Qui sont les terroristes ?

Je sais que ce n'est pas très bien de repomper les textes parus ailleurs, mais je ne puis m'empêcher de le faire présentement :

Le terme de terrorisme que faute de mieux, l’on utilise à tout va, ne permet pas de définir véritablement ni de comprendre la lutte radicale engagée par les combattants d’Allah au sein même du monde musulman et contre l’occident. Cette lutte ou plus exactement ces deux combats, externes et internes à l’islam, leurs méthodes et leurs buts sont absolument neufs.

La méthode ? Là est l’innovation totale , aux conséquences incalculables. Les mouvements dits terroristes ont créé une arme nouvelle, le combattant martyr, formé, produit pourrait-on dire, en série. À la différence de l’anarchiste russe du dix-neuvième siècle , un individu prêt à mourir pour sa cause , de quelques rares tamouls qui se jettent sur une cible désignée et des kamikaze japonais , contraints par leurs officiers à s’écraser sur des navires américains , les nouveaux combattants islamistes sont innombrables, volontaires ,mus par leur foi et s’attaquent par priorité à des victimes innocentes et indiscriminées : volontaire ou manipulée ( mais ceci est un jugement extérieur et laïc ) , en nombre illimité, du Maroc à Java , cette armée invisible de combattants- martyrs rompt avec toutes les stratégies militaires antérieures à la manière dont l’arme nucléaire en 1945 , bouscula tous les calculs d’état-major anciens.Aucune arme classique, aucune armée traditionnelle ne semblent en mesure de vaincre sur le terrain , ce terrorisme nouveau.

Les buts du terrorisme ? Là , le vocabulaire est trompeur. Ce qui en Occident est perçu comme terroriste, violence gratuite et absence d’objectif , du point de vue de bien des musulmans (pour nous concentrer ici sur le terrorisme islamique, laissant de côté arbitrairement, la Colombie ou le Sri Lanka), c’est un combat de libération. Un combat que les foules , arabes en particulier (à ne pas confondre avec les musulmans car seulement 20% des musulmans sont arabes) soutiennent ; eh oui , c’est embarrassant mais c’est un fait. Voyez la popularité de Ben Laden chez les jeunes et de Nasrallah maintenant , le leader du Hezbollah.!

Rappelons donc que pendant la deuxième guerre mondiale, dans toute l’Europe, les résistants au nazisme furent qualifiés de terroristes par le gouvernement allemand ; et que les combattants Tchétchènes sont appelés terroristes par le gouvernement de Moscou. Du point de vue des terroristes islamistes, leur combat est aussi une guerre de libération contre une occupation . Bush les traite de fasciste mais ces islamistes estiment que le fasciste c’est Bush.

En vrai , qui occupe qui et de quelle occupation s’agit-il ? En Tchétchénie, on voit bien. Et Israël ? L’Etat d’Israël est perçu par la plupart des Arabes comme une colonie d’occupation : peu leur importe que cet Etat soit reconnu par l’ONU et par la plupart des gouvernements arabes et musulmans.De toute manière, l’ONU et ces gouvernements sont aussi dénoncés par les combattants terroristes comme des occupants, réels ou symboliques, toujours illégitimes puisque non-islamiques. De même l’Irak et l’Afghanistan sont perçus comme occupés par les armées occidentales bien que ces armées aient libéré ces deux pays de leurs despotes. Mais l’Algérie et l’Egypte sont aussi occupés dés l’instant où leurs gouvernements sont laïcs et collaborent avec l’occident . Pareil pour l’Indonésie, le Pakistan, les Etats du Golfe, l’Arabie saoudite. L’Inde , récemment attaquée ? Les quelque cent vingt millions de musulmans qui y vivent sont décrétés prisonniers par les mouvements islamistes locaux parce que l’Etat indien est laïc et non musulman.

Bref, où que l’on regarde, il n’existe pas dans le regard des islamistes radicaux un seul Etat légitime ; à l’exception peut-être du Soudan qui se réclame de la charia et qui combat les infidèles sur son territoire. L’Iran ? À majorité chiite, il n’est pas légitime pour les Sunnites qui considèrent le chiisme comme une hérésie.

Au total , le seul Etat tolérable pour les islamistes , serait celui qu’ils dirigeraient comme l’Afghanistan au temps des talibans ; mais cela même serait provisoire puisque le but ultime des islamistes est le dépassement de tout Etat pour constituer une communauté sans frontières des croyants , la Umma , dirigé par un calife , successeur de Mahomet.Les guerres et attentats en Palestine , au Liban , à Bali, à Londres , à New York, à Madrid ne sont que des étapes vers le projet final de califat universel.

