CasSandra

La guerre des croûtons

Je n'ai jamais suivi les ébats mirifiques dans lesquels se sont vautrés les éminents forumeurs de ma numérique connaissance, lesquels sont d'ailleurs parfois aussi d'éminents bloggueurs, et pourtant, Dieu sait si Fab a tenté à moultes reprises de m'y initier. Pour autant, je ne peux m'empêcher de me marrer à la lecture de ceci, non que ça me regarde, mais tout simplement parce que Harald et Taranne sont deux excellents confrères numériques, et qu'à ce titre, je me permets de les saluer. Si, comme il le semblerait, derrière l'un d'entre-eux Controvertia se cache, je double mon salut et paye ma tournée.

Terrorisme et étatisme

Le terrorisme est une guerre faite à l'individu. Il frappe par surprise, entretient l'imprévisibilité, pour destabiliser les consciences. Il fait peur parce qu'il est insaisissable, protéiforme, à la fois partout et nulle part. Il est dans les têtes, dans les cauchemars, dans les sueurs froides de chacun d'entre-nous lorsque, en période d'intense tension, nous jetons aux gens qui nous entourent un regard empli de prudence sinon de crainte. Evidemment, l'Arabe du coin sera particulièrement suspecté, surtout s'il porte la barbe, et plus encore, pour les plus avertis, s'il ne la porte pas, et s'il est rasé de près.

Il est clair que les terroristes, par leurs attaques épisodiques et symboliques, ne cherchent pas du tout à faire du chiffre, à tuer le maximum d'innocents. Les dégâts qu'ils causent dépassent très largement les pertes humaines et matérielles dont ils sont directement à l'origine. Comme le dit Mathieu,

Ils cherchent à briser la confiance, à embrouiller les esprits, à semer le doute et à répandre l'inquiétude. Ils espèrent ralentir le tourisme, freiner le commerce, frapper l'économie tout entière, c'est-à-dire l'échange humain et la liberté. Ils veulent assécher nos coeurs et étouffer notre vitalité.

Comme les terroristes peuvent frapper à toute heure, en tout lieu, toute cible, les grands esprits croient avoir trouvé la solution. Il faut, selon eux, que l'Etat régente tout, qu'il contrôle notre vie, qu'il nous suive à la trace, qu'il nous demande nos papiers à tous les coins de rue, qu'il nous surveille par l'objectif de ses caméras nombreuses et bourdonnantes, qu'il appréhende, trace, maîtrise tout, absolument tout.

A mesure que s'accroît la suspicion, s'étend le pouvoir.

Le terrorisme, même si ce n'est bien évidemment pas son but premier, est un vecteur privilégié de développement de l'ultra-étatisme. En ces périodes troubles et difficiles pour notre bien-aimé Etat-providence, c'est même la route la plus sûre que l'étatisme a choisi d'emprunter. Voici pourquoi les hommes de l'Etat n'ont que faire de l'éradication du terrorisme.

Sur le CPE

J'ai pour habitude de ne pas aborder les sujets de l'actualité brûlante, ou alors de manière très incidente, comme c'était le cas pour les émeutes des banlieues à l'automne. De manière incidente, ou plutôt en laissant la parole à d'autres. Sur le CPE, c'est vers Thomas Sowell que je vous propose d'aller.

Student riots in Paris remind us that education at elite academic institutions is not enough to teach either higher morals or basic economics. Not on their side of the Atlantic or on ours.

Why are students at the Sorbonne and other distinguished institutions out trashing the streets and attacking the police?

Because they want privileges in the name of rights, and are too ignorant of economics to realize that those privileges cost them jobs.

A lire ici.

Mort aux social-traîtres !

Constantin évoque dans ce billet la haine viscérale que les Français, et leurs proches cousins belges, vouent à l'entreprise, et même, plus généralement, à l'esprit d'entreprendre et à la responsabilité afférente. En ce sens, nul bien pensant n'a besoin de pratiquer un quelconque prosélytisme ; ce sont au contraire les libéraux, nous, qui devons faire oeuvre de propagande pour que nous ouvrions toutes et tous les yeux sur la réalité de l'enfer ultralibéral anglosaxon.

