George Soros est-il un traître ?

j'ai conscience du fait que ma question peut vous sembler débile, n'étant pas Américain, et vous, lecteur, probablement pas non plus. Néanmoins, face à la curée des néocons à son encontre, le doute est permis. Afin de vous faire une idée, voici l'opinion, à contre-courant comme je les aime, de Liberteaser sur le bonhomme.

Ce billet comporte également d'intéressants développements sur la France, mais ce n'est pas l'objet de les commenter ici.

Les individus face aux crises

je tenais à vous conseiller la lecture du dernier ouvrage de Marc Ferro, intitulé Les individus face aux crises du XXe siècle : L'Histoire anonyme. Reprenant le flambeau de l'Ecole des Annales, Marc brosse le portrait de l'individu face à l'événement majeur de son temps, face au danger imminent, face au basculement du monde. Pourquoi Marcel, en vacances dans le Vercors en juillet 1944[1], refuse-t-il de partir ? il sera arrêté et déporté. Pourquoi Olga, qui pressent le stalinisme, ne s'enfuit-elle pas ? Pourquoi les paysans russes, qui s'opposent au Kremlin lorsqu'il souhaite collectiviser la terre, deviennent-ils les pires bolcheviks une fois investi le Parti ? Coimment le nazisme a-t-il pu percer, alors que l'intelligenstia allemande s'opposait fermement à lui dans les années 30 ?

A toutes ces questions, Marc répond par le prisme de l'individu, de sa marge de liberté, de ses errements aussi. Ou comment se bâtit l'inter-relation entre les choix individuels et les situations collectives. Un ouvrage à lire, donc.

Notes

[1] Si vous avez la chance de passer par ce superbe promotoire, haut lieu de la Résistance, visitez la grotte de la Luire, et plus encore le village abandonné de Valchevrière, qui, à la différence d'Oradour, n'a pas été restauré. C'est un moment poignant qui vous attend.

L'Attaque des Clowns

Les lecteurs avisés que vous êtes ont sans doute remarqué que je n'ai jamais, ne serait-ce qu'évoqué, au sein de mes pérégrinations cinématographiques, la saga du flan de l'espace, dirigée d'une main de fer par le Pygmalion de San Francisco. L'espèce de machin qu'on appelle "Star Wars" de nos jours, qu'on appelait "la Guerre des étoiles" jadis.

Du réalisateur, je n'ai jamais vu American Graffiti, mais, en revanche, j'ai vu et apprécié THX 1138 (le THX n'est-il pas le format sonore qu'il a initié ?). Même Willow, qu'il a je crois plus ou moins scénarisé, reste un bon film.

En revanche, je ne peux pas dire que j'ai été passionné par la saga des étoiles qui se battent entre elles avec un type qui marche dans le ciel, poursuivi par un gros black asmathique. Ni par les combats entre vaisseaux intergalactique - interstellaires - intermarché, guère plus percutants que ceux de Bomber-X. Ni même par la qualité du scénario (mais qui n'a pas compris, à la moitié de l'épisode 4, que Dark Médor est le papounet de Luke ?). Les rayons lasers de la première trilogie sont encore moins réussis que ceux de Tron, des studios Disney. L'intérêt de la trilogie des années 70-80, la pseudo histoire d'amour autour d'une princesse plus moche que Caroline de Monaco, me semble bien ténu. Toute la première trilogie repose sur le jeu d'acteur d'Harrison Ford, qui n'a pas tenu là l'un de ses plus mauvais rôles.

Alors bien sûr on peut vanter l'indépendance de Lucas, se gargariser de son côté un peu gourou (vous ne trouvez pas qu'il ressemble à Rael ?), ou bien regretter ses penchants despotiques. Mais un réalisateur original n'implique pas un film original. Et c'est bien, à mon sens, là où le bat blesse dans la saga Star Wars : C'EST PLAT ! C'EST SOPORIFIQUE ! C'EST ETHERE !

Comme le dit Pierrot, Star Wars, c'est un peu comme un spectacle son et lumières, genre Puy du Fou[1].

Quant à la seconde trilogie (épisodes 1 à 3), je ne dirai rien, par charité, au sujet de la Menace fantôme. Quant aux deux épisodes suivants, si la Revanche des Sith est indéniablement le moins mauvais, pour que ces deux films aient pu sortir - ne serait-ce qu'un petit peu - de l'ornière dans laquelle ils se sont trouvés, il aurait déjà fallu que George embauche de vrais acteurs, pas des figurants tels que Hayden Christensen.

La Guerre des étoiles, c'est vraiment l'attaque des Clowns.

Notes

[1] Je vous renvoie à ses critiques sur L'Empire contre-attaque et sur Le Retour du Jedi.

