On a souvent tendance à confondre égalité et équité. Cela arrange pas mal d'élus ou de candidats. Cela ne complique pas trop le travail de réflexion des journalistes. Des économistes de supermarchés, Thomas Piketty par exemple, tentent de proposer au parti socialiste de construire l'ensemble de son projet électoral autour de "la lutte contre les inégalités".

Pourtant, les inégalités ne sont pas automatiquement inéquitables. Et par conséquent toute inégalité n'est pas à combattre. Parfois même une inégalité sera parfaitement légitime.

Il y a en réalité quatre types d'inégalités.

  • Les inégalités fonctionnelles : celles qui correspondent à des différences dans les compétences et dans les responsabilités ;
  • les inégalités non fonctionnelles mais justifiables : celles qui résultent des choix anonymes du public, comme ceux qui font que le grand sportif adulé par le public perçoit des revenus bien supérieurs à celui du spécialiste en physique nucléaire ou en cinéma d'exploitation des années soixante-dix ;
  • les inégalités ni fonctionnelles ni justifiables mais qui ne sont pas injustes : celles qui résultent de ce que certaines entreprises sont plus dynamiques que d'autres, et peuvent par suite verser à leur personnel des salaires plus élevés, à compétences et responsabilités semblables ;
  • les inégalités injustes : celles qui résultent de rentes de situation ou de la puissance des corporatismes.

On feint souvent de croire que toute inégalité est inéquitable. C'est le dada de ce fameux Piketty, pour ne citer que lui.

Or, en toute logique, une politique conséquente de lutte contre les inégalités ne devrait pas tenter d'abaisser les inégalités globales, mais uniquement les inégalités injustes, en sus de la protection à accorder aux plus faibles. C'est moins démago, c'est vrai, mais à titre personnel je ne me présente à aucune élection ;)