Pas vous, pas ça

Je ne voudrais très sincèrement pas revenir sur ce qui pourrait être un point d’achoppement relativement important entre les libéraux, sinon les libéraux et aussi les libertariens, mais il me semble qu’il est impossible de passer outre un élément de compréhension majeur de ce qui fonde le substrat même de notre engagement individuel et collectif. Ce fondement, c'est celui du positionnement politique que nous adoptons, à titre individuel bien sûr, et un individualiste tel que moi ne saurait se départir de cette dimension fondamentale et même fondatrice, mais aussi à titre collectif, et, partant, de la manière dont vous, chers lecteurs qui pourtant ne partagez pas nécessairement mes positions, nous et me percevez. S’il fallait résumer la manière dont les libéraux sont en général perçus, il est probable que la métaphore désormais célèbre des commerciaux arborant un foulard Burberry’s, un costume trois-pièces Armani, une Rollex et des fameux mocassins à glands, sera assez proche de la manière dont vous nous percevez. A moins qu’il ne s’agisse du pull Gentleman Farmer au col en V, qui, en sus du pantalon à pinces Hillfinger et de la chemise Arrow, complète la panoplie du médecin en week-end, marié à 21 ans et père d’au moins sept enfants. Ou peut-être avez-vous aussi l’image de l’étudiant binoclard, moucheté d’acné, les cheveux gras et les idées courtes, qui, bien que fils à papa, doit tout de même bosser un minimum s’il veut intégrer sciences-po, moins qu’il ne s’agisse de l’ENA. Ses culs de bouteille ne le rendant pas des plus séduisants, il rumine sa frustration en lisant des bouquins subversifs, mais tellement conservateurs en même temps.

Ce qui rassemble toutes ces figures est pourtant limpide : pour vous, les libéraux sont tous des Patrick Bateman, qui, s’ils ne finissent peut-être pas tous serial killer, n’en demeurent pas moins des gens un peu dérangés, d’un point de vue cérébral, et dotés d’à peu près autant d’amour pour son prochain qu’une laitue aime sa voisine. Nous ne sommes pas seulement infréquentables, nous sommes aussi dangereux, nous qui n’avons pas la fibre sociale qui pourtant doit animer tous les gens de la bonne société. Nous sommes des barbares, des fous, des criminels, tant est encore suintant le sang écarlate que nous avons sur nos mains, le sang des enfants bengalis qui se prostituent à huit ans, le sang des enjôlés chiliens, le sang des mineurs lorrains et calaisiens, le sang des palestiniens.

Nous sommes si peu fréquentables, que nous sommes parmi les gens de droite les plus détestés du vulgus pecus. Nous n’avons même pas le penchant sécuritaire de tel candidat UMP, ni le culte de l’Etat de tel autre. Si Satan avait un visage, il aurait le nôtre.

Cette charmante démonstration serait relativement divertissante, si toutefois elle ne péchait pas par un seul et unique défaut, mais qui n’est pas négligeable, et qui peut s’exprimer de la manière suivante : c'est con et faux. Ou faux et con, c'est comme vous voulez. De tous les glands, de mocassin ou non, cités plus haut, un seul idéal-type, pour parler comme Weber, me semble devoir un tant soit peu retenir l’attention, celui du lycéen chaussant de superbes culs de bouteille. Il est vrai que cette population existe parmi nous, et alors ? Sommes-nous les seuls ? J’en doute fort. Les autres couillons lecteurs du Figaro magazine, pour qui la culture se résume à la lecture du dernier Sevilla, ou des œuvres complètes de saint Pauwels, me semblent aussi proches des libéraux ou des libertariens que Madonna est proche de Cannibal Corpse. Je refuse catégoriquement d’être assimilé, de près ou de loin, à ces individus, tout bonnement parce que je n’ai rien à voir avec eux, et mes amis non plus, et faire ne serait-ce qu’une allusion à des accointances particulières avec la droite conservatrice, est non seulement inacceptable ; c'est aussi la remise en cause totale de la sincérité et du sérieux de celui qui s’y livre. Non que je prétende que les libéraux ne sont pas parfois de droite, car il y en a, quelques-uns, perdus parmi les fous, et qu’il faut, tel le berger de la Bible, aller chercher, et ramener dans le droit chemin, quoique aride et besogneux, de la liberté. Si des libéraux de droite existent, je cherche en revanche à quoi peut ressembler un libertarien de droite, et ne me citez pas tel ou tel auteur connu par environ trois personnes en France, traducteur et éditeur compris.

