais alors pourquoi peut-on être président de la République, et donc chef des armées, et candidat à l'élection, comme (au hasard) Mitterrand en 1988 ? Pourquoi peut-on être premier ministre, et donc chef du gouvernement et de tous les ministres, y compris celui de l'Intérieur, et candidat à l'élection, comme (au hasard, là encore) Jospin en 2002 ?

J'aimerais bien qu'on m'explique.

Refonder la gauche

Vous n’ignorez rien du papier qu’André Glucksmann a consacré à son choix de voter Sarko à la présidentielle, dans le Monde du 30 janvier dernier. Libre à lui de ses choix, je ne les partage pas encore, ou pas forcément. Je réprouve tout particulièrement ce passage :

Ma décision, faite de douleurs anciennes et de perspectives nouvelles, est réfléchie. Je ne partage pas toutes les options du candidat. (…) Voter n’est pas entrer en religion, c’est opter pour le projet le plus proche de ses convictions.

Je pense a contrario qu’un vote ne doit pas être par défaut, ou, plus exactement, qu’il ne faut tout de même pas oublier les trois options restantes, celles que les sondages oublient, que les analystes politiques négligent ou minorent, mais qui est à mon sens la véritable force de l’avenir : l’abstention, le vote nul, le vote blanc. Si aucun candidat ne se rapproche suffisamment de mes idées, je ne vois pas pourquoi je devrais, par dépit, voter pour celui qui en est le moins éloigné. On ne peut donc pas d’emblée écarter ces trois options, comme le fait André.

Voyons à présent le passage qui me semble le plus intéressant, et de loin, dans son article :

Sarkozy rompt clairement avec cette droite habituée à cacher son vide derrière de grands concepts pontifiants. Exemple : en prônant la discrimination positive (…) Ou encore : en théorisant l’aide publique à la construction de mosquées.

A propos de la politique internationale, à l’opposé de la Realpolitik, Sarko (et André) pensent qu’il faut axer aussi l’attitude française sur la morale, comme la France a pu le faire dans un passé plus ou moins proche, ou en tout cas comme André a tenté d’en faire prendre conscience la société civile :

boat people vietnamiens fuyant le communisme, syndicalistes embastillés de Solidarnosc, « folles de Mai » sous le fascisme argentin, Algériennes en butte au terrorisme, torturés chiliens, dissidents russes, Bosniaques, Kosovars, Tchétchènes…

Il cite aussi les infirmières bulgares condamnées à mort en Lybie, le Darfour et la Tchétchénie. Sujets sur lesquels Sarko a au moins une vision, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Et une vision morale, qui plus est. Il est vrai qu’on est loin de la justice chinoise admirée par d’autre(s). Enfin, Glucksmann ajoute :

La gauche professionnelle s’est endormie sur ses lauriers. Elle méprisa les discussions allemandes (autour de Bad Godesberg) ou anglaises (à propos du New Labour), elle ignora l’explosion spirituelle de la dissidence à l’Est, elle se fiche des « révolutions de velours » de Prague à Kiev et Tbilissi.

Marinant dans son narcissisme, elle se trouve fort dépourvue, lorsque Nicolas Sarkozy, prenant à contre-pied son camp, se réclame des révoltés et des opprimés, du jeune résistant communiste Guy Môquet, des femmes musulmanes martyrisées, de Simone Veil abolissant la souffrance des avortements clandestins, de Frère Christian à Tibéhirine comme des républicains espagnols.

Ce point me semble extrêmement important. Je rêve de refonder la gauche (enfin, d’y participer, ne croyez pas que j’ai sombré dans la mégalo). Ce sont, entre autres, sur ces valeurs que j’aimerais le faire. Rien ne manque à l’appel, sinon les aspects économiques et sociaux, qu’André n’aborde que très cursivement, voire pas du tout. Je rêve d’une gauche qui, à l’exemple du tout-Etat de la Realpolitik, n’attendrait pas non plus tout de l’Etat en matière sociale. D’une gauche qui comprendrait que la solidarité, c'est d’abord l’estime que l’on porte aux autres. Que cette estime, c'est le mérite du travail qu’on réalise, des risques qu’on prend, et des récompenses qu’on en attend légitimement. Que cette estime, c'est donner aux individus les conditions de se prendre en main, de partir de rien pour arriver très loin.

Au lieu de cela, la gauche préfère le conservatisme : on protège à l’infini les nantis, ceux qui ont un travail, ceux qui ont un statut, des privilèges, et on renvoie dans la pauvreté, le chômage et la précarité ceux à qui on ne donne aucune chance de s’en sortir. On parle du travail au rabais ? J’aimerais qu’on parle plus de ceux qui n’en ont pas et qui vivent d’expédients. Qui magouillent et fraudent quand ils sont malins, histoire de joindre les deux bouts, et ce n’est pas moi qui leur jetterai la pierre, car je les comprends totalement.

Pourquoi fait-il mieux vivre dans les pays anglo-saxons, même lorsque vous êtes pauvre ? Parce que vous savez que vous avez toujours la possibilité de vous en sortir, que vous n’êtes jamais définitivement condamné au fond de votre trou. Tandis qu’en France, lorsqu’on est Arabe, sans diplôme et sans formation, habitant d’une quelconque ZUP dans laquelle la police ne vient plus, on n’a objectivement aucune chance et aucun avenir.