Rappelons également ces mots de Pascal Salin :

Un entrepreneur, un vrai entrepreneur, n’est pas une simple machine enregistreuse de coûts qui seraient déterminés par ailleurs à partir de données purement techniques (comme s’il existait une seule manière de produire un bien donné). C’est quelqu’un qui regarde un marché, essaie d’en prévoir l’évolution, détermine la nature et le prix de ce qu’il veut vendre et cherche ensuite les moyens de produire de la manière la plus économique, c’est-à-dire évitant de gaspiller des ressources qui sont nécessairement rares, afin d’obtenir une probabilité de profit aussi élevée que possible.

Mémoires d'une geisha

Film de Rob Marshall (2006), avec Michelle Yeoh, Gong Li, Koji Yakusho, Kaori Momoi, Youki Kudoh, Kenneth Tsang, Paul Adelstein.

Evidemment, ce film a beaucoup de l'image d'Epinal du pays du soleil levant tel que les occidentaux l'imaginent (les pétales de cerisiers, les pommiers, et j'en passe). Evidemment, les acteurs sont fort peu Japonais, mais plus souvent Chinois, Hawaïens, Coréens, et j'en passe. Evidemment enfin, ce film est un sympathique mélo, style que pourtant j'affectionne bien peu habituellement. Mais je dois bien reconnaître que Marshall a scrupuleusement respecté le déroulé du roman ; que la petite fille aux yeux de pluie est radieuse et crédible ; que la haine, la jalousie et la vengeance entre femmes de haut rang a quand même un peu plus de gueule que les déboire de Candy avec sa cousine et Archibald.

La mise en scène est soignée et les costumes sont splendides à l'image de Zhang Ziyi qui nous met plein la vue dans le rôle de geisha, un des derniers emblèmes du Japon traditionnel en passe de se perdre dans les méandres de la modernité. Les Geishas ont toujours été un mystère pour les occidentaux et ont souvent été assimilée à de vulgaires prostituées, ce qu'elles sont loin d'être en réalité. C'est bien tout l'intérêt de ce film qui, sans être extraordinaire, mérite tout de même le détour.

Le mage Lepage

Une petite brève, et les brèves sont relativement rares sur ce blog, pour vous signaler un événement majeur : la sortie du blog d'Henri Lepage, l'excellent économiste et essayiste libéral français.

Pour plus d'infos sur l'auteur de Demain le capitalisme, vous pouvez consulter le célèbre wikibéral ou le prometteur Liberpédia.

Copeaulation 3.0

Garelloose

Que fait, depuis tant d'années, Jacques Garello sur une radio ouvertement fasciste ?

Quel pied-de-nez nous fait-il en parlant, là bas, du libéralisme ? Comment ose-t-il se référer, quasi systématiquement dans ses liens, à wikibéral, sans sourciller ?

Evidemment, rien de neuf dans mes propos, mais je tenais à clamer une fois encore à quel point ça me fait mal. Un grain à moudre pour Controvertia.

Nouveau logo

Merci à un illustre inconnu, qui m'a envoyé un fan-logo au style très eskoïen, même si je ne vois pas bien pourquoi ce dernier m'aurait envoyé un mail anonyme.

Afin de vous en faire toutes et tous profiter, je l'ai inséré en logo du blog. Si vous ne le voyez pas, il suffit que vous raffraichissiez votre navigateur.

Je le trouve très bien. Encore merci !