Il n’y a pas franchement plus, je crois, de libéraux de gauche, bien que quelques papous survivent ici ou là, et que j’en fasse partie. Vous comprenez donc à quel point les assimilations débiles auxquelles on se livre souvent me blessent et m’insupportent. Les libertariens, eux, proviennent souvent de l’extrême gauche, ce qui n’est pas particulièrement étonnant lorsqu’on mesure le degré de perversion et de subversion de leurs thèses.

Etre de gauche, est-ce vouer un culte aux descendants en ligne plus ou moins directe de la SFIO, aux politicards énarques de mes deux, aux députés de banlieue pour qui la pauvreté se résume à trois chiffres dans un tableau, aux hypocrites en tout genre, issus des bô quartiers du VIIe arrondissement, et qui croient plus ou moins sincèrement incarner les descendants de la IIIe Internationale ? Est-ce croire que l’Etat résoudra tous les maux, est-ce croire que les hommes de l’Etat sont des gens désintéressés et intrinsèquement bons, est-ce au final être forcément débile et niais ? J’en doute. Est-ce au contraire considérer que les valeurs humaines dominent toutes les autres, que le pouvoir doit être limité si l’on veut s’en prémunir, que la justice n’est pas un vain mot, que le travail permet à tous, y compris et surtout à celui qui n’a rien, de s’en sortir, qu’un homme politique n’est là que pour son propre intérêt et pas le mien ? Voici les valeurs que nous défendons. Nous nous opposons aux lois oppressives, aux limitations de liberté, aux lois anti-terroristes qui ne terrorisent que les amoureux de la liberté, aux projets dispendieux et financés par l’injustice. Nous n’avons pas progressé depuis les pharaons : toujours la même recherche du pouvoir et du prestige, au détriment des autres Etats – comme si l’Etat voulait encore dire quelque chose ! –, toujours en réduisant à l’esclavage une part sans cesse plus grande d’une population servile et assurée de bienfaits de sa servitude volontaire. Nous nous opposons aux lois injustes, qui pénalisent celui qui travaille au bénéfice de celui qui ne fout rien, et c'est un fils de deux parents RMIstes qui vous le dit. Nous nous opposons à la notion aberrante de « nationalité », comme si nous, individus libres et donc responsables, avions fait jadis un acte d’allégeance à un Etat tutélaire et omnipotent. Comme s’il fallait que nous restions d’éternels enfants, satisfaits au demeurant d’être des mineurs et d’y rester. Nous pensons que les hommes de l’Etat feraient mieux de s’occuper un peu plus de leur vie privée, souvent déplorable, plutôt que de s’occuper de la nôtre. Qu’ils feraient mieux d’apprendre un vrai métier plutôt que de courir après le pouvoir comme je cours après les jupons. Qu’ils feraient mieux d’investir pour leur avenir plutôt que de nous faire chier avec des réglementations anti-tabac, anti-racolage ou anti-calcaire. Qu’ils feraient mieux de cesser de revêtir les oripeaux du bobo lecteur de Télérama, altercomprenant mais mangeur bio. Qu’ils cessent de nous dire que le service public est gratuit, car sinon, je cesserai moi de payer mes impôts. Qu’ils cessent de nous prendre pour des cons, en nous rackettant au profit de chaînes de télé aussi dispensables que Rance 2 ou (T)Arte, qui du reste ont la caractéristique première d’être la voix de son maître lorsqu’il s’agit de réciter l’évangile selon saint PS au pouvoir.

Il y a des salauds qui tapent dans la caisse, à droite comme à gauche, et il y a aussi des monstres d’honnêteté. Parmi les élus, parmi les militants, parmi les sympathisants. C'est à eux que je m’adresse : vous valez mieux que ça.

Les dérives des socialistes lyonnais - première partie : Saint-Fons

J'entame, une fois n'est pas coutume sur ce blog qui aborde assez peu ce genre de problèmes, une série de billets consacrés à nos amis les socialistes lyonnais, démarche qui aura au moins le mérite d'ancrer un peu plus territorialement ce blog, et d'exposer de manière modeste mais néanmoins fidèle à nos lecteurs, qui, sauf exception, ne sont précisément pas lyonnais, les dérives manifestes d'un système maçonnico-associatif, lesquelles ont provoqué une mise en coupe réglée de l'argent des contribuables, mais qui, à la différence d'un certain couple explosif composé de Michel Noir et de Pierre Botton, mâtiné de PPDA, ne font absolument pas l'objet du moindre article dans la presse nationale. Deux poids deux mesures ? probablement, car les protagonistes dont il s'agit ne sont pas des présidentiables sérieux, ni même, pour certains d'entre-eux, des ministrables.

