Casanova

J'ai beau ne pas avoir été invité au congrès de l'UDF, j'ai pu suivre, sur la Chaîne parlementaire, une partie des discours des orateurs. Parmi eux, Jean-Claude Casanova, le directeur de la revue Commentaire (et non pas communautaire, comme écrit sur le script) m'a fait forte impression, malgré la présence de pas mal de médecins en week-end, polo marine à l'appui. Sans vouloir être exhaustif, ni même totalement fidèle, je voudrais vous communiquer ces quelques impressions, posées presque pêle-mêle sur l'écran de mon ordinateur :

Jean-Claude Casanova a comparé Charles X, Victor Hugo et Villepin : les trois, a-t-il dit, entretiennent de relations surnaturelles. Le premier, Charles, communiquait directement avec Dieu, le deuxième, Victor, avec les esprits de l'au-délà, grâce à sa table tournante ; Villepin enfin, qui entretien un rapport direct avec Arthur Rimbaud.

Villepin et son mentor considéraient que la France était en crise, jusqu'au jour où, comme par enchantement, ils conquirent le pouvoir ; depuis, plus aucun diagnostic de ce type dans leur bouche. On peut penser, comme 99% des Français, qu'ils ont tort ; ou, comme le pourcent restant, celui qui souhaite que l'hôte de l'Elysée se représente, qu'ils ont raison. Casanova pose cinq questions, sans apporter de réponse :

  • Quelle est la place de la France et de l'Europe dans le monde ?
  • Quelle est la place de la France en Europe ?
  • Quelle est la prospérité de l'économie française ?
  • Quelle est l'état d'esprit de la société ?
  • Quelles sont les perspectives d'avenir ?

Le bilan, celui d'un Baverez ou d'un Imbert, est celui d'une France en déclin. Sans être illuminé, il considère son auditoire éclairé sur ce point. Et pour ma part, sans entrer dans le coeur de la question, car le positionnement franco-français me semble totalement dépassé, je salue la performance de Jean-Claude, toujours brillant, comme du temps où je le suivais ardemment sur les bancs de Sciences-po.

Humour et cinéma

Pour une fois que j'aborde un sujet pas du tout sexuel, je crois qu'on peut le souligner. Je voudrais vous parler aujourd'hui de l'humour et du comique au cinéma. Pas de la comédie, bien que le Monde dans son dernier édito confonde vaillamment les deux, mais bien du comique, genre plus abouti que le précédent.

A titre préliminaire, je voudrais dire que je ne partage pas l'avis de notre auteur, qui considère que le cinéma comique est bien plus une spécificité américaine ou italienne que française. Il est vrai que le burlesque des années 20, pour ne citer que lui, est très nettement à dominante américaine, que le cinéma italien troupier des années 70, celui d'Edwige Fenech et Dino Risi, a fait florès (si j'ose dire), mais il me semble très net que la France a eu aussi, et de loin, ses lettres de noblesse en la matière. Depuis le Corniaud et la Grande Vadrouille, en passant par Pouic-Pouic et Les aventures de Rabbi Jacob, le cinéma français n'a rien à envier à celui de ses voisins. Il est vrai que le tandem contre-nature est un archi-classique (je vous ferai l'économie de citer des oeuvres ici), mais il me semble que le cinéma français se distingue par un certain nombre de seconds rôles souvent plus intéressants que les têtes d'affiche (pêle-mêle, Rosy Varte, Paul Préboist, Jamel Debbouze, Daniel Prévost, Jacques Villeret, Jean Yanne, Patrick Topaloff, Luis Rego, voire l'Aldo Maccione de Philippe Clair, hum...). En cela, il se distingue de nombre d'autres, et notamment du meilleur d'entre-eux, le cinéma anglais subtil, celui de Monthy Pythons.

Il est assez étonnant, au passage, de voir que wikipédia ne consacre presque rien à ce genre cinématographique..

Poursuivons l'article du Monde :

Pierre Richard, successivement dans Le Distrait (1970), qu'il met lui-même en scène, puis dans Le Grand Blond avec une chaussure noire (1972), d'Yves Robert, incarne alors le représentant d'une nouvelle vague comique qui renoue avec le burlesque et met l'imagination au pouvoir. Rêveur utopique, innocent aux mains pleines, déclencheur de catastrophes en tout genre, son personnage est un vivant défi à la logique utilitariste et au libéralisme économique qui gagnent du terrain.

