Jeu à la con (en réponse à Pierrot)

L’ami Pierrot, via Pacsdecro, me transmet le petit jeu suivant :

1 - Aller faire un tour dans ses archives.

2 - Retrouver sa 23ème note

3 - Retrouver sa 5ème phrase

4 - Publier la phrase et ses 5 instructions

Bon et bien je m'y colle.

Citation (un billet consacré à Zapatero et à sa lutte contre les violences domestiques faites aux femmes espagnoles) :

Ah je ne dis pas que ce n'est pas intéressant, qu'il n'y a pas des femmes soumises voire battues en Espagne, bla bla bla.

5 - Obliger 5 autres couillons à en faire pareil (tous les liens sont dans mes favoris).

  • Le patron du Corcell Café
  • Pankkake
  • Taranne
  • Lafronde
  • Arnaud

Les vrais humanistes

Pardon de procéder encore par citation, mais je préfère graver ici dans le marbre un texte presque intégral de mon ami Nicolas. Outre le fait que je partage en tout point ses vues, je trouve que son effort de formulation sinon de synthèse est méritoire ; et que ce court texte en dit plus long que pas mal de discours. Qu'il en soit remercié !

Au début du XXème siècle vous aviez des individus qui se trompaient certes parce qu'ils étaient socialistes et proche des communistes, mais qui avaient tant de valeurs libérales par ailleurs. Souvenons-nous : non au racisme, non à la colonisation et à l'asservissement, non à la guerre comme le fit Jean Jaures, pacifiste, qui fut tué pour cette raison; oui à l'ouverture au monde, oui à la construction européenne, oui à la tolérance, oui au progrès...

Aujourd'hui, que sont-ils devenus ? On les a vus faire campagne contre le projet visant à établir une Constitution pour l'Europe. On les a vus traiter le commissaire européen Bolkestein de Franckestein, jouer sur la peur du plombier polonais... Que disaient-ils donc ? Non à la mondialisation, non au traité européen, non au plombier polonais, oui à la spécificité française, oui au modèle social français... Bientôt " la France aux français " ? Après tout, l'on peut bien parler de l'émergence d'une gauche xénophobe et anti-européenne depuis le vote NON du précédent scrutin, et aucun médias ne gauche n'a réussi à inverser la tendance. Le populisme, l'intolérance, voici ce que semblent être les valeurs de la gauche socialiste d'aujourd'hui. Tout le monde le dit, même des anti-libéraux soutenant le PS le reconnaissent et en ont peur.

Et qui sont donc les humanistes, les progressistes d'aujourd'hui, qui sont ceux qui aujourd'hui défendent la tolérance, l'ouverture des frontières, l'unification européenne, l'ouverture au monde, qui aujourd'hui défend le progrès social, qui s'est toujours opposé aux dictatures les plus cruelles, qui a placé l'humain, la liberté au centre de tout ? Les libéraux. Oui, ça peut faire rire. Pourtant, cela est tellement vrai. Les libéraux se sont opposés à la colonisation, à l'esclavage, au travail forcé des enfants, à la guerre, quelle qu'elle soit, ont toujours été favorables au progrès économique et social, à une révolution des moeurs ( on peut dire, à ce titre, que la révolution de 68 était à l'origine une révolution libérale ). La gauche véhicule elle aussi ces valeurs ? Et alors ! Nous ne sommes pas sectaires. Et d'ailleurs, rappelons que les premiers libéraux se situaient à gauche de l'échiquier politique... Mais ce fut un autre temps... La belle époque où on venait de renverser l'Ancien Régime, l'on venait de rédiger les droits de l'homme ( valeurs libérales par excellence ), où on consacra la séparation des pouvoirs. Puis tout le long du XIXème siècle, où s'opposèrent les tenants de la monarchie absolue et les libéraux.

Le salaire déficient

J'aime beaucoup ce billet de Jean-Louis, qu'en tout point je partage, et que du coup je vais citer in extenso ;

Pendant des années, les économistes keynésiens nous ont expliqué que la cause essentielle du chômage résidait dans l’insuffisance des salaires. Avides de faire un profit immédiat, les employeurs proposeraient des salaires trop bas, la généralisation de ce comportement aboutissant à une insuffisance de la demande globale.

