Message from Space

Message from space : Galactic Battle n'est autre que le titre anglais de San Ku Kaï. Moi qui comptais depuis déjà longtemps vous parler de cette série, j'ai été mouché par Dr. Devo, qui vient de publier un billet consacré à cette série majeure (et au film de 1978, accessoirement). Comme il l'écrit, histoire de planter le décor pour les plus jeunes :

« En l’an 70 du calendrier spatial, des êtres humains quittèrent la Terre pour rejoindre différents systèmes galactiques, comme le 15e système solaire, par exemple. Celui-ci est composé de trois planètes : Sheta, la plus proche du soleil, puis Analis et Belda. »

La chaude et masculine voix-off a posé le décor, place à un générique branquignole agrémenté du détail qui tue : Siman a oublié un paquet de Malboro qui dépasse de la poche de son costume 27 génériques durant.

Et Dr. Devo détaille, avec un suspense haletant, le cours du premier épisode de San Ku Kai. Je me revois face à Volkor, Kommenor et autre Golem XIII. Je me vois surtout subjugué par Furia, qui a probablement été la première fetish girl à me faire tourner le citron. D'autant que ce n'était pas une jeunette de 20 ans, loin de là. Rien que pour cela, j'adore cette série totalement culte, faite avec des bouts de ficelle, à une seule prise, comme le rappelle fort justement Dr., et au scénario presqu'aussi débile que celui de Star Wars. Et même si les Stressos semblent encore plus risibles que les C-Rex qui combattent X-Or (autre légende des sentaï, dont je ne manquerai pas de vous parler bientôt. Lequel X-Or était accompagné de la charmante Mimi, qui parfois se transformait en oiseau, mais je vais arrêter là car je m'égare...).

Furia, donc, était interprétée par Ritsuko Fujiyama. Son collant moulant est méchant : il ne m'a jamais laissé de marbre. Tandis qu'Eolia, interprétée par Yoko Akitani, blonde déesse flottant dans l'espace, est à l'érotisme ce qu'une Bud est à la bière.

Sinon, j'aime bien la localisation de la plupart des scènes, qui ont du être tournées sur un chantier de la banlieue de Tokyo. Ou à proximité d'une carrière quelconque, ou de villages paumés d'Hokkaido (il doit bien y en avoir quelques-uns).

En revanche, il y a un point sur lequel je ne suis pas d'accord avec mon confrère bloggeur : je trouve que le scénario de San Ku Kai n'est pas si bidon que cela, et que les derniers épisodes, que j'ai d'ailleurs revu récemment, réservent un lot non négligeable de surprises et de coups de théâtre, dont le plus célèbre concerne bien sûr Eolia.

Et notez que je ne dis mot de la musique d'Eric Charden.

Je ne sais comment conclure, car à la lecture du billet de Dr., je doute de pouvoir écrire mieux, ni même aussi bien, que ce qu'il a écrit. Alors qu'il m'autorise à le citer à nouveau :

nous sommes ici au-delà du simple trip nostalgico-régressiste. SAN KU KAÏ est véritablement un petit chef-d’œuvre à (re)découvrir, un serial de l’espace truffé de scènes hautement improbables et de plans surréalistes, un must incontournable pour tout fan de cinéma bis qui se respecte, un monument de drôlerie involontaire, une tentative calamiteuse de SF-Express dont la nullité cosmique procure un plaisir indescriptible. C’est un monument de télévision, celui du conceptuel qui s’ignore, de l’expérimental malgré lui.

Maîtresse Furia

Eolia la nunuche

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Copeaudcast du jour

Un nouveau et bref copeaudcast, qui est en écoute grâce au lien suivant (faites un clic droit + enregistrer sous), et aussi via iTunes notamment ou tout autre aggrégateur (flux XML). A noter que vous pouvez écouter ici, en mode direct, le sommaire de ce podcast. Bonne écoute !

Copeaudcast 4 - Introduction - 38 secondes

Copeaudcast 4 - 9 minutes 20 secondes

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Brazil

Film britannique, américain (1985). Réalisé par Terry Gilliam, avec Jonathan Pryce, Robert De Niro, Kim Greist.

Décidément, beaucoup de billets consacrés au septième art ces derniers jours. Profitez-en, ça ne durera sans doute pas.

Aujourd'hui donc, autre film culte pour tout libéral qui se respecte, Brazil. J'ai vu presque tous les films de Gilliam, periode Monty Pythons ou postérieure, avec un faible avoué pour l'Armée des 12 singes, qui entre sans forcer dans mon top ten personnel.

