On voit que Bayrou s'envole dans les sondages, au point d'être en tête de la cote de popularité au second tour des élections présidentielles. Fort bien. Mais la question, la vraie question, n'est à mon sens pas celle-ci. Elle est plutôt de savoir quelle serait la majorité parlementaire dont François pourrait disposer. Et là, pour le coup, c'est beaucoup plus compliqué que la simple désignation d'un type un peu gauche, ancien bègue, mais qui a l'air sympa est pas plus carriériste qu'un autre (pas moins non plus, certes).

En effet, la vie politique française oscille autour de deux postures alternatives : celle de la majorité totale (le cas le plus courant, c'est-à-dire la majorité à l'Elysée et à l'Assemblée nationale), et celle de la cohabitation. Parfois même, à l'instar de la IIIe et de la IVe République, se sont formées des coalitions (pensons à la majorité plurielle de Jospin, par exemple).

Le paradoxe, c'est que François ne peut aspirer en tant que tel à aucun de ces régimes, comme Anthony l'explique de manière lumineuse ici.

La vraie question, c'est de savoir si, une fois élu, Bayrou pourra s'appuyer sur une majorité élue sur le terrain, lors des élections législatives. Laquelle majorité devra dépasser, et de très très loin, les frontières du parti de notables de droite molle qu'est l'UDF. C'est la seule question vraiment intéressante le concernant, de mon point de vue, tant son programme me semble, de toutes façons, nettement moins mauvais que celui des deux autres "grands" candidats.