Casanova de Monoprix

Je ne veux pas faire mon Casanova de Monoprix. Toutefois, je ne puis m'empêcher de m'identifier à Evoweb lorsqu'il écrit, en réponse à cette citation de Jacques de Guénin :

Contrairement au libertaire ou au libertin, le libéral a une forte morale individuelle qui lui fait rechercher autant la liberté des autres que la sienne propre. "Savez-vous vraiment ce qu'est le libéralisme?" par Jacques de Guenin, QL #143, 15 juin 2004

la réaction suivante :

Plutôt que libéral, je me serais en effet défini comme libertin, et je ne pensais pas que cela me serait reproché un jour. Les clubs échangistes, le Cap d'Agde et plein d'autres endroits de débauche m'ont laissé des souvenirs plus qu'agréables, et si je n'avais pas vieilli et ne m'étais pas marié, il est plus que probable que je continuerais à les fréquenter sans la moindre culpabilité et avec un grand plaisir. J'apprends maintenant que c'est mal. Pire, j'ai même tendance à penser que les rapports sexuels entre adultes consentants relèvent de la liberté individuelle. Comment ai-je pu ne pas comprendre qu'il ne s'agit là que du signe évident d'une très faible morale individuelle ?

Me voilà donc du coté du mal absolu, Jacques de Guenin me l'a appris cette nuit. Ma morale personnelle (une sorte de Tit For Tat Renforcé) est finalement très faible, et je ne fais qu'entraver les autres en ne décidant pas de leur vie sexuelle.

Si je vous dis que je soutiens Evoweb à 100%, je ne vous surprendrai sans doute pas.

Mais le débat ne s'est pas arrêté là. Martin Masse, du Québécois Libre, s'est fendu d'une réponse. Comme j'ignore autant qu'Evoweb ce que Jacques pouvait avoir en tête, je me tiens à ses écrits, pour le moins clairs et tranchants. Et nettement différents de l'interprétation de Martin. Evoweb en a profité pour rebondir sur la position de Martin, position qu'il juge auto-contradictoire comme toute position multiculturelle. Comme il l'écrit fort justement,

L'un des objectifs premiers de la morale est d'aider à réaliser ses objectifs reproductifs (augmenter son propre fitness) et pour cela tous les moyens sont bons. Or l'efficacité de certaines stratégies dépend directement des stratégies suivies par les autres : un libertin peut considérer que la compétition ouverte lui suffit, alors qu'un puritain peut considérer qu'il lui faut limiter la compétition en imposant sa morale aux autres.

et plus loin :

Maintenant un libertarien, qui dit vouloir respecter la liberté de chacun à la condition qu'elle n'empiète pas sur celle des autres, peut-il considérer avec la même indifférence l'attitude de quelqu'un qui cherche à vivre sa vie et celle d'un autre qui cherche à imposer son mode de vie ? Non, bien sûr. Et quand Martin Masse écrit, juste à la suite du passage précédemment cité :

>Les libertariens défendent par exemple aussi bien le droit des libertins de vivre dans la débauche que celui des fondamentalistes religieux d'éduquer leurs enfants selon leurs croyances très strictes.

>http://www.quebecoislibre.org/philo1.htm

il faut comprendre que ces fondamentalistes n'auront pas le droit d'appliquer entièrement leur morale, puisque celle-ci s'oppose aux principes du libertarianisme.

Je trouve que nombre de libertariens ne soulèvent pas cette ambigüité. Ce qui me semble relativement gênant, car elle ne va pas sans dire.

Iconographie

Un grand merci à DeviantArt, à l'origine de la plupart des visuels de ce blog.

Les autres - à quelques exceptions près - sont des créations originales de ma part.

Je sais ce que vous allez dire : "le style est provocateur et malsain", c'est bien ça ?

Devinez quoi ?

Non, vous ne voyez pas ?

C'est volontaire !