Welcome to Free Luna !

Enfin, le chef-d'oeuvre de Robert Heinlein est ré-édité en français. Un must, j'ai dévoré ce bouquin. Je comptais vous le présenter, mais franchement, il me semble préférable de vous renvoyer vers la prose du maître de la SF libertarienne, j'ai nommé l'ami Sylvain. Juste le premier paragraphe, pour vous donner envie de lire les suivants :

Nous sommes en 2075. Bien que la disette et la surpopulation y soient chroniques, la Terre est en paix sous l’égide des « Nations Fédérées » (une sorte d’ONU, en plus « musclée »). La Lune est habitée par plusieurs millions de personnes. Des bagnards et des déportés y ont fait souche et, pour des raisons physiologiques (car la gravité est plus faible sur la Lune et au bout d’un certain temps, le corps se modifie), ils ne peuvent revenir sur Terre. Leur principale occupation est la production de céréales dans de gigantesques galeries souterraines, céréales qui sont ensuite envoyées sur Terre. Comme son titre l’indique, ce roman raconte la révolte des habitants « lunatiques » qui veulent que leur indépendance soit reconnue par les nations terriennes. Après pas mal de péripéties, dont des bombardements de la Terre par des rochers catapultés de la Lune, et avec l’aide d’une intelligence artificielle, ils réussiront.

A lire également, une petite étude sur le libertarianisme de l'auteur. Ainsi qu'un fil de discussion ici. Et puis pour ceux qui veulent aller plus loin, voici le merchandising adéquat.

Belles libertariennes

Vous connaissez à présent relativement bien mon mauvais goût notoire, teinté de fétichisme plus ou moins refoulé, faisant de moi, sans fausse modestie, l'un des pires obsédés du monde libertarien francophone. Je ne le cède que devant Pankkake, qui, cependant, survole nos terres cendrées avec la douceur et la délicatesse d'un faux-bourdon en rut.

Quoi qu'il en soit, merci à Fabrice et à Turuk, qui, connaissant mes penchants libidineux, m'ont fait découvrir l'existence des Liberty Belles (j'adore ce jeu de mot). Quatre filles, aux idées bien arrêtées, qui, au surplus, ne manquent pas d'humour, ni de répartie, que demander de plus ?

Une photo peut-être ? Alors voici, en quasi avant-première, celle d'Anastasia.

Hum... je crois que j'adhère.

A lire d'ores et déjà, plusieurs billets désormais indispensables tels que The Paradox of Government: Why More is Less, ou encore Guilty Until Proven Innocent. Pour ne citer qu'eux.

Longue vie à ce blog ! Libertarian girls rule !

Et si vous voulez connaître a real french lover, et bien, vous n'avez qu'à me contacter. (ceci s'applique aussi aux lectrices du présent blog)

Comment les Etats entrent en relation les uns les autres (1/2)

Puisque la Terre est divisée en différents Etats, les relations d'un Etat à un autre doivent occuper beaucoup de son temps et de son énergie. La tendance normale d'un Etat c’est d’augmenter sa puissance, et, extérieurement, une telle expansion a lieu par la conquête d'un territoire donné. À moins qu'un territoire soit apatride ou inhabité, une telle expansion implique un conflit inhérent d'intérêt entre un ensemble de gouvernants et un autre. Un seul et unique groupe de gouvernants peut obtenir à un moment donné un monopole de la coercition sur n'importe quel secteur territorial : la puissance complète sur un territoire par l’Etat X peut seulement être obtenue par l'expulsion de l'Etat Y. La guerre, même risquée, sera une tendance toujours présente au cœur des Etats, ponctuée par des périodes de paix, et par des alliances mouvantes et des coalitions entre Etats.

Nous avons vu que la tentative « interne » ou « domestique » de limiter l'Etat, du XVIIe au XIXe siècle, a atteint sa forme la plus notable avec le constitutionnalisme. Sa contrepartie « externe », ou « affaires étrangères », était le développement « du droit international », particulièrement des formes telles que les « lois de la guerre » et des « droits de la neutralité »[1] . Des parties du droit international étaient initialement purement privées ; elles émergeaient de la nécessité des négociants et des commerçants de protéger partout leur propriété et de juger des conflits. Des exemples sont constitués par le droit maritime et le droit commercial. Mais les règles gouvernementales elles-mêmes ont émergé volontairement, et n'ont pas été imposées par n'importe quel super État international. L'objet des « lois de la guerre » était de limiter la destruction d'un Etat par un autre à l'appareil d'Etat lui-même, préservant de ce fait du massacre et de la dévastation de la guerre le public « civil » innocent. L'objet du développement des droits de neutralité était de préserver le commerce international privé, même avec les pays « ennemis », de la saisie par l’une des parties belligérantes. Le but suprême était alors de limiter l'ampleur de n'importe quelle guerre, et de limiter en particulier son impact destructeur sur les citoyens privés des pays neutres, et même sur ceux des pays belligérants.

