Le candidat conservateur Lech Kaczynski, à l'heure où j'écris ces quelques lignes, aurait remporté les élections présidentielles polonaises. Son adversaire, le libéral Donald Tusk, serait donc défait.

C'est une grande déception, doublée d'une réflexion sur ce qui me semble être le prémice d'une future recomposition politique ; pour une fois en effet, une très rare fois, on observe un affrontement clair entre les deux camps que tout oppose : les conservateurs et les libéraux. En France on en est loin. Je n'oublie pas que les libéraux travaillistes s'opposent de longue date aux conservateurs travaillistes ainsi qu'aux conservateurs tories ; que le FDP allemand a été récemment laminé ; que partout en Europe, pour ne pas parler des USA, les libéraux sont déchirés entre les sociaux-démocrates d'une part, les pro-market d'autre part.

Pour autant, là est selon moi l'avenir : la ligne de fracture se déplace progressivement, en France essentiellement depuis le revirement monétaire de 1983, et depuis lors la longue marche des libéraux suit son cours, car ce qui rapproche le centre-gauche et le centre-droit est plus grand que ce qui les divise. Non qu'il faille gouverner au centre, mais que le libéralisme soit le vrai avenir.