Précaires

Je l'avais déjà dit dans le premier post de ce blog, pour les gens, le jeune libéral, c'est le crétin conformiste de bonne famille, en mocassins à glands, qui va dans des écoles de commerce prestigieuses apprendre à être un winner pour pouvoir reprendre la boîte de papa plus tard. Le type en costard cravate coincé avec un sourire commercial qui veut réussir dans le monde de l'entreprise. Son but principal dans la vie c'est bien sûr l'argent. IL veut en gagner le plus possible, si possible en écrasant des faibles et des pauvres au passage. Rien ne le fait plus jouir que de penser au familles entières de pauvres du tiers monde qu'il fait cruellement mourir à coups de délocalisations magouillées et de spéculations boursières machiavéliques. À l'occasion, il ne déteste pas s'acoquiner avec le droitisme le plus étatiste parce qu'il préfère Florent Pagny à Renaud et que de deux maux il paraît qu'il faut choisir le moindre.

Évidemment, tout ça est faux. Enfin, tout... Il y a encore quelque mois, je vous aurait dit que cette image était entièrement fausse mais je dois faire mon mea culpa. Gauchistes, non-libéraux, je vous le dis en vérité et humblement, ils se peut que vous ayez eu un début de poil de iota raison pour une fois. En fait il se pourrait bien que certains libéraux ne soient pas vraiment libéraux, mais plutôt de droite. C'est stupide mais c'est comme ça. Il se pourrait même que des crétins mutants de 21° siècle deviennent libéraux en n'ayant du libéralisme que la définition fausse de la télé. Vous seriez surpris par le nombre incroyable de gogos prêts à gober que le libéralisme est de droite! Évidemment, les mocassins à glands ne sont jamais bien loin...

lire la suite

Le vrai défi, c'est le temps

Le vrai défi sur internet, c'est le temps. Je veux dire par là la durée, le fait de savoir tenir dans la durée. On sait déjà que les débuts du net sont perdus à jamais.

Il est probable que nombre de sites, de pages web de la période actuelle soient perdus demain. Que devriendront tous ces blogs, toutes les pages des forums, tous les groupes de discussion, sans parler des chats ? Une partie sera conservée, à l'INA ou dans la mémoire cache de Google. Mais une large part, sans doute la principale, disparaîtra - ou ne sera conservée, au mieux, que dans le disque dur de son initiateur. Et pour combien de temps ? Un jour il ne pourra plus lire celui-ci.

Pierre Lévy explique bien, dans ''World philosophie'', l'étendue de ces considérations.

Nombre de blogs amis, de sites que je fréquente, ont disparu ou disparaîtront demain. Ce blog aussi, peut-être. Je l'ignore pour l'instant. Tout ce que je sais, c'est que, précisément, rien n'est plus facile que de créer un site. Rien n'est plus difficile que de le conserver.

Un peu comme en octobre dernier, je ne serai pas très présent en janvier. Voire pas présent du tout.

Mais n'ayez crainte ; pas plus que la première fois, je n'ai l'intention d'abandonner. Et puis Aurore passera, je l'espère, de temps en temps. D'ici là, bonnes fêtes !

Au gré de mes web-tribulations

...je découvre que tel ou tel parle de moi.

Parfois en mal, comme il se doit.

Parfois en bien, ce qui fait chaud au coeur.

Une mention toute particulières aux rondes, qui cherchent les intellectuelles. Et ce faisant merci à l'Encyclopédie de l'Agora. Il s'agit bien évidemment d'une référence à cet article, paru sur Catallaxia. A Violent unknown Event, site italien comme son nom l'indique, qui invente pour mes petits camarades de contrepoison le terme d'"anarcon".

Merci à La Revue républicaine qui fait de moi l'animateur des cercles libéraux, ce qui est faux (mais où vont-ils chercher tout ça ?)

Merci à Faits et documents, pour mon texte sur le communisme. A unité française, pour le même article et pour celui consacré à Mitterrand. Je n'ai bien sûr jamais donné mon accord pour la publication de ces articles, sur des sites dont je ne partage pas les vues.

Merci enfin à tous ceux qui m'ont linkés, merci à ceux qui se sont fendus d'un commentaire sympa. Merci tout particulièrement à Sylvain pour ceci et aux compères de CPS pour cela. Merci à Eskoh, à Arnaud et aux autres bien sûr.