Si les Etats occidentaux sont coupables dans le regard islamiste , c’est tout de même à un moindre degré que les Etats musulmans ; leur culpabilité est moins fondamentale . Il leur est seulement reproché d’oppresser les minorités musulmanes ( interdiction du foulard dans les écoles françaises par exemple )et de s’allier avec des gouvernements impies dans les mondes musulmans ; l’alliance avec les Saoudiens est particulièrement abominable parce qu’elle empêche les islamistes de reprendre le contrôle des deux villes saintes. Un Ben Laden n’envisage pas de prendre le pouvoir aux Etats-Unis ; il ne s’attaque aux Etats Unis que dans la mesure où ceux-ci font obstacle à sa volonté de régner sur La Mecque.

La guerre de libération des islamistes est nécessairement mondiale : nul n’est à l’abri puisqu’il se trouve partout des musulmans opprimés et des Etats collaborateurs de cette oppression . Jusqu’en Chine ( les Ouighours ) ou au Brésil ( les immigrés libanais ). Au total, les ennemis des islamistes sont partout et tout le monde est susceptible, y compris par inadvertance, de devenir un ennemi ; voyez le Danemark , pour ses caricatures .

Mais quelle est donc la nature de l’oppression subie par les islamistes ?

Selon ceux-ci, elle n’est pas seulement de nature politique ni économique ; le terrorisme vise à détruire les Etats non-islamiques mais plus encore les civilisations non-islamiques . Des civilisations haïssables parce qu’elles polluent les esprits avec des valeurs impies : au coeur de ce combat est le statut de la femme.

Dans les écrits fondateurs du terrorisme islamique, en particulier chez l’Egyptien Sayd Qtub, dans les années 1950, il est clair que l’émancipation des femmes par les occidentaux et leurs alliés musulmans, est le péché capital du monde moderne : les terroristes meurent pour ré islamiser les femmes , les libérer de l’ asservissement immorale aux valeurs occidentales.

Voici des faits : chacun est libre de les interpréter à sa guise, par la psychologie, l’idéologie et la théologie. Mais pour un combattant islamique , il n’est pas de contradiction entre le combat politique et le combat psychologique : dans le Coran , le terme de Djihad apparaît deux fois , une première comme guerre sainte contre les infidèles , une seconde comme lutte intime contre le Mal en nous-même . Le terroriste peut donc considérer à bon droit , qu’il mène une guerre sainte , celle du territoire à libérer en même temps que celle des valeurs.

Voilà pourquoi les terroristes islamistes attaquent les musulmans autant que les non musulmans, les victimes musulmanes étant au total les plus nombreux. Voyez l’Irak ! Ce paradoxe a une explication théologique : selon certains exégètes du Coran, en particulier Ibn Tamiya au treizième siècle, un musulman qui ne pratique pas un islam véritable devient un renégat et doit donc être exterminé. Mais qui définit l’islam véritable ? En dehors du chiisme qui est organisé sur un mode hiérarchique et clérical, il n’existe pas d’autorité religieuse en islam : tout interprète n’a d’autre légitimité que celle qu’il s’arroge et que des disciples voudront bien lui reconnaître. Le Coran ne dit rien d’autre que ce que les exégètes du moment lui font dire .Les mouvements terroristes sont donc nécessairement émiettés, à l’image de l’islam lui-même ou, à la rigueur fédérés à la manière souple d’Al Qaida. Seul , le Hezbollah ressemble à une armée structurée parce que qu’il est chiite et donc hiérarchisé. C’est en vain que l’occident cherchera à décapiter le terrorisme islamique, puisque comme l’islam, il ne saurait avoir une seule tête.

Ce terrorisme islamique cessera-t-il , comment pourrait-il cesser ?

L’ambition des islamistes étant métaphysique autant que politique, rien ne pourra jamais les satisfaire. Si la Palestine devenait un Etat, il resterait Israël. Si Israël disparaissait, il resterait les Etats-Unis. Si les Etats-Unis se repliaient sur eux-mêmes, il resterait des gouvernements non-islamiques. Si la famille Saoud s’évanouissait, il y aurait encore l’Inde et sa démocratie. Et il resterait toujours des femmes musulmanes non voilées. On doutera donc que des concessions accordées aux islamistes les feraient disparaître ; ce serait ignorer la nature profonde de leur mouvement .De même , c’est une illusion de croire que la solution de conflits locaux mettrait un terme à l’islamisme mondial .

