Extrait des Echos du jour :

PSYCHANALYSE DE L'ANTILIBÉRALISME

LES FRANÇAIS ONT-ILS RAISON D'AVOIR PEUR ?

sous la direction de Christian Stoffaës Editions Saint-Simon, 2006, 20euros.

Cet ouvrage provient pour l'essentiel de communications faites à un colloque en Sorbonne le 18 juin 2003 : les auteurs ont sans doute voulu les garder, attendant le débat politique qui commence. De fait, il s'agit là d'un livre d'histoire de la pensée politique, avec une question qui prend des allures de hantise : pourquoi le libéralisme, né en France, s'y développe-t-il si peu et si mal, alors qu'il a gagné le monde ? Pourquoi la France a-t-elle perdu cette bataille des idées alors qu'elle les avait trouvées la première, ces idées qui devaient la faire gagner, parce qu'elles seules font gagner ? La faute aux idées ? Non disent les auteurs. Aux libéraux fondateurs, aux politiques, aux intellectuels, à notre histoire ? Plutôt.

De fait, le fil est complexe et le tricot conduit... à la psychanalyse en commençant par les intellectuels. Libéraux au XVIIIe siècle, aux avant-postes des idées, les voilà peu à peu ébranlés, puis retournés. L'acte fondateur, la révolution libérale de 1798 devient ainsi « bourgeoise ». L'histoire se réécrit, c'est-à-dire s'écrit par d'autres, sans qu'ils aient les moyens de s'y opposer. L'Etat qui devait être le gardien du libéralisme devient gestionnaire, répartiteur, organisateur. Il devait être minimal, le voilà keynésien. On voit le lyrique Michelet qui se prend au piège des mots et oublie les chiffres. De manière générale, les libéraux français sont moins philosophiques que les autrichiens, moins quantitatifs que les américains. D'où la figure psychanalytique du livre, en attendant le « retour de refoulé ». Mais il s'agit d'un échec : le libéralisme a été refoulé en France, parce qu'il a perdu. Il doit repartir au combat, cette fois en se coordonnant.

J.-P. B.

Hormis la dernière phrase que je ne saisis pas très bien, je vous invite à vous procurer et à lire ce bouquin, et à suivre le débat ici.