Economie et évolutionnisme

Paul Ormerod est un penseur très original, dont les principaux ouvrage jusqu'à présent ont été Butterfly Economics et The Death of Economics. Son dernier livre, Why Most Things Fail, explore les similarités qui lient l'économie et la biologie évolutionniste, tout particulièrement quant à leurs failles. Beaucoup de choses échouent, et le progrès survient par la sélection naturelle. Beaucoup de mutations biologiques sont suffisamment préjudiciables pour empêcher la survie ; il en est de même pour les innovations économiques. A la différence près qu'en biologie, l'organisme meurt avec sa mutation, tandis que dans les sciences économiques l'entrepreneur a un droit à l'erreur et, après un échec, peut essayer encore.

Ormerod note la prédominance, sinon l'ubiquité, de l'échec économique. Et que la courte durée est souvent synonyme de succès. La plupart des sociétés qui réussissent ne durent pas. Il opte pour l'évolution ponctuée, dans laquelle il y a des périodes d'innovation rapide et saccadé, correspondant aux périodes du changement biologique rapide. Plus nous expérimentons et innovons, plus sont importantes les chances que quelques idées surgissent et gagnent le grand combat de la sélection. Nous devons comprendre l'échec parce qu'il est fondamentalement naturel sinon normal, et concerne chacun de nous - individus, entreprises et gouvernements.

Encore un bouquin qui ne sera probablement jamais traduit dans nos vertes contrées, qui s'imaginent encore, un peu comme les chrétiens au XVIe siècle, être au centre de l'univers.

Le textile chinois et la vaseline française

Les envahisseurs, ces êtres étranges venus d’ailleurs. Leur destination: l’Europe. Leur but: en faire leur marché. Jacques Chirac les a vu. Pour lui, tout a commencé par une nuit sombre, le long d’une route solitaire de la capitale, alors qu’il cherchait un raccourci qu’il ne trouva jamais. Cela a commencé par une Elysée occupée un peu trop longtemps, et par un homme que les poches bien remplies avait rendu trop lourd pour continuer sa route. Cela a commencé par l’apparition d’une casquette made in China. Maintenant Jacques Chirac sait que les envahisseurs sont là, qu’ils ont pris forme humaine et qu’il lui faut étourdir un maximum de français bien trop crédules à l’idée que le cauchemar va commencer!

Ils sont là, parmi nous, ils nous entourent. Riz cantonnais dans les mains et textile 30 fois moins cher que celui des marocains, les chinois sont à nos portes.

Petits, jaunes, fins et au regard vicieux, les oreilles taillées en pointes, les yeux bridés dépassant à peine des buissons où ils se terrent comme des rats, un seul signe de reconnaissance: le petit doigt dressé. Le couteau entre les dents et la rage de l’envahisseur, le chinois veut détruire nos emplois en inondant le marché avec des prix plus bas que bas et par conséquent, provoquer ainsi la fermeture en série de nos glorieuses usines nationââââles. Les fiers et valeureux gouvernants français sont tous réunis derrière le même cri de guerre: “les chinois n’atteindront jamais Poitiers! Sus aux jaunes!”.

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