Alain Laurent, Le Libéralisme américain : Chapitre 3 – 1890-1925 : « socialisme libéral » contre libéralisme classique

En France, la tentative de renouvellement du libéralisme prend la forme du solidarisme. Cela étant, il semble que les solidaristes soient plutôt des défenseurs d'une « troisième voie » que du libéralisme.

Les solidaristes français n'ont jamais été des libéraux

Emile Boutroux désigne très clairement l'ennemi du solidarisme : le libéralisme et l'individualisme. Léon Bourgeois a bien précisé que pour lui la solidarité ne saurait provenir du libre choix ou de la coopération volontaire des individus, comme chez les libéraux, mais de l'obligation de s'acquitter d'une « dette sociale » contractée par la société pour eux. L'homme naît débiteur de l'association humaine. L'individu n'est qu'un fragment d'un organisme vivant, la société, et se trouve donc en son fond collectivisé dès sa naissance ; il doit alors vouer une part de son activité au collectif. La doctrine solidariste en tire la notion de « quasi-contrat », qui lie les individus entre eux sans leur consentement, à l'opposé de la référence libérale au libre-consentement et à la souveraineté individuelles. Célestin Bouglé, un autre solidariste, fait sans doute preuve de grande clairvoyance lorsqu'il affirme que le solidarisme est un anti-libéralisme.

Léon Bourgeois, lui, préfère le terme de « socialisme libéral »[1], ce qui au final est assez évocateur : le solidarisme c'est avant tout du socialisme, qui a la particularité d'être libéral, et non un « libéralisme social », un libéralisme particulièrement social.

La présence de ce passage consacré au solidarisme n'apporte pas grand-chose à la démonstration de Laurent, dans la mesure où jamais les solidaristes n'ont tenté de redéfinir, ni même de s'approprier, le terme de libéralisme.

Le moment européen du « socialisme libéral »

Aux côtés des new liberals anglais et des solidaristes français, des penseurs allemands ou italiens viennent apporter leur pierre à l'édifice d'un « socialisme libéral », qui n'a plus rien à voir avec le libéralisme.

Laurent commence par un cas particulier (ce qui est étrange d'un point de vue didactique), celui de Franz Oppenheimer, qui certes emploie le terme de « socialisme libéral », mais pas du tout dans le sens du recours à l'Etat pour redistribuer ou collectiviser. Ce qu'il souhaite, dans Der Staadt (1908), c'est qu'aucune discrimination n'empêche les pauvres et les « opprimés » d'entrer dans le libre jeu du marché, rien de plus. Il est du reste considéré par Rothbard comme un précurseur de l'anarcho-capitalisme, de par sa distinction désormais classique entre les deux moyens de conservation de soi[2]. En réalité, Oppenheimer n'est pas un socialiste libéral, mais un libertarien de gauche, qui a fortement influencé les tenants de l'ordo-libéralisme par exemple.

En Italie, la donne est différente. Existe le terme de « libérisme », équivalent au libéralisme économique de laissez-faire, en sus du libéralisme (politique). Piero Gobetti, dans la Rivoluzione liberale (1923) dénonce la confusion entre libéralisme et libérisme, tout en reconnaissant à l'individualisme économique la paternité de l'opulence de l'Italie du Nord. Si donc le libérisme n'est pas tout le libéralisme, ce n'est pas non plus pour lui une perversion. Il reproche au libérisme d'ignorer et d'exclure le prolétariat, sans toutefois vouloir un « socialisme libéral ». Le libérisme doit reconsidérer ses principes, contre la mainmise des oligarchies mais aussi la mystification de l'harmonie universelle des intérêts. Intégrant (à la manière de Comte et Dunoyer) la lutte des classes au libéralisme, Gobetti allait peut-être refonder véritablement le libéralisme, s'il n'avait été assassiné par les fascistes à l'âge de 26 ans.

Benedetto Croce, dans Liberismo e liberalismo (1928) indique que si les deux notions partagent une commune opposition à l'autoritarisme, se séparent dès lors que le libérisme tend indûment à se constituer en « loi suprême de la vie sociale »[3]. Il considère que l'économie de marché est nécessaire, mais qu'elle ne doit pas sortir de son champ paradigmatique, et qu'elle ne doit pas contaminer l'éthique de la société globale par son utilitarisme réducteur. Pas plus que Oppenheimer ou Gobetti, Croce n'adhère à la notion de socialisme libéral, se considérant lui-même fort peu socialiste.

En Italie, seuls Guido de Ruggiero et Carlo Rosselli s'engagent dans la voie du « socialisme libéral ». De quoi s'agit-il ? Il y aurait d'une part une évolution socialisante du libéralisme, et d'autre part une libéralisation des pratiques socialistes. Le tout sur un fond organiciste, bien entendu. L'organicisme est bel et bien le symbole même de la rhétorique réactionnaire, invoqué dans pratiquement toutes les offensives idéologiques anti-libérales et anti-individualistes. Apuré du libérisme, le « socialisme libéral » se réduit à la méthode politique (self-government, pluralisme, etc) et à la démocratisation, ce qui vide le libéralisme de toute référence à la souveraineté de l'individu et à la liberté économique. Plus rien du libéralisme ici, tout du socialisme en revanche.

En Espagne enfin, José Ortega y Gasset a cherché à réinterpréter dans un sens constructif le libéralisme classique. Dans La Révolte des masses (1930), il choisit de défendre, de manière chevaleresque et désintéressée, le « vieux libéralisme », en donnant à celui-ci un sens nouveau, mais pas celui du new liberalism, du solidarisme ou du « socialisme libéral » : celui d'un renouveau d'un « individualisme » libéré des interprétations « collectivistes » de Stuart Mill ou de Spencer, en préservant l'individu d'être absorbé dans le culte et le règne des « masses ».