Le juriste F.J.P. Veale décrit avec charme la « guerre civilisée » qui s’est brièvement épanouie en Italie au XVe siècle :

« Les riches marchands et négociants de l'Italie médiévale étaient trop occupés à gagner de l’argent et à profiter de la vie pour entreprendre les difficultés et des dangers de devenir soldat. Ainsi ont-ils adopté la pratique de la location de mercenaires qui combattaient pour eux, et, étant des gens économes et commerciaux, ils ont écarté leurs mercenaires immédiatement après que leurs services pouvaient être évités. Les armées des guerres étaient donc louées à chaque campagne. (…) Pour la première fois, être soldat est devenu une profession raisonnable et relativement inoffensive. Les généraux de cette période ont manoeuvré les uns contre les autres, souvent avec une compétence consommée, mais quand l’un avait gagné l'avantage, son adversaire, en règle générale, s’enfuyait ou se rendait. C'était une règle identifiée qu'une ville pourrait seulement être saccagée si elle offrait une résistance. L’immunité a pu toujours être achetée en payant une rançon. (…) La conséquence naturelle a été qu’aucune ville n'a jamais résisté, car il était évident qu'un gouvernement trop faible pour défendre ses citoyens ait renoncé à leur allégeance. Les civils ont eu peu à craindre des dangers de la guerre, qui étaient le souci des seuls soldats professionnels.[2]»

La séparation absolue des civils et des guerres de l'Etat au XVIIIe siècle européen est soulignée par Nef :

« Même les communications postales n'ont pas été limitées longtemps durant la guerre. Les lettres ont circulé sans censure, avec une liberté qui étonne l'esprit du vingtième siècle. (…) Les sujets de deux nations belligérantes se parlaient s'ils se rencontraient, et quand ils ne pouvaient pas se réunir, correspondaient, non pas comme ennemis mais comme amis. La notion moderne selon laquelle (…) les sujets de n'importe quel pays ennemi sont partiellement responsables des actes belligérants de leurs gouvernants a à peine existé. Les gouvernants belligérants n’ont pas eu non plus l’envie d’arrêter les communications avec les sujets de l'ennemi. Les vieilles pratiques inquisitoriales de l'espionnage en liaison avec le culte et la croyance religieuse disparaissaient, et aucune recherche comparable en liaison avec des communications politiques ou économiques n'a été tentée. Les passeports ont été, à l'origine, créés pour fournir un sauf-conduit en temps de guerre. Pendant la majeure partie du dix-huitième siècle, rares ont été les cas où les Européens ont abandonné leurs voyages dans un pays étranger que leur propre pays combattait.[3]»

« Et le commerce ayant été de plus en plus reconnu comme salutaire pour les deux parties, l’équilibre de la guerre du dix-huitième siècle comprend également une quantité considérable de « rapports commerciaux avec l'ennemi[4]» .

Notes

[1] Ceci doit être distingué du droit international moderne, qui porte son effort sur la maximisation de l'ampleur de la guerre par des concepts tels que la « sécurité collective ».

[2] F.J.P. Veale, Advance to Barbarism, Appleton, Wis., C.C. Nelson, 1953, p. 63. De la même manière, le professeur Nef écrit, sur la guerre de don Carlos, faite en Italie entre la France, l'Espagne, et la Sardaigne contre l'Autriche, au dix-huitième siècle : « le siège de Milan par les alliés et plusieurs semaines plus tard à Parme. (…) Les armées rivales se sont réunies dans une bataille féroce en dehors de la ville. Dans ni l'un ni l'autre endroit, il y avait de compassion de la part des habitants, sérieusement balancés entre l’un et l’autre camp. Ils avaient uniquement peur de ce que les troupes de l'une ou l'autre armée pouvaient faire dans les villes, et du pillage. La crainte était sans fondement. À Parme, les citoyens ont couru aux murs de la ville pour observer la bataille dans la campagne en contrebas. », John U. Nef, War and Human Progress, Cambridge, Harvard University Press, 1950, p. 158. Cf. aussi Hoffman Nickerson, Can We Limit War ?, New York, Frederick A. Stoke, 1934.

[3] Nef, War and Human Progress, p. 162.

[4] Ibid., p. 161. Sur la recommandation faite par les chefs de la Révolution américaine de faire du commerce avec l’ennemi, voir Joseph Dorfman, The Economic Mind in American Civilization, New York, Viking Press, 1946, vol. 1, pp. 210–11.

