Logique du libéralisme

Jacques de Guénin vient de publier un opuscule intitulé Logique du libéralisme, édité par l'Institut Charles Coquelin. C'est un texte introductif à la pensée libérale classique, fortement inspiré par les écrits de Frédéric Bastiat, ce qui n'est pas étonnant lorsqu'on sait que Jacques est le président des cercles consacrés au génie landais. Un bon moyen de débuter en libéralisme, même si je regrette les nombreux raccourcis pris par l'auteur. Son chapitre consacré à la religion judéo-chrétienne est particulièrement faible. Considérer que cette religion constitue un fondement incontestable à l'individualisme, ce qui se défend, et se cantonner à cela, sans citer le Syllabus, l'Eglise et son socialisme larvé, et plus profondément la haine viscérale que de nombreux catholiques portent au libéralisme (des lecteurs de Témoignage chrétien à ceux du Pèlerin magazine), c'est pour le coup vraiment trop court. Il y a pourtant de bonnes choses dans ce livre, et notamment la troisième partie, consacrée à l'économie.

Mais on n'aborde pas par-dessus la jambe les sujets de société et l'éthique libérale. Dans un genre proche, quoique plus philosophique, je préfère - et de très loin - Alain Laurent, tiens.

Draghixa

Draghixa Laurent, plus connue sous le nom de Draghixa (on écrit parfois Dragixha), née le 3 juin 1973 à Split (Croatie), est une ancienne actrice porno française. Elle a joué dans une cinquantaine de films, au milieu des années quatre-vingt dix. Sa carrière a débuté aux Etats-Unis, en 1994, et s'est poursuivie brièvement (elle a tourné environ deux ans seulement) en France, chez Marc Dorcel.

Son film le plus célèbre est une superproduction, selon les canons de l'époque, et même encore ceux d'aujourd'hui, Le Parfum de Mathilde, dans lequel joue également Julia notamment. En vérité, on ignore assez largement si Draghixa est d'origine serbe ou croate, les infos sont en l'espèce parfaitement contradictoires. Ses autres "standards" (comme on dit en musique) sont Citizen Shane, Hamlet, Le Voyeur, Tout le monde dit oui, ou encore un opus de la célèbre série Taboo 12. J'avoue de pas avoir vu beaucoup de ses films, mais je connais bien Le Parfum de Mathilde, c'est déjà ça. Draghixa brille de toute sa beauté slave, extraordinaire pour l'époque, même si, de nos jours, la poussée des filles de l'Est dans le porno (tout comme dans la prostitution je crois) rend ce charme si subtil un brin surfait.

Par ailleurs, et si ma mémoire est bonne, elle a joué dans le clip de Silmarils intitulé Cours vite, à l'instar de nombreuses autres stars de l'époque.

Cette actrice m'a toujours semblé bien plus intéressante que ses deux plus fameuses contemporaines, Tabatah Cash et Laure Sainclair. Je la trouve plus sensuelle, bien plus naturelle, plus authentique, plus "fun", plus proche de l'esprit d'une patinette, par exemple. Presqu'une des dernières réminiscences du early porno des seventies. Est-ce exagéré ? qu'en pensez-vous ?

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Citoyen de la galaxie

Je poursuis ma lecture attentive quoique tardive des romans d'Heinlein. Après le très médiocre Etoiles, garde-à-vous ! (qui a depuis endossé son label hollywoodien en s'appelant Starship Troopers), j'ai poursuivi avec l'excellent Révolte sur la lune, et le non moins remarquable quoique assez différent En terre étrangère. Je persiste avec à présent un roman beaucoup moins connu, traduit en français il y a longtemps et indisponible depuis, sauf chez un bon bouquiniste de quartier, si vous avez la chance d'en avoir un pas loin.

Citoyen de la galaxie est un roman que Robert a publié en 1957. Soit avant En terre étrangère et Révolte sur la lune. Lisons le quatrième de couverture :

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.

Pourquoi un marché d'esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?