Il reste à vivre avec le terrorisme, le contenir, adapter notre mode de vie à sa menace réelle , constante et de plus en plus universelle ; cette politique de « containment » est le choix majoritaire en Europe, avec l’espoir secret d’échapper au pire et de reporter la violence vers le voisin. Une autre stratégie serait de réduire les conditions objectives qui ont favorisé la naissance du terrorisme islamique moderne : tel est le choix américain.

À suivre l’analyse, maintenant bien connue, des stratèges américains qui inspirent le gouvernement de George W Bush (mais tout autant Hillary Clinton et John MacCain, les deux candidats probables à la succession) , le terrorisme islamique serait né de la frustration politique et économique du monde arabe. C’est parce que les élites éduquées et semi éduquées de l’Egypte ou de l’Arabie saoudite n’auraient aucun moyen de s’exprimer dans le champs politique ou économique ou culturel , que l’islamisme serait devenu l’alternative séduisante . L’absence de perspective dans la plupart des pays musulmans et le contraste avec la prospérité de l’occident aurait précipité la jeunesse- par ailleurs fort nombreuse- vers des aventures immatérielles, religieuses et romantiques. Toutes ces frustrations auraient été récupérées par des prédicateurs religieux , eux-mêmes en quête d’autorité politique et spirituelle. La solution américaine consiste donc à favoriser la démocratie et le libéralisme dans les mondes musulmans avec l’espoir de canaliser les énergies vers les réalités concrètes, ici-bas plutôt que vers le paradis.

Cette analyse américaine est historiquement fondée ; elle est partagée par des libéraux musulmans du type de ceux qui dirigent aujourd’hui la Turquie, la Malaisie et l’Irak. Mais, trop matérialiste, cette analyse butte tout de même sur des caractéristiques propres au monde arabe : celui-ci, pour beaucoup, vit dans la nostalgie d’un âge d’or passé. L’opinion publique arabe est plutôt en quête d’un nouveau Saladin salvateur (hier c’était Nasser) que d’institutions démocratiques. De plus, l’établissement de la démocratie requiert une homogénéité ethnique et sociale qui se rencontre rarement dans le monde arabe où chacun s’identifie plus volontiers à sa communauté qu’à une nation aux contours artificiels, dessinés dans les années 1920 par des Européens. Ajoutons que la démocratie et le libéralisme sont des processus très lents qui répondent mal aux désirs immédiats des foules adolescentes. Enfin et surtout, n’est-il pas étrange que les Américains, nation très religieuse, sous-estiment à ce point la séduction irrésistible de l’islam sur les Arabes ?Il n’est pas démontré que le mysticisme soit soluble dans la démocratie libérale.

Et cependant, malgré les limites de l’analyse américaine, qui propose autre chose ? Pourrait-on feindre de ne pas voir le terrorisme, croire que l’on y échappera ? Le mouvement islamiste est bel et bien en voie de mondialisation : arabe au départ, il a gagné tous les mondes musulmans et les musulmans de nationalité occidentale. Bush ou pas Bush, hier Sharon ou pas Sharon, les islamistes poursuivront leurs actions parce qu’eux les estiment justes.

Et nous en Europe, devrions-nous continuer à soutenir les tyrannies dans le monde arabe parce que celles-ci prétendent aussi lutter contre le terrorisme ? C’est en gros, la position cynique de la France. Est-ce plus réaliste que le choix américain ? Mais là où l’on soutient les tyrannies , on accroît en même temps , la clientèle future des islamistes. Tel est bien le dilemme dans lequel les islamistes ont choisi de nous enfermer. À choisir entre ces deux maux, il me semble plus cohérent, plus porteur de solutions à terme de parier sur la démocratie en terre d’Islam ; la difficulté tient à la transition, on le constate en Irak.Des élections libres en Palestine, dans les Etats du Golfe, au Maroc, en Jordanie, permettent aux islamistes de s’approcher du pouvoir , voire de s’en emparer. Est-ce redoutable ? Mais , un parti islamiste n’est pas nécessairement terroriste ; il peut, au contraire, être le mieux équipé pour lutter contre le terrorisme. L’exemple de la Turquie, certes singulier, montre que la fin de la violence passe peut-être par le pouvoir des partis musulmans, les démo-musulmans. Qui est mieux placé qu’un musulman pour comprendre un autre musulman et pour l’empêcher de verser dans le terrorisme ? La fin de la terreur ne viendra pas de l’extérieur de l’islam ; elle ne peut venir que des musulmans eux-mêmes . À nous d’aider les bons .

