Un café et l'utraddition, s'il vous plaît

Quand j'étais p'tit, j'adorais Wingman. C'était un personnage de DA, caricature des bioman et autres super-héros nippons du moment, et il était amoureux en secret d'une fille timide aux cheveux roux.

Mais cette série se moquait tout particulièrement, allez savoir pourquoi, d'un dénommé Ultraman. Il est vrai que le héros de ce navet était risible avec son costume moule-bite et son casque à la crête rouge et aux yeux de carpe. Tout comme Wingman, j'aimais bien me moquer d'Ultraman.

Mais à présent, c'est à mon tour d'être traité d'ultra.

Quoi ? si j'avais été catholique, on m'aurait soupçonné - à juste titre - de tendances ultramontaines, car je suis plus ou moins d'origine italienne. Mais je ne suis pas catholique. Chercher dans cette direction, c'est par conséquent faire fausse route. Si j'avais été communiste à la grande époque, celle des goulags, peut-être aurais-je été un utra-hortodoxe. Mais je suis né bien trop tard pour en profiter. Je voulais faire des études de dictateur communiste, un beau métier, où on liait les avantages de la vie sociale et de la reconnaissance professionnelle. Mais les gens sont ingrats. Certains ont même protesté contre cette soi-disant atteinte à leur liberté. Comme si les pauvres (et pourquoi pas les capitalistes, tant qu'on y est !), ont droit à une quelconque liberté !

Enfin bref, j'ai du me résoudre, en rongeant mon frein, à trouver autre chose.

La science aurait été un bon choix. J'aurais pu étudier la praxéologie des ultraviolets, leur nocivité, ou encore les développements possibles des thérapeutiques basées sur les ultrasons. Mais je ne goûte pas trop à la science.

Toujours ultra-actif, c'est en prenant ce matin un ultramway que j'ai enfin réalisé quelle était ma voie : il me suffisait, afin d'incarner l'Ultraman que je raillais jadis, de devenir un ultralibéral. Ouais, trop cool, un ultralibéral. Plus besoin de courir après les ULM, les petites fêtes ultramondaines. Voici quelle est ma voie : devenir ultralibéral.

Bien sûr, j'aurais pu aller boire des bibines avec les ultras de Marseille, tout en butant des Arabes à la mi-temps, mais le sport, c'est pas trop mon truc. Je suis ultra-feignant et je préfère siroter ladite binouze devant ma télé.

Remarquez, être ultralibéral, c'est pas ultratendance de nos jours. Ben oui, il vaut mieux arracher quelques champs d'OGM avec mes potes les ultra-antimondalistes, célébrer des mariages homos avec un maire ultra-citoyen. Dans une société comme la nôtre, mieux vaut ne pas soulever la robe de la mariée citoyenne, car ses dessous ne sont pas des plus râgoutants. C'est pas ultrapropre, si vous préférez.

Etre ultralibéral, c'est franchement pas très positif de nos jours. Libertarien passe encore, mais ultralibéral, ah là non, faut pas, ma p'tite dame. C'est pô bien. Et croyez bien que pour moi, qui suis plus victime que coupable de cette qualité dont on m'affuble, c'est une tragédie. Une ultragédie.

Rien ne vaut les ultramifications de l'ultra-gauche pour se refaire une santé. C'est bien plus ultratendance, vous savez. C'est même ultravantageux, je trouve. Rien de tel pour devenir une ultra-star auto-proclamée de la blogosphère, un vrai contestatire-consensuel, un con-con.

J'en profite pour vous inviter à poster des ultrackback ci-après.

Big blogger is watching you

Pardon pour le titre un peu calembour, j'espère qu'on ne vous l'a jamais fait.

Jugurta, sur son excellent blog, invite à s'interroger sur le devenir des sources d'informations face au défèrlement des blogs. Sa conclusion ?

Peut on s'informer sans passer son début de soirée devant la messe du vingt heure? Peut on s'informer sans lire le quotidien de référence qui paraît tous les soirs? A ces interrogations je réponds par l'affirmative. Certes, l'information doit être vérifiée pour être vraie. Mais rien aujourd'hui ne me garantie la non manipulation du savoir par une structure, qu'elle soit étatique, network privé ou publique...L'information en temps réel déposée sur nos écran par la fée électrique m'éloigne chaque jours qui passent un peu plus de la lobotomie ambiante. Le chacun pour soi est de mise dans un monde où le nouveau paradigme se nomme réseau. Il me semble que pour éviter les écueils d'une nouvelle paranoia du tous contrôle tous, (Big Brother à pour nom internaute blogueur) il suffit de s'immiscer entre les interstices des réseaux. Cela afin de ne pas sombrer dans les affres d'une indifférence et d'un dégoût pour tous ce qui a attrait à la vie réelle.

Je la partage totalement, et cela me rappelle un vieil article de Catallaxia consacré à Pierre Lévy, auteur de World philosophie, bouquin en de nombreux points prophétique : http://www.catallaxia.org/article.php?sid=166

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