Morne peine

Mais si la forme est tangible, le fond demeure flou et la fonction reste à la libre discrétion du créateur. On pourrait bien entendu douter qu'il y en ait une. Aussi la définis-je en trois étapes. Premièrement, protéger, défendre et servir une entité supérieure du nom de nation, à laquelle personne ne s'identifie, mais qui doit bien avoir une utilité puisque l'on ne s'en est pas - encore - débarrassé. Deuxièmement, faire vaguement décoller des petits et des gros navions, avec la sotte prétention de les faire - logique contrepartie - atterrir. Troisièmement, assurer à une importante frange de mous du bulbe, assistés jusqu'à la dépendance, une écœurante sécurité de l'emploi et du bon temps qu'ils s'emploieront à dépenser avec une application déconcertante. Et au cœur de cette morne plaine à l'accès réservé, fruit d'une réalité distordue, improbable faille temporelle dans laquelle je glisse allègrement, vit une race oubliée que l'isolement ne rebute pas et à qui la connerie ne fait ni peur ni défaut.

A lire obligatoirement ici

Homme d'Etat ?

J'en profite pour vous glisser deux mots :

  • lisez ce billet de h16, qui explique quel est la summa divisio entre un homme de bien et un homme d'Etat ;
  • et relisez-le encore, cette fois-ci en ayant à l'esprit une nouvelle importante, du moins pour moi : je quitte dans quelques jours les rangs de l'Etat, pour aller "pantoufler" dans le privé. Il s'agit de l'aboutissement d'un projet de longue date, à vrai dire, et tout sauf une décision prise sur un coup de tête. J'étais déjà à mi-chemin entre le public et le privé, il ne me restait plus que quelques pas à faire. Bien souvent, la carte de visite de l'ENA vaut mieux, voire beaucoup mieux, que les postes qu'un énarque peut occuper dans les sphères étatiques. Souhaitez-moi bonne chance, malgré tout.

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