Brazil est encore un peu plus fou, mais aussi plus flamboyant que Twelve Monkeys. Quelque part dans le XXème siècle, dans une société entièrement dominée par la bureaucratie, Sam Lowry (Jonathan Pryce) est un des milliers de fonctionnaires qui travaillent au ministère de l'Information et qui jour après jour répète les mêmes gestes, les mêmes courbettes vis à vis de ses supérieurs. Sam ne se plaint pas du poste qu'il occupe car sa vraie vie il la goûte chaque nuit dans ses rêves.

Tout bascule quand un cafard (un bug) provoque un dérèglement dans cette grosse machine bureaucratique : on fait une erreur dans un ordre d'arrestation en confondant le nom du terroriste chauffagiste clandestin Harry Tuttle (Robert de Niro, pas blogographe :)) avec Harry Buttle, le nom d'un honnête père de famille. Or la Machine ne peut pas faire d'erreur. Buttle est donc arrêté, torturé. Tué, car la fiche de Tuttle en faisait quelqu'un au coeur solide, alors que Buttle n'en avait pas un. Envoyé pour rassurer la famille de la malheureuse victime, Sam rencontre Jill (Kim Greist) la figure angélique de ses rêves et entre au ministère du Recoupement pour en savoir plus sur elle. A partir de là les ennuis commencent, des ennuis qui vont faire passer notre personnage de l'état d'enfant à celui d'homme.

Pour l'amour de Jill Layton, il tente de s'affranchir, de se libérer de sa mère, de son patron, de cette vie si morne. Chaque petit acte de liberté devient pour lui une révolution: accepter l'aide d'un "indépendant" pour réparer sa "chaudière", détruire le système de transmission de son travail, refuser la mutation que sa mère lui propose. Mais plus il devient libre, plus le système se ligue contre lui. A son tour, il sera traqué, arrêté puis soumis à la torture de celui qu'il croyait être son ami.

Terry Gilliam nous plonge ici dans un univers très oppressant, tout autant sinon plus que celui de 1984 d'Orwell.

Grand admirateur de Kafka, de Fritz Lang ou de Kubrick, il nous propose une débauche d'image d'un vingtième siècle baroque, d'un monde fou, créé par un dieu ivrogne. Brazil, du nom d'une célèbre chanson de bossa nova, Brazil symbole de l'exotisme, Brazil la ville à l'architecture totalement folle qui a impressionné le réalisateur américain lors d'un voyage. On est tous Sam Lowry, des minuscules grains de sable d'une machine implacable, des petits fonctionnaires sans ambition qui acceptons une vie terne et uniformisée. On ne peut échapper à la monotonie et au contrôle de sa vie par l'Etat que dans ses rêves. Des rêves d'envol, de chevalier et de princesse emprisonnée, de romance et d'actes héroïques. Du Fight Club avant l'heure, en somme.

Utopie ou fable, Brazil reste un film inclassable, très noir, mais haut en couleurs. Brazil est successivement hilarant et poignant, euphorisant et glaçant. Impossible d'oublier le doux visage de Kim Greist, la musique de Michael Kamen, une furieuse charge contre la chirurgie esthétique, les steaks verts, les publicités masquant la nature, Robert de Niro en technicien-chauffagiste qui emmerde littéralement les employés du central service, la paperasse qui "tue" Tuttle, les employés de bureau qui regardent en douce des westerns, Michael Palin en boucher affectueux et l'immense Jonathan Pryce dans le rôle de Sam Lowry. Un très très grand film de culte.

Voir ici, ici et là.

La Guerre des mondes

Film américain de Steven Spielberg. Genre : Fantastique, Drame. Avec Tom Cruise, Dakota Fanning, Justin Chatwin.

Adapté du roman éponyme d'Herbert-George Wells, écrit tout de même en 1898, la Guerre des mondes reprend le flambeau de tous les récents films consacrés à l'invasion d'extra-terrestres (Independance Day, Mars Attacks!, Rencontre du Troisième Type, pour ne citer qu'eux). Ce n'est d'ailleurs pas la première version cinématographie dudit roman, car en 1954, Byron Haskin y allait de sa Guerre des mondes, avec Gene Barry et Ann Robinson en vedettes. Une autre version a été tournée par Timothy Hines : sortie directement en DVD au mois de juin 2005, cette Guerre des mondes, très fidèle au roman d'origine, est portée par des comédiens peu connus du grand public.

Pour ma part, j'avais lu le roman de Wells il y a fort longtemps déjà, en même temps ou presque que l'Homme invisible ou La Machine à remonter le temps. J'avais adoré ces deux derniers romans, tandis que la Guerre des mondes ne m'avait laissé, pour ainsi dire, aucun souvenir précis.