Une bonne introduction pourrait être constituée par la lecture de cet article de l'ami Sylvain, qui, dans sa critique de Johan Eliot (la lune seule le sait), écrit :

Les seuls à s’être frottés à ce désir d’utopie et à avoir élaboré quelque chose d’intéressant sont finalement des auteurs plutôt classés « à droite ». Je ne reviendrai pas sur le roman « Révolte sur la Lune » mais je mentionnerai du même Robert Heinlein « Citoyen de la galaxie », un roman qui était une réponse en 1956 à la constatation de l’anthropologue Margaret Mead que la Science Fiction moderne ne proposait plus d’utopies. Il y a également des textes de Cyril M. Kornbluth et d’Eric Frank Russell non dénués d’intérêt.

Je n'insisterai pas sur la classification "à droite" de Robert, qui me semble particulièrement discutable, et c'est bien la raison pour laquelle Sylvain l'écrit entre guillemets. Ce que je voudrais souligner, c'est l'importance de ce roman, qui d'une certaine façon préfigure à la fois Révolte sur la lune et En terre étrangère, dans la mesure où le thème de la liberté y est omniprésent. Et son contraire, l'esclavage. Et même lorsque le héros est libre, il ne l'est pas encore tout à fait ; la Famille, qui l'a accueilli et qui est une sorte de guilde de commerçants, un peu à la manière de Franck Herbert, ne lui apporte pas la liberté. Une anthropologue (là encore), qui, dans le roman, étudie les modes de comportement de la Famille, lui dit avant de partir :

Elle : - La famille est libre. C'est leur principale fierté. N'importe lequel d'entre-eux te dira que c'est la liberté qui fait la différence entre eux et les frakis (les autres, quoi). La Famille est libre de parcourir les étoiles sans être jamais enracinée nulle part. Si libre que chaque vaisseau est un Etat souverain, qui ne demande rien à personne, n'implore la protection de personne, ne coopère que si cela l'arrange. Oh, la Famille est libre. Cette vieille galaxie n'a jamais contemplé autant de liberté. Une civilisation de moins de cent mille personnes réparties sur un quart de milliard d'années-lumière au carré et absolument libres d'aller n'importe où n'importe quand. (...) Ah oui, la Famille est libre. - Elle fit une pause - Mais à quel prix ?

Thorby cligna des yeux d'étonnement.

- Je vais te le dire. Pas au prix de la pauvreté. La Famille jouit du niveau de vie le plus élevé de toute l'histoire. Les profits de votre commerce sont fantastiques. Ni au prix de la santé physique ou mentale. Je n'ai jamais vu de communauté où l'on rencontre si peu de maladies. Vous n'avez pas payé non plus en sacrifiant votre bonheur ou votre amour-propre. Vous êtes heureux, satisfaits de vous-mêmes. Votre orgueil démesuré dépasse les bornes ; vous avez évidemment de quoi être fiers. Mais ce que vous avez payé pour votre incomparable liberté... c'est la liberté elle-même. Non, je ne fais pas de jeu de mots. La Famille est libre... A condition que chacun d'entre-vous perde sa liberté individuelle. L'Officier chef et le Capitaine ne font pas exception. Ils sont peut-être encore les moins libres de tous.

De la part d'un ancien militaire, voilà qui a de quoi étonner. Ce roman est un bon et grand roman, je vous invite donc à le lire quand vous le pourrez.

Reload

Je sais bien que j'ai tendance à vous oublier ces temps-ci, ou, plus exactement, mon emploi du temps particulièrement chargé ne me permet même plus de consacrer à ce blog les quelques minutes pourtant nécessaires si je veux le faire vivre un peu. Faute avouée à demi pardonnée, je vous présente donc mes plus plates excuses.

J'ai par ailleurs assez peu abordé les questions d'actualité depuis quelques temps. Et notamment pas la question de l'hypothétique, sinon fantasmagorique, candidature libérale à l'élection présidentielle. Malgré le fait que je réprouve assez largement cette initiative puérile, bien que je sois bien obligé de tirer mon chapeau à Edouard, pour le travail immense qu'il accomplit, je voudrais tout de même vous signaler à la fois son blog et l'un de ses billets, consacré à Georges Brassens. Il a sans doute raison - au moins en partie - sur ce parolier hors pair, à défaut d'être un grand musicien.