Je rêve d’une gauche qui abandonne la lutte des classes, le combat pour maintenir ou accroître les privilèges de ceux qui « ont » (les fonctionnaires, les salariés, les bobos), pour croire en la coopération volontaire des intérêts particuliers, à l’échange, tels que les libéraux, la vraie gauche historique, l’ont théorisé. N’oubliez jamais que l’intérêt général n’existe pas ; il n’est que le cache-sexe des élus qui, au prétexte d’avoir obtenu la majorité des suffrages exprimés (laquelle peut ne représenter qu’une fraction négligeable des électeurs), imposent aux autres leur vision du monde. Au profit de qui ? De leurs électeurs, bien évidemment. Ceci est la condition de leur réélection. Rien de plus, rien de moins.

Redescendez un peu sur terre, l’air y est frais, mais également vivifiant.

Petit anniversaire

C'est arrivé un 31 janvier : En septembre 1862, Abraham Lincoln annonce l'imminente publication de sa Proclamation d'émancipation des esclaves, qui prend effet en janvier 1863.

Deux ans plus tard, le 31 janvier 1865 donc, le Congrès vote officiellement le 13e amendement de la Constitution qui abolit l'esclavage aux Etats-Unis.

Voici un anniversaire qu'il ne faut pas oublier de célébrer.

Live and let die

La question de l'euthanasie et du suicide est lancinante. Dans le passé récent, il fut rare qu'un débat de société digne de ce nom ne l'abordasse pas. En 1619 déjà, un chapelain anglais, John Donne, écrivit le célèbre Biothanatos, qui fut la première vraie défense et illustration du suicide. David Hume rédigea même un Traité sur le suicide, tandis qu'un jeune Suédois, Johan Robeck, mit en application ses écrits.

Plus près de nous, on se souvient du tollé provoqué par Suicide, mode d'emploi de Claude Guillon et Yves le Bonniec, édité en 1982. Mais la question n'a jamais été véritablement tranchée, malgré les évolutions législatives récentes.

La loi dite "Léonetti" du 22 avril 2005 instaure un droit au laisser mourir. Ce qui signifie que, depuis, il est interdit de s'obstiner déraisonnablement dans les traitements médicaux, et que la douleur peut être soulagée, même s'il faut pour cela abréger la vie.

Autrement dit, la décision de continuer à vivre, ou de mourir (un peu) avant l'heure, est laissée entre les mains du corps médical. Il n'est donc pas possible de choisir librement le moment de sa mort. Même si, par malheur, vous apprenez demain que vous êtes atteint d'une maladie incurable. Même si vous savez que vous vivrez dans l'avenir d'atroces souffrances. Même si vous n'ignorez pas le fait que les soins palliatifs qui vous seront prodigués demain feront de vous un légume, une chose rien moins qu'inhumaine, incapable de tout jugement à défaut de ne sentir toute douleur.

L'idée selon laquelle les médecins doivent choisir à notre place le moment de notre mort, ce qu'ils font usuellement, m'est totalement insupportable. Le lobby médical de l'UMP n'est sans doute pas innocent devant cet état de fait.

Cela étant, je ne propose pas, comme le parti socialiste ou d'autres,

d’apporter une aide active aux personnes en phase terminale de maladie incurable ou placée dans un état de dépendance qu’elles estiment incompatible avec leur dignité

Ce que j'aimerais est finalement beaucoup plus simple : qu'on dépénalise toute assistance au suicide. Que chacun puisse librement choisir le moment de sa mort, quitte à être aidé si la force manque pour le faire. Voilà pour moi la seule voie de l'humanisme. Il faut malheureusement se rendre la mort familière, comme disait Montaigne.

Par ailleurs, mais ça n'a rien à voir, je vous invite à visiter le site de Najat Vallaud-Belkacem, qui, dans la lignée people & eye candy de Ségolène, nous gratifie d'un site édifiant. C'est une jeune candidate PS aux législatives à Lyon, certes beurette, mais qui ne m'a pas l'air issue d'un milieu spécialement défavorisé, si j'ose dire. Vous ne pourrez pas profiter de sa (superbe) vidéo en flash, si, comme moi, vous utilisez linux. Well, je n'ai rien contre elle, tout contre aurait dit Sacha Guitry, mais je crois bien que sa plastique, et peut-être même ses origines, la desservent. Il se dégage de son site, et plus encore de son blog, une naïveté confondante voire touchante, si elle n'était pas au service d'un constructivisme à deux balles. Et le parti socialiste continue de prendre les électeurs pour des cons, en tentant de refiler le soir la purée qu'on a refusé à midi. Une purée faite de jeunette sexy, d'origine maghrébine qui plus est, comme si c'était un critère comme un autre de sélection des candidats. Ou plutôt, devrais-je dire, d'une apparatchik qui se croit déjà députée, et qui, à mon humble avis, n'est pas près de le devenir.

Dommage qu'elle fasse partie des deux restantes


Segolene combat pour les femmes
envoyé par pierrequiroule

Bigre ! Rien moins que 10 millions de femmes qui meurent sous les coups de leur mari en France !

En réalité, comme le rappelle Harald,

si la belle avait voulu se donner la peine de parcourir elle-même la presse, elle aurait appris que les violences conjugales ont fait 113 victimes en 2006. 94 femmes et 19 hommes plus précisément. Elle aurait appris que 3 décès ont été recensés dans des couples homosexuels, et que 26 adultes se sont suicidés après avoir commis leur meurtre. Enfin et pour finir, 10 enfants ont également été tués dans ces 113 affaires de violences conjugales.

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