Vous savez ce que j'en pense ? Monsieur l'auteur de ces lignes, Jacques Mandelbaum, est un ex-soixante huitard nostalgique de cette époque bénie, et procède à un exemple typique d'intellectualisation a posteriori de ce qui n'a pas de nature différente de celle du burlesque le plus classique. Le genre n'était pas totalement délaissé en France, durant les années 50 ou 60, avec Jacques Tati notamment, et n'a rien d'une critique sociale ou politique, comme Jackie Chan le montre aisément. M'enfin, passons. J'aimerais bien voir la critique de l'ultralibéralisme débridé et sanguinaire chez Pierre Richard, vraiment.

Du reste, l'auteur ne fait que citer brièvement la véritable originalité des années 70, celle du retour du comique troupier, comme en Italie, et pour une raison simple : cela remettrait largement en cause la thèse de l'auteur. Les Charlots ne sont que mentionnés, on ne cite pas Philippe Clair, je passe sur Max Pécas et consorts... Quelle différence avec les films de Tarantini ?

Poursuivons :

Dès la fin de la décennie, l'une et l'autre de ces tendances seront de toute façon balayées par l'esprit des années 1980 qui s'annonce. L'heure est à la grande braderie des valeurs et des idéologies, au deuil des utopies, à l'exaltation de la réussite sociale, au triomphe de la vulgarité et du cynisme. Ce moment est, par excellence, celui des Bronzés, et par extension de la troupe du Splendid. Drôle de paradoxe qui veut que le café-théâtre, héritier de l'impertinence de Mai 1968, fournisse désormais au comique cinématographique ses vedettes sous le signe du dévoiement de ces mêmes valeurs. Les Bronzés (1978), puis Les Bronzés font du ski (1979), de Patrice Leconte, sont à cet égard exemplaires.

Voici l'objet de la posture de l'auteur : justifier une thèse en deux temps, et voici donc le deuxième. J'ai pour ma part une explication plus simple : le cinéma est le reflet de son époque, et l'air du temps a effectivement changé depuis la France de papa de Gaulle. Pour autant, s'il y a bien selon moi un film qui moque le consumérisme et l'ultralibérmachin, c'est bien dans les Bronzés qu'on le trouve ! Mais le patron du Club med étant un milliardaire rouge, je comprends que l'auteur ne veuille pas entrer sur ce terrain-là.

Dans une France qui fait aujourd'hui la preuve de la "faillite" de son modèle social, l'esprit "Bronzés" n'est plus vraiment de mise, comme en témoignent les deux plus gros succès comiques de ces dernières années, qui en reviennent à l'art de la dialectique, via la figure du tandem antagoniste. Le premier est Les Visiteurs (1993), de Jean-Marie Poiré, qui remet sur le tapis, entre Moyen Age et époque moderne, de même qu'entre noblesse de souche et vulgum pecus, la question de la tradition nationale et de la lutte des classes. Le second est Taxi (1998), de Gérard Pirès, qui prend acte d'une certaine urgence sociologique en associant sous le drapeau tricolore un petit beur cultivant l'infraction civique comme un des beaux-arts et un sympathique inspecteur de police contre des puissances du mal empruntées à de vieilles lunes qui ne mangent pas de pain (la "menace teutonne" dans le premier épisode, le "péril jaune" dans le second).

Cette partie-là est plus convaincante, je l'avoue. De même que sa remarque :

le dernier avatar en date du comique cinématographique français : l'avènement de la télévision comme véritable instance de légitimité.

Pour ma part je ferai une autre remarque : la disparition du cinéma impertinent, celui de Jean Yanne, des Chinois à Paris, de Chobizenesse, de Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ, de Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, de Liberté, égalité, choucroute, et de certains des films dans lesquels il a joué (ceux de Gérard Pirès, notamment). Il reste bien un cinéma absurde à la française, celui des Nuls, repris vaillamment de nos jours par Chabat (Mission Cléopâtre) ou Kad et Olivier (Mais qui a tué Pamela Rose ?), mais plus de cinéma impertinent. Lisez ce qu'écrit Pierrot à propos des Chinois à Paris, vous comprendrez...

Une petite devinette pour la fin : saviez-vous que Sylvia Kristel, héroïne sensuelle d'Emmanuelle, avait un QI de 165, qui lui permit de sauter quatre classes, et joua un rôle majeur dans sa carrière en mannequinat et donc, indirectement, dans sa carrière au cinéma..

