Outre les condamnations financières déjà évoquées, L'Idiot international fut victime d'une véritable persécution de la part du pouvoir de l'époque. D’étranges personnages infiltrèrent l’entourage de Jean-Edern Hallier. D’autres le suivaient dans la rue. Les émissions télévisées auxquelles on avait l’audace de l’inviter étaient subitement déprogrammées. Ses lignes téléphoniques furent bien sûr « branchées », mais aussi celles de sa cuisinière, de ses avocats, éditeurs et amis sans oublier celles de son bistrot et de son restaurant habituels. On « visita » son appartement, cambriola le coffre-fort d’un de ses éditeurs, vola la voiture d’un autre, braqua son conseiller financier. Ses imprimeurs potentiels furent menacés ; quand ils s’obstinaient, leurs locaux étaient mis à sac. (Voir le récit de ces persécutions dans le témoignage d'un gendarme en poste à l'Élysée, Interlocuteur privilégié de Daniel Gamba (Lattès) et dans Une famille au secret, de Ariane Chemin et Géraldine Catalano (Stock)

Ces persécutions sont d'ailleurs confirmées par le propre directeur de cabinet de François Mitterrand, le préfet Gilles Ménage, qui note dans son livre l'Œil du pouvoir (Fayard) que, pour entraver la parution de l'Idiot « furent mis à contribution, hors les cercles élyséens, le ministère de la Défense, le ministère de l’Intérieur, le ministère du Budget et le cabinet du Premier ministre. Les ministres et leurs collaborateurs directs, ainsi que les responsables des principaux services étaient parfaitement informés de ce qu’ils avaient à faire. Si, par hasard, leur zèle fléchissait, le Président se chargeait de leur rappeler sa volonté. »

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Au passage, j'ignorais que Konk, dessinateur de National Hedbo et de Présent, entre autres revues lepénistes, était un ancien du Monde, du Matin et de l'Evénement du Jeudi.