Respect, bonne foi et choucroute-vodka

Alors qu'Angela Merkel et George Bush s'opposent fermement aux exactions commises par les forces russes dans le Caucase du Nord, et aux restrictions sans cesse croissantes aux libertés publiques en Russie, Jacques Chirac décore Valdimir Poutine de la Légion d'honneur. Il a reçu la Grand-Croix, s'il vous plaît, ce qui est la preuve manifeste de son humanisme notoire. Le tout, bien évidemment, au service de sociétés pétrolières ou gazières empreintes de la plus parfaite bonne foi. Voilà qui force le respect.

Vive la France !

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Sur la Suède

Alors que la Suède vient de changer de majorité, je pense qu'il n'est pas inutile de rappeler l'actualité de ce qu'écrivait Jean-François Revel, l'immense Jean-François Revel, il y a quinze ans déjà. Ses remarques sont encore vraies aujourd'hui, elles sont même encore plus prégnantes.


La Suède jette l'éponge

Les socialistes français n'ont pas de chance dans leur bricolage idéologique. Au moment même où ils se rallient du bout des lèvres à la social-démocratie, la Suède, son incarnation suprême et enviée, la rejette. Lorsque la recette sociale-démocrate était encore une réussite, en 1971, le PS français l'excommuniait pour cause de complicité avec le capitalisme. « La Suède n'est pas assez socialiste », écrivait François Mitterrand dans Politique en 1977. Il ajoutait : « En dépit d'une redistribution des revenus sans égale entre les groupes sociaux, elle n'a pas frappé le capitalisme au cœur, je veux dire au cœur de son pouvoir, la propriété des grands moyens de production. » Quinze ans plus tard, alors que tous les socialistes, à l'Ouest comme à l'Est, cavalent après les investisseurs qui voudraient bien les aider à privatiser, voilà que la Suède, avec son « économie mixte » - leur canot de sauvetage idéologique – coule à son tour.

Car c'est bien le « modèle », comme on appelle tout ce qu'il faut se garder d'imiter, qui vient de sombrer. En 1976, quand les sociaux-démocrates avaient perdu le pouvoir pour la première fois depuis 1932, on avait parlé non de chute du socialisme à la suédoise, mais de simple défaite électorale, due à des excès, notamment fiscaux. Aujourd'hui, c'est la formule sociale-démocrate même qu'on juge à bout de souffle. C'est dans ce sens, à Stockholm et partout ailleurs, que l'on a interprété le retournement du 15 septembre. Il y avait longtemps que le système fonctionnait mal, ne parvenait plus à subvenir à ses besoins et que l' « assistantialisme » universel avait engendré l'inefficacité et les tricheries.

Du reste, le socialisme à la suédoise s'était écarté de la social-démocratie pure, si celle-ci a jamais existé. La première génération des constructeurs de l'État-providence suédois avaient une doctrine fort claire : la production doit rester capitaliste et la redistribution seule être socialiste. En outre, ils n'aspiraient à aucun dirigisme idéologique ou culturel, et, comme tous les socialistes d'avant 1970, professaient une robuste antipathie pour le communisme. Ce système a été dénaturé par la faute d'un homme : Olof Palme, plus marxiste que social-démocrate. Le secteur public est devenu pléthorique, et le secteur privé, de plus en plus soumis à l'État. La fiscalité prit des dimensions despotiques, acculant, on s'en souvient entre autres, un Bergman à la dépression nerveuse et à l'exil. En politique étrangère, Palme s'aligna sur toutes les positions soviétiques, en des années, il est vrai, où Moscou déployait avec succès une grande offensive de charme en direction de l'Internationale socialiste.

Dans le domaine de l'information, des idées, de la culture, enfin, un pesant conformisme fut en douceur imposé à la télévision, à l'enseignement, et même à la presse. Le correspondant à Stockholm de l'hebdomadaire britannique The Observer, journal qui n'est point de droite, Roland Huntford, a pu en être exaspéré au point d'écrire sur la Suède un livre intitulé Le Nouveau totalitarisme (Fayard, 1975). Il y dénonçait, dans le modèle suédois, pas moins que « l'asservissement de l'homme à une bureaucratie toute-puissante, qui a supprimé le jeu normal des institutions politiques ».

Ce jeu pourra-t-il reprendre alors que, par la faute du scrutin proportionnel, l'arbitre de la nouvelle majorité est le petit parti poujado-populo-clownesque appelé Nouvelle Démocratie, qui remporte vingt-cinq sièges ? Pour éviter la farce, les sociaux-démocrates feraient bien de s'allier aux conservateurs afin de mener une politique tout simplement réaliste et atteindre leurs objectifs. Car même eux paraissent l'avoir compris : le socialisme n'est pas mort, il s'appelle capitalisme.