Copeauwards 2006

Lorsqu'une nouvelle année débute, et je peux le rappeler puisque nous sommes encore en janvier, il est de coutume de procéder à une top list de l'année précédente, de ce qu'on a le plus apprécié, ou au contraire détesté, en N-1. Pour autant, c'est plutôt vers l'avenir que nous allons regarder, vers cette année 2006 qui s'annonce d'ores et déjà riche en entraves plus ou moins ubuesques à toute forme de liberté. C'est pourquoi, dans le cadre de nos animations des quartiers sensibles, subventionnées par les crédits du Fonds social européen, du Fonds d'initiative locale, du Fonds d'intervention en faveur des quartiers défavorisés, du Fonds de protection du littoral, agrémentées, dans le cadre de la politique de la ville, par des crédits liés à la dotation de solidarité urbaine, couplée à la prime pour zone urbaine sensible, je me propose d'apporter ma petite contribution. Mon animation citoyenne à moi consiste à élire, chaque année, les meilleurs censeurs, les plus gentils inquisiteurs, les dictateurs les plus brillants et les délateurs les plus zélés. C'est l'objet même des Copeauwards, premiers du nom.

Pour lancer un peu notre quète de la quasi perfection, je voudrais citer nos deux premiers nominés, assez incontestables au demeurant :

  • Google, qui, après avoir fait croire à ces salauds d'anarmachins qu'il résistait au gouvernement US mieux que ses petits concurrents, a enfin rejoint le rang des sites bien propres sur eux avec Google China ; Mélodius montre par exemple les résultats de la requête Tien An Men square, c'est confondant.
  • l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, qui a fort heureusement rejeté une propositon de motion déposée par des fascistes et qui aurait consisté en une "condamnation internationale des crimes des régimes communistes totalitaires". Dantec - malgré ses égarements - écrit très bien : "À ce titre, l'Assemblée des Fossoyeurs Eurocrates aura une nouvelle fois parfaitement rempli sa mission, qu'elle a su avec génie appliquer à partir des préceptes orwelliens de 1984 : pour changer le futur, changez le passé. La liberté c'est l'esclavage. Le mensonge c'est la vérité." Il ajoute : "Il est temps (...) de se préparer activement à accueillir en son sein la Grande Utopie de ce siècle, il devenait donc urgent de réhabiliter celle qui avait dominé le précédent, il était temps d'avoir enfin l'audace d'affirmer que les cent millions de morts victimes du communisme sont des cons.

La barre est déjà placée bien haut. A vous de proposer des nominés potentiels à présent.

EDIT : Réflexion faite, je propose de nominer également l'encyclopédie Wikipédia, qui s'acharne à vouloir supprimer la page consacrée à Wikibéral, alors que nul ne s'oppose à la présence d'anarpédia, encyclopédie anarchiste, et que, comme l'écrit Apollon,

résultats google: 37 200 pour wikibéral. (0,15 secondes) et total d'environ 20 200 pour wikiberal. (0,16 secondes) (sans accent). Cette encyclopédie a donc une ampleur notable. Wikipedia peut et doit parler avec neutralité d'une encyclopédie concurrente engagée.

eurocuptible

j'ai reçu d'un admirateur passionné (hum) le commentaire suivant, que je souhaite vous faire partager :

En ecrivant cet article je veux attirer l'attention de tous les lecteurs sur le fait que le vrai probleme de la France c'est son protectionnisme culturel et économique. Au moment où l'Europe se prête à élargir ses frontières vers l'est, en France on ne parle même pas des effets positifs que cet élargissement pourrait avoir sur l'économie française et l'apport que peut avoir ces "petits pays", comme la Roumanie sur la croissance européenne. Les français devraient se rendre compte que leur systeme économique est inefficace et qu'il faut en adopter un autre et non pas s'enfoncer davantage, parce que c'est exactement ce qui se passe. La France reffuse d'accepter l'évolution, le progrès et les erreurs... On n'arrête pas de se moquer des anglais et des americains alors que nous on est en train de tout foutre en l'air ! Arrêtons de dire que le modèle français d'économie mixte est celui qui permet l'optimum, parce qu'en cherchant à réduire les inegalités sociales et la pauvreté on oublie que c'est la croissance économique qui va permetre d'atteindre le bien être et non pas l'invention d'un nouveau impôt sur le revenu des riches.