1890-1925 : résistance du libéralisme classique en Europe continentale

Le libéralisme classique a toujours eu des partisans et défenseurs en Europe continentale, ce qui interdit de s'emparer du mot et de l'idée de libéralisme pour en usurper le sens. C'est particulièrement vrai en France. Emile Faguet par exemple, publie en 1903 son Libéralisme. Il définit ce dernier comme les droits de l'homme, dont le droit de propriété est le premier. Le droit de propriété nécessite alors un respect absolu et une protection sans faille de la part de l'Etat. S'il rejette le droit naturel, Faguet justifie pourtant la souveraineté de l'individu dans un sens radicalement différent de celui des socialistes. Comme il l'écrit dans Socialisme (paru en 1907) :

Hors du collectivisme, point de socialisme. Et le collectivisme est impossible. (...) On ne peut s'évader du système capitaliste et il faut savoir qu'on y restera toujours.

Yves Guyot constitue une autre figure française majeure. Il établit le caractère indivisible du lien entre une liberté économique qui inclut la liberté du travail et une liberté politique calée sur une conception individualiste de la démocratie. Par ailleurs, alors qu'il est membre du parti radical (comme Bourgeois), Guyot déploie toute son énergie pour mener un combat implacable contre le socialisme accusé de faire renaître le despotisme jacobin et de conduire tout droit au collectivisme[4].

A ces deux auteurs, on peut ajouter les contributeurs réguliers du Journal des économistes (Leroy-Beaulieu, Léon Say, Schatz, d'Eichthal ou encore Follin). Tous s'attaquent tout particulièrement au solidarisme, accusé, sous couvert de générosité humanitaire, de mener tout droit au socialisme. Ils pensent donc que le solidarisme est une véritable machine de guerre lancée contre le libéralisme. Notons au passage que l'ambigu Pareto viendra leur apporter sa contribution dans ledit Journal.

Cela étant, après la Première guerre mondiale, le libéralisme français s'étiole, puis devient totalement silencieux. Il n'y a guère qu'Alain pour défendre une éthique républicaine individualiste et méfiante à l'égard de l'Etat. Dans ses Propos d'économique (1934), il ose, dans un contexte très difficile pour la pensée libérale, se prononcer en faveur du libre marché et d'un retour à la propriété individuelle.

C'est dans cette fin des années trente, alors que le libéralisme classique est moribond et que nombreux sont ceux qui veulent se partager sa dépouille, qu'un groupe d'intellectuels venus de divers horizons décidera de saisir le taureau par les cornes et de faire renaître un libéralisme authentique, pas un socialisme plus ou moins libéral.

Notes

[1] Léon Bourgeois, La Philosophie de la solidarité.

[2] Les moyens économiques (le travail et l'échange équitable de son travail contre le travail d'autrui) ou les moyens politiques (le rapt, appropriation violente et sans compensation du travail d'autrui). Voir par exemple Murray Rothbard, Anatomie de L'Etat.

[3] Ce texte est une réponse de Croce à Luigi Einaudi, le principal libériste italien de l'époque.

[4] Voir la Tyrannie socialiste (1893), Les principes de 1789 et le socialisme (1894), La Comédie socialiste (1897) et Sophismes socialistes et faits économiques (1908).

Alain Laurent, Le Libéralisme américain : Chapitre 2 – Etats-Unis 1930 : l'avènement des liberals

Le libéralisme au sens classique a commencé à être battu en brèche aux États-Unis dès la fin de la guerre de Sécession. Ensuite, au début du Xxe siècle, sous la présidence de W. Wilson, l'adoption du XIIIe amendement (qui autorise l'instauration de l'impôt sur le revenu) puis la prohibition sous les Républicains Coolidge et Hoover ont marqué l'accroissement indéniable de l'influence des liberals, qu'Albert Jay Nock critiquera en 1928. Évidemment, après la Grande Dépression, le New Deal et le Welfare State de Roosevelt (élu en 1932) représenteront l'application concrète la plus aboutie de l'idéologie des liberals.

Dewey et le modern liberalism

John Dewey fait paraître en 1930 Individualism, old and new puis en 1935 Liberalism and social action, dans lesquels il met en cause le libéralisme classique au profit d'une révision économique fondamentale. L'individu n'y est plus qu'une construction sociale ne pouvant s'accomplir que par l'immersion dans le collectif. Sa perspective est à la fois organiciste et historiciste. Il s'en prend à l'école de Manchester et aux utilitaristes anglais, occultant au passage jusqu'à l'existence d'autres courants dans la pensée libérale classique. Il s'en prend – et ceci me semble être parfaitement paradoxal avec la phrase précédente, au droit naturel, qui selon lui crée une sorte d'individu tout fait, un donné complet possédant mystérieusement ab initio une liberté de pensée et d'action totale, qui interdit donc tout possibilité d' « action sociale », et à la désignation du gouvernement en ennemi fatal de la liberté (alors que nombreux sont ceux qui ont fait du gouvernement un instrument pour assurer et développer les libertés des individus). Il s'en prend enfin à l'utilitarisme, au laissez-fairisme, qu'il considère comme une dégénérescence du libéralisme originel. Évidemment, Dewey ne voit son bonheur que dans un individu ne tirant existence et épanouissement qu'organiquement associé à ses semblables, et non pas de manière individualiste.

Par ailleurs, évolutionniste, Dewey reproche au libéralisme classique son an-historisme, son abstraction intemporelle, alors que pour lui, ce qui importe c'est la relativité historique.