21 septembre 1991

la démocratie frictionnelle

Serge Galam rappelle utilement dans le Monde de ce jour que nous vivons une ère nouvelle, que j'appelle celle de la démocratie frictionnelle, comme on parle de chômage frictionnel. Nombreux sont les exemples, depuis ces quelques années, de scrutins suprêmes (entendez : présidentiels, dans la plupart des cas) aux résultats si serrés qu'ils en sont totalement improbables d'un point de vue statistique, et pourtant bien réels.

En voici quelques exemples, parmi les plus connus : l'élection présidentielle américaine de 200, et les 537 voix mille fois recomptées de Floride ; Bush n'a battu Gore, rappelons-le, que parce que les grands électeurs lui ont donné une majorité de circonstance, alors même que Gore était majoritaire de 0,5% en nombre de voix cumulé sur le plan national.

En 2005, seuls 0,92% des suffrages exprimés ont séparés en Allemagne Schröder et Merkel. Un gouvernement d'union nationale a alors été constitué.

En Italie, cette année, Prodi n'a obtenu que 25 000 voix d'avance sur Berlusconi (sur 38 millions de votants), soit 0,06%.

Enfin au Mexique en ce moment même, le président de droite n'a obtenu que 230 000 voix de plus que le candidat socialiste (soit 0,46% des votants), lequel refuse de reconnaître sa défaite et s'apprête à former un shadow government.

Comme l'écrit Serge,

Mais la question se pose alors de savoir si l’on peut fonder cette légitimité démocratique sur une majorité qui se réduit à quelques milliers de voix, car dans un contexte de dizaines de millions de votes, quelques milliers de voix sont quasiment équivalentes à « une voix ». Et, dans ce cas, on ne peut jamais être vraiment sûr qu’il n’y a pas eu de fraude sur « la voix » en question.

Plutôt que de s'interroger sur les fondements des choix des électeurs, cette nouvelle réalité pose une lumière encore plus crue qu'avant sur le paradoxe démocratique. Celui-ci commence à de plus en plus ressembler au paradoxe syndical : les élus, qui poursuivent leur propre intérêt (Tullock l'a amplement montré), ont en plus tendance à ne plus représenter qu'une frange très minoritaire de la population. Comme les syndicats, pourtant uniques titulaires de la représentativité professionnelle, n'ont que 2 à 6% d'adhérents selon les structures.

Chirac, aux élections de 2002, n'a été élu que par moins de 20% des suffrages exprimés du premier tour. Rapporté aux nombre d'inscrits, et donc au taux d'abstention (qui croît continûment), la représentativité de Chirac en 2002 est comparable à celle de Chirac, alors arrivé troisième, aux élections présidentielles de 1981.

Je n'ai pas la solution miracle pour résoudre ce dilemme, mais je sais une chose : exiger plus de démocratie (par exemple, pour les institutions européennes) amènera tôt ou tard à accentuer cet effet. La bonne solution, même si elle choque l'esprit français, consiste à faire une place aux contre-pouvoirs ailleurs que dans la rue. Car après tout, leur légitimité en vaut bien d'autres. Plutôt que d'avoir au Palais du Luxembourg un mouroir doré et capitonné pour politiques finissants, j'y verrai bien la représentation constituée des lobbies et autres groupes de pression. Évidemment, cela ne règle pas la question du mode d'élection ni celle de représentativité en tant que telle, mais c'est juste une question qui à mon sens mérite d'être posée.

Sur la carte scolaire

Sarko et Ségo veulent réformer la carte scolaire, mise en place depuis 1963 en France. Ségo ne sait pas trop ce qu'elle veut exactement, comme d'habitude, et reste dans le fumeux à-peu-près du flou artistique qu'elle sait si bien cultiver. Sarko, lui, s'est fendu d'une tribune dans le Monde, où il explique que la carte scolaire c'est mal, que ça ne marche pas, et que pour la remplacer, il faut donner plus d'autonomie aux établissements scolaires, à la mode allemande. Aucun détail précis n'est donné, il s'en tient bien plus aux vagues principes qu'au fond des choses.

Au départ, à l'aube des années soixante, la carte scolaire, pendant du collège unique, visait à créer (je devrais dire : construire) la mixité sociale nécessaire à la bonne intégration des enfants de toutes origines. L'État a donc pensé qu'il devrait attribuer une place de maternelle, d'élémentaire, de collège, et de lycée déterminée à chaque moutard, en prenant un critère simple : celui de la localisation. Il a laissé le soin aux communes, qui connaissaient mieux le terrain, de fixer les périmètres scolaires de rattachement géographique des élèves.