Il n'a pas tort, qu'en dites-vous ? Le brave homme se nomme euromaniuk, et qu'il en soit remercié.

Deux petites choses

Je me permets de vous soumettre deux petites nouvelles, qui ont, je l'espère, quelque intérêt pour vous :

  • Harald, et je l'ignorais du fait de ma présence épisodique sur le web, a quitté les Pères Colateurs, et a fondé son blog, certes moins joli que celui de Polykarbonate, mais libre, et ce n'est pas un vain mot. Je lui souhaite bonne chance, à lui aussi, et le référence donc dans ma blogroll ;
  • Une copeaulation est en préparation. Eh oui, je sais, le premier opus date de l'été dernier, mais je n'ai pas dit que la fréquence des copeaulations serait aussi rapprochée que celle du Patron du Crocell café. Plein de surprises en perspective... D'ici là, vous pouvez toujours écouter la copeaulation 01 ici.

Re-animator

Tiens, le Dissident Frogman revit, ce qui ne lasse pas de me surprendre. Bien que ne partageant pas toujours son zékisme mâtiné de GI-Joe, je salue le vieux camarade de blogosphère, et lui souhaite bon courage pour ce redémarrage.

Par ailleurs, c'est quelqu'un doté d'un solide bon goût, pour au moins deux raisons : la première, l'iconographie excellente qu'il déploie ; la seconde, le lien qu'il a inscrit vers le désormais célèbre wikibéral.

Bien à toi, camarade.

Blogudf

L'UDF invite des bloggeurs à son congrès, organisé les 28 et 29 janvier, à Lyon qui plus est.

J'aime bien l'UDF - en tout bien tout honneur hein, je n'en suis pas à coller des affiches du carriériste pyrénéen - et je suis d'autant plus déçu de ne pas avoir été invité ! Mon blog atteint tout de même un millier de visiteurs par jour, ce qui n'est pas si mal, et en plus, je ne leur aurais rien coûté. M'enfin, sans doute ont-ils peur du serpent libertarien qui en moi se terre. Ils préfèrent donc inviter des bloggeurs socialistes. Là encore, on a les invités qu'on mérite.

Les marchés pipés, la presse muselée

J'ai déjà évoqué à deux reprises les affres et les dérives des socialistes lyonnais (1 et 2).

Le maire de la ville, Gérard Collomb, et son entourage, paniquent littéralement. Pourquoi ? parce que les affaires se multiplient depuis quelques mois, il y a celles que j'ai déjà évoquées, il y a aussi le choc causé par les malversations et les rémunérations illégales touchées par l'un de ses proches, Bernard Rivalta, président du SYTRAL, le syndicat mixte des transports urbains. J'en parlerai bientôt.

Je voudrais juste noter ici que, face à des marchés publics annulés ou en cours d'annulation - ne citons que le cas du marché de chauffage urbain, déjà évoqué - l'équipe municipale a visiblement perdu toute sérénité, et n'hésite pas à faire pression sur la presse locale. Lyon Capitale a été touché au premier chef, son rédacteur en chef limogé, et les fonds versés pour les publicités des entreprises réduits ou annulés sur la demande insistante de Collomb. La Tribune de Lyon ensuite, pourtant très voix de son maître, a eu le malheur d'évoquer - comme votre serviteur - le financement occulte du PS local, dévoilé par l'ex-inspecteur Gaudino, celui qui a découvert jadis l'affaire Urba. Ceci a valu à son rédacteur en chef adjoint de se faire licencier.

Il est indispensable, face à ces dérives liberticides, que tous les partisans de la liberté de la presse se mobilisent. Je note du reste le courage de certains membres de l'équipe de Collomb ou du PS, qui ont osé marquer leur réprobation face aux méthodes ahurissantes du maire de Lyon. C'est le cas des Verts, c'est le cas de Christiane Demontès, qui est à la tête du PS du Rhône, ou encore de son acolyte Jean-Christophe Vincent. Ils ont compris, et ils ont raison, que la gauche court à la catastrophe en 2008 avec un tel leader. Il n'est pas trop tard pour en changer.

Peut-on être de droite et libéral ?

C'est la question à laquelle répond Alain Dumait.

