Nadir est génial

Nadir Ben Abbes est un de mes amis. Et c'est quelqu'un d'extrêmement courageux. Il est conducteur de tram à Lyon.

Il a osé expliquer en quoi consiste le comportement des syndicats fascistes de son entreprise, tout particulièrement FO et la CGT.

A présent, on lui en veut. On le menace. On l'intimide.

Mais il fait front, ne baisse pas la garde et récidive dans un deuxième entretien, pour expliquer au plus grand nombre quelles sont les pressions qu'il subit de la part des Lénine aux petits pieds qui l'entourent.

Bravo Nadir ! rares sont ceux qui ont le quart du courage dont tu fais preuve en ce moment. Je vous invite à lire attentivement ses deux interviews. Elles sont édifiantes.

Si vous le souhaitez, vous pouvez me faire passer vos commentaires, vos encouragements ; je les lui transmettrai.

Vermine libérale

Excellente philippique de Pierre Carion à l'encontre d'un de ses lecteurs néocon.

Le sens de l'auto-dérision n'est, semble-t-il, pas donné à tout le monde. Ami libéral, je te salue bien bas.

Pendant ce temps, Claire pointe du doigt les dérives de la société d'interdiction dans laquelle nous vivons. A juste titre.

Welcome to Goulagland

"Le plus terrible moment de ma réclusion, c’est le début, c’est le choc, c’est le passage dans une existence qu’on pense ne pouvoir supporter".

Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne (*) The Soviet Gulag Era in Pictures - 1927 through 1953 "Millions in the wrong place at the wrong time" Photos Gallery

"Les déportés se trouvaient répartis en différentes «catégories», suivant la fantaisie des bourreaux.

Pour la première fois, nous entendîmes parler des «délinquants». C'était l'aristocratie du camp. Les détenus qui avaient commis des délits dans leur service mais non des crimes politiques. Eux n'étaient pas des «ennemis du peuple», mais de simples dilapideurs des deniers publics, concussionnaires et prévaricateurs. (Nous ne ferions connaissances des véritables détenus de «droit commun» que plus tard. Dans le camp de transit, il n'y en avait pas.)

Les simples délinquants étaient fiers de ne pas appartenir au groupes des «ennemis du peuple». Ils expiaient leurs fautes par un travail acharné. Certains postes exécutifs, dans le camp, étaient occupés par des détenus : c'était aux délinquants qu'on les confiait. La plupart des starostes, des chefs d'équipe, des chefs de groupe et des préposés de baraque se recrutaient parmi eux.

Ensuite, venait la hiérarchie compliquée de l' «article 58» : les politiques. Le «paragraphe 10» était le moins grave ; il s'appliquait aux «conteurs de blagues», aux «bavards», à ceux que la terminologie officielle qualifiait d' «agitateurs anti-soviétiques». Les condamnés pour «activités contre-révolutionnaires» occupaient plus ou moins la même position - il s'agissait, pour la plupart, de sans-parti. On leur confiait un travail moins dur, et parfois ils pouvaient même occuper certains postes administratifs réservés aux déportés. Il en était rarement de même pour les déportés «soupçonnés d'espionnage». Jusqu'à notre arrivée, les pires criminels étaient les condamnés pour «activités contre-révolutionnaires trotskystes». On leur réservait les plus pénibles travaux, en plein air; on ne les admettait pas aux «postes administratifs»; et parfois, les jours de fête, on les mettait au cachot".

GUINZBOURG Evguenia, Le vertige, Tome I page 317 et Le ciel de la Kolyma (tome II), Seuil, collection "Points", 1967 (original publié en russe chez l'éditeur italien Arnoldo Mondadori en janvier 1967).

Un T shirt meurtrier ?

