Sarko a supprimé la police de proximité en 2002. Il pensait à l’époque que ces pseudo-flics, dont le rôle essentiel consistait à jouer au foot avec les caïras, ne servaient à rien, voire étaient en danger car pas armés. J’aimais bien pour ma part la formulation d’îlotiers, à la fois pour son côté exotique et ensoleillé, comme le sont lesdits caïras en général, et pour son côté isolé, loin de la banquise de la police.

Sarko a supprimé cette police en 2002, au profit d’une mobilisation plus grande de la BAC, du renforcement du service de recherche et d’investigation, de la création de groupements communs avec la gendarmerie.

Aujourd’hui, un rapport sénatorial (de droite) remet en cause ce choix, en pointant du doigt ses faiblesses. Si la délinquance a baissé de 8 % en quatre ans, les violences contre les personnes ont augmenté d’autant. La solution ne me semble pas la bonne. La police de proximité avait à la fois son rôle et ses résultats. Il est bien dommage de les avoir foulés aux pieds. Le fait que les policiers soient partie intégrante des banlieues (on dit souvent quartiers, ce terme est débile) ne me choque pas, bien au contraire. Ce n’est évidemment pas une solution miracle, mais c'est une solution parmi d’autres. Ce qui n’est déjà pas si mal.

Le principe de prévention en tant que tel me gêne : n’est-il pas opposé à toute forme de responsabilité individuelle ? n’est-ce pas surveiller pour mieux punir ? n’est-ce pas enfermer les gens dans une logique d’irresponsabilité (j’ai fait quelque chose de mal, certes, mais on aurait dû m’en prévenir) ? Je dois bien reconnaître que cet argument a du poids, mais refuser la prévention, et par conséquent tout miser sur la répression, c'est oublier que c'est toujours par rapport à la loi, ou plutôt à ce qu’on appelle « l’ordre républicain » que l’on se place. Et qu’on peut très bien ne pas le considérer comme légitime.

Cultiver la prévention, c'est aussi participer activement à l’évolution des mœurs et de la société. En ce sens, je ne suis pas sûr que la prévention participe à cette culture de l’excuse. Mais j’avoue modestement mon trouble, je serai ravi que vous m’aidiez à le résoudre.