En 1938, Orson Welles, auteur, réalisateur, acteur, de multiples talents (Citizen Kane, le troisième homme, pour ne citer que ces deux-là) terrifie l'Amérique en répandant sur les ondes du pays la nouvelle selon laquelle les extra-terrestres sont sur le point de débarquer sur Terre. Un gigantesque canular inspiré précisément de La Guerre des mondes de son (presque) homonyme H.G. Wells. Un canular qui allait également lui donner l'envie d'adapter l'ouvrage sur grand écran. Mais le projet, difficile à mettre en place, fut finalement abandonné.

La Guerre des mondes marque bien sûr la seconde collaboration, à nouveau dans le genre de la science-fiction, de Steven et du plus connu des scientologues, trois ans après le remarquable Minority report, film qui a bénéficié, lui, à la différence de la Guerre, d'un scénario en béton armé sculpté par le très grand Philip K. Dick.

Le scénario, donc, de la Guerre, me semble être son principal point faible. Des extra-terrestres pas gentils nous envahissent et veulent tous nous exterminer, jusqu'au dernier. Et ils y parviennent fort bien, d'ailleurs, sauf que le héros hollywoodien est là et échappe à tous les dangers avec une angoissant agilité. Bref, un scénario bidon, rien de plus. Je ne parle même pas de la fin du film, qui n'est certes pas aussi décevante que celle de pas mal d'autres, mais qui ne cesse de me rappeler le fameux et même génial Mars Attacks! de Tim Burton.

Pour autant, j'ai relativement bien apprécié ce blockbuster, à cause de l'immense talent de Steven. La plupart des scènes sont tournées en cadrant, souvent de manière rapprochée, les principaux protagonistes, et on ne voit en général les étrangers que de très loin, ou indirectement. Le suspense est haletant durant les deux premiers tiers du film, et on se prend volontiers à entrer dans la peau de Tom, à trembler comme lui devant une menace mortelle qu'il ne comprend pas, et contre laquelle il ne peut strictement rien. Les humains dans leur ensemble ne peuvent rien contre ces extra-terrestres, et d'ailleurs ils ne seront absolument pas à l'origine de leur salut (à la différence, bien sûr, de Mars Attacks! et de la plupart des films non parodiques). C'est un point positif pour le film. Comme l'écrit Jérôme Dittmar, de Fluctuat.net :

Ainsi la salle (...) prise dans un déluge poétique de pixels à la beauté crépusculaire, se trouve à position égale de l'acteur pris dans le filet implacable de Spielberg. On tente de se rassurer, on ne parle pas ou à peine, on reste fasciné, fatigué ; le spectacle est total, massif, et Tom Cruise reflète un spectateur ramené à lui-même face à une machine plus forte que lui.

La Guerre des mondes est une fable. Une fable sur la grandeur et la petitesse de l'humain, son intelligence et sa capacité d'adaptation à un monde maîtrisé, la nature. C'est aussi la responsabilité du père, car Tom est divorcé, immature, irresponsable, et ses enfants (Dakota Fanning et Justin Chatwin) sont presque sérieusement plus adultes que lui. La Guerre des mondes sera donc pour lui une conquête du rôle du père grâce aux évènements, ou comment assumer ses responsabilités et accepter un devenir adulte au regard de ses enfants. C'est vrai que ce point est important, et nombre de commentateurs l'ont souligné. Toutefois, ce thème reste des plus banals, et a été mieux traité ailleurs.

Reste donc l'atmosphère oppressante, la peur, le sentiment de n'être que des fourmis. Ce qui compte ici c'est de survivre, de sauver sa peau, Tom n'ayant comme seule gloire que d'avoir sauvé sa fille et non l'humanité (ce qui est déjà beaucoup). Un film individualiste, comme l'attaque de la voiture assaillie par une centaine d'individus désespérés (rappelant presque le remake de Zombie) le montre clairement. On pense aussi à l'état d'esprit des films de Carpenter. La Guerre des mondes joue d'une mise en scène très « actualité » (un trait façon Fuller), en suivant au plus près l'affolement de son héros (psychologiquement, physiquement). L'attaque menée par Steven est massive, totale, définitive, imparable. On ne sort pas indemne d'un tel déluge.

Copeaudcast 3

Premier véritable podcast, qui est en écoute grâce au lien suivant (faites un clic droit + enregistrer sous), et aussi via iTunes notamment ou tout autre aggrégateur (flux XML). A noter que vous ne pouvez écouter ici, en mode direct, que l'introduction de ce podcast, car je dois jouer avec les disponibilités de mon hébergement.