Voilà un billet bien oeucuménique !

Socdem.net, le blog altruiste

Si j'en crois ce whois, le domaine socdem.net de l'ami Romain a été acheté par le parti socialiste du 7e arrondissement de Lyon. Par conséquent, ce blog a été financé par de l'impot donc notre argent.

On peut donc dire que Socdem est le blog des contribuables, c'est donc un peu notre blog.

Par conséquent, afin de lancer notre nouvelle collaboration, je propose de rebaptiser le slogan un peu passéiste de ce de notre blog de la manière suivante :

"rendez-nous Socdem"

"Socdem, le blog payé par le contribuable"

"Socdem, le blog nationalisé"

"Socdem, le service public confisqué"

"Socdem, la solidarité avec l'argent des autres"

ou, de manière sans doute plus précise :

"Socdem, la voix de son maitre"

J'attends vos suggestions quant au slogan de notre blog commun. Je propose ensuite de voter : le slogan arrivé en tête deviendra le nouveau p'tit nom de ce de notre blog citoyen.

(Dommage que les trackbacks ne fonctionnent pas avec 20six...)

Un café et l'utraddition, s'il vous plaît

Quand j'étais p'tit, j'adorais Wingman. C'était un personnage de DA, caricature des bioman et autres super-héros nippons du moment, et il était amoureux en secret d'une fille timide aux cheveux roux.

Mais cette série se moquait tout particulièrement, allez savoir pourquoi, d'un dénommé Ultraman. Il est vrai que le héros de ce navet était risible avec son costume moule-bite et son casque à la crête rouge et aux yeux de carpe. Tout comme Wingman, j'aimais bien me moquer d'Ultraman.

Mais à présent, c'est à mon tour d'être traité d'ultra.

Quoi ? si j'avais été catholique, on m'aurait soupçonné - à juste titre - de tendances ultramontaines, car je suis plus ou moins d'origine italienne. Mais je ne suis pas catholique. Chercher dans cette direction, c'est par conséquent faire fausse route. Si j'avais été communiste à la grande époque, celle des goulags, peut-être aurais-je été un utra-hortodoxe. Mais je suis né bien trop tard pour en profiter. Je voulais faire des études de dictateur communiste, un beau métier, où on liait les avantages de la vie sociale et de la reconnaissance professionnelle. Mais les gens sont ingrats. Certains ont même protesté contre cette soi-disant atteinte à leur liberté. Comme si les pauvres (et pourquoi pas les capitalistes, tant qu'on y est !), ont droit à une quelconque liberté !

Enfin bref, j'ai du me résoudre, en rongeant mon frein, à trouver autre chose.

La science aurait été un bon choix. J'aurais pu étudier la praxéologie des ultraviolets, leur nocivité, ou encore les développements possibles des thérapeutiques basées sur les ultrasons. Mais je ne goûte pas trop à la science.

Toujours ultra-actif, c'est en prenant ce matin un ultramway que j'ai enfin réalisé quelle était ma voie : il me suffisait, afin d'incarner l'Ultraman que je raillais jadis, de devenir un ultralibéral. Ouais, trop cool, un ultralibéral. Plus besoin de courir après les ULM, les petites fêtes ultramondaines. Voici quelle est ma voie : devenir ultralibéral.

Bien sûr, j'aurais pu aller boire des bibines avec les ultras de Marseille, tout en butant des Arabes à la mi-temps, mais le sport, c'est pas trop mon truc. Je suis ultra-feignant et je préfère siroter ladite binouze devant ma télé.

Remarquez, être ultralibéral, c'est pas ultratendance de nos jours. Ben oui, il vaut mieux arracher quelques champs d'OGM avec mes potes les ultra-antimondalistes, célébrer des mariages homos avec un maire ultra-citoyen. Dans une société comme la nôtre, mieux vaut ne pas soulever la robe de la mariée citoyenne, car ses dessous ne sont pas des plus râgoutants. C'est pas ultrapropre, si vous préférez.

