Ce qu'est l'Etat

L'homme est venu au monde nu, et a du s’employer à apprendre comment prendre possession des ressources données par la nature, et comment les transformer (par exemple, en investissant du « capital »), en les multiples endroits où les ressources peuvent être employées pour la satisfaction de ses désirs et l'amélioration de son niveau la vie. La seule manière par laquelle l'homme peut faire ceci est par l'utilisation de son esprit et de son énergie à transformer des ressources (c’est la « production »), et par l’échange de ces produits contre des produits créés par d'autres. L'homme a constaté que, par le processus de l'échange volontaire et mutuel, la productivité, et par conséquent le niveau de vie de tous les participants à l'échange, peuvent augmenter énormément. La seule façon « naturelle » pour que l'homme survive et puisse s’enrichir est donc qu’il emploie son esprit et son énergie à s’engager dans le processus de production et d’échange. Il fait ceci, en premier lieu, en trouvant les ressources naturelles, et puis en les transformant (« en mélangeant son travail » à elles, comme disait Locke), pour en faire sa propriété individuelle ; ensuite en échangeant cette propriété contre la propriété que d’autres ont obtenu pareillement. Le chemin social dicté par la nature de l'homme est donc le chemin des « droits de propriété » et du « marché libre » de l'échange de tels droits. Par ce chemin, les hommes ont appris comment éviter les méthodes de la « jungle », qui consistent à combattre pour s’emparer de ressources rares et finies, de sorte que A puisse seulement les acquérir aux dépens de B et, au lieu de cela, ils ont énormément multiplié ces ressources grâce à des productions et des échanges, paisibles et harmonieux.

Le grand sociologue allemand Franz Oppenheimer a précisé qu'il y a deux manières, exclusives l’une de l’autre, d'acquérir de la richesse ; la première est la manière décrite ci-dessus de la production et de l’échange, qu’il a appelé « la voie économique ». L'autre manière est plus simple parce qu'elle n'exige pas la productivité ; c'est la manière de l’accaparement des marchandises d'une autre personne, ou de ses services, par l'utilisation de la force et de la violence. C'est la méthode de confiscation unilatérale, du vol de la propriété des autres. C'est la méthode qu'Oppenheimer a nommé « la voie politique » d’accroissement de la richesse. Il devrait être clair que l'utilisation pacifique de la raison et de l'énergie dans la production est la voie « naturelle » pour l'homme : ce sont les conditions de sa survie et de sa prospérité sur cette terre. Il devrait être également clair que le moyen coercitif et exploiteur est le contraire de la loi naturelle ; il est parasitaire car, au lieu d'ajouter à la production, il en soustrait. « La voie politique » siphonne la production au profit d’un individu ou d’un groupe parasite et destructeur ; et ceci réduit non seulement le nombre des producteurs, mais abaisse également l'incitation du producteur à produire au-delà de sa propre subsistance. En fin de compte, le voleur détruit même sa propre subsistance en réduisant ou en éliminant la source de son propre approvisionnement. Mais il y a plus encore que cela ; même dans le court terme, le prédateur agit à l’encontre de sa propre nature d’homme.

Nous sommes maintenant en mesure de répondre plus précisément à la question : qu’est-ce que l'Etat ? L'Etat, selon les mots d'Oppenheimer, est l' « organisation de la voie politique » ; c'est la systématisation du processus prédateur sur un territoire donné[1]. Le crime, au mieux, est sporadique et incertain ; le parasitisme est éphémère, et la ligne de conduite coercitive et parasitaire peut être contestée à tout moment par la résistance des victimes. L'Etat fournit un canal légal, ordonné et systématique, pour la prédation de la propriété privée ; il rend certain, sécurisé et relativement « paisible » la vie de la caste parasitaire de la société[2]. Comme la production doit toujours précéder la prédation, le marché libre est antérieur à l'Etat. L'Etat n'a été jamais créé par un « contrat social » ; il est toujours né par la conquête et par l'exploitation. Le paradigme classique est celui d’une tribu de conquérants, qui pille et assassine les tribus conquises, et qui décide de faire une pause, car elle se rend compte que le temps de pillage sera plus long et plus sûr, et la situation plus plaisante, si les tribus conquises étaient autorisées à vivre et à produire, les conquérants se contentant d’exiger comme règle en retour un tribut régulier[3]. La naissance d'un Etat peut être illustrée comme suit : du haut des collines de Syldavie du Sud, un groupe de bandit parvient à obtenir le contrôle physique du territoire, et finalement le chef de clan se proclame « roi du gouvernement souverain et indépendant de Syldavie du Sud » ; et, si lui et ses hommes ont une force suffisante pour maintenir cette règle pendant un moment (en catimini !), un nouvel Etat aura joint la « famille des nations », et les anciens chefs bandits auront été transformés en noblesse légale du royaume.