Busherie

L’Amérique sombre depuis 2001, et je ne parle pas des attentats du 11-septembre, mais de la politique liberticide menée par le président Bush. Je pense tout d’abord – et bien évidemment – au Patriot Act, espèce de loi interlope qui accorde aux autorités fédérales un arsenal de prérogatives sans précédent, en matière de surveillance, de détention et d’investigation. Ce texte supprime le cloisonnement entre services secrets et police, donne accès aux informations confidentielles (genre dossier médical ou mails), et autorise les perquisitions à l’insu de l’occupant ou du propriétaire. Les défenseurs des libertés individuelles, que nous sommes, ne sauraient trop se révolter contre l’usage exponentiel des « national security letters », qui sont émises par le FBI, sans aucun contrôle judiciaire, et qui permettent à la police fédérale d’accéder au courrier, aux mails, aux appels, aux relevés bancaires d’un individu sans qu’il en soit informé, et sans que celui qui doit appliquer la lettre du FBI n’ait le droit d’en parler ou d’engager un recours. Ne croyez pas que ce soit anecdotique : le FBI émet 30 000 lettres (vous avez bien lu) par an.

Mais le FBI n’est pas seul dans son travail de sape des libertés individuelles aux Etats-Unis. On trouve à ses côtés la crème de la crème des services secrets, la Counterintelligence Field Activity (CIFA), une agence ultrasecrète du Pentagone. Sous le nom de code Talon, la CIFA fiche tout un chacun, suspecté de près ou de loin d’activisme terroriste. Lorsqu’on sait que les opposants politiques de Bush sont fichés, que les Quakers le sont également, il conviendrait plutôt de dire « de très très loin d’activisme terroriste ».

La NSA (National Security Agency) met sur écoutes n’importe qui, à la manière de Tonton du temps béni de sa grandeur élyséenne.

John Dean, qui fut jadis conseiller de Nixon, a écrit Pire que le Watergate (2005), ouvrage dans lequel il explique que W Bush a commis, par son action depuis 2001, « un acte passible d’impeachment ». La défense de la sécurité nationale américaine justifierait-elle tout et n’importe quoi ? la surveillance antiterroriste des militants de Greenpeace ? les ébats amoureux des couples new-yorkais par l’hélicoptère de la police ? la détention indéfinie de « combattants ennemis » ? la torture, le goulag de Guantanamo, les écoutes ?

Ecoutons Andrew Sullivan :

« L’Amérique a vu le jour en rejetant les pouvoirs d’un roi George. C'est perturbant d’imaginer que l’on serait discrètement en train d’en introniser un deuxième ».

Pour finir, je voudrais citer deux réflexions pertinentes, issues toutes deux d’interviews accordés au Point de la semaine dernière, et proférées par deux figures absolument opposées de la vie politique américaine. Mais deux citations qui lèvent pas mal d’ambigüités et qui ont le mérite de prendre les bien-pensants à contrepied. Rien que pour cela, qu’ils en soient loués. :)

Voici la première citation :

« La doctrine actuelle du pouvoir présidentiel est conçue par des réactionnaires, des étatistes extrémistes qui rêvent d’un régime de tyrannie. Cela fait peur, mais je crois qu’il y a assez de liberté aux Etats-Unis pour que les gens résistent. »

Et la seconde :

« Bismarck n’a-t-il pas dit que la guerre préventive équivalait à commettre un suicide par peur de la mort ? (…) J’avoue être resté moi-même perplexe en voyant que (les néocons) étaient en quelque sorte les architectes intellectuels du grand projet pour le Moyen-Orient. Ils avaient (pourtant) passé les trente dernières années à combattre énergiquement ce qu’ils appelaient l’ « engineering » social, qui consiste à amener des changements politiques et sociaux dans des pays lointains par des actions directes ou indirectes. Cela m’a semblé totalement contradictoire. »

La première est de Noam Chomsky, la seconde de Francis Fukuyama. Voilà qui relativise pas mal de certitudes.

Amirak

It would be wrong to say that the insurgents are beating the Americans on the battlefield. But they don't have to. The insurgents win merely by making Iraq ungovernable. The occupying forces and their Iraqi allies have been losing fewer men than before. But they are no longer the main targets. The Americans and their allies must not stay indefinitely: virtually all Iraqis long for them to go. Yet most of Iraq's elected leaders, struggling to build a coalition, agree that an American rush for the exit would, at this stage, still be likelier to provoke a descent into all-out civil war than prevent it.

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