Il propose donc d'instaurer un « contrôle social des forces économiques » et même une planification pure et simple. Mais ce n'est pas un social-démocrate pour autant, dans la mesure où son ambition est de refonder le libéralisme sur une égale liberté concrète entre les individus, là où le libéralisme ancien se contentait de prôner une égale liberté seulement abstraite.

Alain Laurent donne une autre interprétation : s'éloignant de fait des credo des Pères fondateurs, ayant des amitiés inavouées avec les socialistes européens (comme Hobhouse), Dewey choisit pour contourner l'obstacle de ne pas appeler les choses par leur nom, mais récupère à son profit un label attractif, quoique tombé en désuétude et peu usité aux États-Unis.

La reconstruction ambiguë du libéralisme par Lippmann

La formule de Dewey fait florès, toute la gauche américaine s'en réclame dès les années Roosevelt. On ne parle d'ailleurs même pas de New liberalism ou de Modern liberalism, mais de liberalism tout court, le terme semblant se suffire à lui-même. Ce qui est logique puisque le libéralisme (au sens classique) a alors totalement disparu de la circulation. Les universitaires, artistes, journalistes, tout le show-biz de la côte Ouest reprend à son profit un étendard présentable et cool.

Mais en même temps Dewey est concurrencé par un autre penseur, plus modéré mais en même temps plus ambigu, en la personne de Walter Lippmann. Dans The Good Society (1937), il cherche à refonder le libéralisme sur des bases entièrement neuves. Mais à la différence de Dewey il se prononce contre une intervention excessive de l'Etat dans l'économie et contre le collectivisme. Il considère que la philosophie libérale est devenue insoutenable au moment où ses idées dynamiques se sont transformées en « un dogme obscurantiste et pédantesque ». Le libéralisme serait devenu une « vaste négation » et une « défense conformiste des classes dirigeantes ». La cause principale ? Les « illusions du laissez-faire » qui, justifié à l'origine, est devenu un dogme proscrivant toute action de l'Etat, incapable de construire un ordre social stable et équitable. Si, pour Lippmann, le mot même de libéralisme est à tout jamais perdu, son contenu doit, lui, être repensé. L'Etat doit, selon lui, satisfaire les droits sociaux et économiques en accompagnant la société civile, mais sans la diriger. L'Etat interviendrait donc de façon latérale et ciblée, à l'image de l'impôt progressif. Lippmann, plutôt qu'un adepte du New Liberalism, tente plutôt d'en corriger les excès et le critique. Il développe une sorte de troisième voie entre un modern liberalism gauchisé et un libéralisme classique moribond, qu'il entend améliorer de l'intérieur.

40s-50s : l'hégémonie absolue des liberals

A l'université, dans les médias, au gouvernement, dans la haute fonction publique aussi bien qu'au cinéma, les liberals règnent alors sans partage. Il n'y a bien qu'Isabel Paterson qui s'en prend avec virulence à leur omniprésence. Alain Laurent souligne avec raison l'influence conjointe de présidents des États-Unis (Roosevelt puis, quoique à un degré moindre, Truman), d'intellectuels (Arthur Schlesinger) et d'associations citoyennes (American democratic action, American civil liberties union).

Après 1960 : à gauche toute !

Au welfarisme désormais classique, s'ajoute à partir de 1964-65 l'affirmative action. Ce dernier devient emblématique des dérives égalitaristes qui entraînent le liberalism toujours plus loin du libéralisme classique – et contre lui. S'ajoute quasi simultanément l'éloge de la contre-culture, du pacifisme, du multiculturalisme et du relativisme culturel. Le respect des impératifs de l'égalité et de la tolérance est poussé à l'extrême. Le « politiquement correct » envahit les universités, une véritable police politique de la pensée y règne en maître. C'est d'ailleurs un anti-liberal d'origine indienne, Dinesh D'Souza qui, en 1991, formulera la plus virulente critique de ce système totalitaire.

Parallèlement à ce gauchissement extrême, l'autre branche des liberals, celle des sociaux-démocrates, est elle aussi approfondie, par le truchement de Rawls et de Dworkin. Alain Laurent revient sur sa classification de Rawls, qui pour lui n'est pas un libéral, et que sa Théorie de la Justice est une forme larvée d'extrême collectivisme. Rawls appelle de ses voeux une redistribution massive et pourquoi pas forcée, des revenus. Il conserve intacte la nature humaine (tandis que Dewey voulait la changer), mais il veut en corriger les aléas par une collectivisation utilitariste des talents individuels et du résultat de leur emploi par les intéressés, mis malgré eux au service de la collectivité. Nozick, le plus éminent critique de Rawls, considérera à raison que ce dernier foule aux pieds à la fois la propriété de soi, et le droit de propriété sur les productions de sa propre activité, qui sont deux fondements indiscutables du libéralisme classique. Et qu'il est donc tout sauf un libéral.

Aujourd'hui encore, les liberals sont omniprésents aux États-Unis. Ils sont certes critiqués par les néo-conservateurs, qui pourtant parviennent de leurs rangs (Podhoretz, Kristol, Kaplan), mais aussi par les liberals restés au bercail, critiquant l'hubris liberal de l'intérieur. Paul Berman est de ceux-là. Il dénonce l'ingénuité enfantine des liberals, les dérives du relativisme et du multiculturalisme[1].

Ce qui est très particulier, c'est que si les courants sociaux-démocrates et socialistes existent à peu près partout, nulle part ils ne se nomment « libéraux », hormis aux États-Unis. Il est vrai qu'ils défendent les libertés civiles (la plupart des autres aussi), et ne remettent pas en cause l'économie de marché (en général, et à la différence de certains de leurs homologues étrangers). Mais le fossé avec le libéralisme classique est immense.

Peut-être, d'ailleurs, que leur principale contribution au libéralisme est un effet collatéral involontaire : par leur présence, les liberals ont redonné une vigueur inespérée aux libéraux classiques, tout particulièrement en Europe continentale.