Lu sur le blog de Johan :

14:14 - WHY DO YOU HAVE A MURDERER ON YOUR T-SHIRT?: The Cuban revolutionary Che Guevara is still considered cool on t-shirts, and in the new film The Motorcycle Diarries, he is portrayed as a fighter for freedom. But Paul Berman (author of the important book Terror and Liberalism) reminds us that Che was a murderer and a totalitarian. It should be as unthinkable to wear a Che t-shirt as it is to wear a Goebbels t-shirt:





"Che was a totalitarian. He achieved nothing but disaster. Many of the early leaders of the Cuban Revolution favored a democratic or democratic-socialist direction for the new Cuba. But Che was a mainstay of the hardline pro-Soviet faction, and his faction won. Che presided over the Cuban Revolution´s first firing squads. He founded Cuba´s ´labor camp´ system—the system that was eventually employed to incarcerate gays, dissidents, and AIDS victims. To get himself killed, and to get a lot of other people killed, was central to Che´s imagination. In the famous essay in which he issued his ringing call for ´two, three, many Vietnams,´ he also spoke about martyrdom and managed to compose a number of chilling phrases: ´Hatred as an element of struggle; unbending hatred for the enemy, which pushes a human being beyond his natural limitations, making him into an effective, violent, selective, and cold-blooded killing machine. This is what our soldiers must become …´— and so on. He was killed in Bolivia in 1967, leading a guerrilla movement that had failed to enlist a single Bolivian peasant. And yet he succeeded in inspiring tens of thousands of middle class Latin-Americans to exit the universities and organize guerrilla insurgencies of their own. And these insurgencies likewise accomplished nothing, except to bring about the death of hundreds of thousands, and to set back the cause of Latin-American democracy—a tragedy on the hugest scale."

Mais où sont passées les gazelles ?

A lire cet article de Bernard Zimmern, l'auteur de la Dictature des syndicats, et consacré aux gazelles, entendez par là les entreprises de taille moyenne, de 100 000 à 1 millions d'euros de capital, et surtout dotées d'un fort potentiel de croissance.

Si l'on compare les gazelles françaises aux gazelles anglaises, on constate qu'il en naît presque deux fois plus chaque année en Grande-Bretagne, que chacune d'entre elles se crée avec en moyenne deux fois plus de personnel, et que, au bout de quatre à cinq ans, les gazelles anglaises nées une année donnée ont embauché plus de 100 000 personnes de plus que les gazelles françaises !

Sa solution :

Une étude que nous venons de faire effectuer sur les gazelles françaises créées en 1996, 1997 et 1998, montre en effet que la seule TVA payée par les gazelles pendant les douze premiers mois après leur création représentait plus de la moitié du capital social, et même 90% si l'on se limite aux gazelles capitalisées à moins de 2 millions d'euros, qui sont les plus intéressantes pour l'emploi. Donc, une mesure permettant à des individus de déduire de leurs impôts la moitié des investissements effectués par eux dans des entreprises nouvelles l'année d'imposition ferait que les rentrées fiscales excéderaient le coût fiscal... et le précéderaient.

Voir également le site de l'iFRAP, bien sûr.

Egoïste, altruiste, mots en iste

Excellent texte de Laure Allibert: Quelle égoïste je suis...

Elle y oppose l'égoïsme libéral à l'égoïsme collectiviste, et, partant, l'altruisme libéral et l'altruisme collectiviste, qui, lui, est forcé.

Un détail cependant : pour ma part, plutôt que d'employer la formule "égoïsme libéral", qui est un oxymore, je dirai tout simplement "individualisme", qui est un terme plus juste.

11 septembre 2004

Après la traduction d'un texte de capmag, je me risque à présent à la traduction d'un article espagnol paru sur le blog Todo un hombre de estado, hébergé par liberalismo.org.

Comme pour tant d'autres choses, le 11 septembre marque défintiivement le mouvement libéral lui aussi. Il n'a probablement fait qu'accentuer des tendances implicites de désagrégation interne ; mais le fait est que, dans l'histoire du libéralisme, nous pouvons établir un avant et après ce jour fatidique. (...)