Mais je ne puis m'empêcher de penser que ce n'est pas la seule raison. Qu'on ne saurait critiquer le parti socialiste, parti de la Justice, de la Morale et du Bonheur.

Premier épisode, donc, consacré à une ville du sud de l'agglomération, de 16 000 habitants : Saint-Fons. Ville qui a comme caractéristique une très forte proportion de population musulmane, mais qui, socialiste jusqu'en 2001, a basculé à droite depuis. Et voici comment le scandale arriva.

Michel Denis, le nouveau maire, s'interroge. Il s'inquiète, avant même son élection, des modalités de paiements de certaines factures. De transferts d'argent étranges. Il invite l'ex-inspecteur Gaudino, celui qui lança en son temps l'affaire Urba, celle des financements occultes du PS, et devenu depuis détective privé, à se pencher sur la question. Il en ressort, à l'appui d'un dossier de 1000 pages, un véritable système de détournement de fonds publics, qui, entre 1996 et 2001, ont alimenté le Parti socialiste du Rhône, par le truchement de l'ancien maire, Yves Mongeot.

Le système était simple : le Comité pour nos gosses, une association chargée de l'animation, recevait chaque année 12 à 15 MF (vous avez bien lu), et les reversait ensuite aux Clubs Leo Lagrange, qui sont comme chacun sait une roue arrière du PS. En échange, les Clubs mettaient des animateurs à disposition du Comité.

Pourquoi pas ? C'est pas très moral de faire travailler ses petits copains, pas vraiment conforme à l'esprit d'impartialité républicaine, mais je dirais cyniquement que tout le monde le fait. Il faut certes dénoncer ces pratiques, mais aussi les relativiser.

Seulement voilà, il y a tout de même un petit plus dans le cas présent : ces contrats de mise à disposition d'animateurs sont largement surfacturés. Un exemple, parmi d'autres : une emploi-jeune, qui coûtait charges comprises 23 K€ par an, était facturée 54 K€.

Sans compter des fausses factures mandatées directement par la mairie.

Au total, environ 2 M€ détournés, une somme rondelette équivalente à une quizaine de bus, ou encore à plus de 20 bennes à ordures ménagères, ou encore à un petit gymnase, à 4 rond-points, pour prendre quelques exemples parlants.

Bien évidemment, les Clubs n'ont pas uniquement conservé l'argent détourné pour leur propre compte ; le but premier était bien sûr de reverser cet argent, celui des contribuables je le répète, au parti socialiste du Rhône. Des locaux mis gratuitement à disposition, des frais de congrès offerts, des dessous de tables, tout y est passé. L'avantage, si j'ose dire, c'est que le principal protagoniste de l'affaire, Michel David, ancien DGA de Saint-Fons mais aussi secrétaire de la section locale du PS(1), est mort il y a quatre ans, d'une longue maladie. Et avec lui, de nombreuses preuves. Comme par le plus grand des hasards, tous les accusés lui font bien évidemment porter le chapeau. Belle solidarité socialiste.

D'autant que la magistrate chargée de l'affaire fait une autre découverte : les chèques détournés au profit d'une autre association, l'EPRA, Etudes et prospectives Rhône-Alpes, présidée par Gérard Collomb, à l'époque leader de l'opposition. Mongeot en est le secrétaire général et Michel David le trésorier. Collomb affirme avoir démissionné en 1989, mais il n'y a aucune trace de cela nulle part. Dommage. Au passage, il faut souligner qu'Yves Blein, président régional des Clubs Leo Lagrange, et maire de Feyzin, a prêté de l'argent au gendre de David, qui affirme avoir remboursé les sommes détournées par son beau-père peu après la perte de la mairie de Saint-Fons, car ses fesses commençaient à sérieusement chauffer. Blein vient d'être contraint par Collomb à démissionner, du reste.