Notes

[1] Paul Berman, les Habits neufs de la terreur, 2003. Voir aussi Alain Frachon et Daniel Vernet, L'Amérique messianique, 2004.

Alain Laurent, Le libéralisme américain : chapitre 1 – Angleterre 1880-1930 : le New liberalism

En 1884, Herbert Spencer[1] déplore le changement de signification du terme "libéralisme", jusque là compris au sens classique du terme (libre-propriété, droits individuels, lutte contre la coercition de l'Etat, liberté des contrats, etc), en une sorte de quasi social-démocratie. Il s'indigne d'ailleurs moins du caractère coercitif des mesures prises par les derniers gouvernements de l'époque, que du fait que ce soient des soi-disant libéraux qui les prennent. Comme Spencer l'ajoute :

De même que dans le passé le vrai libéralisme s'opposait à l'extension de l'autorité illimitée de la monarchie, de même le vrai libéralisme actuel doit s'opposer au développement d'une autorité parlementaire illimitée.

Spencer sera d'ailleurs très clairvoyant en affirmant que si les libéraux dévoient le libéralisme, ce seront des conservateurs éclairés, ceux qui défendent l'individualisme contre le socialisme (Thomas MacKay, Auberton Herbert) qui marqueront le renouveau du libéralisme (ce sera le cas en Angleterre avec Maggie, bien évidemment).

Qui sont les auteurs incriminés par Spencer ? quels sont ceux qui confirmeront, dans l'Angleterre Victorienne et après la Première guerre mondiale, ses dires ? Alain Laurent en distingue quatre, Stuart Mill, Green, Hobhouse, Keynes.

Mill et la voix de sa mé-mère

John Stuart Mill est un auteur très particulier, qui a considérablement évolué au cours de sa carrière intellectuelle, sans toujours renier ses écrits d'origine, un peu à la manière d'un Proudhon, par exemple. Partisan du laissez-fairisme, il est à la fois l'une des plus grandes figures du libéralisme moderne (Principles of political economy, 1848), anti-étatiste et partisan du libre-contrat (On Liberty, 1859), et un précurseur d'une sorte de socialisme light, essentiellement sous l'influence de sa femme et de sa fille. La troisième édition de ses Principles, ne datant pourtant que de 1852, constitue déjà une considérable évolution de Mill, bien que On Liberty ne la mentionne pas. Entre-temps, la révolution de 1848 a porté ses fruits, et son « esprit » a atteint l'Angleterre. Son « socialisme tempéré », comme il le nomme lui-même, vise tout particulièrement la notion de propriété, pourtant cardinale pour tous les libéraux. Il considère sur la fin de sa vie que la propriété, et partant l'héritage, doivent être tempérés par l'évolution du progrès social, et que la distribution, que la propriété vient contrecarrer, doit résulter de conditions dépendantes de la volonté humaine (autrement dit, du gouvernement). Mill n'est pas un socialiste pour autant ; dans son dernier essai, On Socialism, paru après sa mort, il est attentif au sort des plus défavorisés, en pleine crise de paupérisme industriel, reprend à son compte certaines thèses socialistes, mais uniquement celles qu'il estime compatibles avec l'idéal de la liberté individuelle, qui ne l'a jamais abandonné. Il écrit :

Les socialistes ont généralement une notion imparfaite et unilatérale de la concurrence (...) L'intérêt personnel sera pour longtemps encore un stimulus plus efficace pour la plus vigoureuse et prudente conduite de l'économie que les motifs moralement les plus élevés.

Il pense donc qu'il faut refonder autrement l'institution de la propriété, qui, sous réserve de compensations adéquates, en abandonnant les formes excessives et non méritées de propriété (l'héritage). Utilitariste, Mill dénie à la fois le droit naturel de la propriété, d'ordre axiomatique, mais plus encore en lui donnant le statut d'un instrument politique comme un autre, il altère la base même de la théorie du libéralisme économique. Il va bien plus loin que les pourtant modérés Constant et Tocqueville (le premier ne croyait pas au droit naturel de la propriété, mais lui conférait tout de même un caractère inviolable une fois acquise ; le second a vigoureusement défendu la propriété, quoi qu'on en dise[2]). Alain Laurent note avec esprit que la conception de l'intervention de l'Etat finalement défendue par Mill va à l'encontre de Mill lui-même, qui s'est plus que tout autre opposé à la tyrannie de la majorité. Or, c'est bien de cela dont il s'agit quand une majorité politique peut décider de ne plus reconnaître le droit de propriété d'une minorité.

Green et le holisme réactionnaire

Thomas Hill Green est plutôt un défenseur de la liberté qu'un libéral. C'est lui qui a inventé la summa divisio liberté négative (ne pas être entravé dans son action) et liberté positive (pouvoir effectivement réaliser ses projets), que reprendra Isaïah Berlin. Il considère que les libéraux (auxquels il ne s'assimile pas) se sont limités à la seule dimension négative de la liberté, celle du laissez-faire. pour atteindre la liberté positive, l'intervention de l'Etat serait alors nécessaire[3]. La loi et l'Etat doivent selon lui modeler l'activité socio-économique, très inquiétante en son temps. Allant bien plus loin que Mill, Green considère que la loi et l'Etat sont un « tout organique », qui sont non pas en droit mais en devoir de jouer le rôle d'instruments de moralisation des individus, afin de les faire accéder à la « liberté morale ». pour lui, et on est très très loin du libéralisme classique, les droits individuels n'ont de valeur que s'ils s'appliquent à la poursuite des fins morales ancrées dans le bien commun de la société.