Je ne suis pas nécessairement en désaccord avec lui, dès lors qu'il se qualifie d'abord "de droite" et ensuite seulement de "libéral". Du reste, puisque je me tue à dire que l'on peut être libéral et de "gauche", sans parler du "centre" bien évidemment, c'est que l'on peut tout autant être libéral et de droite. Ce que je regrette, c'est simplement que les deux termes soient souvent assimilés, notamment à gauche, et que les gens de droite, de leur côté, pratiquent une opprobre aussi prononcée à l'encontre de ceux qui refusent de les rejoindre. On a les adversaires qu'on mérite.

L’obscurantisme et le clergé statolâtre

Le train qui me mène à mon prochain périple roule péniblement dans la nuit naissante. BlutEngel chauffe mes oreilles, l’acier chauffe les rails, mais l’obscurité est froide et humide. Je repense à ce proviseur limogé, capitaine Dreyfus dont on casse sur la place de la Concorde l’épée, contre la cuisse de l’obscurantisme moderne, celui qui n’a rien à envier au clergé du XIIe siècle.

Cet obscurantisme, c'est celui qui consiste à ne plus croire en l’Eglise, mais en sa nouvelle réincarnation, l’Etat.

Naïf que j’étais, je croyais que les Lumières nous avaient averti des méfaits de l’ignorance couplée à l’irrationalisme, et que plus jamais, demain, l’individu ne serait l’enfant du temps de la marine à voile, qui, tel l’oisillon, attend dans son nid, le bec ouvert, le retour de sa génitrice. J’avais tort : l’homme n’a pas changé, et continue à tout attendre des autres, plutôt que de se retrousser les manches par lui-même. On a fait si souvent miroiter le grand soir ! La Révolution d’Octobre aurait pourtant du en alerter plus d’un, mais elle n’a pas empêchée 1936, 1968 ou 1981. Ni d’ailleurs le putsch paramilitaire de 1958, pour s’en tenir bien sûr à l’exemple français. A chaque fois, les illusions des faibles d’esprit ont trouvé leur écho dans les désillusions de leurs enfants, et j’en suis un. Mais le supplice de Tantale ne finira pas.

Aujourd’hui, on attend tout de l’Etat, qu’il contrôle les loyers, alors que ceci incite les propriétaires à ne plus louer voire même à vendre leurs logements pour investir dans des produits financiers, qu’il interdise le tabacs, tout en le taxant à 80%, qu’il subventionne les banlieues alors qu’il les a lui-même créées, qu’il lutte contre la précarité alors qu’elle provient du chômage causé par le salaire minimum, qu’il use un jour de l’arme atomique contre des gens qui ne m’ont rien fait, comme Chirac l’a rappelé très récemment, qu’il me culpabilise alors que le vrai coupable, c'est lui.

Revenons un instant à notre comparaison religieuse : l’Etat est le nouveau messie. Depuis Constantin et surtout Théodose, l’Eglise a considérablement assis son pouvoir sur la société, qui s’est alors confondu avec elle, pour n’être plus qu’une chrétienté. Saint Augustin s’est chargé de faire de l’Eglise le passage obligé de la rédemption. Le pape a été appelé à la rescousse par Charlemagne, qu’il a couronné à noël, et, nonobstant la querelle des Investitures, il a montré au temps béni des Croisades qu’il était le véritable patron. Lui, et pas le roi.

Aujourd'hui les choses n’ont pas fondamentalement changé : l’Etat prétend gouverner toute la société, sans exception, et ses thuriféraires, bien plus nombreux que les maigres et fauchés opposants que nous sommes – ils ne manqueront pas d’ailleurs de me gaver de messages d’insultes ici même, comme d’habitude – professent la parole officielle, établie avec la subtilité d’un Beria au mieux de sa forme. On en revient toujours à Jouvenel : l’Etat a vaincu définitivement l’Eglise, et concentre à présent le pouvoir total, que nul ne peut lui contester. Les élus ne sont que les dépositaires temporaires d’un pouvoir qui les dépasse et de très loin, et qu’ils orientent à leur plus grand profit bien sûr.

Heureusement, moi qui ait le profil psychologique parfait de l’imbécile heureux, à en croire un psy de mes connaissances, je préfère donc en prendre mon parti et continuer à danser, comme la chanson de Saez. Et je vais bien m’amuser, puisqu’ici rien n’a de sens, et puis j’irai gentiment me coucher, même si demain rien n’ira mieux pour autant. Je crois bien que nous sommes donc tous des pions, contents d’être à genoux.

