Notez que je n'ai pas abordé pour l'instant la question des caricatures prophétiques du prophète. Et bien je ne vais pas le faire plus encore dans le présent billet, dans la mesure où beaucoup (trop) d'encre numérique a coulé sur cette sombre affaire.

Je préfère vous renvoyer vers ce qu'écrit Objectif liberté :

* L'affaire n'en aurait pas été une si les Frères Musulmans, organisation salafiste intégriste, n'avaient passé les 5 mois qui ont séparé la publication des dessins et les premières émeutes à "faire monter la mayonnaise" par des procédés de désinformation classiques.

* Le fait que les manifestations conduites par les intégristes aient été violentes, bruyantes, spectaculaires et choquantes par les messages qui y étaient lisibles ne doit pas cacher qu'elles n'ont pas mobilisé les masses, sauf en quelques lieux où l'affaire a fait l'objet d'une récupération par des régimes tyranniques. Les réactions de quelques sommités du monde musulman, qui ont condamné ces excès comme bien plus nocifs pour l'Islam que quelques caricatures sans talent, attestent qu'il n'y a pas bipolarisation du monde entre les populations musulmanes et les autres.

* En s'excusant face aux islamistes, et en exhortant la presse à limiter leur usage de leur liberté d'expression, les dirigeants politiques et les intellectuels qui battent leur coulpe font le jeu des nazis verts qui, par ce type de manipulation, cherchent à radicaliser leurs opinions et les notres pour déclencher le "choc des civilisations" qu'ils appellent de leur voeux.

J'ajouterai pour ma part que ces messages d'excuse, de repentance et de condamnation "pour irrespect de la foi" de la part de nos dirigeants en dit très long sur l'énergie qu'ils sont prêts à mettre dans la défense de nos libertés contre tous les fanatismes. Mais pourquoi auraient-ils fait preuve en l'espèce d'un courage politique dont ils se montrent par ailleurs totalement dépourvus...

EDIT : à lire également, le point de vue que je partage largement, de BHL sur Catallaxia, site qui a tendance à vivoter, bien malheureusement, depuis quelques mois déjà.