On nous rebat les oreilles sur l'essor phénoménal de la Chine. Outre qu'un taux de croissance de 7 ou 10% là-bas peut être comparé en valeur absolue à un taux de 1% chez nous[1], il ne faut pas oublier que le régime chinois n'est pas capitaliste au sens où l'accumation du capital s'allie avec la liberté de contractuer et la liberté d'entreprendre. Au moins deux des trois items sont absents en Chine. Guy le rappelle très bien dans son dernier billet :

Cette anesthésie générale n’est pas contradictoire avec le modèle économique adopté en Chine : ce modèle est fondé sur l’exploitation d’une main d’œuvre docile et bon marché travaillant pour l’exportation. L’amnésie d’Etat , le décervelage, ce sont des éléments de calcul économique : il importe que le peuple ne pense pas trop par lui-même.

En Chine, la croissance est l’opium du peuple : ou, plus exactement, l’espoir de la croissance car les trois quarts des Chinois végètent dans une absolue pauvreté , sans ressources , souvent sans écoles et sans médecine.

Rappelons ici le sort de Shin Tao, autre journaliste en prison pour avoir posté un message sur un website démocratique : arrêté pour divulgation de secret d’Etat, il a été dénoncé par Yahoo.

La dictature chinoise tient grâce au soutien des dirigeants politiques et économiques occidentaux : on achète les produits et l’on fournit la technologie... Ce choix de l’occident est évidemment immoral, mais est-il réaliste ? Le réalisme devrait nous inciter à écouter les Chinois et pas seulement leurs gardiens de prison.

Notes

[1] Voir la Guerre des deux France, de Jacques Marseille.