Notons que ce principe de composition était l’occasion de rejeter le principe de la main invisible puisque la généralisation de comportements individuellement rationnels aboutissait, dans cette optique, à une situation néfaste au niveau social. Cet effet de composition a été enseigné à travers la « parabole du spectateur » : si un individu se lève pour mieux voir le spectacle, la généralisation de ce comportement est néfaste pour tout le monde puisque personne ne gagnera à ce que tout le monde se lève. Ce type de situation a donné lieu à des modélisations raffinées dans le cadre de la théorie des jeux. C’est cet argument qui a permis de rejeter le principe de libre négociation et de liberté du contrat de travail pour privilégier la négociation collective monopolisée par des syndicats. Cependant, il faut remarquer que le même argument pourrait être invoqué pour remettre en cause la négociation collective elle-même : s’il est rationnel de vouloir augmenter le salaire d’un employé performant, la généralisation aveugle d’une telle hausse, via les conventions collectives ou les grilles d’indexation, nourrit une hausse structurelle des coûts salariaux sans rapport avec le niveau réel des qualifications. C’est bien là le facteur principal du chômage actuel.

Mais revenons à la théorie keynésienne des salaires. Après avoir dénoncé les méfaits des mécanismes du marché du travail responsables de salaires de misère, les théories de la Nouvelle Economie Keynésienne (N.E.K.) nous expliquent aujourd’hui, à grands renforts d’équations, quasiment le contraire. La théorie du salaire d’efficience résume bien cette nouvelle position. Selon cette théorie, les employeurs, dans un souci d’attirer les meilleurs employés ou de conserver les plus motivés et retenir les plus qualifiés (de limiter le turn-over), vont proposer des salaires supérieurs au salaire d’équilibre. Si on laisse alors les agents libres de s’entendre autour de la détermination d’un tel salaire d’efficience, la généralisation de ce comportement aboutira au niveau macroéconomique à un chômage qualifié « d’équilibre ». En effet, ce chômage ne résulte aucunement d’entraves au libre fonctionnement du marché mais provient du fait que les agents s’entendent spontanément sur des niveaux de salaires qui ne permettent pas de résorber le chômage.

Même si l’on admet implicitement que les employeurs ne sont plus d’avides exploiteurs, ils produisent à leur insu le chômage en voulant récompenser les plus compétents ! Encore une fois, derrière la « nouvelle économie du travail » se cache à peine une vieille antienne : c’est toujours une façon de montrer que l’intérêt privé des employeurs (attirer et retenir les meilleurs employés) génère un coût social (un chômage permanent) que les autorités ne sauraient tolérer. Qu’ils baissent honteusement les salaires pour engranger un profit immédiat ou qu’ils augmentent les salaires afin de valoriser les compétences, les employeurs sont toujours suspectés d’être les véritables responsables du chômage. Voilà ce qu’il faut savoir lire derrière les équations de la nouvelle économie.

Solidarnosc

Le candidat conservateur Lech Kaczynski, à l'heure où j'écris ces quelques lignes, aurait remporté les élections présidentielles polonaises. Son adversaire, le libéral Donald Tusk, serait donc défait.

C'est une grande déception, doublée d'une réflexion sur ce qui me semble être le prémice d'une future recomposition politique ; pour une fois en effet, une très rare fois, on observe un affrontement clair entre les deux camps que tout oppose : les conservateurs et les libéraux. En France on en est loin. Je n'oublie pas que les libéraux travaillistes s'opposent de longue date aux conservateurs travaillistes ainsi qu'aux conservateurs tories ; que le FDP allemand a été récemment laminé ; que partout en Europe, pour ne pas parler des USA, les libéraux sont déchirés entre les sociaux-démocrates d'une part, les pro-market d'autre part.

Pour autant, là est selon moi l'avenir : la ligne de fracture se déplace progressivement, en France essentiellement depuis le revirement monétaire de 1983, et depuis lors la longue marche des libéraux suit son cours, car ce qui rapproche le centre-gauche et le centre-droit est plus grand que ce qui les divise. Non qu'il faille gouverner au centre, mais que le libéralisme soit le vrai avenir.

Tabatha Cash

Je n'aime pas trop cette actrice, qui s'appelle dans la vraie vie Céline Barbe, mais je me dois d'en parler pour une raison simple mais légitime : nous sommes nés tous deux très exactement le même jour (et oui, comme cela vous connaîtrez précisément mon âge).