Notes

[1] « Il y a deux moyens fondamentalement opposés par lequel l'homme, ayant besoin de sa subsistance, est poussé à obtenir les moyens nécessaires pour satisfaire ses désirs. Ce sont le travail et le vol, son propre travail et l'appropriation de la force de travail par d'autres. (…) Je propose dans la discussion suivante d'appeler son propre travail et l'échange équivalent à son propre travail contre le travail d'autres, « la voie économique » de satisfaction du besoin, tandis que l'appropriation non récompensée du travail des autres s'appellera « la voie politique ». (…) L'Etat est une organisation de la voie politique. Aucun Etat ne peut naître, par conséquent, tant que la voie économique n’a pas créé un nombre défini de biens pour la satisfaction des besoins, lesquels biens peuvent être emportés ou accaparés par le vol guerrier », Franz Oppenheimer, The State (New York, Vanguard Press, 1926) pp. 24–27.

[2] Albert Jay Nock a écrit vivement que « l’Etat clame et exerce le monopole du crime (…) Il interdit le meurtre privé, mais lui-même organise le meurtre à une échelle colossale. Il punit le vol privé, mais lui-même fait main basse sans scrupule sur tout ce qu'il veut, qu’il s’agisse de la propriété d’un citoyen ou d’un étranger. », Nock, On Doing the Right Thing, and Other Essays (New York, Harper and Bros., 1929), p. 143; cité in Jack Schwartzman, "Albert Jay Nock—A Superfluous Man," Faith and Freedom (December, 1953): 11.

[3] « Qu’est-ce, alors, que l'Etat comme concept sociologique ? L'Etat, dans sa genèse (…) est une institution sociale, imposée par un groupe victorieux d’hommes sur un groupe défait, avec le but unique de régler la domination du groupe victorieux sur le groupe défait, et de se protéger contre la révolte intérieure et les attaques de l'étranger. Téléologiquement, cette domination n'a eu aucun autre but que l'exploitation économique du vaincu par les vainqueurs. », Oppenheimer, The State, p. 15. Et Bertrand de Jouvenel ajoute : « l'Etat est essentiellement le résultat des succès réalisés par une bande des brigands, qui se superpose à de petites et distinctes sociétés. », Du Pouvoir, p. 100-101.

