Halte au contrôle des loyers !

Comme disait un économiste (alcoolique ?) anonyme :

Avec le bombardement, le contrôle des loyers est la meilleure façon de raser une ville.

Les protections, comme toujours, sont difficilement réversibles, car elles ont créé des situations de droits acquis, qu’il faut ensuite racheter : la loi de 1948, les plafonds de loyers, les protections des locataires indélicats, les difficultés de revente des logements sociaux, etc., etc… inextricable maquis ! Les offices d’HLM jouent un rôle incontournable, et il est reconnu que leur gestion n’est pas toujours optimum (exemple entre beaucoup d’autres, le contrôle sur les plafonds de ressources de leurs locataires…).

Les logements locatifs disponibles sont trop rares et chers : allégeons les obstacles à leur développement, et nous les verrons réapparaître, spontanément !

Une première clé, très simple, est identifiée depuis longtemps (R. Barre, 1976) : remplacer l’aide à la pierre par l’aide à la personne. « L'aide à la pierre est inefficace et injuste, et elle provoque la création de ghettos, en regroupant les occupants sur le critère d'un plafond de ressources. Curieusement, le secteur HLM cumule toujours les deux types d'aides. » (Les Echos, 7 juin 2000)

Une autre approche est bien connue aussi : vendre les logements sociaux à leurs occupants (même si c’est à un prix très bas pour les secteurs les plus difficiles). Les nouveaux propriétaires seront responsabilisés. Le premier acte serait d’alléger les contraintes qui pèsent sur les offices d’HLM.

Une relativisation de la carte scolaire aiderait aussi : combien de locataires se refusent à déménager pour ne pas dégrader la condition scolaire de leurs enfants ?

Le droit de préemption par les communes est à remettre sérieusement à plat.

Pour ceux qui veulent en savoir plus, je vous invite à lire Henry Hazlitt ici.

Les contrôles des loyers sont parfois imposés en tant que partie d'un dispositif général de contrôle des prix, mais ils sont le plus souvent décrétés par une loi spéciale. Souvent l'occasion est fournie par le déclenchement d'une guerre.

Red hot Chili

Je ne cherche en général pas à faire de l'auto-satisfaction, mais cette dépêche du Monde, nouvelle formule, ne doit pas passer inaperçue. Alors je la cite :

La croissance chilienne est stimulée par les réformes menées depuis trente ans LE MONDE | 07.11.05 | 16h21 • Mis à jour le 07.11.05 | 16h21

ans un continent économiquement convalescent, le Chili affiche une très belle santé. "Le Chili continue d'enregistrer d'excellents résultats économiques, sous la houlette avisée des autorités, note l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans une étude publiée vendredi 4 novembre. Cette saine gestion macroéconomique est maintenant confirmée et reconnue, et le Chili est le seul emprunteur souverain en Amérique latine, en dehors du Mexique, à jouir d'une cote de crédit "qualité investissement". Cet aspect ne doit pas être sous-estimé."

Le produit intérieur brut (PIB) devrait croître d'environ 6 % en 2005, après 6,1 % en 2004, ce qui avait constitué la meilleure performance depuis sept ans.

"L'économie chilienne se redresse vigoureusement depuis la fin du ralentissement observé durant la période 1998-2003", observe l'OCDE. Le Chili est en passe de renouer avec l'expansion extrêmement rapide qu'il avait connue lors de "son âge d'or", selon l'expression de l'OCDE. Au cours des vingt-quatre dernières années, le PIB chilien a augmenté de 5,2 % par an, et même de 8,3 % durant la période 1990-1997.

Selon la mission économique du Trésor français au Chili, "ces bons résultats sont largement imputables aux réformes structurelles libérales mises en place à partir des années 1970 : privatisations, dérégulation, modernisation des marchés de capitaux, indépendance de la banque centrale, réforme de la législation du travail et de la prévoyance sociale". Des réformes qui ont permis une grande ouverture de l'économie sur l'extérieur et une spécialisation de la production dans des secteurs où le pays dispose d'avantages comparatifs (cuivre, produits de la mer, vins, etc.).

DES FINANCES PUBLIQUES SAINES

Le dynamisme économique a aussi permis au Chili une élévation rapide du niveau de vie. Le PIB par habitant est passé de 2 340 dollars en 1990 à plus de 5 000 dollars (4 230 euros) en 2004. En dépit de cette progression, "le revenu par habitant corrigé de la parité des pouvoirs d'achat représente actuellement moins de 40 % de la moyenne dans la zone OCDE et moins de 30 % de celui des Etats-Unis, ce qui laisse encore une ample marge de rattrapage du point de vue des niveaux relatifs", soulignent les experts de l'OCDE.

Pour ces derniers, "la gestion macroéconomique est exemplaire", notamment en matière budgétaire : "Les finances publiques sont particulièrement saines, assurant la résistance de l'économie aux chocs."

La politique budgétaire est guidée par la règle de l'excédent structurel qui exige un excédent de 1 % du PIB après correction des effets sur les finances publiques du cycle de l'activité et des fluctuations des prix du cuivre. Après un solde positif de 2,2 % du PIB en 2004, le budget chilien devrait dégager un excédent de l'ordre de 3 % cette année. Résultat : la dette publique nette consolidée est revenue à moins de 6 % du PIB en 2004, contre près de 34 % en 1990.

"La règle de l'excédent n'est pas remise en cause par les trois candidats à l'élection présidentielle", qui se tiendra en décembre note la mission économique du Trésor, même si l'approche du scrutin a "ralenti le rythme des réformes".

Le bilan des réformes effectuées au cours des dernières années est jugé positif, "même si le deuxième volet du programme de modernisation économique 'agenda pro crecimiento' a pris du retard" : recul réel de l'extrême pauvreté (qui touche encore environ 73 000 personnes, soit 4,7 % de la population), développement important des placements étrangers dans les fonds de pension chiliens ­ de 6 milliards de dollars fin 2002 à 16 milliards fin 2004, installation au Chili de plusieurs états-majors régionaux de multinationales (Nestlé, Unilever, Akzo Nobel).

L'élection présidentielle ne devrait pas stopper la tendance à la réforme. "Le consensus de la classe politique dans son ensemble en matière d'orientation économique et fiscale n'est pas surprenant , note la mission. Malgré une distribution encore extrêmement inéquitable des richesses produites et la subsistance d'inégalités préoccupantes, l'option chilienne dans le commerce mondial, la discipline budgétaire et fiscale tout comme la mise en oeuvre de réformes structurelles de fond ont permis d'enregistrer des avancées substantielles, tant sur le plan économique que social."

Pierre-Antoine Delhommais Article paru dans l'édition du 08.11.05

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