Copeaudcast 3 - Introduction - 56 secondes

Copeaudcast 3 - 52 minutes 44 secondes

Ouvrages cités :

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Copeaudcast 2.0

Cette fois-ci un (presque) vrai podcast, même si je suis bien conscient que l'illustration sonore, et la qualité du son de manière plus générale, reste largement à améliorer. Je ne suis pas contre une aide, du reste. Et encore merci à Fabrice, qui me met à disposition cet excellent outil.

Copeaudcast 2.0 - Le Cirse des Champs - 2 minutes 17 secondes

Bien évidemment, ce copeaudcast est optimisé pour la suite Mozilla, et Firefox. Si vous utilisez encore Internet Explorer, désolé, je ne peux rien faire pour vous si vous ne pouvez accéder à ceci.

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Copeaulation'01

Ne cherchez aucun génie chez moi, j'ai intégralement piquée l'idée de faire une compilation plutôt qu'une radio au patron du Crocell Café. Lequel Café a un très beau mobilier sonore, que je vous invite au passage à écouter. Un morceau ici présent en est directement issu, je vous laisse trouver lequel. Je n'ai pas l'aisance de l'ami Did pour manier les thématiques, toutefois j'ai tenté de placer sous un signe relativement homogène ces différents morceaux, qui ne viennent pas se substituer, mais qui s'ajoutent à la radio obscure telle que vous la connaissez déjà.

Compte tenu de mon futur emploi du temps, il est d'ailleurs peu probable qu'il y ait une autre Copeaulation avant pas mal de temps. Ce premier opus de la Copeaulation est placé sous le signe de l'hiver. Quoi de plus normal en cette saison ? tous les morceaux présents ici ont - parfois uniquement dans mon esprit - comme fil conducteur le froid glacial, le vent hurlant, la nature endormie, la neige immaculée. Je tenterai à l'avenir de toujours trouver un lien, fut-il ténu, pour que les morceaux puissent s'enchaîner de façon relativement heureuse.

Il n'y a que des nouveautés, pour ce blog bien évidemment, avec parfois des choses relativement connues, et parfois d'autres qui le sont beaucoup moins. Sans entrer dans un fastidieux détail, je voudrais dire un mot au sujet de plusieurs artistes relativement méconnus ici présents.

Tout d'abord, Pride and Fall, trio norvégien que mes amis de Prémonition n'apprécient pas. Je considère toutefois pour ma part que si ce groupe ne brille pas par son originalité pour qui connaît par coeur son VNV Nation, je ne crois pas que ce soit le lot du commun des mortels. Ce groupe mérite qu'on s'y attarde et qu'on l'écoute, sans parti pris, comme toute production de Dependent Records du reste.

Ensuite, Clarika. Il s'agit d'une artiste française qui a déjà sorti trois albums, passés sans exception sous silence, alors même qu'ils méritaient en tout objectivité qu'on s'y attarde. Je vous propose donc une chanson enjouée de la belle, laquelle au passage est déjantée comme peu le sont sur scène.

D'autre part, les Crüxshadows, qui ont d'ailleurs un site non-officiel (et bourré de pubs) français. Ce groupe, originaire d’une petite ville du nord de la Floride, s’est crée au début des années 1990 pour devenir aujourd’hui l’un des groupes électro-wave le plus connus au monde. Je vous propose un titre qui me semble bien refléter l'atmosphère méphitique du groupe.

Par ailleurs, je cite en deux mots la musique ethnique de Rajna, envoûtante et arabisante, que je vous laisse découvrir sans en dire plus.

Enfin, comment ne pas citer le fondateur de la new-wave, en la personne de Gary Numan ? l'auteur de Cars est revenu, à la fin des années 90, avec un album essentiel intitulé Exile, dont est extrait Absolution, en écoute dans Copeaulation 01. Hybrid, son album le plus récent (2003), n'est pas en reste, et la collaboration de Curve, Flood, Andy Gray, Alan Mulder, New Disease, Rico et Sulpher donne un résultat sublime. Comme le disent les PopinGays,

Les chansons, toutes absolument géniales, glorifient cette voix si sensuellement masculine, si éthérée, aérienne. La musique est totalement planante, elle emplit l'espace, elle transporte dans des espaces-temps parallèles. Pas besoin de psychotropes pour littéralement décoller et oublier cette triste vallée de larmes, à l'écoute de ce joyau étincelant de mille feux. Quelques accords rappelleront Siouxsie, ce qui ne peut qu'ajouter aux délices que savourer cet album ne manquera pas de vous procurer.