Ce que l'Etat n'est pas

L'Etat est presque universellement considéré comme une institution de service social. Quelques théoriciens vénèrent l'Etat comme s’il était l’apothéose de la société ; d'autres le considèrent comme une aimable, bien que souvent inefficace, organisation destinée à atteindre les buts sociaux ; mais presque tous le considèrent comme le moyen nécessaire pour réaliser les buts de l'humanité, le moyen qui peut s’opposer au « secteur privé » et par conséquent qui peut souvent gagner contre lui cette concurrence des ressources. Avec l’avènement de la démocratie, l'identification de l'Etat à la société a redoublé, jusqu'à ce qu'il soit devenu usuel d’entendre des assertions qui pourtant violent pratiquement tous les principes de la raison et du bon sens, du genre « nous sommes le gouvernement ». Le terme collectif « nous » a permis à un camouflage idéologique d'être placé au-dessus de la réalité de la vie politique. Si « nous sommes le gouvernement », alors tout ce qu’un gouvernement fait à un individu est non seulement juste et non tyrannique, mais au surplus « volontaire » de la part de l’individu concerné. Si le gouvernement a contracté une dette publique énorme, qui doit être remboursée en imposant un groupe au profit des autres, la réalité de ce fardeau est obscurcie par ceux qui disent : « nous la devons nous-mêmes » ; si le gouvernement réquisitionne un homme, ou le jette en prison pour opinion dissidente, alors on estimera que cet homme fait cela « à lui-même » et, qu’en conséquence, rien de malveillant ne s'est produit. Avec un tel raisonnement, aucun juif assassiné par le gouvernement nazi n'aurait été réellement assassiné ; au lieu de cela, les Juifs se seraient donc « suicidés », puisqu'ils étaient le gouvernement (lequel a été démocratiquement élu), et, en conséquence, tout ce que le gouvernement a fait aux Juifs était issu de leur propre volonté. Personne ne pense à discuter ce point, pourtant une écrasante majorité de nos contemporains défendent une telle erreur, à un plus ou moins grand degré.

Nous devons donc souligner que « nous » ne sommes pas le gouvernement ; le gouvernement n'est pas « nous ». Le gouvernement, dans aucun sens du terme, « ne représente la majorité du peuple »[1] et, même si tel était le cas, même si 70 % des personnes décidaient d’assassiner les 30 % restants, ceci resterait un meurtre et ne pourrait jamais être un suicide volontaire de la part de la minorité[2]. Aucune métaphore organiciste, aucune argutie non pertinente telle que « nous sommes tous la partie de quelqu’un d’autre », ne doit être autorisée pour ne pas obscurcir ce fait de base.

Par conséquent, si l'Etat n'est pas « nous », si ce n'est pas la « famille humaine» se réunissant pour décider des problèmes mutuels, si ce n'est pas une réunion de loge ou un club, qu’est-ce que c’est ? En réalité, l'Etat est cette organisation qui, dans l’ordre social, essaye de maintenir un monopole de l’usage de la force et de la violence sur un secteur territorial donné ; en particulier, c'est la seule organisation dans la société qui tire sa richesse pas non de contributions ou de paiements volontaires versés en contrepartie de services fournis, mais de la coercition. Tandis que les individus ou les entreprises obtiennent leur revenu par la production des marchandises et des services, ou par la vente paisible et volontaire de ces marchandises et services à d'autres agents, l'Etat s’enrichit par l'utilisation de la contrainte ; c'est-à-dire par l'utilisation et la menace de la prison ou par la baïonnette[3]. Ayant employé la force et la violence pour obtenir son revenu, l'Etat continue ensuite, en règle générale, en réglant et dictant les autres actions de ses différents sujets. On penserait que la simple observation du fonctionnement de tous les Etats à travers l'histoire et la surface du globe serait une preuve suffisante de cette affirmation ; mais le miasme du mythe a pesé si longtemps sur l'activité de l’Etat qu’un décorticage est nécessaire.

Notes

[1] Nous ne développerons pas ici les nombreux problèmes et erreurs qui ont cours sur la démocratie. Je dirai simplement dans cette note que le véritable « représentant » d’un individu doit toujours respecter les ordres de celui-ci, ne peut agir contre ses intérêts ou ses vœux, et peut être écarté à tout moment. Il est clair que le « représentant », au sens que ce terme a dans une démocratie, ne peut jamais accomplir de telles fonctions d’agence, qui sont au contraire les seules en harmonie avec une société libertarienne.

[2] Les sociaux-démocrates répliquent souvent que le choix de la démocratie – la logique des règles choisies par la majorité – implique que la majorité doive laisser certaines libertés à la minorité, parce que la minorité pourrait un jour (re)devenir majorité. Indépendamment d'autres défauts, cet argument ne tient évidemment pas lorsque la minorité ne peut pas devenir la majorité, par exemple, quand la minorité est issue d'un groupe racial ou ethnique différent de la majorité.