Promis, je me rattraperai la semaine prochaine, y compris du reste à l'aune de ce qui fait à la fois la spécificité et la réputation sulfureuse de ce modeste blog : je vous parlerai d'une actrice injustement oubliée, et qu'il faut réhabiliter. Je n'en dis pas plus pour l'instant !

PS : pas la peine de me harceler au sujet de Lauren Brice, et je ne vise personne en particulier en écrivant cela, j'ai au moins quatre correspondants différents fondus de la belle. Je n'ai pas de photos ou de films à vous communiquer, du moins dans l'immédiat. Et aux dernières nouvelles, elle vit toujours une vie calme et retirée, dans la banlieue de L.A.

PPS : combien pariez-vous que j'aurai une réponse de l'intéressé dans les heures qui viennent ?

Génocide

C'est n’importe quoi. J’ai même du mal à le croire. L’Assemblée nationale française vient d’adopter une proposition de loi du PS visant à sanctionner la négation du génocide arménien. Le 29 janvier 2001, une autre loi reconnaissait déjà officiellement le génocide. Un amendement, présenté par l’enfant d’Arménien Patrick Devedjian, visant à exempter de poursuites les recherches universitaires, scientifiques et historiques, a même été rejeté. Mieux encore, François Hollande, sur la Chaîne parlementaire, a indiqué que si l’actuel gouvernement ne va pas jusqu’au bout de cette démarche, elle sera reprise après 2007 par la nouvelle majorité – si c'est celle de M. Hollande, évidemment.

Comme l’a dit de manière éclairante le stalinien socialiste René Rouquet, Val-de-Marne) il y a selon lui « nécessité d’aller au terme du processus et de combler le vide juridique, aussi cruel qu’inutile, qui subsiste en punissant ceux qui contestent la vérité historique, reconnue et établie par une loi de la République ».

Si d’aventure quelques doutes étaient encore permis, ils disparaissent ici même. L’objet de cette loi est bel et bien d’instituer une vérité d’Etat plutôt qu’une vérité historique, de faire travailler les procureurs et les juges plutôt que les savants et les historiens.

Comme l’écrit l’association Liberté pour l’histoire, « L’Assemblée nationale vient d’ôter le masque : ce ne sont pas d’éventuels “troubles à l’ordre public” qu’elle entend empêcher par ces lois, c’est bien la recherche universitaire et tous les enseignants qu’elle veut, sous peine d’amende ou de prison, soumettre aux vérités officielles qu’elle édicte ».

Pendant qu’on y est, des dispositions similaires pourraient être proposées au sujet de l’esclavage, reconnu par la loi Taubira comme un « crime contre l’humanité ». « Demain, ce sera le tour des Vendéens, et après-demain des Albigeois ! », s’exclame Pierre Nora, qui se dit « épouvanté » par cette « formidable régression ». Ce n’est pas à l’Etat, et encore moins aux députés, d’écrire l’histoire. C'est tout au plus le rôle des professionnels, qui d’ailleurs bien souvent ne sont pas d’accord entre eux, tant la vérité provient de la confrontation des thèses et de l’opinion que chaque individu se fait. La loi ne sert à rien, elle est même néfaste à moyen terme ; seule l’honnêteté importe.

Les pingouins se déchaînent

d Un intéressant article, quoique communisant, est à lire ici. Il date un peu, mais fait le point sur l'ensemble des problématiques liées aux logiciels libres et au monde linux. Les dernières pages sont les plus intéressantes, car elles opposent deux conceptions de la liberté logicielle : celle des libertariens, partisans d'un monde décentralisé, communautaire et associatif, et celle des marxistes, pour qui le libre n'est que la continuation de la lutte des classes par d'autres moyens, ou plutôt la condition de libération du prolétariat exploité. Ne cachant pas ses sympathiques gauchistes, l'auteur n'en a pas moins écrit un des meilleurs textes que j'ai pu lire sur la question.

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