Et puis l'aérienne Heather Nova, je ne pense pas que Mobius s'en formalisera ! Laquelle, pénible comme elle est, ne se contente pas d'être belle, mais a au surplus un talent fou. N'est pas Ophély qui veut.

Et je n'ai pas écrit Copulation, bande d'obsédés !


Tracklist Copeaulation'01 : 01. L'Âme Immortelle - Another Day ; 02. Pride and Fall - Inside ; 03. Diary of Dreams - End(Gifted)? ; 04. Clarika - Les garçons dans les vestiaires ; 05. Depeche Mode - The Things You Said ; 06. Crüxshadows - Go Away ; 07. Nine Inch Nails & David Bowie - I'm Afraid of Americans ; 08. Blutengel - Our Time ; 09. Gary Numan - Absolution ; 10. Delerium - Twilight Ritual ; 11. Heather Nova - Glow Stars ; 12. BlutEngel - Die with you (akustik) ; 13. Zeromancer - Wannabe ; 14. Rajna - Belorbai ; 15. Lights of Euphoria - Comatose ; 16. John Carpenter - Escape from NY

The Big Lebowski

Réalisé par Joel Coen (1998). Avec Jeff Bridges, John Goodman, Steve Buscemi

Evidemment tout le monde connaît ce film des frères Coen. Que ceux qui ne l'ont pas vu lèvent le doigt !

L'histoire : Jeff Lebowski, prenommé le Dude (le tocard), est un paresseux qui passe son temps à boire des coups avec son copain Walter et à jouer au bowling, jeu dont il est fanatique. Un jour deux malfrats le passent à tabac. Il semblerait qu'un certain Jackie Treehorn veuille récuperer une somme d'argent que lui doit la femme de Jeff. Seulement Lebowski n'est pas marié. C'est une méprise, le Lebowski recherché est un millionnaire de Pasadena. Le Dude part alors en quête d'un dédommagement auprès de son richissime homonyme...

Je suis déçu de ne trouver que peu de sites, et a fortiori de blogs, qui abordent ce film qui, pour moi, reste pourtant culte parmi les cultes. Mes amis de l'AGLLB en connaissent toutes les répliques par coeur. Je ne citerai, pour le plaisir, que celle-ci :

The Big Lebowski : Is it being prepared to do the right thing, whatever the cost? Isn't that what makes a man?
The Dude : Sure, that and a pair of testicles.

Vous trouverez ici un générateur de citations issues du film.

Le personnage de Walter est des plus intéressants, plus que le Duc lui-même, peut-être. Comme on peut le lire ici sous la plume de Pat, c'est quelqu'un qui accorde un immense respect à toutes les règles. Lorsqu'il se trouve confronté à des nihilistes, et qu'il leur répond fuck me !, et il comprend que ceux-ci sont son symétrique inversé. Car Walter, lui, a consacré sa vie entière au respect des règles. Au lieu de verser une rançon, il remet aux nihilistes (un peu contre le gré du Duc) son panier de linge blanc. Il dit : "ce qui est à moi est à moi !", et incarne bien le libertarien contemporain. Il n'a peur de rien, a un gun dans la poche, et engueule l'agent des pompes funèbres qui tente de l'arnaquer.

Quant à John Turturro, il est génial. Tout simplement.

Avec Mulholland Drive, Twelve Monkeys et un ou deux autres, The Big Lebowki complète sans doute mon top 5. Rien de moins.

L’histoire vue comme une course-poursuite entre le pouvoir d’Etat et la puissance sociale