[3] "Le frottement ou l'antagonisme entre la sphère privée et publique a été intensifié dès la début par le fait que (…) l'Etat avait vécu sur un revenu qui était produit dans la sphère privée pour des buts privés, et a été détourné de ces buts par la force politique. La théorie qui interprète les impôts par analogie des droits de club ou de l'achat du service, d'un docteur par exemple, montre seulement à quelle distance éloignée cette partie des sciences sociales se trouve des habitudes scientifiques de l’esprit.", Joseph A. Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Paris, Payot, 1961, trad. G. Fain. Voir également Murray N. Rothbard, "The Fallacy of the Public Sector" New Individualist Review, (Summer 1961) : 3ff.

Protectionnisme

Petite citation :

Le protectionisme culturel c'est aussi affirmer que la culture a une nationalité. Or c'est de moins en moins vrai. Personellement, je regarde des films, lis des livres ou écoute de la musique sans la plupart du temps connaître les pays d'origine, et je serais incapable de le deviner. Ce genre d'idées témoigne d'un profond mépris pour l'individu ; en effet ce sont les invididus qui créent la culture, et pas un pays ou encore moins un Etat. De plus, le propre de l'Art c'est de s'opposer à ce qui se fait déjà.

A lire ici

Liberté Chérie entre les barreaux des geôles fascistes

Suite à sa dernière action, destinée à fêter à sa manière les dix à l'Elysée de Chirac, l'association bien connue Liberté Chérie, a été victime d'un acharnement policier diligenté par le pouvoir. Non content d'avoir déjà, dans le passé, saisi des tracts de l'association, qui les distribuait des plus pacifiquement, et d'avoir tenté de la faire crouler sous le poids des contraventions, le pouvoir s'en est pris directement et physiquement à ces membres cette fois-ci.

La police, le 8 mai dernier, a reçu la consigne d'arrêter toute personne portant le T-shirt de l'association. Ce qu'elle a fait avec zèle, je puis en témoigner. Heureusement pour nos amis, un journaliste de VSD traînait dans le coin, et a obtenu les informations suivantes :

fin de règne

A lire sur le site de Liberté chérie, cet excellent monologue de notre président, qu'Edouard son nègre a bien voulu nous communiquer.

Un filet de soleil, échappé des lourds rideaux de velours rouge heurte mon oeil droit. Je ne peux plus feindre le sommeil. En cette matinée symbolique, j'ai du mal à détacher mes pensées de ces dix dernières années de pouvoir. Le 7 mai est une date anniversaire que je n'oublie jamais. Je la savoure chaque année un peu plus. Elle me fait frissonner de plaisir. Je me suis battu toute ma vie, sans relâche, pour accéder à cette jouissance intime. Quarante-cinq années de politique, de coups tordus, de complots et d'intrigues. Quarante-cinq années passées à conquérir des bastions, à écraser mes ennemis, à imposer mon nom. De mes premiers pas, des coulisses obscures des ministères, de mon bureau d'écrivaillon au cabinet du ministre, j'ai senti que mon seul champs de bataille était là. J'avais, la jeunesse et, l'ambition aidant, soif de pouvoir comme nul autre. Un peu de sueur et de détermination, quelques coups de coude plus tard et j'étais dans les petits papiers du Président Pompidou, paix à son âme... Ce bon vieux Général nous amusait déjà, mes camarades de promotion et moi. Son intransigeance, sa raideur : il n'était plus que sa propre caricature. Il n'était plus le Président et nous n'étions plus gaullistes de coeur, mais de circonstance. Notre heure à nous, la jeune garde prétorienne du Régime, avait sonné : l'Etat s'offrait à nous. La politique était un banquet et nous allions festoyer. Mais l'heure est déjà bien avancée : je suis en retard.

La suite ici

Tocqueville aujourd'hui

Raymond Boudon sort un nouvel ouvrage, intitulé Tocqueville aujourd'hui, chez Odile Jacob (300 p.).