Je n'ai pas vu beaucoup de films d'elle, mais je crois savoir qu'elle a la sale réputation d'être une menteuse doublée d'une mytho. Elle a triché sur ses origines soi-disant exotiques, sur son passé, sur sa vie. C'était une animatrice médiocre de la station de radio Skyrock, et sa présence sur Canal + laissait vraiment à désirer (dans tous les sens du terme).

Si vous parle d'elle à présent, c'est essentiellement parce que j'avais prévu ce billet il y a fort longtemps déjà, pour au final l'avoir laissé bien trop de côté. Je le reprends donc, quitte à faire relativement bref. Je ne vous parlerai donc uniquement des films que j'ai vu, ou qui m'ont laissé un quelconque souvenir.

Je peux donc vous parler de Rêves de cuir 2 (1993), de Francis Leroi, film dans lequel elle n'excelle pas vraiment, mais dont le scénario, lui, est tout à fait honorable. N'J De Bahia, elle, a une excellente scène. C'est une capricorne elle aussi, au passage. De même que Deborah bien sûr, dont je vous ai déjà parlé, qui, on s'en doute à présent, est elle aussi une capricorne. 3 hots d'or pour ce film, qui met à mal la bien-séance petite bourgeoise, pour parler comme Sartre. Un thriller à deux euros, un conte immoral parfait, des scènes assez chaudes, voici le résumé que je fais de ce film.

Céline a aussi tourné plusieurs épisodes des nouvelles Emmanuelle, comme sa copine Julia Chanel, et sous son vrai nom, mais je ne les ai pas vu.

Elle a un rôle intéressant dans Adolescence perverse, même si ce film italien n'est pas terrible. Elle a un rôle nul et inexistant dans Les Visiteuses, alors qu'elle en constituait le principal attrait commercial. Tout ceci en 1993. Elle tourne encore beaucoup en 1994 et 1995, mais perd de sa superbe, devant l'arrivée de Draghixha puis de Laure Sinclair, et l'apogée de Deborah Wells. Elle a tourné dans quelques gonzos aux noms toujours imagés, tels que, par exemple, Gang Bang Girl 9, Anal Delights 3, Foreign Fucks & Sucks, et j'en passe.

Elle tourne ensuite un petit peu dans des films mainstream, tels que Rai (1995), écrit par Cyril Collard, dans lequel elle joue le rôle de Sahlia, une belle beurette.

Voilà, je n'ai rien de plus à dire, sinon que je regrette vivement la Céline des débuts, alors qu'elle n'avait pas encore les seins refaits. Dieu qu'elle était plus belle !

Les photos sont ici, et réservées à un public (très) averti !

Bébert, prix Nobel d'économie

A lire ici ou là

Haricot vert... luisant

Je sais qu'il est bien tard pour évoquer ce billet du Maître du monde, néanmoins, si d'aventure certains parmi vous ne le connaissent pas, je vous invite toutefois à découvrir ce que fait l'Etat (belge en l'occurence, mais la démarche est la même ici) avec l'argent de ses contribuables. Ou comment réveiller le Lou qui sommeille en vous...

Podcastagnettes


Copeaudcast enregistré le 3 octobre dernier.

  • Fichier de flux Cliquez ici
  • Longueur 8683997
  • Date Sat, 15 Oct 2005 14:21:05 GMT
  • Type audio/mpeg
  • guid Copeaudcast_du_3_octobre_2005.mp3
  • Durée du flux 00:09:02

Du kérosène à la vapeur

Bloguer est ni quelque chose de simple, ni quelque chose d’aisé. Plus exactement, il est bien difficile, et j’en suis présentement le témoin, de tenir un rythme relativement régulier d’actualisation écrite et / ou orale dudit blog, pour qui n’a pas un temps démesuré à lui consacrer.

Une autre difficulté se fait toutefois jour : il faut trouver, ou cultiver, une certaine inspiration quant aux sujets abordés. Et ce n’est pas toujours, loin s’en faut, une sinécure. J’admire mes amis Lafronde, Martin, Pierrot, Laure, Fred et les autres, qui, eux, ne s’assèchent pas comme une rivière en été. Leur verve, leur fertilité verbale me plaît et m’impressionne.