Comment exploiter les pauvres du mieux possible ?

Le Citoyen durable vous l'apprendra.

Exploiter les pauvres, c'est excellent. Ils sont si nombreux que ça en vaut réellement la peine : ne dit-on pas que les petits cours d'eau font les grandes rivières ? Et puis le gros avantage qu'il y a à exploiter les pauvres c'est qu'ils sont beaucoup moins retors que les riches (les riches ont des relations haut placées, ils sont chafouins comme pas deux et vous voient venir de loin). Non vraiment, vivre aux crochets des pauvres, c'est l'idéal.

Hardos

Il y a quelques années, je ressemblais à ça :

(bon, la barbe en moins, et un petit côté cyberpunk en plus). J'ai ensuite opté pour un look plus gothique, mais pas tendace batcave ; plutôt tendance électro-indus. Pour plus de précisions sur ces termes barbares, il vous faut visiter le site du Crobard, le meilleur caricaturiste et fin connaisseur du milieu.

Tout ça pour vous dire, qu'aujourd'hui encore, si mon look n'est pas forcément différent de celui de pas mal de libertariens/libertins/libertaires, il est assez... différent de celui de mes congénères de l'ENA ! Ce qui n'est pas pour me déplaire, au passage.

Sinon, deux nouvelles chansons (enfin, nouvelles pour la radio obscure, car elles sont sorties il y a pas mal de temps). D'une part, je cède aux sirènes du consensus médiatique, avec Matmatah, dont le morceau a le mérite d'être très dansant et marrant, ce qui met un peu de lumière ici ; et d'autre part, Accept, groupe allemand que je vous avais déjà fait écouter précédemment avec Balls to the Wall (1983), que vous retrouvez à présent avec Russian Roulette (1987).

A noter enfin la réédition récente (avril 2005) d'I'm a Rebel (1980), un album vraiment important du groupe, avant le triptyque qui assurera son succès (Restless & Wild (1982), Balls to the Wall (1983), et surtout Metal Heart (1985)).

Et parti sur ma lancée, j'en ai profité pour ajouter un morceau de Manowar. Je voulais initialement mettre the Crown and the Ring, mais je pensais qu'il serait peut-être préférable de vous faire découvrir la version française de Courage, belle initiative, même si on sent bien que les Américains ont du mal avec nos "U", "R" voire "A". Extrait de cet album (pour la version originale), de 1996 :

Même / livre

Via le Citoyen durable.

1) Combien de livres achetés ?

Aucune idée ; probablement 300 ou 400. Peu de romans, hormis SF et polars, énormément de Que sais-je, d'essais en livre de poche, et quelques oeuvres complètes (Maupassant, Balzac).

2) Et le dernier acheté ?

Robert Heinlein, Révolte sur la lune.

3) Le dernier livre lu ?

Hernando de Soto, Le Mystère du capital

4) 5 livres qui comptent pour moi ?

  • Frank Herbert, Dune
  • Bertrand de Jouvenel, Du Pouvoir
  • Céline, Voyage au bout de la nuit
  • Philippe Simonnot, 39 leçons d'économie contemporaine
  • Philip K. Dick, Ubik

(pardon pour mon absence totale d'originalité)

5) 5 personnes à qui jeter ce même pour qu’ils y répondent à leur tour ?

Eskoh, Pierrot, Pankkake, Lafronde et Melodius. Et un sixième pour la route : le patron du Crocell café.

L'illusion collective

Or, d'un point de vue rationnel, la collectivité n'existe pas. Un immeuble n'est pas en premier lieu le fruit d'une entité collective. Il est d'abord le résultat des travaux conjoints d'une multitude d'individus, auxquels, pour se faire, se rattachent une multitude plus grande encore d'intérêts temporairement convergents. La société n'a pas de dimension collective, elle n'est que le résultat d'actions de coopérations individuelles ponctuelles et répétées. La " collectivité " n'a pas de vie propre, elle n'a pas de réalité tangible, et elle est autant une abstraction autant une chimère de l'esprit. Elle est une illusion, comme celui qui, se trouvant en avion à 7 000 mètres d'altitude au-dessus d'un océan, regarde ce dernier de là-haut et en conclut que cette mer est exactement comme sur son atlas en papier : une globalité, une grande surface bleu, immobile, uniforme et parfaitement lisse.

A lire chez Eskoh

Yngwie Malmsteen

Ajout d'un des meilleurs morceaux, je crois, du génial guitar-hero suédois, Icarus' Dream Suite op.4. A écouter sur la radio obscure, bien sûr.

Marilyn Jess : les photos

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