La parution quasi simultanée des écrits de Mill et de Green va amener nombre d'intellectuels à réfléchir à ce qu'il faudrait changer dans le libéralisme classique, tout en répondant au défi des revendications croissantes d'égalité sociale proféré par les socialistes fabiens. Hobhouse en sera le principal contributeur.

Hobhouse, inventeur du New Liberalism

Au tournant du Xxe siècle, Leonard Hobhouse est un proche du parti travailliste, à peine naissant. Ce sont dans les années 1908-1911 qu'il écrira sur la nécessaire refondation du libéralisme. Dans Liberalism, paru en 1911, attaque frontalement la conception lockéenne de l'individualisme, ainsi que le libéralisme manchestérien (celui des utilitaristes, Bentham, James Mill, etc). Il considère tout particulièrement que ce libéralisme-là a échoué. La liberté du plus grand nombre est fictive, seule reste l'inégalité et la pauvreté des masses. Il considère lui aussi qu'une société saine est nécessairement organique, au sens de Hegel. Ce qui bien sûr renvoie à une conception holiste du social : l'individu n'est rien en dehors de son étroite intégration à un tout social. La référence biologisante à ce qu'il entend par « tout » n'est bien sûr pas sans rappeler les hérauts de la contre-révolution française, de Maistre en tête. Pour Hobhouse, c'est au nom du bien commun arrimé au « tout organique » de la société, que les individus sont invités à corriger la notion qu'ils ont leurs droits.

L'idéologie de Hobhouse est donc nouvelle. Il la nomme malgré tout « libéralisme », ou plus exactement « New Liberalism », puisque son objet est d'accompagner l'évolution intellectuelle de libéraux sincères qui, selon lui, se sont fourvoyés face au paupérisme et à la misère.

Keynes et le labour-libéralisme

Lloyd George, Premier ministre de 1916 à 1922, s'inspire fortement des thèses de Hobhouse. Ce sera du reste la seule véritable expérimentation pratique des thèses du New Liberalism, puisque dès 1918 le parti travailliste a rompu son alliance parlementaire avec le parti libéral, à son grand avantage puisque dès 1922, il le supplantera – et définitivement jusqu'à nos jours. Le parti libéral ne cessera alors de se gauchir, pour finalement épouser les thèses socialistes, à l'image de Hobson, l'un de ses doctrinaires. Keynes, qui commence à être connu, est alors proche de Hobhouse et de Hobson. Il s'affirme libéral car partisan du libre-échange, mais souscrit complètement à l'inflexion interventionniste imprimée entre 1880 et 1920. Il réfléchit même aux points de jonction entre libéraux et travaillistes, et a fortement inspiré le programme électoral du parti libéral pour les élections de 1929.

Par un étonnant chassé-croisé, les conservateurs des années quatre-vingt ont épousé le libre marché ; les LibsDems (héritiers du parti libéral) sont à présent plus à gauche que le parti travailliste, mais au final, tout le pays épouse à présent les concepts de l'économie libérale. Ce qui est tout de même très enviable pour le Français que je suis.

S'il ne reste quasiment rien du New Liberalism des années vingt, cette séquence anglaise a toutefois servi de terreau à une plante plus persistante, qui, elle, a poussé aux États-Unis peu après.

Notes

[1] Herbert Spencer, "The New Torysm", Contemporary Review, février 1884.

[2] Alexis de Tocqueville, Discours contre le « droit au travail », 12 septembre 1848.

[3] On est proche de la distinction marxienne entre liberté formelle et liberté réelle, me semble-t-il.

La résistance a-t-elle résisté ?

J'ignore pourquoi, mais un billet publié par Voyageur Libre, avec lequel je ne suis pas toujours d'accord loin s'en faut, a aussitôt disparu du blog La Résistance. Je le trouve certes assez caricatural (surtout la fin), mais au final proche de ce que beaucoup pensent, dont je fais à présent partie. Je trouve la réaction israélienne dans son ensemble, et tout particulièrement sa pseudo-traque du hezbollah mais vraie terrorisme militaire, complètement délirante et démeusurée. Les Israéliens, dont le fanatisme n'a d'égal que celui des Palestiniens et de leurs alliés, sombrent de plus en plus dans le n'importe quoi. Lequel a déjà causé la mort de plus de 300 personnes à ce jour, dont, au bas mot, 80% de civils.

Je reproduis ici, et je sais que le procédé est très limite - je vais me faire engueler, une fois de plus - le texte de Voyageur Libre. Je vous passe toutefois la photo sordide, je préfère montrer en général les fesses de Laure Sainclair. (Bien évidemment, si je me trompe, toutes mes excuses aux membres du blog de la Résistance, patita et patata ; le billet sera donc dans ce cas disponible ici)

L’Etat d’Israël incarne à peu près tout ce que je déteste : le socialisme, le militarisme, la violence et l’arrogance étatiques, la corruption, le clientélisme …

Alors, quels rapports peut bien entretenir cet Etat voyou avec la nation divine qui nous est promise ? Aucun, sauf si cette dernière est une solution coloniale et arbitraire. Substituant les objectifs politiques à la fin spirituelle, l’Etat d’Israël est devenu le cancer du judaïsme, une véritable escroquerie. Cet Etat est un Blasphème à lui tout seul, une caricature de la nation divine. Loin d’être l’œuvre du Messie, c’est un Etat fondé sur la terreur et le pillage.

Regardez plutôt cet Etat monstrueux se moquer du droit international ; considérez le mépris qu’à ce sinistre Golem pour la Convention de Genève, concentré des droits naturels de l’homme, l’aboutissement de notre civilisation. La Convention de Genève interdit la destruction des biens indispensables à la population civile. Mais, cela n’empêche pas notre monstre de détruire les infrastructures nécessaires à la population libanaise. Cela va ramener les deux esclaves soldats ? Cela permet de combattre le Hezbollah ?

