Logique du libéralisme

Jacques de Guénin vient de publier un opuscule intitulé Logique du libéralisme, édité par l'Institut Charles Coquelin. C'est un texte introductif à la pensée libérale classique, fortement inspiré par les écrits de Frédéric Bastiat, ce qui n'est pas étonnant lorsqu'on sait que Jacques est le président des cercles consacrés au génie landais. Un bon moyen de débuter en libéralisme, même si je regrette les nombreux raccourcis pris par l'auteur. Son chapitre consacré à la religion judéo-chrétienne est particulièrement faible. Considérer que cette religion constitue un fondement incontestable à l'individualisme, ce qui se défend, et se cantonner à cela, sans citer le Syllabus, l'Eglise et son socialisme larvé, et plus profondément la haine viscérale que de nombreux catholiques portent au libéralisme (des lecteurs de Témoignage chrétien à ceux du Pèlerin magazine), c'est pour le coup vraiment trop court. Il y a pourtant de bonnes choses dans ce livre, et notamment la troisième partie, consacrée à l'économie.

Mais on n'aborde pas par-dessus la jambe les sujets de société et l'éthique libérale. Dans un genre proche, quoique plus philosophique, je préfère - et de très loin - Alain Laurent, tiens.

Reload

Je sais bien que j'ai tendance à vous oublier ces temps-ci, ou, plus exactement, mon emploi du temps particulièrement chargé ne me permet même plus de consacrer à ce blog les quelques minutes pourtant nécessaires si je veux le faire vivre un peu. Faute avouée à demi pardonnée, je vous présente donc mes plus plates excuses.

J'ai par ailleurs assez peu abordé les questions d'actualité depuis quelques temps. Et notamment pas la question de l'hypothétique, sinon fantasmagorique, candidature libérale à l'élection présidentielle. Malgré le fait que je réprouve assez largement cette initiative puérile, bien que je sois bien obligé de tirer mon chapeau à Edouard, pour le travail immense qu'il accomplit, je voudrais tout de même vous signaler à la fois son blog et l'un de ses billets, consacré à Georges Brassens. Il a sans doute raison - au moins en partie - sur ce parolier hors pair, à défaut d'être un grand musicien.

Promis, je me rattraperai la semaine prochaine, y compris du reste à l'aune de ce qui fait à la fois la spécificité et la réputation sulfureuse de ce modeste blog : je vous parlerai d'une actrice injustement oubliée, et qu'il faut réhabiliter. Je n'en dis pas plus pour l'instant !

PS : pas la peine de me harceler au sujet de Lauren Brice, et je ne vise personne en particulier en écrivant cela, j'ai au moins quatre correspondants différents fondus de la belle. Je n'ai pas de photos ou de films à vous communiquer, du moins dans l'immédiat. Et aux dernières nouvelles, elle vit toujours une vie calme et retirée, dans la banlieue de L.A.

PPS : combien pariez-vous que j'aurai une réponse de l'intéressé dans les heures qui viennent ?

Génocide

C'est n’importe quoi. J’ai même du mal à le croire. L’Assemblée nationale française vient d’adopter une proposition de loi du PS visant à sanctionner la négation du génocide arménien. Le 29 janvier 2001, une autre loi reconnaissait déjà officiellement le génocide. Un amendement, présenté par l’enfant d’Arménien Patrick Devedjian, visant à exempter de poursuites les recherches universitaires, scientifiques et historiques, a même été rejeté. Mieux encore, François Hollande, sur la Chaîne parlementaire, a indiqué que si l’actuel gouvernement ne va pas jusqu’au bout de cette démarche, elle sera reprise après 2007 par la nouvelle majorité – si c'est celle de M. Hollande, évidemment.

Comme l’a dit de manière éclairante le stalinien socialiste René Rouquet, Val-de-Marne) il y a selon lui « nécessité d’aller au terme du processus et de combler le vide juridique, aussi cruel qu’inutile, qui subsiste en punissant ceux qui contestent la vérité historique, reconnue et établie par une loi de la République ».

Si d’aventure quelques doutes étaient encore permis, ils disparaissent ici même. L’objet de cette loi est bel et bien d’instituer une vérité d’Etat plutôt qu’une vérité historique, de faire travailler les procureurs et les juges plutôt que les savants et les historiens.

Comme l’écrit l’association Liberté pour l’histoire, « L’Assemblée nationale vient d’ôter le masque : ce ne sont pas d’éventuels “troubles à l’ordre public” qu’elle entend empêcher par ces lois, c’est bien la recherche universitaire et tous les enseignants qu’elle veut, sous peine d’amende ou de prison, soumettre aux vérités officielles qu’elle édicte ».

Pendant qu’on y est, des dispositions similaires pourraient être proposées au sujet de l’esclavage, reconnu par la loi Taubira comme un « crime contre l’humanité ». « Demain, ce sera le tour des Vendéens, et après-demain des Albigeois ! », s’exclame Pierre Nora, qui se dit « épouvanté » par cette « formidable régression ». Ce n’est pas à l’Etat, et encore moins aux députés, d’écrire l’histoire. C'est tout au plus le rôle des professionnels, qui d’ailleurs bien souvent ne sont pas d’accord entre eux, tant la vérité provient de la confrontation des thèses et de l’opinion que chaque individu se fait. La loi ne sert à rien, elle est même néfaste à moyen terme ; seule l’honnêteté importe.

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