Comme les deux formes basiques et mutuellement exclusives d’interrelations entre les hommes sont ou bien la coopération paisible ou bien l’exploitation coercitive, la production ou bien la prédation, ainsi l'histoire de l'humanité, en particulier l’histoire de son économie, peut être considérée comme un combat entre ces deux principes. D'une part, il y a productivité créatrice, échange paisible et coopération ; de l'autre, dictature coercitive et prédation imposées à ces relations sociales. Albert Jay Nock a nommé avec brio ces forces de contestation : « puissance sociale » et « pouvoir d'Etat »[1]. La puissance sociale est le pouvoir de l’homme sur la nature, sa transformation coopérative des ressources de la nature et l’aperçu de la loi naturelle, au profit de tous les individus participants. La puissance sociale est le pouvoir sur la nature, et les conditions de vie réalisées par les hommes grâce à l'échange mutuel. Le pouvoir d’Etat, comme nous avons vu, est la saisie coercitive et parasitaire de cette production – il assèche les fruits de la société au profit de dirigeants non productifs (sinon réellement anti-productifs). Tandis que la puissance sociale touche à la nature, le pouvoir d'Etat est le pouvoir sur l’homme. Tout au long de l'histoire, les forces productives et créatives de l’homme ont sculpté, maintes et maintes fois, de nouvelles manières de transformer la nature au bénéfice de l'homme. C’était du temps où la puissance sociale a jailli à la face du pouvoir d’Etat, et où l’empiétement de l’Etat a considérablement diminué. Mais à chaque fois, après un délai plus ou moins long, l'Etat a pénétré ces nouveaux secteurs, pour estropier et confisquer la puissance sociale une fois encore[2]. Si la période du XVIIe au XIXe siècle a été, dans beaucoup de pays occidentaux, une phase d'accélération de la puissance sociale, et en corollaire d’amélioration de la liberté, de la paix et du bien-être matériel, le vingtième siècle a été principalement un âge dans lequel le pouvoir d’Etat l’a rattrapé – avec pour conséquence un retour à l'esclavage, à la guerre et à la destruction[3].

En ce siècle, la race humaine fait face, à nouveau, au règne virulent de l'Etat - de l'Etat armé à présent des fruits de la puissance créatrice de l'homme, confisqués et perverti au bénéfice des objectifs de l’Etat. Les derniers siècles étaient des périodes durant lesquelles les hommes ont essayé de créer des limites constitutionnelles ou autres au pouvoir de l'Etat, pour constater finalement que de telles limites, tout comme tout autre tentative, ont échoué. Des nombreuses formes que les gouvernements ont pris au fil les siècles, de tous les concepts et institutions qui ont été essayés, aucun n'a réussi à maintenir l'Etat sous contrôle. Le problème de l'Etat est évidemment très loin d’être réglé. De nouveaux chemins d’enquête doivent peut-être être explorés, si toutefois la solution finale de la question de l'Etat doit jamais être atteinte[4].

Murray N. Rothbard, Egalitarianism as a Revolt Against Nature and Other Essays, Auburn, Mises Institute, 2000 (1974), pp. 55-88.

Notes

[1] Sur les concepts de puissance sociale et de pouvoir d’Etat, voir Albert J. Nock, Our Enemy the State, Caldwell, Idaho, Caxton Printers, 1946. Voir aussi Nock, Memoirs of a Superfluous Man, New York, Harpers, 1943, et Frank Chodorov, The Rise and Fall of Society, New York, Devin-Adair, 1959.

[2] Parmi le flux de l'expansion ou de la contraction, l'Etat s'assure toujours qu'il possède et maintient certains « postes de commandement » cruciaux de l'économie et de la société. Parmi ces postes se trouvent le monopole de violence, le monopole de la puissance juridique suprême, les canaux de communication et le transport (poste, routes, fleuves, lignes aériennes), qui ont irrigué l'eau des despotismes orientaux, et l'éducation – pour façonner les avis de ses futurs citoyens. Dans l'économie moderne, l'argent est le poste de commandement critique.

[3] Ce processus parasitaire de « rattrapage » a été presque ouvertement proclamé par Karl Marx, qui a concédé que le socialisme doit être établi par la saisie du capital précédemment accumulé par le capitalisme.

[4] Très certainement, un ingrédient indispensable d'une telle solution doit être la lutte contre l'alliance des intellectuels et de l'Etat, par la création des centres d’enquête et d’éducation intellectuelles, qui seront indépendants du pouvoir d’Etat. Christopher Dawson note que les grands mouvements intellectuels de la Renaissance et des Lumières ont été réalisés en travaillant en dehors de, et parfois contre, les universités solidement retranchées. Ces académies des idées nouvelles furent établies par des patrons indépendants. Voir Christopher Dawson, The Crisis of Western Education, New York, Sheed and Ward, 1961.

Comment les Etats entrent en relation les uns les autres (2/2)

Le point jusqu’où les Etats ont dépassé les règles de la guerre civilisée durant ce siècle ne nécessite aucun développement ici. Dans l'ère moderne de la guerre totale, combinée avec la technologie de la destruction totale, l'idée même de maintenir une guerre limitée à l'appareil d'Etat semble bien plus étrange et désuète que la constitution originelle des Etats-Unis.