L'affaire tourne en boucle, et la raison en est simple. Trois magistrats successifs ont été déchargés du dossier, et à chaque fois le petit nouveau doit reprendre le dossier à zéro. Pourquoi ? Parce que Marc Laleix, doyen des juges, n'a jamais caché son engagement socialiste, et n'hésite pas à faire des tirs de barrage. Sans compter que ces multiples associations font partie de la nébuleuse maçonnique.

Un deuxième problème se pose : on peut penser que d'autres villes, toutes celles qui avaient les mêmes pratiques que Saint-Fons, ont aussi alimenté le parti socialiste avec l'argent du contribuable, de manière totalement illégale, immorale et scandaleuse. Il ne suffit pas que le PS rembourse l'argent ; il faut surtout punir sévèrement les coupables.

Fin du premier épisode.

Sources

  • Saint-Fons : Un scandale qui menace le PS lyonnais "C’est grave
  • "Accuser un mort c’est un peu facile !"
  • Lyon Mag, novembre 2005
  • La Tribune de Lyon, 28 octobre 2005
  • Lyon Capitale, plusieurs numéros d'octobre-novembre.
  • Le Progrès

Notes

1 : Bravo au passage pour la neutralité du service public, qu'on est en droit non pas d'attendre mais d'exiger de la part d'un fonctionnaire territorial, conformément au statut général des fonctionnaires et à la loi du 26 janvier 1984 portant statut de la fonction publique territoriale.

Internet 2.0

Alain Lefebvre vient de sortir un livre intitulé Les réseaux sociaux, Pivot de l'Internet 2. Qu'est-ce que l'internet 2.0 ?

(Ce terme) désigne commodément le renouvellement des espoirs, usages et services Internet après la bulle financière de l’an 2000 (avant, c’est l’Internet 1.0). Dans l’Internet 2.0, les consommateurs deviennent aussi, peu à peu, des producteurs. Ainsi serait réalisé le rêve des pionniers du Net. Dans les paradigmes de l’Internet 2.0, on trouve notamment le partage et la collaboration.

Pierre Bilger s'en fait l'écho, en citant longuement un passage de l'ouvrage. Je mentionnerai pour ma part les travaux, déjà anciens, de Pierre Levy, et tout particulièrement sa World philosophie (2000).

Dans l'un comme l'autre de ces deux ouvrages, les auteurs démontrent à l'envie quels sont les changements décisifs que sont en train d’introduire dans le monde de l’Internet les nouveaux « logiciels sociaux », basés sur des processus collaboratifs, décentralisés, géométriques et souples. Voici quel est l'avenir du net, voici quel est à vrai dire le présent du net pour les plus en pointe d'entre-nous, voici pourquoi les wikis ont plus d'avenir que les CMS, etc.

Une lecture pénétrante, donc, au même titre que les précédents ouvrages de Lefebvre. Il a son blog, à voir ici.

L'individu est mort, l'intégration aussi

Je m'excuse de citer à nouveau, mais à quoi bon ré-écrire ce que d'autres ont écrit bien mieux que moi ? Cette fois-ci, c'est Taranne qui frappe très très fort :

Un siècle plus tard, les choses ont bien changé. Il y a des droits en pagaille, des minima sociaux à faire saliver un ouvrier de Germinal et un Code du Travail aussi voire plus épais que la Bible. L’Etat se veut proche des gens, il les accompagne de la maternité jusqu’au cimetière, la scolarité est obligatoire jusqu’à seize ans et ce n’est qu’un début pour une grande partie des élèves. De tout cela, les habitants des ghettos ne voient généralement pas grand-chose, mais - et c’est important - ils en ont entendu parler. L’envie, le désespoir, la colère, les anciens connaissaient. Le sentiment d’être lésé de quelque chose auquel on a droit, en revanche, c’est nouveau. La société explique à ses enfants que certaines choses sont dues, que le chômage n’est pas un accident de l’existence mais un scandale, que la pauvreté est une abomination. Cela ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. Le Banlieusard se demande pourquoi il n’a pas tout ce qui lui est “dû”. Mais au lieu de se retrousser les manches comme on le faisait un siècle auparavant, il pique une grosse colère et la fiesta peut commencer.

Le Banlieusard a bien évidemment quelque raison de se fâcher, mais ayant perdu en cours de route l’individualisme qui sauva ses prédécesseurs, il est incapable de se remettre en cause et même de penser sa propre responsabilité dans ses échecs. De prétendus amis le lui répètent d’ailleurs sur tous les tons: s’il est pauvre, s’il est mal logé, s’il a des problèmes avec la justice, c’est la faute au système, au racisme des blancs, au capitalisme, à Bush… Lui n’y est pour rien. Il n’a pas le choix. Le Banlieusard hoche la tête: puisqu’on ne vient pas frapper à sa porte pour lui donner ce qu’on lui doit il va aller le chercher lui-même. Le résultat, on le connait.