J’admire aussi la qualité de la prose d’un Harry ou d’un Eskoh, d’un Eolas ou d’un Faré. D’autant que je ne maîtrise pas leur plume, et que la simple vue d’un popotin tel que celui de Jennifer Lopez, actuellement à la télé, suffit très largement à me détourner de mes nobles ambitions.

Pour autant, je poursuis et je poursuivrai encore ce blog. J’ai sous le coude plusieurs billets en préparation, notamment relatifs à ma (re)lecture des ouvrages de Philippe Simonnot, ou encore quelques podcasts pas toujours d’une utilité incontestable (et c'est un euphémisme), mais qui ont néanmoins le mérite d’exister. Et du reste, le temps me manque même pour que je puisse remplir mon moteur cérébral du carburant nécessaire et essentiel à toute réflexion, à tout projet de billet bloguien : je ne lis plus que très peu, trop peu, et rien n’échappe à la disette mentale. Il s’agit aussi bien de la presse quotidienne, souvent dispensable il est vrai, hormis pour qui veut se tenir informé des événements en cours, et qui ne souhaite pas opiner du chef à toutes les péroraisons des couturiers du prêt-à-penser, que des livres de fond, que j’affectionnais tout particulièrement jadis. Dussé-je vouloir faire de mon parcours intellectuel, même si la formule est ampoulée et prétentieuse, un moteur à réaction, s’abreuvant de kérosène ? Je n’ai en réalité qu’une roue à eau, qui ne connaît même pas la vapeur. Et l’eau n’est pas être pas la meilleure allusion, à moins de la concevoir comme de l’eau-de-vie, tant mon moteur personnel semble imbibé d’alcool et a l’haleine chargée.

On a tous ses coups de spleen, et Beaudelaire ne nous est d’aucun secours. Je ne puis m’empêcher de réciter dans ma tête sinon à voix haute des strophes de la Béatrice,

La Reine de mon cœur au regard nonpareil

Qui riait avec eux de ma sombre détresse

Et leur versait parfois quelques sales caresses

Texte que je connaissais bien sûr, mais que l’écoute intense du single de Glis m’a fait découvrir sous un autre jour.

Pourtant tout va bien, ne vous méprenez pas ! Il s’agit juste d’un manque de motivation, de temps et d’inspiration, dont je tenais à m’expliquer et à m’excuser auprès de vous. Sans doute un manque passager, qui cessera aussi vite que la rupture en moi s’opérera. Et pendant ce temps, je cultive mon coefficient de sociabilité, qui tel un envol d’oiseaux migrateurs, se dresse fièrement et s’accroît plus vite que ne roule l’Orient-express. Je ne suis pas certain que cette dernière phrase ait un sens, mais elle me plaît assez.

Pour changer de sujet, je vous parlerai sans doute prochainement d’un ouvrage de François de Singly, intitulé les Uns avec les autres, ou quand l’individualisme crée du lien, n’en déplaise aux Cassandre zé aux collectivistes de toute religion. Et je suis prolixe depuis les dernières vingt-quatres heures, hein ? ;)

Le parfum de la dame en noir

Film (2004) réalisé par Bruno Podalydès, avec Denis Podalydès, Jean-Noël Brouté, Pierre Arditi



Genre : Policier, Comédie

La suite de la saga de l'adaptation de l'oeuvre de Gaston Leroux. Tout d'abord le synopsis, extrait d'allocine.fr :

Mathilde Stangerson et Robert Darzac, fraîchement mariés, se rendent en villégiature chez leurs amis Edith et Arthur Rance au Château d'Hercule. Mais Larsan réapparaît sur leur chemin et terrorise encore la belle Mathilde. Rouletabille, toujours aidé de son fidèle Sainclair, va mener l'enquête pour découvrir comment Larsan est parvenu à s'introduire dans le château fort...

Gloups... la tension monte d'un cran.

Autant j'avais lu le Mystère de la chambre jaune, comme la plupart des collégiens français, autant je n'ai jamais lu ce roman-ci de Leroux. Comme on m'a dit du bien, mais vraiment sans plus, de la première adaptation cinématographique, je ne suis pas allé la voir au cinéma. Comme personne ou presque ne m'a entretenu de la seconde, je suis donc, en toute logique, allé la voir durant ce week-end, avec retard il est vrai.