Par la punition définitive, la mort, il fait payer à la population civile les agissements du Hezbollah. « Dommages collatéraux » nous disent nos esclavagistes. Nos croisés de la démocratie occidentale ont gagné le combat des mots : Un militariste japonais doit être jugé pour ses « crimes de guerre » ; un militariste israélien pardonné pour ses « dommages collatéraux ».

L’Etat d’Israël, c’est la révolte quotidienne contre la Civilisation catholique. Si les maîtres des universités de Jagellon et de Salamanque revenaient parmi nous aujourd’hui, ils seraient submergés d’horreur par l’impitoyable brutalité étatique des fils de Sion et le déni de tous les principes auxquels ils croyaient et qu’ils développèrent patiemment à la lumière des Saintes Ecritures, guidés par l’Esprit Saint. L’Eglise à laquelle nous devons, sans le savoir, tout ce que nous considérons comme « positif » (et que nous critiquons à cause des principes qu’elles nous a donnés) constaterait avec désarroi la défection pour sa bannière, sur l’autel de concepts fumeux et d’un opportunisme dégoûtant !

Je ne parle pas des réactions politiques à l’agression sioniste ; Annan, Bush, Chirac, Sarkozy, tous des valets du Lobby ! Même leur république française, soi-disant soucieuse de son indépendance, a prouvé sa condition de valet du sionisme. « Israël a le droit de se défendre » disent-ils ; contre le peuple libanais ? Contre les chrétiens ? Les petites filles ? Les vieillards ? Est-ce ce petit enfant qui a enlevé les deux esclaves ?

Peu importe pour nos dirigeants qu’Israël détruise le Liban en voulant détruire le Hezbollah: le petit peuple qui a tant souffert est auréolé de la couronne immarcescible du Rescapé ; il est inattaquable. D’ailleurs, la politique de la république avec les Arabes a toujours été de caresser leurs cheveux en leur marchant sur les pieds ; car, il faut bien donner des gages aux Rottweiler, nos maîtres. D’habitude, quand on a un chien méchant, on le tient en laisse ; mais, dans le cas présent, c’est cet Etat-Rottweiler qui nous tient tous en laisse. C’est précisément ce qui attise le ressentiment du monde islamique à notre encontre : tant que nous soutiendrons l’entité sioniste, des terroristes seront prêts à frapper chez nous ; car, le monde islamique n’en veut pas ontologiquement à l’Occident, il lui en veut parce que nous sommes chez lui et que nous soutenons l’Etat hébreu et sa valise de crimes. Il nous en veut parce que, comme les sécessionnistes pacifiques des Etats du Sud, il dit : « All we want is to be left alone » alors que, nous, nous sommes passés, avec toute la servilité qui nous caractérise depuis des lustres, sous le contrôle du Reich atlantico-sioniste, le Nouvel Ordre Mondial qui entend décomposer les mondes traditionnels par la guerre, afin d’ériger sur les décombres d’une planète épuisée, leur dictature mondiale répressive.

A force de préférer le noble pas du chameau au TGV du Progrès Démocratique, l’Islam s’est donc aliéné la Conjuration mondiale ; alors, cette dernière essaie d’attraper l’Islam au lasso, comme un cow-boy les veaux égarés. Le frêle esquif islamique a beau jeté l’ancre sur sa terre, s’y accrocher avec courage et honneur, la tempête démocratique le conduit à la dérive ; et la pieuvre n’a plus qu’à l’étouffer à l’aide de ses tentacules.

L’Europe préférait le roulement d’une calèche ; alors, afin de lui imposer une marche forcée vers le Progrès, les conjurés, ces termites envieuses, ont favorisé par tous les moyens monstrueux à leur disposition (particulièrement l’action étatique et la guerre) la destruction, planche par planche, de la civilisation européenne charpentée par le Christianisme. La perpétuelle croisade anti-européenne de ces termites conjurées ont totalement déculturé et épuisé les terres et les peuples européens. En s’attaquant au monde islamique, le Nouvel Ordre mondial s’en prend à l’un des derniers mondes enracinés, aux derniers peuples qui ont un esprit et une tradition chevillés au cœur. Après sa chute, il y aura moins d’obstacle à leur Gouvernement Mondial.

C’est pourquoi je souhaite la défaite du Reich atlantico-sioniste.

Il y a enfin bien évidemment ce billet de Melodius, et les commentaires associés, qui, comme toujours avec ces protagonistes et ce sujet, sombrent rapidement dans l'invective ordurière.

Communautarisme(s)

La différence entre notre conception de la société et celle qui a cours aux USA est évidente. D'un côté on trouve une vieille société sclérosée, frileuse, qui doute d'elle-même et de ses valeurs et de l'autre il y a un pays qui n'a pas peur d'accueillir en son sein chaque année des dizaines de milliers de personnes venues de tous les horizons. La vieille Europe, et a fortiori la France, mourra à moins de réaliser que ce qui importe ce n'est pas que les nouveaux venus se fondent, bon gré, mal gré, dans un moule. Ce qui compte, c'est que les nouveaux venus puissent travailler et respectent les lois du pays dans lequel ils se proposent de vivre. A quoi bon entretenir des illusions dangereuses comme notre fameux pacte républicain qui se propose de garantir l'égalité quitte à la faire passer au forceps à grand coup de lois sur la mixité sociale, à grand renfort d'organismes soviétoïde comme cette sinistre HALDE, sans parler d'aberration comme la discrimination positive qui n'est rien moins que du racisme inversé? A quoi bon puisque les faits contredisent quotidiennement toute cette poudre aux yeux dispersée par des politiciens débranchés de la vraie vie depuis longtemps, si tant est qu'ils aient jamais été en phase.