Au sein du libéralisme il existe deux tendances qui, évidemment, sont irréconciliables à long terme. L'anarcho-capitalisme et le minarchisme, dans ses différentes intensités. Je dis que, à long terme, ils sont irréconciliables, parce qu'ils poursuivent des fins différentes ; lorsque nous atteindrons l'État minimal, le schisme deviendra inévitable. Les anarcho-capitalistes essayeront de détruire un État minimal que, par contre, les miniarchistes considèrent comme indispensable.

Or, pour l'instant cette friction interne s'avère seulement significative dans le cadre académique. Tant que l'État restera dans sa dimension acuelle, ceux-ci comme d'autres poursuivront le même objectif : le réduire.

Toutefois, malgré tout ceci, le 11 septembre a touché le sujet probablement le plus sensible pour les deux mouvements : la défense. Le minarchisme a considéré qu'était arrivée l'heure où l'État devait exercer SA compétence, tandis que l'anarcho-capitalisme a vu dans le 11 septembre l'occasion historique pour l'État de devenir totalitaire.

Tant le minarchisme comme l'anarcho-capitalisme justifient leur position (pro ou anti-guerre) par la sauvegarde de leur bien le plus précieux, la liberté. Le minarchisme croit que sans la guerre contre le terrorisme nous serons réduits en esclavage ou assassinés par le fanatisme islamiste, et l'anarcho-capitalisme croit qu'avec la guerre le Leviathan étatiste surgira en détruisant notre liberté. Dans les deux cas, la guerre est un élément décisif ; dans les deux cas un élément de discorde. Chaque camp considère l'autre comme celui des ennemis de la liberté, en prescrivant le contraire de ce dont, selon eux, la liberté a besoin. Un minarchiste en défendant la guerre est un suppôt du Leviathan, un anarcho-capitaliste, en défendant l'isolationnisme, est un allié des terroristes.

Il ne ratent pas une occasion de s'affubler mutuellement de noms d'oiseaux communistes ou socialistes. "La défense de l'État est socaliste" ; "L'opposition à la guerre est socialiste" ;. Un jeu dialectique dangereux qui nous sépare chaque fois un peu plus de ce qui, aujourd'hui comme hier, est notre objectif commun. De plus, ce jeu donne des ailes tant à la gauche qu'à l'islamisme, tandis que nous nous tordons dans nos luttes internes. Ceci permet à la gauche ne pas affronter la faillite de son Welfare State, et au terrorisme de masquer le manque d'originalité de sa lutte.

Le problème insoluble réside dans le fait que les deux parties ont en partie raison. La guerre peut s'avérer nécessaire pour mettre un terme aux régimes qu'ils soutiennent le terrorisme, mais, sans doute, il ne sera pas suffisant pour mettre un terme au terrorisme. Le terrorisme est un phénomène qui dépasse les frontières étatiques, il s'ensuit que les machines étatiques rigides sont incapables de le déraciner. C'est un phénomène parfaitement compréhensible pour les anarcho-capitalistes, qui ont toujours critiqué la défense étatique considérée comme inefficace.

Or, la solution posée par les anarcaps, l'isolationnisme (principalement "don't thread on me" ;), ne résout pas les problèmes de fond ; il oublie que (quelles qu'en soient les causes) nous sommes déjà en guerre et que cette guerre, grosso modo, est approuvée par d'autres États.

Aux libéraux, qui aimons la liberté, nous disons que cela nous impose de gagner cette guerre. Mais gagner la guerre ne peut pas être synonyme, ni antonyme, de gagner la guerre avec la défense publique. Ce peut être actuellement une bonne méthode, mais seulement partiellement. Minarchistes et anarcho-capitalistes devons chercher tous des solutions nouvelles pour un phénomène nouveau. Ni les solutions de certains (la guerre totale) ni celles d'autres (l'isolationnisme inégal) ne parviendront à mettre en échec les totalitaires.

Malheureusement je ne connais pas la solution à l'énigme de comment gagner la guerre. Cela oui, je crois savoir le chemin par lequel nous pouvons la trouver : par la conjonction des réflexions de tous les libéraux. In fine, il s'agit ici d'une croisade contre contre notre liberté. Nous sommes tous également volontaires pour la gagner. Tous, par conséquent, nous devrions abandonner le fanatisme aveugle des solutions monochromes qui, avec clarté, ont montré leurs limites.