Dans son malheur, le Banlieusard a néanmoins la chance de pouvoir compter sur sa famille, sur ses potes, sur son clan, sur sa cité - même les gens qu’il ne connait pas. Ceux-ci, solidaires de par la seule appartenance ethnique ou religieuse, le soutiendront contre vents et marées, y compris contre leur propre intérêt. L’ancienne loi de la rue imposait de ne pas dénoncer, la loi communautaire impose elle de se serrer les coudes contre l’Ennemi Extérieur qui, de modèle qu’il était autrefois, devient un repoussoir dont on attend qu’il donne ce qu’il doit mais à qui on ne veut surtout, surtout pas ressembler. Dont on réclame le respect sans lever le petit doigt pour l’obtenir - et en soutenant ceux qui, par leur comportement, sont le moins en mesure d’améliorer l’image de la communauté.

Et c’est ainsi que l’on rate une intégration. Alors après d’autres problèmes viennent se greffer là-dessus, comme l’Islam radical, mais ils sont des conséquences et non des effets. Les immigrés ne sont pas moins intégrables qu’avant, ni la société plus fermée qu’autrefois. C’est seulement, simplement, l’Individu qui est mort.

J'ajoute que lui-même est issu d'une minorité ethnique, chose qu'il a la délicatesse de ne pas rappeler, ce qui accentue encore la portée de son propos. Merci à toi, je rêvais d'écrire le texte que tu viens de publier.

Double (Le) Peine

Sarko se vantait l'an dernier d'avoir abrogé la double peine. Eolas rappele à propos qu'il n'en est rien du tout.

l'abrogation de la double peine, c'est pour le "grand public", l'infraction au séjour permet toujours l'interdiction du territoire outre une peine de prison.

Le petit problème c'est que, ce même ministre, non content d'être un bonimenteur, est également un menteur, lui qui écrivait jadis, je cite :



La réforme de la double peine a procédé de la même conviction : à chaque délit, à chaque crime, il doit y avoir une réponse pénale ferme. Mais celle-ci ne peut varier selon que l’on est, sur sa carte d’identité, français ou non. Lorsqu’il a passé toute son enfance en France ou qu’il y a fondé une famille, le second n’a pas à subir une seconde sanction en étant expulsé dans on pays de nationalité et coupé de sa famille. La République, les religions, l'espérance (Éditions du Cerf, 2004, 172 pages, 23 euros)

No comment.

L'Etat-caïra

Je parle relativement des sujets brûlants (c'est le cas de le dire) sur ce blog ces derniers temps, mais puisqu'il le faut, je voudrais insister sur la culture banlieue, qui me semble, tout comme Lafronde, être à l'origine des actuels affrontements entre les jeunes délinquants (putain de bordel de merde, il faut vraiment qu'on cesse de les appeler les "jeunes", comme si tous les jeunes étaient des délinquants) et les forces de l'ordre.

Comment en est-on arrivé là? Les collabos-compassionnels ont la réponse: “célafote au chômage, au manque de services publics et de lien social, etc.”. En fait, le problème est simple: célafote à la société, célafote aux autres (sic). Evidemment, je m’en veux de ne pas y avoir pensé plus tôt. D’ailleurs, Guy Tresallet, secrétaire départemental de la FSU et professeur au lycée professionnel de Rosny-sous-Bois, le dit lui-même:

Le rôle d’ascenseur social de l’école est mis de côté. En 1998, les jeunes défilaient en disant : “On n’est pas des moins que rien”, cette fois c’est : “morts pour rien”. Ils ont le sentiment qu’ils sont à part, laissés à l’abandon, victimes d’injustice perpétuelle. Il faut arrêter de stigmatiser cette population et le gouvernement doit se rendre compte que sa politique sécuritaire ne marche pas.

