La vérité c'est que je ne sais pas comment nous avons pu survivre a notre enfance !

En y pensant, il est difficile de croire que nous ayons survécu.

On voyageait dans des voitures sans ceintures de sécurité, sans sièges spéciaux et sans Airbag,

On faisait des voyages de 10 - 12 heures avec 5 personnes dans une Renault 4 ou une Mini et on n'avait pas le syndrome de la classe Touriste.

Nous n'avions pas des portes avec protections, d'armoires ou des boîtes de médicaments avec des couvercles spéciaux pour enfants.

On allait à vélo sans casque, sans protections pour les genoux ni les coudes.

Les balançoires étaient de métal avec des coins pointus et nous jouions pour voir qui était le plus fou.

On passait des heures à construire nos "véhicules" avec des bouts de roues pour descendre les côtes et alors seulement nous découvrions que nous avions oublié les freins.

Apres s'être éclatés contre un arbre, on apprenait à résoudre le problème.

On jouait au "mouchoir" et aux "gendarmes et aux voleurs" et personne ne souffrait d'hernies ou de vertèbres déplacées.

On sortait de la maison le matin et jouait toute la journée, et on rentrait seulement quand les lumières de la rue s'allumaient.

Personne ne pouvait nous localiser.

On cherchait du bois dans les poubelles ou n'importe où, et on faisait des cabanes pour passer un moment dedans.

Il n'y avait pas de portables.

On se cassait les os et les dents et il n'y avait aucune loi pour punir les coupables.

On s'ouvrait la tête en jouant à la guerre avec des pierres et tout se passait bien, c'était des trucs d'enfants et on se soignait avec du mercurochrome (rouge) et quelques points de suture, et le jour suivant on était tout content.

La moitié de nos compagnons de classe avait le menton cassé ou quelques dents en moins, ou une bosse à la tête.

On se battait et on se mettait sur la tronche les uns aux autres et on apprenait à le surmonter.

On allait en classe chargé de livres, tous mis dans un sac a dos qui, rarement, avait des renforts pour les épaules et encore moins souvent des roues !!!

On mangeait des bonbons et on buvait des sodas mais sans être obèses.

Oui des fois certains étaient gros comme dans tous les groupes.

On était toujours en train de courir et jouer en plein air.

On partageait des boissons et personne ne tombait malade.

On attrapait seulement des poux dans les cheveux, et nos mères arrangeaient tout ça en nous lavant la tête avec du vinaigre chaud.

On n'avait pas de Playstations, ni de Nintendo 64, de jeux vidéos, pas 99 chaînes de télé, ni films en DVD, portables, ordinateurs, Internet, mais on s'occupait en lançant des bombes à eau et en se battant sur le sol, en déchirant nos habits.

Nous, oui, on avait des amis.

On se donnait rendez-vous et on sortait ensemble.

Et si on n'avait pas de rendez-vous, on sortait dans la rue et là on se rencontrait et on jouait aux billes, à cache-cache ... que du high tech !

On y allait en vélo ou en marchant jusqu'à leur maison et on appelait à la porte.

Imaginez vous ! sans demander la permission aux parents, et on allait seul, là, dehors, dans ce monde cruel ! sans personne de responsable !!

Comment avons-nous fait ??

On inventait des jeux avec des bouteilles, des bouts de bois et des ballons de foot improvisés.

On buvait l'eau directement du robinet dans les fontaines publiques ou les chiens avaient bu !

On allait chasser des lézards et des oiseaux avec un fusil à plomb avant d'être majeur et sans adulte.

Aux jeux, à l'école, il n'y avait pas tout le monde qui participait. Ceux qui n'y participait pas, devaient surmonter seuls la déception.

Quelques écoliers n'étaient pas intelligents comme les autres et devaient redoubler. Ils n'avaient pas inventé les examens de rattrapage !

Et on sortait avec des filles en les persécutant pour leur toucher les fesses et les seins, on jouait à leur faire des bisous, avec audace et pour de vrai !

On était responsable de nos actions et on assumait les conséquences.

Il n y avait personne d'autre pour décider.

L'idée d'un père nous protégeant, si on transgressait une loi, était inadmissible, et si notre instituteur nous donnait une correction ou une claque, on se taisait de crainte d'en prendre une autre en racontant cela à nos parents.

On était libre, il y avait des hauts et des bas, des responsabilités et on apprenait à grandir avec tout ça.

Léon M.