Une lecture récente :

Attentas suicides, révolte dans les cités, intimidations (affaire des caricatures) pour borner la liberté de la presse… l’Occident apeuré découvre un extrémisme que la poésie médiévale et mystique d’Ibn’Arabi ne laissait pas présager. Certes, les séquelles de la colonisation, la guerre d’Irak, l’abcès israélo-palestinien contribuent à échauffer les esprits. Mais la question demeure : et si l’islam était allergique à notre conception de la modernité ?

En réalité, ce qui sépare l’Orient musulman de l’Occident chrétien, c'est moins l’attitude face aux techniques que face au pouvoir. Pour les disciples de Mahomet, le clan, auquel se substituera plus tard l’umma (communauté des croyants), constitue le trait d’union entre Dieu et les hommes. Pour les héritiers de l’antiquité judéo-chrétienne, c'est la terre. Paroisse, champ, royaume, peu importe. Mais un espace sur quoi fonder l’Etat-nation…

Triomphant au XIXe siècle, ce modèle européen survivra-t-il au XXIe ? rien n’est joué tant l’ontologie de l’islam semble irrésistiblement adaptée à la globalisation des échanges et à leur corollaire, l’émergence de normes supranationales, qui appelle une éthique propre à la communauté des hommes…

Ce qui n’est rien d’autre que le principe posé par l’islam.