Celui-ci vise à expliquer en quoi et pourquoi Tocqueville doit être considéré comme un sociologue, dans la mesure où sa réflexion s'est toujours voulue scientifique, à la fois comparative et méthodique. Tocqueville a fondé l'individualisme méthodologique ; il a établi les bases de la méthode compréhensive. Si Dilthey s'est, durant des pages et des pages, épanché sur l'epistémologie sociologique, l'un des principaux courants de cette discipline doit tout à Tocqueville. Max Weber et Emile Durkheim en sont les illustres successeurs. C'est cette méthode qui explique pourquoi les Américains sont plus religieux que les Français ; pourquoi l'Etat français ne sait se réformer ; pourquoi les idées reçues et le politiquement correct connaissent un grand succès. Pourquoi une chape de plomb empêche de dire que l'intérêt général impose de supprimer l'ISF ou le salaire minimum. Pourquoi la réforme de l'école a accouché d'une souris. Pourquoi, dès que la France décide de réformer, les fonctionnaires - dont je suis - sont et seront toujours mieux traités (retraites, service "garanti", 35 heures, etc.)

En un mot, des deux Démocraties à L'Ancien Régime et la Révolution, Tocqueville n'a pas simplement marqué son temps ; il marque le nôtre aussi.

Création d'un comité de lutte contre le libéralisme

Aol Info France

Mercredi 24 mai 2017

Paris ( Reuters ) : le Président de la République Jacques Lama a décidé conjointement avec son numéro deux du gouvernement, le ministre de l'Emploi Bruno Gocho, de créer un comité de lutte contre le libéralisme : " le libéralisme est un mal absolu qu'il est urgent d'éradiquer, il pervertit nos propres enfants, qui risqueraient alors de sombrer dans un nationalisme exacerbé " dixit Bruno Gocho, défendant ainsi le point de vue de Henri Courtevue, Président de la puissante organisation Attac.

Il va de soi que l'opposition ( centre-droit ) s'oppose à ce projet, mais pour des raisons différentes de celles auxquelles on pense : partisane d'un espèce de catholicisme social, elle lui reproche de ne pas aller assez loin. Quoi qu'il en soit, si le projet de loi passe et se voit approuver par la majorité des députés de l'Assemblée Nationale, le forum libéraux.org et les associations libérales Liberté Chérie et Contribuables Associés, de mouvance fasciste ont du souci à se faire. Sabine Herold, par ailleurs directrice générale de la société Axa et porte-parole de Liberté Chérie, organise une manifestation contre ce projet de loi.

Si le projet de loi est contesté et a peu de chances d'aboutir en raison de l'opposition du Conseil constitutionnel ( saisi par le Président du Sénat récemment ), il va de soi qu'il remet en jeu une critique du libéralisme qui devient de plus en plus virulente auprès des milieux populaires. Le projet de loi prévoit notamment d'interdire toute association, toute fondation, tout institut qui défendrait les idées libérales. Il prévoit en outre de faire arrêter toute personne ou groupes de personnes qui défendrait les idées libérales aussi bien dans la rue ( en distribuant des tracts ) que dans des locaux ( suppression des comités libéraux ). Ces personnes s'exposeraient alors à des sanctions sévères, risquant alors 8 ans d'emprisonnement et 200 000 euros d'amende. Ces personnes seraient alors prises en charge par l'Etat qui les conduirait dans des centres d'internement spécialisés.

(from Freeman)

Queyranne, mégalo

Je parle de l'un de mes anciens profs, l'un des plus nuls au demeurant, qui est à présent président de la région dans laquelle j'habite. Non content de créer un logo presqu'aussi cher que celui de l'ANPE (75 000 € pour la création, 2,5 M€ pour la communication), soit l'équivalent de près de la moitié des crédits de paiement consacrés en 2005 à la santé et à l'action sociale (qui, du reste, diminuent).

Queyranne, non content de faire exploser l'enveloppe budgétaire de la région en 2005, au détriment bien sûr du contribuable, pense que le siège de la région, situé à Charbonnière, n'est sans doute pas assez bien pour quelqu'un de son rang. Il a donc décidé, en catimini[1], de transférer ledit siège au centre de Lyon, pour le coût bien modique de 100 M€ !