Guy Sorman, Paris 12 août 2006

Guerre au droit, guère le droit

A lire de toute urgence sur le blog de Chacun pour soi, un texte majeur de Ronnie Hayek et consacré aux rapports qu'entretiennent les guerres totales menées par les démocraties contemporaines et leur soumission, pourtant scandées par ces dernières elles-mêmes, au droit. Il n'y a pas pire argument que celui de la mauvaise foi.

Qu’il s’agisse du droit des neutres, de la liberté de commercer (sur les mers, notamment), de la proportionnalité des ripostes, il s’agissait de confiner sévèrement les États dans leurs limites. Un des principes fondamentaux était qu’aucune armée belligérante n’était légitimée à s’en prendre à des parties extérieures au conflit, et donc à de paisibles civils. Cette distinction rigoureuse entre civils et puissances hostiles fut fortement mise à mal par notre époque démocratique : puisque la démocratie était censée reposer sur la "souveraineté du peuple", le "peuple" devait désormais être tenu pour solidaire des actions du gouvernement supposé en émaner - pour le meilleur et pour le pire. C’est toujours sur ce raisonnement fallacieux que sont assises la plupart des actions gouvernementales. Dès lors, la population tout entière est devenue de la simple chair à canon ou, au mieux, un gigantesque bouclier humain servant de protection aux irresponsables qui régissent les citoyens.

Israël et le Liban

J'avais en préparation un petit billet, mais je préfère dans l'immédiat vous renvoyer à celui de Guy. Il est d'un grand intérêt de lire notamment ceci :

Quatrième fait : pourquoi diable Israël, minuscule enclave à l’échelle du monde arabe et plus encore du monde musulman, cristallise, depuis soixante ans, toutes les haines des mondes arabes et musulmans ? N’y a-t-il pas disproportion ? Hassan II, roi du Maroc, expliquait avec ironie que l’antisionisme était l’aphrodisiaque du monde arabe. Israël détourne les Arabes de leurs difficultés économiques et de leurs propres tyrans. Israël est, dans le monde arabe, le seul motif autorisé de manifestations publiques, le seul lien social parfois entre sectes et ethnies dans des nations arabes fragmentées : À bas Israël fait l’union. Sans la diabolisation d’Israël, comment les gouvernements arabes justifieraient-ils la tyrannie qu’ils exercent sur leur propre peuple et leur appauvrissement ?

La résistance a-t-elle résisté ?

J'ignore pourquoi, mais un billet publié par Voyageur Libre, avec lequel je ne suis pas toujours d'accord loin s'en faut, a aussitôt disparu du blog La Résistance. Je le trouve certes assez caricatural (surtout la fin), mais au final proche de ce que beaucoup pensent, dont je fais à présent partie. Je trouve la réaction israélienne dans son ensemble, et tout particulièrement sa pseudo-traque du hezbollah mais vraie terrorisme militaire, complètement délirante et démeusurée. Les Israéliens, dont le fanatisme n'a d'égal que celui des Palestiniens et de leurs alliés, sombrent de plus en plus dans le n'importe quoi. Lequel a déjà causé la mort de plus de 300 personnes à ce jour, dont, au bas mot, 80% de civils.

Je reproduis ici, et je sais que le procédé est très limite - je vais me faire engueler, une fois de plus - le texte de Voyageur Libre. Je vous passe toutefois la photo sordide, je préfère montrer en général les fesses de Laure Sainclair. (Bien évidemment, si je me trompe, toutes mes excuses aux membres du blog de la Résistance, patita et patata ; le billet sera donc dans ce cas disponible ici)

L’Etat d’Israël incarne à peu près tout ce que je déteste : le socialisme, le militarisme, la violence et l’arrogance étatiques, la corruption, le clientélisme …

Alors, quels rapports peut bien entretenir cet Etat voyou avec la nation divine qui nous est promise ? Aucun, sauf si cette dernière est une solution coloniale et arbitraire. Substituant les objectifs politiques à la fin spirituelle, l’Etat d’Israël est devenu le cancer du judaïsme, une véritable escroquerie. Cet Etat est un Blasphème à lui tout seul, une caricature de la nation divine. Loin d’être l’œuvre du Messie, c’est un Etat fondé sur la terreur et le pillage.