Cela étant, je serai bien d’accord avec le premier qui dira qu’il y a plus important dans la vie, à commencer par l’amour. Je n’en parle pas souvent, il faudra donc que j’y remédie, qu’en dites-vous ?

Puisque je citais à l’instant Saez, je finirai donc par Jeronimo :

J’ai les mains qui tremblent

Ce n’est pas la drogue

Ce sont les couleurs

De tes jolies robes

Que je n’oublie pas

J’ai les mains qui tremblent

Ce n’est pas l’alcool

Ce sont les paillettes

De tes yeux de braise

Qui ne s’effacent pas

Liberté, encore et toujours

Tout le monde sait à présent ce qu'il est arrivé au blog de Garfieldd, que je ne connaissais pas pour ma part. Il est archivé ici.

Loin du fond de l'affaire, car j'ignore la nature des éléments pornographiques ou des préférences sexuelles de ce blog et de son auteur, bien que je sois très très sceptique, il me semble que celle-ci est le reflet d'un décalage immense entre l'administration et l'évolution sociale. Comme l'écrit très bien Cyril :

Le décalage paraît immense entre une administration "choquée" et un blog publié sous un pseudonyme par un fonctionnaire qui n'y a jamais précisé dans quel établissement il travaillait. Ne voit-on pas que pour un Garfieldd qu'on pense avoir démasqué, il existe, en France ou ailleurs, des centaines de fonctionnaires qui s'expriment sur des blogs ? Ne comprend-on pas que ce mouvement est non seulement inéluctable, mais qu'il est résolument engagé ? Ne peut-on admettre que, tant qu'il demeure dans la légalité, l'individu prime sur la fonction qu'il exerce ? Que le blog n'est qu'un simple outil pour s'exprimer à titre individuel, sans représenter une quelconque institution, a fortiori s'il le fait de façon anonyme ?

Car, qu'on ne se trompe pas de combat, le caractère choquant de la révocation ne provient pas des préférences sexuelles de l'auteur du blog. C'est de liberté d'expression dont il s'agit. De respect de l'individu, de censure, de droit à l'anonymat, aussi. De liberté tout court, en somme.

En tant que fonctionnaire, je mesure les risques que je prends également. Je dois en tenir compte, pour l'avenir de ce blog. Cela étant, si personne ne fait front, jamais les choses ne changeront. Il faut pourtant que chacun prenne conscience de ce qui est en train de se passer sur le net en ce moment.

Evidemment, je me joins à la lettre de l'ami Eolas, disponible sous licence Creative commons et donc reproductible à l'infini.

EDIT : lire ici, le recours gracieux accepté par le ministre.

Questionnaire des sept familles

Pierrot me propose encore un questionnaire, mais cette fois-ci, je ne puis l’accuser de me persécuter, car l’idée initiale vient de Bertrand, comme il le précise sur son blog. Etant très souvent absent ces temps-ci, ou en tout cas loin du net, au grand dam d’Edmond, je profite de mon trajet en train pour faire ce que j’ai promis à Pierrot, c'est-à-dire répondre à ce foutu questionnaire ! Ce blog parlant de tout et de n’importe quoi, ledit questionnaire y a tout à fait sa place, bien évidemment, et je remercie donc Pierrot d’avoir pensé à moi.

Feu à présent.

7 Choses que vous voulez faire avant de mourir :

  • vivre !
  • lire l’intégrale de Julien Green (comme ça, ça me laisse du temps)
  • apprendre à chanter un peu mieux que Plastic Bertrand
  • écrire un bouquin pour les libertarés et autres papous
  • voir toute l’œuvre de Jean Rollin (euh, non, ça c'est déjà fait) ; disons, alors, celle de Joe d’Amato
  • arriver en fin à laisser Cameron Diaz, même si je lui fais un peu de mal
  • jouer le rôle-titre dans le remake de Blue Holocaust, puisque j'ai passé l'âge pour celui des Goonies.