A lire ici

Un PC à 300 $

Encore une fois, il faut alors dire merci à Linux.

Laure Sinclair

Laure, enfin Laure ! Alors que j'ai abordé ici plusieurs actices plus ou moins célèbres, du cinéma plus ou moins mainstream, je n'ai encore jamais évoqué le cas de Laure Sinclair, pourtant l'une des plus connues de son milieu si particulier et si banal à la fois, à l'instar de Brigitte Lahaie par exemple.

Laure est née le 24 mai 1972 à Rennes. Wikipédia ajoute :

Laure est une top model quand elle commence à poser nue pour des magazines de charme.

Elle débute dans le cinéma pornographique, en 1995, à Perpignan, chez la société Défi qui la fait tourner dans au moins trois films : Druuna s'offre à toi, Bi Défi 4 et Maud s'offre à toi. D'après ses propos, ces premières expériences sont désastreuses et restent de très mauvais souvenirs.

Je n'ai pas vu ces "early movies", si quelqu'un peut m'en dire un peu plus, il est d'avance le bienvenu. Je m'attends bien évidemment à découvrir d'authentiques chef-d'oeuvres du septième art.

C'est Pascal Galbrun, originaire comme elle de Rennes, qui la présente ensuite à Marc Dorcel, lequel la convainc de persévérer dans le métier et décide de lui faire jouer un personnage de file bc-bg très portée vers le sexe et la sodomie. Ce personnage fera son triomphe. Son premier tournage professionnel pour cet éditeur est, en 1995, le Désir dans la Peau.

S'enchaînent ensuite des films plus ou moins réussis, tels que La Princesse et la pute, La Fièvre de Laure, La Ruée vers Laure, L'indécente aux enfers, et j'en passe.

Arrêtons-nous un instant sur Le Désir dans la peau (1996). Christophe Clark se voit offrir des mains de Roberto Malone un morceau de cuir qui permet de soumettre à sa volonté quiconque (et on imagine bien qui). Olivia del Rio en fait d'ailleurs l'expérience. Christophe, fortement intéressé par Laure, s'en servira une ou deux fois (plus, en fait) pour parvenir à ses fins. Pas génial, ce film est néanmoins potable et proche de l'esprit du hard des années 80, ce qui n'est pas si mal pour une production Marc Dorcel. Mais si Laure est superbe dans ce film, ce dernier vaut pour moi surtout pour la présence d'Ava, dont ce sera la seule et unique apparition (et c'est super grave dommage).

Dans L'Obsession de Laure, Christophe là encore, joue un rôle quasi identique à celui qu'il tenait dans Le Parfum de Mathilde (avec Draghixa). est embauchée par un psychiatre (Christophe Clark), résidant à Budapest, afin d'enseigner le français à son grand fils. Elle découvre une famiille très délurée au sein de laquelle elle se coule sans difficulté. Bien entendu, elle cède aux avances de tous ceux qui la désirent. Elle se refuse toutefois à son employeur qui en retire une grande frustation. Excédé, celui-ci la licencie et le renvoie à Paris. Il ne parvient toutefois pas à l'oublier complètement et continue à voir son visage à la place de celui de sa femme lorsqu'il lui fait l'amour. Bof, je préfère le parfum de Mathilde, bien que le style "porno chic" m'indiffère quelque peu.

Dans Le Journal d'une infirmière, Laure en uniforme est comme toujours très belle. Bien que pour ma part Karen Lancaume l'éclipse assez facilement, par son côté moins cul-cul, sur lequel je vais revenir dans un instant.

Le reste de sa filmographie n'a que peu d'intérêt.

Laure est un peu au porno ce qu'Audrey Tautou est au cinéma conventionnel. Dans les deux cas, ce n'est pas une belle gueule qui suffit à donner du talent. Je sais bien que le talent demandé aux actrices de films X n'est pas celui des actrices ordinaires, mais pour autant il ne suffit pas, loin s'en faut, de faire un grand sourire à la caméra pour être ipso facto une superstar. Richard Allan - excusez du peu - écrivait ici même il y a quelques temps que

bien que très mignonne, (Laure) était loin de se donner au plaisir. Elle etait plutot gauche, et se faisait chier sur les tournages, grosse tête, car égérie de Marc Dorcel. Grosse tête que n'a jamais eu patinette (Marilyn Jess)

Mieux encore, celle qui a eu moultes récompenses crache à présent sur ceux qui l'ont fait connaître et sans qui elle serait sans doute restée la strip-teaseuse minable qu'elle était. Non contente d'être une assez mauvaise actrice, imbuvable pour ses partenaires, dotée d'une fatuité sans borne, Laure fait partie de cette génération, qui est aussi celle de Tabatah, d'actrices aspirées par le star-système médiatique global, celui de Skyrock, de Canal ou de Fun Radio. L'une s'est essayée à l'animation radio et était catastrophique, l'autre chantera avec autant d'aisance qu'Arielle Dombasle.

Aujourd'hui, alors que Wikipédia indique qu'elle ne tourne plus que dans des films conventionnels, il faut bien évidemment comprendre qu'elle ne tourne plus du tout. Hormis bien sûr le Temps du RMI, avec le regretté Ticky Holgado en 2002.

Richard a raison de bien montrer le contraste qui sépare une actrice épanouie comme Marylin Jess d'une bonnasse conne qui a la grosse tête (non, je ne parle même pas d'Audrey, là). Pardon pour ma méchanceté, mais il faut parfois couper le gazon à coup de katana, c'est fou comme c'est relaxant.