Regardez plutôt cet Etat monstrueux se moquer du droit international ; considérez le mépris qu’à ce sinistre Golem pour la Convention de Genève, concentré des droits naturels de l’homme, l’aboutissement de notre civilisation. La Convention de Genève interdit la destruction des biens indispensables à la population civile. Mais, cela n’empêche pas notre monstre de détruire les infrastructures nécessaires à la population libanaise. Cela va ramener les deux esclaves soldats ? Cela permet de combattre le Hezbollah ?

Par la punition définitive, la mort, il fait payer à la population civile les agissements du Hezbollah. « Dommages collatéraux » nous disent nos esclavagistes. Nos croisés de la démocratie occidentale ont gagné le combat des mots : Un militariste japonais doit être jugé pour ses « crimes de guerre » ; un militariste israélien pardonné pour ses « dommages collatéraux ».

L’Etat d’Israël, c’est la révolte quotidienne contre la Civilisation catholique. Si les maîtres des universités de Jagellon et de Salamanque revenaient parmi nous aujourd’hui, ils seraient submergés d’horreur par l’impitoyable brutalité étatique des fils de Sion et le déni de tous les principes auxquels ils croyaient et qu’ils développèrent patiemment à la lumière des Saintes Ecritures, guidés par l’Esprit Saint. L’Eglise à laquelle nous devons, sans le savoir, tout ce que nous considérons comme « positif » (et que nous critiquons à cause des principes qu’elles nous a donnés) constaterait avec désarroi la défection pour sa bannière, sur l’autel de concepts fumeux et d’un opportunisme dégoûtant !

Je ne parle pas des réactions politiques à l’agression sioniste ; Annan, Bush, Chirac, Sarkozy, tous des valets du Lobby ! Même leur république française, soi-disant soucieuse de son indépendance, a prouvé sa condition de valet du sionisme. « Israël a le droit de se défendre » disent-ils ; contre le peuple libanais ? Contre les chrétiens ? Les petites filles ? Les vieillards ? Est-ce ce petit enfant qui a enlevé les deux esclaves ?

Peu importe pour nos dirigeants qu’Israël détruise le Liban en voulant détruire le Hezbollah: le petit peuple qui a tant souffert est auréolé de la couronne immarcescible du Rescapé ; il est inattaquable. D’ailleurs, la politique de la république avec les Arabes a toujours été de caresser leurs cheveux en leur marchant sur les pieds ; car, il faut bien donner des gages aux Rottweiler, nos maîtres. D’habitude, quand on a un chien méchant, on le tient en laisse ; mais, dans le cas présent, c’est cet Etat-Rottweiler qui nous tient tous en laisse. C’est précisément ce qui attise le ressentiment du monde islamique à notre encontre : tant que nous soutiendrons l’entité sioniste, des terroristes seront prêts à frapper chez nous ; car, le monde islamique n’en veut pas ontologiquement à l’Occident, il lui en veut parce que nous sommes chez lui et que nous soutenons l’Etat hébreu et sa valise de crimes. Il nous en veut parce que, comme les sécessionnistes pacifiques des Etats du Sud, il dit : « All we want is to be left alone » alors que, nous, nous sommes passés, avec toute la servilité qui nous caractérise depuis des lustres, sous le contrôle du Reich atlantico-sioniste, le Nouvel Ordre Mondial qui entend décomposer les mondes traditionnels par la guerre, afin d’ériger sur les décombres d’une planète épuisée, leur dictature mondiale répressive.

A force de préférer le noble pas du chameau au TGV du Progrès Démocratique, l’Islam s’est donc aliéné la Conjuration mondiale ; alors, cette dernière essaie d’attraper l’Islam au lasso, comme un cow-boy les veaux égarés. Le frêle esquif islamique a beau jeté l’ancre sur sa terre, s’y accrocher avec courage et honneur, la tempête démocratique le conduit à la dérive ; et la pieuvre n’a plus qu’à l’étouffer à l’aide de ses tentacules.