7 Choses que vous faîtes bien :

  • la vaisselle (non, en fait, pas bien, mais souvent)
  • les pâtes en général, les capellini ai formaggio en particulier (per que mi mamma e italiana)
  • l’amour (quoi ? il est interdit d’être sincère, peut-être ?)
  • la lecture du journal : 45 secondes chrono, et encore, les rares fois où je le lis
  • désolé, j’ai pas d’autre idée
  • comme disait Julius à Caro Tresca, qui lui demandait ce qu’il faisait dans la vie : « je fais gaffe ! »

7 choses que vous ne pouvez/savez pas faire :

  • voter (comme Pierrot)
  • manger des fruits de mer, de la confiture et du nutella (pas ensemble, hein, ne déconnez pas svp)
  • l’amour à plus de quatre (comment ça, je suis prétentieux ?)
  • m’engager dans un parti politique, ou même adhérer
  • écouter un album d’Arielle Dombasle
  • mentir à une femme (à un homme, par contre…)
  • m’engueuler avec les gens qui ne partagent pas mes idées

(et sinon, comme Pierrot, la jupe ou la robe sur le pantalon, c'est nul les filles ; je sais que c'est un moyen efficace de porter une robe d’été en hiver, mais c'est franchement pas génial

7 CHOSES QUI VOUS ATTIRENT DANS LE SEXE OPPOSE :

(j’imagine qu’il faut comprendre « sur » le sexe opposé, et non pas « dans » stricto sensu, n’est-ce pas ?

  • la chute de rein (j’essaie d’être plus franc que certains – c'est incontestablement ce que je regarde en premier, même s’il me faut faire, disons, le tour du problème ;
  • les cheveux, surtout s’ils sont rares (j’adore les rousses, les cheveux des asiatiques aussi)
  • l’humour, incontestablement, surtout l’auto-dérision si la fille ou la femme est particulièrement belle (c'est une qualité exceptionnelle)
  • les seins, encore que je n’aime que les petits, voire les tout petits
  • l’ambition, car très franchement le genre « femme au foyer » de grand-papa m’attire très peu
  • la voix (j’accorde d’une manière générale, homme ou femme, une importance majeure à cet organe si particulier), qui doit être sensuelle, suave, assez grave mais pas éraillée, profonde, à la manière de celle de Muriel, du temps de Niagara, si vous voulez
  • les fesses ! (comment ça, je l’ai déjà dit ?)

7 CHOSES QUE VOUS DITES SOUVENT :

  • oh, putain de merde !
  • ça l’fait grave, là (c'est mon côté banlieue, pas chic du tout)
  • ça déchire sa race, c'est mortel (idem)
  • je t’aime (et à la même, hein)
  • c'est pas grave (mon côté imbécile heureux, ascendant irresponsable)
  • fait chier (jusqu’à trente fois par jour, facilement) ; souvent accolé du reste au premier item, mais plus rarement au quatrième
  • tibie ! (vous ne pouvez pas comprendre, c'est une private joke)

7 BEGUINS POUR DES CELEBRITES :

Argh ! question atrocement difficile ! disons qu’il s’agit ici plutôt de sept noms qui me viennent à l’esprit.

  • Angelina Jolie : ce n’est pas pour rien si elle illustre le flux RSS de ce blog ; ça me fait penser qu’il faut que j’aille voir un sorcier vaudou de ma connaissance, maître M’blabla, pour qu’il s’occupe du cas de Brad, qui m’agace profondément ces temps-ci
  • Cameron, si elle n’était pas aussi collante
  • Marie Noelly : que deviens-tu Marie-Noëlle, où es-tu ? pourquoi ne me contactes-tu plus ?
  • Marylin Jess : mêmes remarques !
  • Kylie Minogue, à qui je souhaite un prompt rétablissement au passage
  • L’agent Scully (quand je vous disais que j’aimais les rousses)
  • Alyssa Milano, dont je vous parlerai sans doute un jour, qui me fascine depuis Commando (ce n’est pas de la pédophilie, j’avais sensiblement le même âge qu’elle, à l’époque – et aujourd’hui encore, bien évidemment)

7 PERSONNES DONT VOUS AIMERIEZ QU’ILS REPONDENT A CE QUESTIONNAIRE :

  • citoyen durable, parce qu’il écrit si bien sur la vie de tous les jours, que j’aimerais connaître un peu mieux la sienne ;
  • le patron du Crocell Café, pour à peu près les mêmes raisons ;
  • Lafronde, que je ne revois plus par ici, et qui à mon avis ne répondra pas (je peux me tromper)
  • Ataegina, dont le blog revit depuis peu
  • Arnaud, parce que j’aimerais le lire sur un peu autre chose que la politique parfois
  • Deckard, de Bruxelles-ma ville, dont le blog est vraiment agréable (et justement récompensé par un grand nombre de lecteurs)
  • L’un de mes amis de Chacun pour soi, Chitah par exemple, ou encore Constantin.

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