Etre ultralibéral, c'est franchement pas très positif de nos jours. Libertarien passe encore, mais ultralibéral, ah là non, faut pas, ma p'tite dame. C'est pô bien. Et croyez bien que pour moi, qui suis plus victime que coupable de cette qualité dont on m'affuble, c'est une tragédie. Une ultragédie.

Rien ne vaut les ultramifications de l'ultra-gauche pour se refaire une santé. C'est bien plus ultratendance, vous savez. C'est même ultravantageux, je trouve. Rien de tel pour devenir une ultra-star auto-proclamée de la blogosphère, un vrai contestatire-consensuel, un con-con.

J'en profite pour vous inviter à poster des ultrackback ci-après.

Big blogger is watching you

Pardon pour le titre un peu calembour, j'espère qu'on ne vous l'a jamais fait.

Jugurta, sur son excellent blog, invite à s'interroger sur le devenir des sources d'informations face au défèrlement des blogs. Sa conclusion ?

Peut on s'informer sans passer son début de soirée devant la messe du vingt heure? Peut on s'informer sans lire le quotidien de référence qui paraît tous les soirs? A ces interrogations je réponds par l'affirmative. Certes, l'information doit être vérifiée pour être vraie. Mais rien aujourd'hui ne me garantie la non manipulation du savoir par une structure, qu'elle soit étatique, network privé ou publique...L'information en temps réel déposée sur nos écran par la fée électrique m'éloigne chaque jours qui passent un peu plus de la lobotomie ambiante. Le chacun pour soi est de mise dans un monde où le nouveau paradigme se nomme réseau. Il me semble que pour éviter les écueils d'une nouvelle paranoia du tous contrôle tous, (Big Brother à pour nom internaute blogueur) il suffit de s'immiscer entre les interstices des réseaux. Cela afin de ne pas sombrer dans les affres d'une indifférence et d'un dégoût pour tous ce qui a attrait à la vie réelle.

Je la partage totalement, et cela me rappelle un vieil article de Catallaxia consacré à Pierre Lévy, auteur de World philosophie, bouquin en de nombreux points prophétique : http://www.catallaxia.org/article.php?sid=166

Pourquoi bloguer ?

Taranne vient de poster un excellent texte sur la posture du blogueur et le devenir des blogs libéraux sur la toile. Il remarque que nombre de blogs d'excellente qualité ont disparu ou sont plus ou moins en sommeil, et que nombreux sont ceux qui sont actuellement sujets au découragement.

Pourtant, Taranne explique fort bien qu'il ne faut pas baisser les bras, quand bien même nous ne serions lus que par une infinie minorité, car, comme il le dit fort bien,

parce que même si je ne change pas les choses, il ne sera pas dit que je les aurais cautionnées par mon silence, et que je cultivais tranquillement mon petit jardin tandis que le monde s'effondrait autour de moi. Je me serais battu, même si ce n'est qu'avec l'encre virtuelle d'un clavier d'ordinateur. C'est peut-être bien à cela que sert un blog, finalement. A ne pas entrer bien gentiment dans la nuit.

Je ne peux que m'inscrire en accord total avec ses propos, et souhaiter un renouveau frappant à la blogosphère libérale francophone. Aldido, contre toute attente, vient d'ailleurs de lui adresser de formidables encouragements.

Pour ma part, je pense que si les blogueurs ont le vague à l'âme en ce moment, c'est aussi parce que nous achevons une phase d'euphorie - j'emploie le mot sans acception positive ou négative - liée à la guerre en Irak, et peut-être aussi aux présidentielles françaises. Combien en effet de warbloggers, d'anti-warbloggers, voire d'anti-anti-warbloggers, se sont jetés dans la mêlée numérique ces derniers mois ? Il est bien clair que tous, en ce moment, s'en détournent.

Et si les bloggers américains ont l'élection présidentielle à se mettre sous la dent, les européens, français en particulier, n'ont que les yeux pour pleurer.

< 1 2 3 4

846 lectures