Ce principe, charitable quoique constructiviste, entre en contradiction avec quelques évidences :

  • D’abord, la plupart des gens souhaitent que leurs enfants fassent les meilleures études possibles. C’est légitime, surtout quand on sait l’importance de ces études pour l’insertion professionnelle, a fortiori dans un pays comme la France, qui a le culte du diplôme et du concours.
  • Ensuite, la plupart des gens estiment que, entre autres facteurs, avoir de bons élèves pour camarades de classe améliore, ceteris paribus, les chances de réussir. Ils ont probablement raison.
  • Enfin, indépendamment du point précédent, le fait d’être issu d’un milieu social favorisé améliore considérablement les chances de faire de bonnes études.

Si la plupart des gens veulent inscrire leurs enfants dans un établissement fréquenté par les riches, c'est parce que ces établissements sont rares, donc chers. Tandis que les pauvres, eux, ne peuvent se payer que des ZEP. Je délire, puisque l'école juleferrysque est laïque, gratuite et obligatoire ?

Le fait que l'école publique soit gratuite (elle ne l'est pas du tout, elle est même extrêmement chère, sans doute plus coûteuse que le privé, mais financée par les impôts, donc par la collectivité, et non par l'utilisateur, qu'on appelle parfois usager) ne change rien à la question. Comme Antoine le rappelle avec grande exactitude,

Dans les économies soviétiques, certaines marchandises avaient un prix administré si bas qu’elles étaient l’objet de pénurie : l’offre était inférieure à la demande. En contrepartie, ce bas prix avait-il pour conséquence que les chanceux ayant accès à la marchandise rare étaient issus de toutes les classes sociales ? Pas du tout. En présence de pénurie, ce sont les plus riches qui accèdent à la marchandise. Car si le prix de vente est faible, il faut payer des bakchichs pour gagner des place dans la queue ou se résoudre à l’acheter à un prix plus élevé au marché noir. D’une manière générale, pour comprendre comment s’allouent des ressources dont l’offre est inférieure à la demande en raison d’un prix administré trop faible, il faut s’intéresser au prix de tous les petits à côté qui ont une influence sur l’accès aux ressources en question.

Dans le cas des établissements scolaires publics fréquentés par des riches, les petits à-côtés en question prennent souvent la forme d’un appartement dans un centre-ville bourgeois. Est-il besoin de mentionner l’exemple des prix exorbitants des logements dans la carte scolaire du lycée Henry IV ? Loin d’être exceptionnel, cet exemple n’est qu’une version exagérée de ce qui se passe dans la plupart des villes grandes et moyennes.

Ajoutez à cela un second effet, à peine moins visible, celui de la triche : seuls ceux qui ont le capital social le plus important, et qui connaissent la plupart du temps de l'intérieur les rouages de l'éducation nationale (c'est le cas lorsque les parents sont eux-même enseignants, en ont dans leur famille ou amis proches, ou connaissent tel inspecteur de l'Educnat ou directeur d'école) savent qu'il existe des moyens simples de contourner les règles de la carte scolaire (comme apprendre une langue plus ou moins indo-européenne en première ou deuxième langue). Antoine ajoute fort justement, dans ce décidément excellent article :

Et si l’acceptation est conditionnée au fait que l’élève concerné soit doué, ça renforce encore la probabilité que ses parents appartiennent au moins aux classes moyennes. Enfin, si ces choses là ne donnent rien, il reste l’enseignement privé. Loin d’être le privilège des plus riches, celui-ci est bien souvent le refuge des gens juste assez riches pour se le permettre, mais pas assez pour avoir accès aux lycées ultra-bourgeois de centre-ville financés à 100% par l’impôt dans lesquels les élites se reproduisent.

On a l'impression qu'il y a deux types de nomenklatura en France : celle des riches, qui habitent les beaux quartiers, qui abritent les meilleurs établissements publics, et celle des privilégiés (au sens moyen-âgeux du terme), issus de l'administration, qui habitent de moins beaux quartiers mais connaissent tous les bons passe-droits.

Si la carte scolaire n'est pas, et ne sera jamais, un facteur de mixité sociale, c'est parce que l'État, lorsqu'il l'a mise en pratique, n'a pas du tout pensé que les parents, eux aussi, sont dotés d'une rationalité individuelle parfaitement légitime. Et que, dans le choix de leur domicile, la présence d'un établissement scolaire public de renom est fondamentale.

A observer le fonctionnement de la carte scolaire, on en vient à se demander comment certains ont pu penser qu’elle allait être un facteur de mixité sociale. On peut commettre une telle erreur en faisant l’hypothèse que la scolarisation des enfants n’intervient pas dans les choix de localisation des ménages. Dans ce cas, on peut être tenté de tracer une frontière incluant différents quartiers de différents niveaux sociaux, et de décréter que tous les enfants habitant à l’intérieur de cette frontière fréquenteront le même établissement. Le problème vient de ce que, même si la règle est parfaitement appliquée, les gens vont déménager en fonction de cette règle. Car la scolarisation des enfants est un facteur très important dans les choix de localisation des ménages. Si la zone d’un même lycée est, au départ, majoritairement habitée par des riches, alors elle va attirer d’autres riches, qui feront monter les prix des logements et chasseront ainsi les pauvres. Si elle est habitée, au départ, majoritairement par des pauvres, alors les riches vont s’enfuir, faisant baisser les loyers, ce qui attirera d’autres pauvres.