En tout état de cause, si le 11 septembre sonne comme le schisme du libéralisme, à un moment où il doit être absolument soudé, la guerre sera perdue ; et avec elle, notre liberté.

Dehors les pauvres

J'habite à Lyon, ville dont Gérard Collomb est le maire socialiste.

Et c'est un bon maire.

Il estime qu'il y a trop de pauvres en centre-ville, sur la presqu'île pour ceux qui connaissent, et qu'il faut donc les virer.

C'est ce qu'il vient de faire.

Il vient de réaliser une opération financière de 87 millions d'euros, en vendant une dizaine d'immeubles à un groupe immobilier américain.

Bien sûr, les 250 locataires actuels auraient pu, si les logements avaient été vendus appartement par appartement, accéder à la propriété. Mais la propriété pour des pauvres, c'est un peu comme de la confiture pour des cochons.

Ils vont donc se faire virer, et le groupe américain, qui a acheté à un prix défiant toute concurrence, fera une belle opération en vendant, lui, appartement par appartement.

Et les pauvres n'ont qu'à aller en banlieue.

Ca sert à ça, la banlieue.

Le parti libertarien, c'est le parti de la reddition

La liberlishaft n'est pas unie. En son sein, s'opposent même violemment les liberaux et les libertariens. Un exemple, à lire sur capitalism Mag, cet article de Michael J. Hurd :

Sommaire : Le parti libertarien est pire que les partis républicain et démocrate -- et c'est peu dire.

http://www.CapitalismMagazine.com

Q : Dr. Hurd, je comprends que vous détestiez les démocrates et les républicains. Pourquoi ne votez-vous pas libertarien ? Ceux-ci veulent un gouvernement fortement limité, comme vous .

R : Le parti libertarien est pire que les partis républicain et démocrate -- et c'est peu dire.

Le parti libertarien est le parti du pacifisme inexcusable. Ils font rougir John kerry. Leur candidat à la présidentielle 2004 propose, par exemple, que toutes les troupes américaines, partout dans le monde, soient renvoyées à la maison immédiatement. Pourquoi ? Puisque, apparemment, tout gouvernement est mauvais. Quoi que le gouvernement fasse pour intervenir dans le reste du monde - même si ces interventions doivent protéger l'Amérique sur son sol - est mauvais.

Pire encore, les rapports présents sur le site Web officiel du parti libertarien indiquent que les Etats-Unis sont à blâmer en matière de terrorisme : Par exemple : "combien de temps les politiciens peuvent-ils feindre d'être étonnés lorsque les menaces de terroristes se transforment en réalité sanglante ? Combien d'Américains innocents doivent perdre leurs vies avant que les hommes de l'Etat se rangent à leur position et cessent d'interférer dans les affaires d'autres nations?"

L'implication de ce rapport est claire. Si les Etats-Unis n'avaient pas une présence militaire dans le Moyen-Orient, ni ailleurs, les terroristes nous laisseraient seuls. L'Amérique doit être blâmée, pas les terroristes.

C'est erreur telle que je ne pourrais jamais en imaginer. C'est le plus mauvais exemple de condamnation de la victime que je n'ai jamais rencontré de nos jours (c.-à-d., les Etats-Unis). Il ignore complètement le fait que les terroristes musulmans nous attaquent parce qu'ils nous détestent. Ils détestent notre séparation de l'Eglise et de l'Etat ; ils détestent nos libertés politiques ; ils détestent notre société essentiellement séculière ; et ils détestent nos libertés économiques. Ils ne nous veulent pas simplement hors d'Irak. Ils ne nous veulent pas simplement hors d'Israel. Ils veulent que nous plongions notre visage dans la terre. Ce n'est pas seulement mon interprétation. C'est ce qu'ils disent ; c'est ce que toutes leurs actions, maintes et maintes fois répétées, impliquent ; et c'est ce qu'elles cherchent à accomplir, peu à peu.