Cette somme, c'est approximativement celle que la région consacre à l'action économique. Mais pour Queyranne, mieux vaut paraître que de se soumettre à la dure loi de l'économie. Bienvenue chez les gentils, ici tous les cochons roses volent et même les talibans ils portent des piercings comme nous.

EDIT : voici une brève qui se passe de commentaire, lue sur la Lettre du cadre territorial :

La commission d'enquête parlementaire sur la fiscalité locale se souviendra certainement de son déplacement le 19 avril dans le Languedoc-Roussillon. Pendant cinq heures, ses membres ont essayé de savoir pourquoi Georges Frêche, président socialiste de l'exécutif régional, avait augmenté les impôts de 52%. Non sans humour, Frêche a reconnu que les transferts de charges de la décentralisation n'expliquaient pas, du moins cette année, cette hausse importante : " Cette augmentation est uniquement due à la multiplication des promesses non financées de mon prédécesseur Jacques Blanc. Et puis c'est plus facile d'augmenter les impôts en début de mandat. Les gens oublient au bout de six ans ! ", a déclaré, avec ironie, le président socialiste. Hervé Mariton, député UMP de la Drôme, rapporteur de la commission, n'a apprécié que très modérément.

Notes

[1] Queyranne a lancé l'appel d'offres un mois avant que l'assemblée régionale ne délibère. Que c'est beau de la part d'un si grand docteur ès démocratie

La guerre, c'est la santé de l'Etat

A lire sur le blogue du QL, ce billet de Martin, qui rappelle que la taxe soi-disant "exceptionnelle", destinée à financer une part de l'effort de guerre, durant le conflit hispano-américain de 1898, est toujours en vigueur, 107 ans plus tard.

Cette année-là, le Congrès adoptait une taxe «temporaire» de 3% sur le coût des télécommunications. Cette industrie était alors naissante, et seuls quelques milliardaires qui possédaient l'un des 1300 téléphones au pays étaient touchés. La taxe visait à rembourser les 250 millions $ que le gouvernement avait dépensés dans cette guerre stupide et inutile

Cette taxe "exceptionnelle" a-t-elle été supprimée ? Pas plus que l'impôt sur le revenu bien sûr, l'Etat est trop satisfait de s'engraisser à si bon compte :

Aujourd'hui, ce sont 137 millions de lignes téléphoniques résidentielles et commerciales qui continuent toujours d'être assujetties à la même taxe, qui rapporte plus de 5 milliards $ par année dans les coffres de l'État.

Moralité ? comme l'a si bien expliqué Bertrand de Jouvenel, toute guerre profite à l'Etat. Pour reprendre la formule d'Oliver Stone, la première victime de la guerre, c'est... la liberté.

L'Union des républiques socialistes de France

Sylvain, d'Eurolibnetwork, publie un intéressant article sur Tech Central Station.

Just like big cities often have their own peculiar neighborhoods - Little Italy, Chinatown, Greek Town, etc. - the EU has its own Little USSR. It's called France.

La suite ici

Pour une économie libérale collectiviste

Patrice écrit :

Les politiciens savent user de la rhétorique et produire des expressions consensuelles vides de sens. Ainsi, le traité constitutionnel européen entend promouvoir une économie « sociale » de marché. Cela veut dire qu’il existerait une économie de marché « antisociale ». Et puisque nous y sommes, pourquoi la gauche ne défendrait-elle pas une économie « libérale » collectiviste ?

Lire la suite ici

Paul Reynaud

Je vous conseille vivement la lecture de cette monographie de Paul Reynaud.

C'est un homme important du XXe siècle français, et injustement méconnu. Leader de la Chambre bleu horizon, il a été exemplaire durant les années 1920 et 1930. Or on ne connaît de lui que son passage à la tête du gouvernement durant l'Occupation, ce qui est largement injuste. Cet ouvrage de Thibault Tellier remet pas mal de pendules à l'heure. Qu'il en soit remercié.

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