Le premier ministre promet à Bruxelles un déficit public zéro pour 2010, et, fidèle en cela à son illustre mentor, s’empresse sur TF1 et autre séides du pouvoir de tenir un langage exactement inverse, à destination des cons de citoyens que nous sommes. Du reste, Villepin s’engage jusqu’en 2010, alors qu’il sera sûrement dehors en 2007 au mieux, ce qui n’est pas le moindre des pieds de nez. La France a déjà bien préparé la réforme : le budget 2006 prévoit un déficit record de 50 Mds€, prévision qui sera sans doute dépassée, et qui viendra gonfler d’autant la dette publique, qui atteint déjà 66% du PIB.

Si je comprends bien, pour que le déficit public soit nul en 2010, il faut comme conditions cumulatives :

  • une croissance soutenue (2,5 % minimum), peu probable
  • une croissance faible, voire une baisse, des dépenses publiques (au moins inférieure de un point à l’inflation, soit, disons, +1% en moyenne), partout, et pas seulement par le non-remplacement de certains fonctionnaires partant à la retraite (dépenses de santé, ce qui est invraisemblable, investissement des collectivités locales, etc)
  • des rentrées fiscales au moins régulières,
  • un profil de désendettement de l’Etat favorable, qui réduit d’autant le service de la dette.

Aucune de ces conditions n’est réunie, à part peut être les recettes fiscales, si l’activité ne décline pas trop, ou, si tel est le cas, si les impôts augmentent.

Les promesses n’engagent donc que ceux qui les reçoivent, une fois de plus.