Hormis cette erreur massive, la position libertarienne ignore également le souci plus immédiat que si nous partions du Moyen-Orient demain, la production de pétrole serait instantanément stoppée. Les terres qui fournissent le moteur de notre civilisation - le carburant sur lequel nous comptons pour chauffer nos maisons, faire avancer nos voitures, faire vivre nos villes, faire voler nos avions - serait complètement mis sous la coupe des fondamentalistes religieux arabes. Et Alors ? répondent les libertariens. Le gouvernement - tout gouvernement - est mauvais, voici leur réponse à n'importe quel sujet. Renvoyez chez elles les troupes, et maintenant.

Je ne m'inquiète pas d'autres propositions du parti libertarien, au sujet des impôts ou du gouvernement limité, avec lesquelles je pourrais être d'accord, en dehors du contexte actuel. Les erreurs que je viens de décrire viennent d'une pensée vers laquelle je n'irai pas et dont je ne me sens pas proche. Ce point de vue est impardonnable et inexcusable. Une reddition totale au Moyen-Orient et l'abandon de nos intérêts nationaux objectifs, au plus grand plaisir d'Osama Ben Laden et des mollahs iraniens - pour ne pas mentionner d'autres dictateurs terroristes présents dans le monde entier - réduira à néant toute volonté de réduire le rôle du gouvernement dans l'économie. Comment l'Amérique capitaliste peut-elle s'épanouir sous la menace d'un nuage nucléaire, d'une guerre biologique ou pire encore ? Si vous pensez que l'Amérique est en danger du fait d'une présence de troupe dans le Moyen-Orient et ailleurs, imaginez juste ce qu'il en serait si nous renoncions au combat tout à fait.

J'accuse parfois les démocrates d'être bien disposé avec nos ennemis, et je maintiens cette accusation. Cependant, la politique étrangère préconisée par le parti libertarien est la plus mauvaise chose que j'ai jamais vue. Nous avons même une meilleure chance avec Kerry qu'avec ce genre de mentalité. Les démocrates nous affaibliraient davantage que nous le sommes déjà. La politique étrangère libertarienne nous détruirait.

Au sujet de l'auteur : Dr. Michael Hurd est un psychologue, un psychothérapeute et l'auteur de Effective Therapy (New York : Dunhill, 1997) et de Grow Up America!. Visitez son site Web à : www.DrHurd.com.

Traduction par moi.

! hasta el liberalismo, siempre !

Si vous parlez la langue de Cervantès, ce qui n'est pas rare pour les francophones, je vous invite cordialement à visiter le site liberalismo.

J'aime lire tout particulièrement les sections liberales et reseñas.

A noter ce qu'ils écrivaient sur catallaxia (rubrique enlaces, les liens quoi) :

Página de divulgación del pensamiento liberal, que puede considerarse nuestra precursora francesa. Excelente sección "Dix réfutations".

J'ai longtemps rougi du plaisir d'être considéré comme le précurseur de ce fabuleux site :)

A noter enfin la rubrique bitàcoras ; il s'agit de blogs hébergés par le site. Le blogroll contient d'excellente choses, par exemple Desde la caverna neoliberal, blog aux fort nombreux commentaires. Lire notamment cet article sur les otages français en Irak.

Marcelle est un con

Pierre Marcelle est journaleux à Libé. Et c'est un con. Un vrai de vrai. Un as. Un champion du monde.

La preuve : ce billet de Themistocle.

La politique environnementale européenne, entre doutes et errements

L’environnement est une préoccupation récente pour l’Union européenne. Depuis le traité de Maastricht, il figure parmi les objectifs de l’Union. Toutefois, si l’UE vise un niveau de protection élevé, cet objectif doit être nuancé par le fait que des pans primordiaux de la politique européenne sont soumis à la règle de l’unanimité : la fiscalité environnementale, l’aménagement du territoire, les règles d’affectation des sols (hormis les ordures ménagères et les ressources hydrauliques), et plus généralement les choix énergétiques d’un Etat membre, qui ne peuvent être affectés par l’UE. La politique environnement prend en fait quatre formes différentes.