L’Europe préférait le roulement d’une calèche ; alors, afin de lui imposer une marche forcée vers le Progrès, les conjurés, ces termites envieuses, ont favorisé par tous les moyens monstrueux à leur disposition (particulièrement l’action étatique et la guerre) la destruction, planche par planche, de la civilisation européenne charpentée par le Christianisme. La perpétuelle croisade anti-européenne de ces termites conjurées ont totalement déculturé et épuisé les terres et les peuples européens. En s’attaquant au monde islamique, le Nouvel Ordre mondial s’en prend à l’un des derniers mondes enracinés, aux derniers peuples qui ont un esprit et une tradition chevillés au cœur. Après sa chute, il y aura moins d’obstacle à leur Gouvernement Mondial.

C’est pourquoi je souhaite la défaite du Reich atlantico-sioniste.

Il y a enfin bien évidemment ce billet de Melodius, et les commentaires associés, qui, comme toujours avec ces protagonistes et ce sujet, sombrent rapidement dans l'invective ordurière.

Communautarisme(s)

La différence entre notre conception de la société et celle qui a cours aux USA est évidente. D'un côté on trouve une vieille société sclérosée, frileuse, qui doute d'elle-même et de ses valeurs et de l'autre il y a un pays qui n'a pas peur d'accueillir en son sein chaque année des dizaines de milliers de personnes venues de tous les horizons. La vieille Europe, et a fortiori la France, mourra à moins de réaliser que ce qui importe ce n'est pas que les nouveaux venus se fondent, bon gré, mal gré, dans un moule. Ce qui compte, c'est que les nouveaux venus puissent travailler et respectent les lois du pays dans lequel ils se proposent de vivre. A quoi bon entretenir des illusions dangereuses comme notre fameux pacte républicain qui se propose de garantir l'égalité quitte à la faire passer au forceps à grand coup de lois sur la mixité sociale, à grand renfort d'organismes soviétoïde comme cette sinistre HALDE, sans parler d'aberration comme la discrimination positive qui n'est rien moins que du racisme inversé? A quoi bon puisque les faits contredisent quotidiennement toute cette poudre aux yeux dispersée par des politiciens débranchés de la vraie vie depuis longtemps, si tant est qu'ils aient jamais été en phase.

A lire ici

Energostroika

Je signale assez rarement, et à tort, les textes qui pourtant le mériterait, non pas glanés ici ou là sur internet, mais issus d'un support écrit. Une fois n'est pas coutume, je voudrais revenir un bref instant sur un article issu de la dernière livraison de la revue Commentaire, rédigé par Françoise Thom, grande spécialiste de la Russie et pas soviéto-attardée comme Hélène Carrère d'Encausse, et intitulé "la naissance de l'énergocratie russe". Article fondamental et didactique, dans la mesure où il explique et expose le plus clairement du monde la stratégie jadis décrite par Murray Rothbard d'alliance objective entre grande entreprise monopolistique, et peu importe qu'elle soit publique ou privée, d'ailleurs Gazprom a été les deux, et le pouvoir étatique. Cette société, qui est à la concurrence loyale ce que le KGB était à la transparence, mène une action prédatrice des plus dangereuses, et s'appuie sur la force politique russe, déployée en ce moment même à l'occasion du G8 de Saint-Pétersbourg, pour tuer dans l'oeuf toute dissidence interne, et même toute remontrance d'un gouvernement occidental.

Je suis trop sérieux ce soir. Il faut donc appliquer les mesure contre-offensives standard. Prochain billet consacré à, disons, Laure Sinclair. Au pif. Ou presque, car finalement ça fait un moment que je n'ai pas dit du mal d'une charmante donzelle. En une phrase, Laure est un peu l'Audrey Tautou du porno. Enfin moi je dis ça, je dis rien.

Ouste là, vaillant vigile !

Happy Birthday

A lire ici

La double oligarchie

Est à lire ici.

Intérêt individuel

Puisqu'on ne peut pas commenter le blog de l'ami Xavier, et que seuls les trackbacks sont autorisés, je le remercie ici, et par lui plus encore Anton, le bloggeur des Carnets du chemin ascendant, pour la qualité de leurs billets respectifs.

Le mien, en l'occurence, ne représente que peu d'intérêt, j'en ai bien peur !

Zeurope sociale

Un très bon papier de Thomas Ferenczi, intitulé de manière si provocante en France « l’Etat doit-il fixer la durée de travail ? ». Il expose bien la logique contradictoire qui oppose et continuera d’opposer les partisans de la liberté et ceux du dirigisme. Sachant qu’à la tête de ces derniers, se trouve la droite française, tandis que le premier groupe est piloté par la gauche anglaise et allemande. Tout un symbole.