Je ne trouve pas du tout navrante cette attitude, mais au contraire très saine et parfaitement légitime. Elle n'est rien qu'une preuve parmi d'autres de la justesse des thèses de l'individualisme méthodologique.

Comme Antoine, je pense également qu'une simple abolition de la carte scolaire ne changera à peu près rien à la ghettoïsation des riches et des pauvres, et à l'absence de mixité sociale. En effet,

Doit-on s’attendre à ce qu’il en aille autrement en l’absence de carte scolaire ? Ce serait bien utopique. Si l’inscription à Henry IV n’est plus restreinte à cause de la carte scolaire, la demande va s’accroître considérablement, mais pas l’offre. Comment se fera la régulation ? Sans doute par sélection des meilleurs, donc sûrement des plus riches. Et il ne faut pas se faire d’illusion sur la portée d’une mesure qui, par exemple, imposerait un quota de pauvres dans l’établissement. Même si l’on parvient à créer une mixité au sein de l’établissement, c’est au niveau de la répartition dans les classes que la ghettoïsation se manifestera. Bac S allemand première langue pour les riches, bac pro pour les pauvres.

Comme lui enfin, je pense que la méritocratie n'est pas honteuse, bien au contraire. Et qu'à tout prendre, mieux vaut une sélection par le mérite à une sélection par la richesse des parents, même s'il est vraisemblable que le mérite, ou plutôt le niveau d'instruction et le caractère plus ou moins doué d'un enfant, ne sont pas totalement indifférents de la richesse et plus encore de la position sociale des parents. Même si elle rend l'échec plus difficile à encaisser, car elle prive l'intéressé de toute excuse exogène, la méritocratie est juste.

La « mixité sociale » est une chimère, qui ne veut rien dire ; elle est au mieux illusoire, car sauf à abolir par la loi les inégalités, comme l'électricité au plus grand bénéfice des fabricants de bougies, il n'y aura jamais de mixité tant qu'il y aura des inégalités. Ou plus exactement, la redistribution des revenus, à laquelle je ne suis pas opposé, est en soin un facteur d'intégration sociale bien suffisant.

Bien évidemment, j'aimerais aller au-delà qu'un simple questionnement sur la carte scolaire. Suivre l'exemple de la Suède, où, après avoir aboli le statut de la fonction publique, le gouvernement social-démocrate (exemple de toujours des socialistes français, allez comprendre pourquoi) a mis en place, pour la première fois au monde, le principe du chèque-éducation. Ce chèque, un peu comparable à notre CESU, est remis par les autorités municipales, et permet à chaque famille d'envoyer ses enfants dans le privé, avec un financement collectif, en totalité ou en partie selon les revenus de la famille. Comme Guy l'indique, environ 10% des familles suédoises y ont recours. Ce qui a conduit à la fois à la fermeture d'écoles publiques de mauvaise qualité et au licenciement de quelques profs médiocres. Les autres établissements ont considérablement gagné en qualité, grâce à cette vraie concurrence entre toutes les écoles, publiques comme privées.

Depuis quelques années, d'autres pays ont adopté ces chèques : le Danemark, la Nouvelle-Zélande ou encore les États-Unis. Voilà le vrai débat de la campagne présidentielle en matière d'éducation, et je doute qu'il soit présenté sur la scène médiatique. A nous, bloggeurs, de lancer ce débat de fond, et de contraindre les médias officiels à s'y pencher.

Bien évidemment, chèque-éducation ou pas, carte scolaire réformée ou supprimée, il faudra laisser toute latitude aux établissements pour définir leurs programmes, le contenu éducatif, les dépenses (frais de fonctionnements, salaires, etc...) afférentes. En soi, c'est déjà une révolution, et pourtant c'est si peu.

Un bon communiste

On va encore accentuer la capacité d'oppression des forces de l'ordre et de la justice. Bel exemple de pays qui sombre chaque jour un peu plus. Pendant ce temps-là, on oublie de fêter Mao. C'est un tort, on devrait au contraire garder une place de choix, au Panthéon de l'horreur, à tous les bouchers staliniens et plus encore, à leurs laudateurs. Ceux d'hier, qui pourtant n'ignoraient rien du Grand timonier, à qui ils rendaient visite et léchaient le cul, et aussi ceux d'aujourd'hui, pour lesquels rien ne vaudrait une bonne petite révolution, si possible dans le sang.

C'est pourtant simple, et Sartre ne s'est qu'en partie trompé : un bon communiste, c'est un communiste mort.

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