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Energostroika

Je signale assez rarement, et à tort, les textes qui pourtant le mériterait, non pas glanés ici ou là sur internet, mais issus d'un support écrit. Une fois n'est pas coutume, je voudrais revenir un bref instant sur un article issu de la dernière livraison de la revue Commentaire, rédigé par Françoise Thom, grande spécialiste de la Russie et pas soviéto-attardée comme Hélène Carrère d'Encausse, et intitulé "la naissance de l'énergocratie russe". Article fondamental et didactique, dans la mesure où il explique et expose le plus clairement du monde la stratégie jadis décrite par Murray Rothbard d'alliance objective entre grande entreprise monopolistique, et peu importe qu'elle soit publique ou privée, d'ailleurs Gazprom a été les deux, et le pouvoir étatique. Cette société, qui est à la concurrence loyale ce que le KGB était à la transparence, mène une action prédatrice des plus dangereuses, et s'appuie sur la force politique russe, déployée en ce moment même à l'occasion du G8 de Saint-Pétersbourg, pour tuer dans l'oeuf toute dissidence interne, et même toute remontrance d'un gouvernement occidental.

Je suis trop sérieux ce soir. Il faut donc appliquer les mesure contre-offensives standard. Prochain billet consacré à, disons, Laure Sinclair. Au pif. Ou presque, car finalement ça fait un moment que je n'ai pas dit du mal d'une charmante donzelle. En une phrase, Laure est un peu l'Audrey Tautou du porno. Enfin moi je dis ça, je dis rien.

Ouste là, vaillant vigile !

Nathaniel Hawthorne - Le Hall de l'imagination

Nathaniel Hawthorne (1804-1864), quoique peu connu sous nos latitudes, reste l'un des premiers grands écrivains américains (et, par ailleurs, le dédicataire du Moby Dick de Melville). Sa biographie laisse présumer de la particularité de son écriture : né dans une maison "hantée", cet adolescent magnifique, héritier du puritanisme anglo-saxon, se tiendra reclus une douzaine d'années avant de renouer avec le monde par l'intermédiaire de son amour, Sophie Peabody. Son style et ses thèmes seront ceux d'un solitaire, un emmuré à l'imagination malade, obsédé par le Mal et la perversité, sur fond d'égocentrisme esthète. De quoi faire de lui un décadent avant l'heure.

Ce recueil comporte trois nouvelles d'une facture tout à fait similaire : des spéculations d'imaginaire pur, des floraisons littéraires qu'on dirait cultivées sous serre et qui donnent lieu à des fables burlesques et un rien métaphysique. Dans la nouvelle qui donne son titre au recueil, "Le Hall de l'imagination", le narrateur visite une construction féerique qui "occupe dans le monde de l'imagination la même place que la Bourse de Paris, le Rialto et la place de Londres dans celui du commerce". Dans ses innombrables salles se rencontrent poètes, inventeurs, utopistes et mystiques. L'exploration du lieu est le prétexte d'un débat néo-platonicien sur l'Idée et le réel, assez convenu bien qu'amené d'une manière on ne peut plus originale. La deuxième suivante, "Une soirée select", propose un autre "non-lieu" poétique : le Château des airs, nuage solide doré aux rayons solaires dont le maître accueille des invités de marque pour une soirée cacophonique. Arrivent ainsi le Plus Vieil Habitant de la Terre, l'Acteur des Impossibilités Avérées, le Représentant de la Postérité ou encore la Belle sans rivale. Par ce jeu d'abstractions personnifiées, Hawthorne crée une ambiance absurde très réjouissante. Dans "La Correspondance de P.", enfin, un épistolier dérangé relate ses rencontres avec un certain nombre de personnalités célèbres qu'il aurait vues vivantes et dont il décrit l'évolution pathétique ou grotesque : Lord Byron, dépeint en obèse ultraconservateur, ne comprend plus un vers à ses œuvres ; Shelley a retrouvé l'Eglise anglicane ; quant à Napoléon, il erre dans Londres, ridicule, timoré et ignoré de tous. En revanche, d'après le rédacteur, Dickens est mort avant d'avoir fait son oeuvre…

Chaque nouvelle répond aux mêmes principes : un concept issu d'un jeu de l'imagination complètement libre offre une perspective délirante que l'auteur déploie ensuite dans une succession de tableaux ou de personnages. C'est intéressant, surprenant et singulier, mais ça a parfois tendance à trop tenir de la "recette" ; une fois l'idée de la nouvelle installée, il faut bien reconnaître que son développement se révèle poussif. Le recueil demeure un morceau littéraire original et charmant mais, comparé (dans un genre comparable) à l'œuvre géniale de son compatriote et contemporain Edgar Poe, il ne dépasse pas le statut de détail excitant de la littérature du XIXe siècle.

Romaric Sangars

Oonouvelle version !

Une nouvelle version de la suite de productivité libre OpenOffice.org a vu le jour. Disponible en téléchargement, elle améliore de manière très significative la réactivité des applications. Un gain de performances de 23 % dans Calc est par exemple annoncé.

Outre la compatibilité avec les Macintosh dotés d’une puce Intel (toujours via un serveur X), cette mise à jour 2.0.3 offre une meilleure gestion des formats propriétaires Microsoft Office et de l’exportation en PDF. Une notification automatique des mises à jour est également intégrée, à l’image des logiciels Mozilla. Bien entendu, cette version corrige l’ensemble des failles de sécurité répertoriées.

Le projet francophone OpenOffice.Org annonce la tenue d’une conférence internationale à Lyon du 11 au 13 Septembre 2006, dans les locaux de l’INSA.

Happy Birthday

A lire ici

Piratobeauf

Lisez ceci chez Pankakke :

J'aurais pu faire un commentaire élogieux ; enfin des gens pour la légalisation du P2P mais contre la licence globale. Mais le dernier point de fait aucun doute : c'est bien un parti français.

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