A lire cet excellent article d'Omer.

Il y critique le concept de souveraineté, issu du droit des relations publiques internationales, et non du droit des gens, ou du droit civil. C'est bel et bien par et pour l'Etat que le concept de souveraineté est né, ou plus exactement l'Etat se l'est approprié pour accroître encore sa puissance naissante. En effet, pour Jean Bodin, la souveraineté se bornait à la faculté d'édicter des lois et de les abroger, et Jean s'opposait dans le même temps à l'absolutisme royal, préfigurait la séparation des pouvoirs et défendait le droit naturel de l'individu contre l'Etat.

Bref, pour Omer, le concept pernicieux de souveraineté, qui devrait être aborrhé par les libertariens, est pour autant repris par une partie d'entre-eux, dans le cas bien particulier de l'avortement. Il considère que loin de s'y opposer, certains libertariens reprennent et adaptent le concept de souveraineté aux relations inter-individuelles, plus précisément ici à celles qui lient une mère et son enfant. Ce qui, d'après lui, est un biais cognitif majeur. Il considère donc que la position rothbardienne est injustifiée.

A ces réflexions, j'en ajoute une autre série, suggérée par le wikibéral :

L'avortement est-il exclusivement une affaire privée ou doit-il être pénalisé ? Cette question est problématique dans une perspective libertarienne, où le droit public et le droit pénal (qui fait partie du droit public) n'existent plus, et où l'on ne peut aller en justice que pour réclamer réparation d'un tort qu'on a soi-même subi : de quel droit quelqu'un d'étranger à l'affaire peut-il réclamer la pénalisation d'un avortement si la famille est consentante ? Et si pénalisation il y a, quelle peine doit-être infligée ? Doit-on appliquer la même peine que pour un homicide comme le suggèrent les arguments anti-avortement ?