Quand les Etats ne sont pas en guerre, des accords sont souvent nécessaires pour maintenir les frictions à un degré minimum. Une doctrine qui a curieusement gagné une large acceptation est celle de la « sacralisation » alléguée des traités. Ce concept est perçu comme la contre-partie de la « sacralisation des contrats ». Mais un traité et un contrat véritable n'ont rien de commun. Un contrat transfère, d'une façon précise, des titres de propriété privée. Puisqu'un gouvernement, dans aucun sens du terme, ne « possède » son secteur territorial, aucun accord qu'il signe ne confère de titres de propriété. Si, par exemple, M. Dupont vend ou donne sa terre à M. Durand, l'héritier de Dupont ne peut pas légitimement se retourner contre l'héritier de Durand et réclamer la propriété de la terre. Le titre de propriété a déjà été transféré. Le contrat du vieux Dupont lie automatiquement le jeune Dupont, parce que le plus vieux a déjà transféré sa propriété ; le jeune Dupont ne peut donc formuler aucune réclamation sur cette propriété. Le jeune Dupont peut seulement réclamer celle dont il a hérité du vieux Dupont, et le vieux Dupont ne peut léguer que la propriété qu'il possède toujours. Mais si, un beau jour, le gouvernement de Syldavie est contraint ou même par exemple trompé par le gouvernement de Bordurie, et doit donner une partie de son territoire, il est absurde de réclamer que les gouvernements ou les habitants des deux pays soient empêchés pour toujours de réclamer une réunification de la Syldavie en raison de la sacralisation d'un traité. Ni les personnes ni la terre de Bordurie du nord-ouest ne sont possédées par l'un ou l'autre des deux gouvernements. En corollaire, un gouvernement ne peut certainement pas lier, au nom du passé, un gouvernement postérieur par un traité. Un gouvernement révolutionnaire qui renverse le roi de Bordurie pourrait, pareillement, être à peine sommé de s’expliquer des actions ou des dettes du roi, parce qu’un gouvernement n'est pas, à l’instar d’un enfant, un vrai « héritier » de la propriété de son prédécesseur.

Dans l'espace, personne ne vous entendra crier

Vous aurez bien évidemment reconnu dans le titre de ce billet le slogan paru au fronstipice de l'affiche d'Alien. Et c'est bien de ce dernier film dont je souhaite vous parler.

Ou plutôt des quatre Alien, car je ne ferai pas une fixation sur la version de Ridley Scott. Tout débute avec le Nostromo, vaisseau de commerce comportant un équipage de sept personnes, plus un chat, interrompt son long voyage intergalactique pour répondre à un SOS provenant d'une planète inexplorée.

Au cours de la recherche, l'équipage découvre les restes d'un gigantesque vaisseau extraterrestre dont les passagers semblent avoir été tués en d'étranges circonstances. Lors d'une expédition de reconnaissance, Kane trouve une sorte de caverne remplie d'œufs et, voulant en inspecter un, est agressé par la créature qu'il contenait. Cette créature s'aggripe au visage de Kane qui est ramené en urgence au Nostromo... L'aventure commence, elle ne s'achèvera que bien plus tard, avec la version de Jeunet, si toutefois vous me permettez de faire abstraction de l'obscure nouille qu'a été Aliens vs Predator de Paul Anderson.

La version de Scott fait appel à l'épouvante et à la science-fiction, mais presque pas à l'horreur. Je ne m'en plaint pas, car ce parti pris me semble parfaitement coller à l'ambiance si particulière et oppressante du film. Chose que Cameron, réalisateur d'Alien Returns, n'a manifestement pas pigé. Alien, version Scott, ne manque pas de surprise et de rebondissements : la façon dont les aliens se reproduisent, celle grâce à laquelle ils s'introduisent dans le vaisseau, celle qui leur permet de naître, leur forme effrayante... Sans compter un cyborg dont nous ne soupçonnions même pas l’existence.

La version de Cameron, donc. Si la transition est plutôt réussie, très réussie même (Ripley, après cinquante ans de dérive dans l'espace, est récupérée et part de nouveau en mission sur la planète du premier épisode. Une colonie humaine s'y est installée et elle ne répond plus ! Elle devra partir avec un régiment de marines pour mener une reconnaissance et reprendre possession des lieux), pour moi le reste ne suit pas. Un peu comme pour Star Wars, Alien le Retour repose sur une épine dorsale pourtant fragile, celle des effets spéciaux à outrance. Le seul aspect positif réside du reste dans les premières scènes du film, car, outre la transition, Cameron a relativement bien dépeint la déréliction de Ripley : on la retrouve malade, on la critique pour avoir fait sauter le Nostromo et bien sûr il y a toujours quelques connards pour dire qu’elle a tout inventé à propos du monstre. Elle passe des nuits horribles, et finalement accepte d’aller à la rencontre de celui qui hante ses nuits (après Copeau, faut pas exagérer non plus). La suite (mode méchant on) : du gore, du gras, du gros, du pas plus fin qu'un d'Amato quelconque (/mode méchant off).

