Excellent papier de Laurent Greilsamer dans le Monde du 14 février. Il parle du juge Burgaud, oisillon déplumé et hagard. Il évoque les critères de sélection des futurs magistrats à l’entrée de l’ENM (école nationale de la magistrature). Pour intégrer la prestigieuse école, il faut non pas faire preuve de capacité d’écoute, d’équilibre personnel, d’expérience, mais il faut avoir ingurgité quelques bonnes doses de droit, et un peu de « culture générale ». J’en sais quelque chose, le concours de l’école nationale d’administration en étant très proche. Il en est de même en médecine : alors que les besoins à moyen terme sont de l’ordre de 15 000 médecins, l’Etat fixe un numerus clausus à 7 000. De la même manière que pour les futurs magistrats, juge-t-on les futurs médecins sur leur sang-froid, le capacité de compréhension, la qualité de leur entropie ? non, bien sûr, car on les ingurgite de maths, de physique, de chimie. Comme le dit Laurent,

« Ainsi l’Université rejette-t-elle à coup sûr d’excellents éléments, préférant garder précieusement des étudiants qui correspondent davantage au profil de jeunes chercheurs. »

L’Académie de médecine propose d’avancer le couperet, aujourd'hui fixé en deuxième année, à l’entrée en première année. Quelle différence, puisque cette même Académie propose de retenir les notes du bac ? Comme si le bac avait pour vocation de filtrer les psychologues, ceux qui ont du flair, le talent des futurs cliniciens…

D’ailleurs, on trouve à la tête des universités des enseignants. Ont-ils jamais été évalués sur leur capacité de parler en public, sur leur gestion d’un groupe, sur leur autorité naturelle ? bien sûr que non, car le système est non seulement fou, il est aussi débile.