Fausse excuse. La guerre civile dans laquelle nous sommes en train d’entrer n’est guère la conséquence de je ne sais quelle “société d’exclusion”, à qui va t-on faire croire cela alors que la France est l’Etat-Providence le plus généreux du continent européen? La raison est tout autre, elle tient en deux mots: culture banlieue. La culture banlieue repose sur un rap raciste anti-français, copiant les thèmes sexistes d’un certain hip-hop américain qui traite les femmes comme de vulgaires putains se trémoussant en décapotables, ce rap banlieusard incite à la violence, à la haine anti-policiers, au djihad parfois, bref un rap anti-Occident… qui cependant n’en finit plus de porter les attributs matériels de la réussite économique en milieu capitaliste. Sainte Cohérence, êtes-vous là? Non bien sûr, vous ne portez pas de foulard, mille excuses.

La culture banlieue a son fond musical, elle a aussi son fond religieux et ethnique. Majoritairement représentée par des enfants d’immigrés maghrébins, la culture banlieue rejette l’idée d’intégration, le pays qui l’a vu naître et ses lois. Tout cela est bien normal puisque la culture banlieue a créé son propre système en administrant ses territoires aux contours bien délimités (les cités), en mettant en place son économie soutterraine (trafic de drogues, d’armes, etc.) et en distillant de manière variable la “bonne parole” du prophète Mahomet: la culture banlieue est islamisée, c’est l’Islam des caves qui baigne dans une piscine remplie de seringues, d’herbe et de poudre à canon. C’est un véritable Etat dans l’Etat qui s’est créé au fil des années, un Etat aux multiples territoires qui entourent les moyennes et grandes villes de France, un Etat qui ne fait plus partie de la République Française.

A lire ici

Je tiens toutefois à préciser, comme je l'écris dans ses commentaires, que je ne partage pas tout le reste du billet de Lafronde. Alors qu'il répond à l'un de ses lecteurs sur la situation en Corse, il écrit :

ton commentaire me fait penser aux terroristes agressions de type raciste anti-arabe perpetrées par le FLNC ou des sympathisants FLNC, ce que je condamne au même titre que les violences perpetrées par les jeunes barbares qui font actuellement la une de tous les journaux, je renvois tous ces gens au même mur.

Ce à quoi je me range totalement. J'ajoute ensuite :

# Copeau dit : 8 novembre 2005 à 1:36 pm

Moi aussi (pour répondre à ta dernière phrase). Toutefois, je trouve que le ton de ton post-scriptum est totalement déplacé, ainsi que ta volonté de transformer les gens en combattants. Il y a bien d’autres méthodes, telles que les centres éducatifs fermés pour les mineurs, la suppression des allocs pour les parents, la réforme du statut pénal des moins de 16 ans.

Pour ne citer que quelques exemples.

Fumeur ? tu meurs

Yves Bur a donc décidé de mener une gué-guerre contre le tabac et les fumeurs. De pratiquer une fois de plus l'intolérance et la haine des fumeurs (dont je ne suis pas ou peu, du reste). Ce qui est déjà en soi assez condamnable, d'un point de vue moral.

Surtout, notre dépité UMP d'Alsace revêt avec une joie à peine dissimulée les habits comminatoires des hommes de l'Etat. Et c'est bien cela le pire. On se souvient du post immixion par sollicitude de notre ami le Citoyen durable. Ses dires sont ô combien confirmés à présent :

Alors que nous détestons les gens trop bien intentionnés qui s'immiscent dans nos affaires pour notre bien, étrangement, dès qu'ils sont estampillés "État", nous les aimons. Par exemple, si j'explique à mon voisin qu'il devrait user d'un vocabulaire moins grossier quand il parle à sa femme, je vais me faire vertement rabrouer (« de quoi tu te mêles, connard ? »). Mais si c'est un politicien qui pond une loi contre les phallocrates, là oui, c'est bien, oh que c'est bien. Ou bien encore, si je dis gentiment à mon voisin qu'il devrait arrêter le tabac, rapport à la camarde en embuscade, sûr, je vais avoir droit à un « et mon poing dans la gueule, tu veux voir si ça te dégages les bronches ? ». Oui, mais si le ministre de la santé fait comme moi, de manière autrement plus intense, avec des campagnes de sensibilisation nationales, en multipliant le prix du paquet de blondes par cinq ou six, et alors là mon voisin dit « ouais, c'est vrai, faudrait que j'arrête ». Il n'est pas fâché, en tous cas beaucoup moins fâché que si je lui prenais de force (mais pour son bien) quatre euros pour chaque paquet qu'il achète. Il est comme ça, mon voisin.

