Connaissez-vous Ollanta Humala ? Cet adjudant Kronenbourg est candidat à l’élection présidentielle péruvienne, qui se déroule dans trois mois. Il est même en tête des sondages, depuis peu. Dans un pays très pauvre, le populisme est roi.

La doctrine qu’il défend est un savant mélange de gauchisme anti-américain, qui fait de lui le lieutenant de Chavez, le président Vénézuélien, et de Morales, le président Bolivien. Et aussi de racisme pur et dur, ce qui prouve, une fois de plus, que les deux dimensions, loin d’être contradictoires, vont au contraire souvent de pair. Il se réclame de la doctrine du général Caceres, figure de la guerre contre le Chili (1879-1883, on se croirait en pleine guerre de Sécession), et qui affirmait, comme tous les Drumont de l’époque, qu’il fallait être fier non de son pays, mais de sa race, de son sang et de sa langue. Son parti, qui se résume plus ou moins à sa famille, affirme dans son programme que seuls les personnes de la « race des Indiens andins » devraient avoir la nationalité péruvienne. Mâtiné de tentatives de putsch avortées, mais aussi sanglantes que celles du Che, et d’un antisémitisme bon teint, voilà sans doute la nouvelle figure de proue des altercomprenants. On a les héros qu’on mérite.