liberfascisme

Lucien Jaume livre au CEVIPOF (Centre d'étude de la vie politique française) un article consacré au libéralisme dans la campagne électorale, et plus généralement dans l'état d'esprit qui se dégage des médias et des sondages d'opinion. Vous pourrez le lire en cliquant ici, avec les passages surlignés par mes soins.

En quelques mots, sa thèse, que je partage totalement :

1. le libéralisme n'est pas le capitalisme, ni la mondalisation

2. le libéralisme renvoie à des idées philosophies et politiques, pas économiques - ou alors très marginalement. On réifie le libéralisme pour mieux l'assimiler au Grand Satan

3. le libéralisme a eu partie liée avec l'avènement de la démocratie, et n'a pas hésité à faire preuve de critique sociale

4. A la différence des pays anglo-saxons, en France la liberté s'est construite par le truchement de l'Etat, et pas contre lui

5. Lorsque le libéralisme a été rejeté, au profit du protectionnisme (avant 1914, en 1929), c'est en réalité le capitalisme qu'on voulait rejeter, et la confusion des deux a abouti à de nombreuses tragédies

6. le rejet de l'Europe, associé à la montée des antilibéraux, augurent-ils d'une troisième vague de rejet du libéralisme en tant que tel ?

Il n'y a que les imbéciles...

Vous vous souvenez, j'espère, de ce billet énigmatique. Et bien voilà, j'ai changé d'avis, ce blog ne fermera donc pas de sitôt.

Merci de votre présence et de vos commentaires, c'est grâce à vous toutes et tous si je continue.

Ubutez-les tous

Le projet de loi instituant le « droit opposable au logement » est en cours d’examen par les sénateurs. Le texte prévoit que l’Etat garantira la

mise en œuvre » de ce principe « à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière (…), n’est pas en mesure d’accéder (à une habitation) par ses propres moyens ou de s’y maintenir.

Les dispositions adoptées précisent également la composition et les compétences de la « commission de médiation », qui sera chargée d’examiner la situation des ménages sans domicile, mal logés ou dont la demande d’HLM n’a pas abouti après un délai « anormalement long ». Si leur cas est jugé prioritaire, le préfet sera tenu de leur proposer un logement. Faute de quoi, le juge administratif pourra être saisi et ordonner leur relogement sous astreinte.

On vit vraiment dans le pays d’Ubu : alors que la règlementation sur les loyers est la cause unique de la tragédie que vivent ceux qui dorment dans la rue, au lieu de l’abroger, on crée un comité Théodule chargé de régler le problème. Voici donc ce qui va se passer : les SDF d’aujourd’hui seront, du moins pour la majorité d’entre eux, logés demain. Leur dossier deviendra prioritaire auprès des instances d’attribution des logements HLM. L’Etat (et plus encore, vraisemblablement, les collectivités locales payeront la facture que le SDF ne paiera pas). Autrement dit, les contribuables. Cet aspect, en soi, ne me gêne pas, il est légitime que la solidarité profite aux plus faibles.

Seulement voilà : une telle mesure, inutile au regard de la réglementation néfaste qui préside à la question du logement en France, a la particularité, comme toute mesure étatique, d’engendrer des effets pervers. Etudions-les un instant.

Il y a en France, dans la majorité des grands centres urbains, environ 1 logement HLM pour40 à 100 demandes. A l’instar des bons d’alimentation dans les pays de l’Est, j’affirme que c'est l’Etat, et l’Etat seul, qui est à l’origine de cette situation, car il a créé un entonnoir de l’offre alors que la demande, elle, n’a aucune raison d’être faible. A priori, tout le monde a vocation à habiter dans le logement le moins cher possible, au regard d’un niveau de prestation donné.

Par conséquent, si demain les SDF sont prioritaires, ils le seront au détriment des autres demandeurs de logement HLM.

Lesquels sont les foyers modestes qui travaillent au SMIC et ont du mal à joindre les deux bouts.

Que va-t-il leur arriver ?

Certains iront habiter encore plus loin en banlieue, ce qui en terme de développement durable, de politique de l’habitat et des transports est une hérésie.

D’autres connaîtront la paupérisation : ils travailleront, certes, mais incapables d’accéder au locatif privé, ni, grâce au logement opposable, au locatif social, ils iront dormir… dans la rue.

De ce fait, ils deviendront prioritaires à leur tour, mais, comme tous les logements auront déjà été occupés par les plus anciens SDF, ils resteront dans la rue.

Belle réforme, bel humanisme, vive la France.

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