Je précise bien sûr, à l'encontre de ce que disent les médias, que la proposition de loi de notre prohibiteur local ne s'appliquera absolument pas aux lieux "publics", mais aux lieux privés, purement privés, destinés à recevoir ou accueillir du public, ce qui n'est pas la même chose. L'Etat entend donc régir notre vie privée de façon encore plus choquante qu'auparavant.

La législation relative aux ERP (établissements recevant du public) vise uniquement à faire respecter des normes de sécurité élementaires, rien de plus. On la transformerait par la présente proposition en machine de guerre des prohibitionnistes.

Le résultat serait une accentuation encore plus nette de la qualité de délinquant qu'on accole un peu trop facilement au fumeur aujourd'hui. Comme l'écrivait le Citoyen durable :

Aujourd'hui, le fumeur est un délinquant. Pour se fournir à des prix un peu moins excessifs que les prix officiels, il s'adresse à des dealers de tabac. Il est contraint à engraisser une maffia, il est contraint à financer douaniers, policiers et juges qui luttent contre cette maffia, il est contraint à être solidaire des buralistes en difficulté. Il fume des cigarettes piratées manufacturées dans quelque douteuse officine chinoise ou nigériane, des cigarettes souvent frelatées, autrement plus nocives et dégoûtantes que du bon vieux virginie. À son problème initial nullement résolu (sa santé menacée) viennent maintenant s'ajouter l'accointance d'une faune interlope, un appauvrissement et des risques de maladie accrus.

Heureusement, cette proposition de loi a peu de chances d'être inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée. Mais pour de mauvaises raisons, liées à la comptabilité des buralistes. Le vrai problème est ailleurs ; c'est celui d'une des pires atteintes à la liberté individuelle depuis fort longtemps (à vrai dire, depuis le projet de loi Sarkozy de la semaine dernière, dont je reparlerai).

Ceci pour confirmer l'un de mes leitmotiv : la droite est profondément anti-libérale, tenez-vous le pour dit.

Les vrais humanistes

Pardon de procéder encore par citation, mais je préfère graver ici dans le marbre un texte presque intégral de mon ami Nicolas. Outre le fait que je partage en tout point ses vues, je trouve que son effort de formulation sinon de synthèse est méritoire ; et que ce court texte en dit plus long que pas mal de discours. Qu'il en soit remercié !

Au début du XXème siècle vous aviez des individus qui se trompaient certes parce qu'ils étaient socialistes et proche des communistes, mais qui avaient tant de valeurs libérales par ailleurs. Souvenons-nous : non au racisme, non à la colonisation et à l'asservissement, non à la guerre comme le fit Jean Jaures, pacifiste, qui fut tué pour cette raison; oui à l'ouverture au monde, oui à la construction européenne, oui à la tolérance, oui au progrès...

Aujourd'hui, que sont-ils devenus ? On les a vus faire campagne contre le projet visant à établir une Constitution pour l'Europe. On les a vus traiter le commissaire européen Bolkestein de Franckestein, jouer sur la peur du plombier polonais... Que disaient-ils donc ? Non à la mondialisation, non au traité européen, non au plombier polonais, oui à la spécificité française, oui au modèle social français... Bientôt " la France aux français " ? Après tout, l'on peut bien parler de l'émergence d'une gauche xénophobe et anti-européenne depuis le vote NON du précédent scrutin, et aucun médias ne gauche n'a réussi à inverser la tendance. Le populisme, l'intolérance, voici ce que semblent être les valeurs de la gauche socialiste d'aujourd'hui. Tout le monde le dit, même des anti-libéraux soutenant le PS le reconnaissent et en ont peur.

Et qui sont donc les humanistes, les progressistes d'aujourd'hui, qui sont ceux qui aujourd'hui défendent la tolérance, l'ouverture des frontières, l'unification européenne, l'ouverture au monde, qui aujourd'hui défend le progrès social, qui s'est toujours opposé aux dictatures les plus cruelles, qui a placé l'humain, la liberté au centre de tout ? Les libéraux. Oui, ça peut faire rire. Pourtant, cela est tellement vrai. Les libéraux se sont opposés à la colonisation, à l'esclavage, au travail forcé des enfants, à la guerre, quelle qu'elle soit, ont toujours été favorables au progrès économique et social, à une révolution des moeurs ( on peut dire, à ce titre, que la révolution de 68 était à l'origine une révolution libérale ). La gauche véhicule elle aussi ces valeurs ? Et alors ! Nous ne sommes pas sectaires. Et d'ailleurs, rappelons que les premiers libéraux se situaient à gauche de l'échiquier politique... Mais ce fut un autre temps... La belle époque où on venait de renverser l'Ancien Régime, l'on venait de rédiger les droits de l'homme ( valeurs libérales par excellence ), où on consacra la séparation des pouvoirs. Puis tout le long du XIXème siècle, où s'opposèrent les tenants de la monarchie absolue et les libéraux.