Le droit à l’information

C’est un domaine majeur qui a été par trop négligé jusqu’à présent. En effet, les projets susceptibles d’avoir une incidence sur l’environnement doivent être évalués, essentiellement sous la forme d’études d’impact. Il faudrait que le droit de la population à être consulté soit considérablement renforcé. Cette consultation du public, c’est à la fois un moyen et une fin de l’évaluation : son avis, qui doit autant que possible être recueilli, participe du rapport final, et en même temps, la procédure permet au public d’être informé en temps utile pour influer sur la décision.

L’action en matière de lutte contre la pollution de l’air et de l’eau

L’action de l’UE prend ici la forme de normes réglementaires, qui, pour être souvent utiles, ne sauraient pour autant être considérées comme suffisantes.

De nombreuses normes ont été actées, en matière de lutte contre la pollution de l’air[1], de lutte contre la pollution des eaux[2], de limitation de l’usage des nitrates[3], ou encore de pollution marine[4]. Toutefois, et pour le seul exemple de la pollution marine, les tragédies de l’Erika (1999) et du Prestige (2002) ont montré que l’aspect réglementaire et la sanction a posteriori étaient insuffisants. Le Fipol (fonds chargé de décider des indemnisations couvrant les pollutions par les hydrocarbures) a été un cuisant échec. Il a annoncé le plafonnement des indemnisations à 15 % des dommages causés par le naufrage du Prestige. Pourtant personne ne remet en cause l’existence même de cet organisme. Le ministre de l’environnement et du développement durable propose uniquement de « réorganiser le Fipol » en augmentant le plafond des indemnisations et en appelle à la création d’un nouveau fonds d’indemnisation, propre à la Commission européenne. Mais aucun dirigeant n’a l’audace d’imaginer un tout autre système qui, pourtant, s’impose à la raison lorsque l’on est confronté à l’échec du mécanisme de responsabilité collective.

Les Américains, eux, ont osé franchir le pas de la « vraie » révolution écologique en votant, au lendemain du naufrage de l’Exxon- Valdez, une loi, l’Oil Pollution Act, qui abandonnait toute logique d’assurance collective pour lui préférer celle de la responsabilité individuelle. Depuis treize ans, ce n’est donc plus un fonds commun qui assure l’indemnisation des victimes de la pollution, mais l’exploitant du navire lui-même. Ainsi, au lieu d’un mécanisme collectif, par essence totalement déresponsabilisant puisque tout le monde paie (les bons armateurs comme les mauvais), les Américains ont opté pour un mécanisme de responsabilisation véritable qui fait directement peser sur son auteur les conséquences d’une catastrophe écologique.

Le nouveau système américain semble avoir fait ses preuves puisque l’on n’a pas eu, depuis l’adoption de cette loi, à déplorer de marée noire au large des Etats- Unis. Tout simplement parce que l’ensemble de la flotte longeant les côtes américaines a été entièrement renouvelé sous la pression des compagnies d’assurances des exploitants de navire. Et c’est là toute l’ingéniosité de ce dispositif. Les compagnies d’assurances jouent désormais un rôle de régulateur de la pollution : elles proportionnent les primes aux risques de détérioration de la nature. La prime à payer pour un navire bien entretenu étant largement inférieure à celle versée pour un « navire poubelle », l’incitation au maintien de la qualité des navires est instantanée. Il ne reste plus qu’à interdire l’accès des mers territoriales aux navires non assurés pour laisser ensuite la régulation privée faire son oeuvre. Malgré l’indéniable efficacité de ce système, les dirigeants français et européens s’obstinent à maintenir un mécanisme archaïque de responsabilité collective et ne sont pas à la hauteur de la révolution annoncée.