Comme il conclut en regrettant la quasi impossibilité à construire une Europe sociale, je ne peux, pour ma part, que m’en réjouir.

Welcome to the jungle

La sécurité est à nouveau un thème à la mode, comme lors des élections de 2002. La plupart des candidats de la dernière élection présidentielle – et non seulement Chirac comme on le dit souvent – ont surfé sur ce thème, Chevènement comme Villiers, Bayrou comme Le Pen. A vrai dire presque tous, à l’exception notable de Jospin et de Madelin, qui n’ont pas su ou pas compris l’importance que ce sujet revêtait pour le commun des mortels. Ce n’est pas le signe d’une grande clairvoyance, au surplus à la vue des « événements » (comme on parle d’événements pour évoquer la guerre d’Algérie) de l’automne dernier, dans les banlieues et ailleurs.

Le thème est à nouveau d’actualité disais-je, si j’en crois à la fois les polémiques causées depuis déjà longtemps par les outrances de Sarkozy, et à présent les écarts de langage sinon de conduite de Royal, qui ne sait plus quoi inventer pour se démarquer des autres candidats à la candidature au sein de son parti. Est-elle sincère ? ose-t-elle dire à présent ce qu’elle pensait tout bas depuis toujours ? Brise-t-elle un tabou, celui du décalage flagrant qu’il y a au PS depuis très longtemps, entre une base archaïque et qui croit encore au grand soir, depuis les préaux des écoles et les bancs de l’Education nationale, et une tête qui n’hésite pas à affirmer, en privé exclusivement, que les 35 heures ont été une monumentale connerie, que l’Etat-providence est moribond, que le marché du travail doit être réformé dans le sens d’une plus grande flexibilité ? Je suis relativement bien placé pour savoir ce qui se dit en « off », et croyez-moi, ça défrise souvent plus encore que Ségolène dans les meilleurs moments de sa course aux médias.

Revenons-en à elle un instant. Sur les 35 heures, elle tient à la fois un discours de gauche, en insistant sur la souffrance causée par cette réforme, pour les ouvrières du textile, et toutes celles et ceux qui, comme les ouvriers de Michelin, sont obligés de retourner bosser le samedi matin. A contrario, seuls les cadres auraient bénéficié de cette mesure phase de l’ère Jospin. C'est assez vrai, encore que la véritable injustice soit plutôt celle qui oppose les grandes entreprises, et les PME / artisans et commerçants, qui n’ont droit à rien du tout. Elle affirme que 250 000 emplois auraient été créés, mais c'est probablement faux, et cette réforme a probablement bien plus coûté qu’elle n’a rapporté, de très nombreux rapports internationaux ont fait la lumière sur ce point.

Ségolène tient aussi un discours de « droite » sur ce sujet, lorsqu’elle accuse le gouvernement Jospin d’avoir mis à mal tous ceux pour qui les heures sup permettaient d’arrondir les fins de mois, ou encore d’avoir empêché ceux qui voulaient travailler plus, pour des raisons qui ne regardent qu’eux, de le faire.

Sur la sécurité, la charge est plus rude encore. Des internat-relais à l’encadrement militaire, en passant par les écoles de parents et la mise sous tutelle des allocs, tout le programme du parfait sarkoziste est mis en pratique. L’UMP devra donc probablement faire de la surenchère, si elle veut conserver un minimum d’espace médiatique. Beau programme.

Pardon de tenir des propos d’un gauchisme exacerbé, mais y a-t-il réellement un problème d’insécurité en France ? Non que je nie la difficulté qu’il y a à vivre en banlieue, la montée de l’islamo-fascisme et du racisme anti-blanc. Seuls les socialistes, eux qui la plupart du temps habitent les beaux quartiers, le nient encore. Même les communistes l’ont compris, il y a longtemps déjà.

Mais je doute fort que l’encadrement militaire, ni même policier d’ailleurs, soit la solution. Le véritable problème, c'est que la France se paupérise, que les banlieues sont emplies de djeunz qui ne trouveront jamais de boulot, inemployables qu’ils sont depuis toujours. Merci à l’Education nationale, et à son mode de sélection si particulier, où contourner la carte scolaire est un sport national, où le collège unique a tant d’adeptes, où les filières techniques et l’apprentissage sont si dévalorisées. Ils ne trouveront jamais de boulot, et pour cause, quelle entreprise prendrait le risque de les embaucher, alors qu’elle ne pourra pas (ou extrêmement difficilement) les licencier ? La flexibilité est utile, elle est même vitale, mais elle l’est particulièrement pour ceux qui sans elle ne pourront jamais trouver de travail. Le CPE aurait du leur être réservé, car les diplômés, eux, n’ont pas besoin d’une plus grande flexibilité, ils l’ont déjà.

