Film coréen (2004) de Joon-ho Bong. Avec Kang-ho Song, Kim Sang-kyung, Hee-Bong Byun.

En 1986, dans la province de Gyunggi, le corps d'une jeune femme violée puis assassinée est retrouvé dans la campagne. Deux mois plus tard, d'autres crimes similaires ont lieu. Dans un pays qui n'a jamais connu de telles atrocités, la rumeur d'actes commis par un serial killer grandit de jour en jour.

Une unité spéciale de la police est ainsi créée dans la région afin de trouver rapidement le coupable. Elle est placée sous les ordres d'un policier local et d'un détective spécialement envoyé de Séoul à sa demande. Devant l'absence de preuves concrètes, les deux hommes sombrent peu à peu dans le doute...

Premier film du réalisateur Joon-ho Bong, l'histoire de Memories of murder est inspirée de faits réels, qui se sont déroulés entre 1986 et 1991. Le premier Serial Killer de toute l'histoire de la Corée viola et assassinat dix femmes, dans un rayon de deux kilomètres. La plus âgée des victimes avait 71 ans. La plus jeune était une écolière de 13 ans. Le meurtrier n'a jamais laissé d'indices derrière lui. Plus de 3000 suspects furent interrogés et au final, plus de 300 000 policiers ont été mobilisés pour l'enquête. Personne ne fut jamais inculpé pour ces crimes.

Comme l'écrit Ecran large :

Memories of Murder ne se contente pas d’être un simple thriller. Le réalisateur propose une alliance subtile de tonalités : tragique, comique, dramatique, intime... à travers une galerie de personnages presque caricaturaux, mais au final assez juste. Ancré dans le contexte social et économique coréen des années 80, le film impose son aspect documentaire de façon troublante. Pour appuyer d’avantage le cœur même de son récit (la recherche du meurtrier de plusieurs jeunes filles préalablement torturées), Bong Joon-Ho axe sa mise en scène sur la thématique de l’identité. Cette quête absolue d’un coupable n’est autre qu’un miroir tendu aux comportements enfouis de chacun des intervenants. Et si la fin ne délivre pas son choc immédiatement, elle inscrit, en chacun de nous, une souffrance et une rage qu’un dernier et ultime regard à la caméra finit de rendre palpable par son extrême impuissance et ses éternelles lamentations.

C'est un peu pompeux, mais assez juste au final. Sans déflorer le film, j'ajouterai juste que j'adore pour ma part les films qui ne s'achèvent pas sur un happy end. Et tel est parfaitement le cas de celui-ci, pris entre une galerie de portraits tous plus improbables les uns que les autres. Le parfait salaud, à la beauté suspecte, qui pourtant n'a rien fait, le flic véreux, qui tabasse ses victimes expiatoires, son collègue stupide malgré sa bonne volonté, l'inspecteur venu tout droit de Séoul, qui sombre peu à peu, le coupable idéal, débile mais pacifique, voici quelques-uns des specimen de cette faune interlope.

Une ambiance lourde, sombre sinon nocturne, empreinte d'humidité et d'angoisse, voilà qui complète enfin cet excellent tableau. Dois-je encore vous dire qu'il s'agit d'un excellent film policier, primé à Cognac ?