Solidarnosc

Le candidat conservateur Lech Kaczynski, à l'heure où j'écris ces quelques lignes, aurait remporté les élections présidentielles polonaises. Son adversaire, le libéral Donald Tusk, serait donc défait.

C'est une grande déception, doublée d'une réflexion sur ce qui me semble être le prémice d'une future recomposition politique ; pour une fois en effet, une très rare fois, on observe un affrontement clair entre les deux camps que tout oppose : les conservateurs et les libéraux. En France on en est loin. Je n'oublie pas que les libéraux travaillistes s'opposent de longue date aux conservateurs travaillistes ainsi qu'aux conservateurs tories ; que le FDP allemand a été récemment laminé ; que partout en Europe, pour ne pas parler des USA, les libéraux sont déchirés entre les sociaux-démocrates d'une part, les pro-market d'autre part.

Pour autant, là est selon moi l'avenir : la ligne de fracture se déplace progressivement, en France essentiellement depuis le revirement monétaire de 1983, et depuis lors la longue marche des libéraux suit son cours, car ce qui rapproche le centre-gauche et le centre-droit est plus grand que ce qui les divise. Non qu'il faille gouverner au centre, mais que le libéralisme soit le vrai avenir.

Bébert, prix Nobel d'économie

A lire ici ou là

Suppression de la radio obscure

A cause de ceci (merci messieurs les statolâtres et autres censeurs papous), j'ai choisi de supprimer jusqu'à nouvel ordre la radio obscure, ainsi que la (ou plutôt les) copeaulations. Je tenterai à l'avenir de trouver une autre solution, aussi légère et modulable que la radio blog.

Je ne concluerai pas ce bref billet sans avoir invité la SACEM et ses éminents membres à aller se faire foutre, bien sûr.

Le collectif des fascites volontaires

Une nouvelle parcelle de maïs génétiquement modifié a été détruite mardi après-midi à Neschers (Puy-de-Dôme). Deux autres parcelles de maïs OGM avaient été détruites dans la nuit de lundi à mardi à Issoire et au Broc (Puy-de-Dôme), une destruction revendiquée par le Collectif des faucheurs volontaires.

A Neschers, le saccage, pour l'instant non revendiqué, a eu lieu en plein jour, entre 15H30 et 19H30, heure à laquelle la destruction a été constatée, selon une source judiciaire. Le Collectif des faucheurs volontaires avait déjà revendiqué le saccage d'une première parcelle de maïs génétiquement modifié à Beaulieu (Puy-de-Dôme), dans la nuit du 18 au 19 juillet.

Je suis révolté de voir que personne ne semble réagir à ceci, sachant que les quatre parcelles endommagées sont exploitées par le laboratoire Meristem Therapeutics, qui travaille à la production de lipase gastrique, destinée à tenter de soulager les patients atteints de mucoviscidose, et à la production d'anticorps anti-cancéreux.

Ces types sont des fascistes, des fanatiques et des violents. On met en taule pour trois fois rien des types qui fument du shit, ou qui fraudent le fisc. On ferait mieux de s'attaquer aux vrais dangers de la société contemporaine, et laisser les autres tranquilles.

Comme le dit Pierre-Ernest, la motivation réelle des faucheurs d'OGM est très simple : les tests réalisés le sont actuellement principalement dans le but de prouver l'innocuité des OGM en question : si vous cassez l'éprouvette, vous empêchez (ou vous retardez ) la preuve. C'est aussi simple que cela.

Chitah ajoute :

La mucovicidose est une maladie horrible, ici les cultures OGM ne servent pas à aider des entreprises agro alimentaires à baisser leurs coûts pour s'en mettre plein les poches, il s'agit de soigner des gosses de moins de cinq ans pour la plupart.

Meristem Therapeutics est une entreprise prometteuse, leur molécule est actuellement en phase III, ce qui pourrait signifier, hors retards dus à des boulets comme ces satanés faucheurs, une sortie de médicament d'ici quelques années.

No comment.

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