Réglez le problème du chômage, comme le Royaume-Uni, la Nouvelle Zélande, les Etats-Unis et tant d’autres, et vous aurez réglé la principale source de l’insécurité en France.

La sécurité doit évidemment être assurée dans la limite des fonctions régaliennes de l’Etat. Ce dernier doit exercer le monopole de la violence physique légitime, comme disait Weber. Qu’il existe à Trappes, La Courneuve ou Vénissieux des zones de non-droit, dans lesquelles la police n’ose pas s’aventurer, est scandaleux et doit être réformé. Mais qu’il faille transformer la France de 2007 en Etat-policier est tout autre chose. Je n’ai pas spécialement envie de vivre dans l’île de Manhattan de NY1997. Et comment ne pas voir que nous y allons à grands pas ? de l’état d’urgence décrété aux innombrables caméras présentes dans les lieux publics, de l’interdiction du tabac aux radars automatiques qui émaillent routes et autoroutes, de l’armée qui patrouille dans les gares aux policiers municipaux armés et qui se croient dans un film de John Woo, tout nous mène au rêve spartiate de nos principaux présidentiables. Avec à chaque fois la même bonne conscience, celle de défendre les plus faibles. Les pires bouchers romains, Caligula et Scipion en tête, prétendaient eux aussi défendre le bon peuple, contre les corps intermédiaires. Ils n’ont su que les envoyer se faire déchiqueter par ceux qui n’étaient pourtant pas leurs ennemis, mais ceux de leur Prince, et ont massacré tous les opposants, de toutes les manières que l’esprit humain peut imaginer.

Belle perspective, là encore.

La France, dont la puissance économique, et donc militaire, est en déconfiture, remplace le casque du troufion par le képi du flic. A défaut d’avoir de quoi taper du poing sur la table, elle espère faire illusion en tapant les manifestants et les beurs. En misant sur la démagogie, on gagne toujours il paraît. L’insécurité, c'est un peu comme le cul : on est sûr, à tous les coups, de faire une grosse audience. Peu importe si on raconte à peu près n’importe quoi. Ou si on fait courir un danger immense pour l’avenir.

Or nous n’avons besoin ni de GI Joe, ni d’inspecteur la Bavure. Pas plus que de baby sitters, hormis toutefois si ces dernières sont blondes avec des gros seins, auquel cas on peut encore discuter un peu.

In bed with Segolène

Très franchement, vous y croyez vraiment à une candidature de Ségolène ?

J'avoue que pour ma part, j'ai un certain mal à accorder un quelconque crédit à une candidature qui, j'en suis persuadé, n'est rien qu'un hochet agité par des journalistes parisiens en manque de reconnaissance et de sensations. Je ne puis croire sérieusement, ne serait-ce qu'une seule seconde, à la candidature de la plus sexy des socialistes, avec peut-être Elisabeth Guigou, à l'élection présidentielle.

Après nous avoir bassiné avec un traditionnalisme familial qu'on ne renirait pas dans les beaux quartiers, de sa voix aussi sensuelle que celle de Karen Cheryl à la pire époque, Ségo nous la joue à présent protection de l'enfance tendance paramilitaire. Sarko n'a qu'a bien se tenir, la liberté aussi. Les socialistes hurlent au loup, ils ont raison, à ceci près que, à l'instar du film de Rino Di Silvestro, c'est plutôt une louve (déchaînée ?) qu'il faut craindre. On est content d'apprendre que son flan de copain ne partage pas "toutes" ses idées. Comme il n'en a aucune, et elle très peu, il s'agit donc d'une équation à une inconnue, pas trop difficile à résoudre. Chirac a largement été fabriqué par les médias, et son attachée de presse, Claude. Ségolène n'a même pas besoin d'attaché, je veux bien croire que François en serait d'ailleurs un très mauvais, tant les médias l'adorent, Nouvel Obs et autres torchons en tête. Car ainsi va la vie politique : moins on a d'idées, moins on risque de les appliquer, et plus on est aimé.

Villepin en sait quelque chose, il paraît.

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