Je poursuis donc ma petite enquête relative aux vicissitudes causées par les dérives des élus lyonnais, des élus socialistes pour être précis. Voyons en effet pourquoi la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) se demande si certains marchés publics du Grand Lyon, la communauté urbaine, ne font pas l'objet d'un deal général, élus - entreprises, au détriment bien sûr des contribuables. Les parkings et la voirie sont des pistes privilégiées, mais pas exhaustives pour autant.

Tout remonte au mois d'octobre dernier, lorsque Patrick Bertrand, vice-président chargé des DSP (délégations de service public) et issu de la société civile, a choisi de démissionner en fanfare. Il affirmait à l'époque que les marchés étaient "pipés" dans son dos. Du reste, il ne faisait de la sorte que rappeler les conclusions du rapport définitif de la CRC (Chambre régionale des comptes) Rhône-Alpes de 1998, qui appelait déjà à plus de concurrence et de "transparence". Citons-le :

Je n'ai pas envie de jouer plus longtemps les guignols sur les marchés de concession que je pense pipés (...) sur le plan de l'éthique parce que, la plupart du temps, les bénéficiaires sont connus d'avance. (...) De même, en matière d'appels d'offres pour les marchés de voirie, nous avons laissé trois grands groupes nationaux (Eiffage, Bouygues et Vinci, ndC) se répartir les marchés, ce qui est de nature à entraîner des surcoûts que j'ai chiffrés à 10 - 15 millions d'euros par an pour les seuls marchés répétitifs annuels. J'en ai d'ailleurs fait part à l'assemblée communautaire en janvier 2004. Et comme par hasard... quelques mois plus tard, j'ai été écarté de cette commission d'appels d'offres.

Alors la police judiciaire vient de procéder à une perquisition de 12 heures, tant au siège du Grand Lyon qu'à celui des entreprises de parkings qui sont soupçonnées de s'être entendues. Gérard Collomb, le maire socialiste de la ville de Lyon et le président du Grand Lyon, a choisi de porter l'affaire sur un terrain politique, en accusant la droite et Dominique Perben tout particulièrement d'avoir fomenté une espèce de complot. Ses gesticulations sont assez étonnantes de la part de quelqu'un qui prétend être blanc comme neige.

Enfin, cette affaire, pour être grave, n'est qu'un volet d'une série d'autres qui concernent directement le premier magistrat de Lyon : je citerai notamment le cas de la "salle 3000", l'une des plus grandes salles de congrès au monde, en cours de construction. Alors qu'il existe une infinité de sociétés intéressées, une seule, comme par le plus grand des hasards, a déposé une offre que les élus ont jugé recevable ; et lorsqu'on sait que son patron, Olivier Ginon, est un proche du maire, on se dit que vraiment, parfois, le hasard fait bien les choses.

Il en est de même pour Eurexpo et la Sucrière, les deux autres complexes de congrès de Lyon, là encore au bénéfice de Ginon. Le brave homme, qui aura bientôt un monopole légal sur l'organisation de toute festivité d'importance à Lyon, saura, on l'espère, remercier son mentor.

Enfin, je citerai également le cas du marché de chauffage urbain, attribué par la communauté urbaine à Dalkia, pour un montant non négligeable de 250 millions d'euros. Le problème est que les règles de transparence et d'égalité de traitement n'ont pas été respectées, et ce marché est donc en passe d'être annulé.