Vient alors la version de Fincher, en 1992. Seule survivante du carnage précédent, Ripley s'échoue sur Fiorina 161, planète balayée par des vents puissants, prison réservée aux plus dangereux criminels de l'univers, une vingtaine d'hommes, violeurs, assassins, infanticides, etc. Ripley arrive seule dans ce monde de brutes, enfin, seule, pas exactement... C'est pour moi l'épisode qui, de tous, m'a le plus marqué. Je sais bien que les fans ne l'apprécient pas outre mesure, mais je pense au contraire que l'univers carcéral constitue à la fois un fil rouge de tous les épisodes, et le terreau le plus fertile à la peur. C'est indubitalement le film le plus noir des quatre, le plus psychologique aussi, plus encore que celui de Scott, ce qui relève de l'exploit. Fincher, à l'instar de Jeunet du reste, peut être considéré comme un réalisateur "visuel" d'abord et avant tout, ce qui est vrai. Il a collaboré tant au Retour du Jedi qu'à l'Histoire sans fin, dans la première moitié des années 80. J'ai adoré de lui tant Se7en que Fight Club, mais pas du tout Panic Room. Ce qui fait une bonne moyenne. La supériorité scénaristique de cet opus réside, à mon sens, dans la scène finale, celle du suicide (je ne dis rien de plus, pour ne pas déflorer l'Alien :)).

Cette force est aussi ce qui a rendu si difficile le travail de composition de Jeunet. La trilogie était bouclée, logique, cohérente, pourquoi avoir poursuivi ? Le scénario tient sur la tranche d'une alumette : Deux cents ans après le suicide de l'officier Ripley, une équipe de généticiens ressuscite la jeune femme afin de récupérer l'alien vivant en elle, qui n'est autre qu'une reine... Sigourney est froide, joue horriblement mal, n'est pas du tout crédible. Je n'ai ressenti, en salle lorsque je l'ai vu, aucune épouvante, aucun stress. Où sont passés l'effet de surprise, les multiples attaques et les poursuites ? Evidemment, on retrouve l'univers classique de Jeunet, avec des personnages qui ont des "gueules", et même des sales gueules, bien caractéristiques. L'aspect visuel est même l'un des plus réussis. Mais je trouve qu'on s'endort dans cette version, et que la relation maternelle de Ripley avec sa fifille la reine est proche de la débilité profonde. L'épisode de trop, même si la réalisation tient la dragée haute à celle des films précédents. Mais une réalisation seule ne saurait suffire à couvrir les insanités du scénario.

Lauren Brice

Au gré de mes conversations avec l'ami Zarton, j'ai réalisé que je tenais à vous parler, quoique brièvement, d'une actrice de films libertins des années 80 qui reste fort peu connue, et qui l'était déjà lorsque sa carrière était à son zénith. Elle s'appelle Lauren Brice. Très grande (1m 78), aux cheveux chatain-roux, elle a officié dans pas mal de productions américaines. Après une recherche sur le web, je n'ai rien pu savoir d'elle : ni sa véritable identité, ni sa date de naissance, ni sa nationalité. Encore moins ce qu'elle est devenue. Par conséquent, toute information que vous pourrez me communiquer sera bonne à prendre. Elle a obtenu un Adult Video Nudes Award avec Married Women, en 1991.

Je l'avais tout particulièrement appréciée dans Bush Pilots, avec Ashlyn Gere notamment. Ainsi que dans Mistress 2, film aux penchants féticho-gentils comme je les aime. Si vous connaissez d'autres films de la grande, je suis intéressé aussi :)

La bio la plus précise que j'ai trouvé d'elle est la suivante :

Porn Star Lauren Brice was a smoldering seductress with an illustrious, but all too brief career in adult films. With short, short dark hair and captivating, sensuous eyes, Lauren Brice possessed erotic qualities that seemed to come from deep within her soul. As one of America's finest adult actresses, Lauren Brice was often given juicy dialog as well as steamy sex scenes because she was one of the few who could really handle it well.

Although Lauren Brice made several dozen features, she never really took her film career seriously. Lauren Brice always considered herself to be a dancer and continues to tour as such today. Lauren Brice only made films from late 1989 though the early part of 1991 and some of her best work can be seen in Married Women, Back to Nature and Hate to See You Go.

She received the award in 1991 from the Adult Video News for the movie 'Married Women'.

En attendant, voici des photos d'elle. Peu, car elle est rare sur le net.

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