Mon sentiment à la sortie est très positif. J'ai vraiment apprécié ce film. Drôle, incisif, formidablement bien tourné, voici quelles sont mes impressions. Enfin une comédie fine !!! (rien à voi avec Lingerie fine, avec Brigitte Lahaie). On rit, non pas parce qu’il faut rire de situations tirées par les cheveux, mais parce que c’est drôle, parce les acteurs (Edith, survoltée) sont drôles, et les dialogues aussi.

Pas facile à suivre, ni même à comprendre à certains moments, mais c'est précisément ce qui fait le charme de ce film subtil. Mon ami Pierrot dit ainsi, avec la verve unique qui le caractérise :

on comprend pourquoi je tiens à saluer ici comme il se doit Bruno Podalydès. Non que tous ses films soient des chefs-d’œuvre mais il y a chez lui une volonté d’imprimer une marque singulière au genre. Faire rire sans prendre le spectateur pour un demeuré. Arriver à concilier une certaine trivialité propre au genre avec un brin de finesse. Et surtout, ne pas se contenter de l’axiome qui dit que comédie égale indigence stylistique.

D'ailleurs, comme je n'ai pas spécialement le temps, je vous renvoie à sa critique !

A bientôt

Memories of murder

Film coréen (2004) de Joon-ho Bong. Avec Kang-ho Song, Kim Sang-kyung, Hee-Bong Byun.

En 1986, dans la province de Gyunggi, le corps d'une jeune femme violée puis assassinée est retrouvé dans la campagne. Deux mois plus tard, d'autres crimes similaires ont lieu. Dans un pays qui n'a jamais connu de telles atrocités, la rumeur d'actes commis par un serial killer grandit de jour en jour.

Une unité spéciale de la police est ainsi créée dans la région afin de trouver rapidement le coupable. Elle est placée sous les ordres d'un policier local et d'un détective spécialement envoyé de Séoul à sa demande. Devant l'absence de preuves concrètes, les deux hommes sombrent peu à peu dans le doute...

Premier film du réalisateur Joon-ho Bong, l'histoire de Memories of murder est inspirée de faits réels, qui se sont déroulés entre 1986 et 1991. Le premier Serial Killer de toute l'histoire de la Corée viola et assassinat dix femmes, dans un rayon de deux kilomètres. La plus âgée des victimes avait 71 ans. La plus jeune était une écolière de 13 ans. Le meurtrier n'a jamais laissé d'indices derrière lui. Plus de 3000 suspects furent interrogés et au final, plus de 300 000 policiers ont été mobilisés pour l'enquête. Personne ne fut jamais inculpé pour ces crimes.

Comme l'écrit Ecran large :

Memories of Murder ne se contente pas d’être un simple thriller. Le réalisateur propose une alliance subtile de tonalités : tragique, comique, dramatique, intime... à travers une galerie de personnages presque caricaturaux, mais au final assez juste. Ancré dans le contexte social et économique coréen des années 80, le film impose son aspect documentaire de façon troublante. Pour appuyer d’avantage le cœur même de son récit (la recherche du meurtrier de plusieurs jeunes filles préalablement torturées), Bong Joon-Ho axe sa mise en scène sur la thématique de l’identité. Cette quête absolue d’un coupable n’est autre qu’un miroir tendu aux comportements enfouis de chacun des intervenants. Et si la fin ne délivre pas son choc immédiatement, elle inscrit, en chacun de nous, une souffrance et une rage qu’un dernier et ultime regard à la caméra finit de rendre palpable par son extrême impuissance et ses éternelles lamentations.

C'est un peu pompeux, mais assez juste au final. Sans déflorer le film, j'ajouterai juste que j'adore pour ma part les films qui ne s'achèvent pas sur un happy end. Et tel est parfaitement le cas de celui-ci, pris entre une galerie de portraits tous plus improbables les uns que les autres. Le parfait salaud, à la beauté suspecte, qui pourtant n'a rien fait, le flic véreux, qui tabasse ses victimes expiatoires, son collègue stupide malgré sa bonne volonté, l'inspecteur venu tout droit de Séoul, qui sombre peu à peu, le coupable idéal, débile mais pacifique, voici quelques-uns des specimen de cette faune interlope.

Une ambiance lourde, sombre sinon nocturne, empreinte d'humidité et d'angoisse, voilà qui complète enfin cet excellent tableau. Dois-je encore vous dire qu'il s'agit d'un excellent film policier, primé à Cognac ?

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