L’action en matière de risques majeurs, de déchets et de substances chimiques

Nombreux sont les textes applicables, depuis la directive Seveso de 1982 jusqu’aux directives relatives aux déchets. Sur ce dernier point tout particulièrement, soulignons l’application positive qui est faite du principe pollueur-payeur, puisque les Etats-membres doivent mettre en place un réseau intégré et adéquat d’installations d’élimination des déchets, et les faire payer par les pollueurs eux-mêmes (entreprises aux réseaux de collecte et/ou traitement privés, particuliers par la taxe ou la redevance d’enlèvement des ordures ménagères). Toutefois, et comme précédemment, le volet de la responsabilité est trop négligé. Il convient à tout le moins d’harmoniser sur tout le territoire les conditions et procédures de détermination des responsables, y compris dans les cas de montages par des sociétés de dispositifs leur permettant de faire payer la remise en état de sites pollués par les contribuables, en empêchant la remontée jusqu’à leur responsabilité.

La protection de la nature

Dernier volet de la politique environnementale européenne, et l’un des plus connus. Divers textes régissent la conservation de la vie sauvage[5] , ou encore le maintien de la biodiversité[6]. Le réseau européen d’espaces protégés, Natura 2000, synthétise ces actions menées de manière fort satisfaisante.

Toutefois, l’environnement n’est pas seulement une politique communautaire. C’est aussi une préoccupation qui irrigue plusieurs autres politiques communautaires, qui ne sont pas sans incidences sur l’environnement. C’est le cas de la politique des transports, de la politique de cohésion économique et sociale, via les orientations du FEDER (fonds de développement régional).

L’environnement et les autres politiques communautaires

Outre la politique régionale, qui, notamment via le FEOGA section orientation, agit parfois pour la protection de l’environnement, la PAC constitue un secteur privilégié. En effet, depuis le début des années quatre-vingt-dix, de nombreuses normes ont vu le jour pour favoriser l’extensification de l’agriculture européenne. On pratique le gel des terres[7], on verse même des aides aux agriculteurs qui réduisent, durant cinq ans, une ou plusieurs productions[8]. On encourage enfin la production biologique[9].

C’est oublier que le vrai problème de la PAC, ce n’est pas l’intensité de la production, c’est le régime d’aide qui fait des agriculteurs les premiers fonctionnaires d’Europe. En ce sens, le futur découplage des aides européennes et de la production est la meilleure façon de réduire les stocks excessifs et les crises de surproduction du secteur.

En matière de politique industrielle enfin, un label écologique est institué depuis 1992. Outre que des institutions privées indépendantes devraient seules fournir lesdits labels, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, il serait souhaitable que ceux-ci s’appliquent aussi aux denrées alimentaires, aux boissons et aux produits pharmaceutiques, pour avoir un quelconque effet sur les consommateurs.

Notes

[1] La directive 80/779/CEE du 15 juillet 1980 et la directive 84/360/CEE du 28 juin 1984 visent à réduire toute forme de pollution atmosphérique, notamment celle résultant des automobiles, et, plus récemment, le CFC et le gaz carbonique.

[2] Par exemple, une liste noire de produits dangereux a été établie par une directive de 1980. Ou encore, une série de directives régissent les rejets de cadmium et de mercure.

[3] Les Etats membres sont tenus d’élaborer des codes de bonne conduite agricoles, qui doivent contenir des dispositions relatives aux périodes d’épandage des fertilisants, et au stockage des déjections animales. Un maximum de 170 kg d’azote par an et par hectare de déjections animales à épandre est autorisé.

[4] Nombreuses sont les conventions signées, tant pour la mer du Nord (convention de Bonn en 1984) que pour la Méditerranée (conventions de 1977 et de 1981).

[5] Convention de Berne du 19 septembre 1979, directive 79/409/CEE du 2 avril 1979 relative à la conservation des oiseaux sauvages, etc

[6] Directive « habitats » 92/43/CEE du 21 mai 1992.

[7] Voir le règlement n°2328/91 du 15 juillet 1991

[8] Voir le règlement n°1115/88 du 21 décembre 1988.

[9] Cf règlement n°2092/91/CEE du 24 juin 1991

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 >

596 lectures