Exotica

Film d'Atom Egoyan, avec Arsinee Khanjian, Sarah Polley (1994).

Thomas est trafiquant d'oiseaux exotiques, amateur de ballets et de jeunes "minets" qu'il se plaît à admirer pendant leur prestation. Depuis que sa fille est morte, Francis se rend un soir sur deux à l'Exotica, une boîte de strip-tease. Christina y exhibe ses charmes un soir sur deux pour Francis. Eric, animateur de la boîte, vit avec elle et afin d'éloigner Francis, incite celui-ci à transgresser le réglement du club...

Le cinéaste canadien, né de parents arméniens, a depuis toujours eu des penchants copeauiens : Howard in Particular, After Grad With Dad, Peep Show, Open House… traitent déjà de thèmes qui lui sont chers et qu'il continuera de développer par la suite : voyeurisme, schizophrénie, fétichisme et obsession.

Exotica, son sixième film, sera primé par le prix International de la critique au festival de Cannes.

On se souvient de Family Viewing, qui avait filmé en vidéo tous les événements de sa vie familiale, et puis qui efface ces cassettes en enregistrant par-dessus ses ébats avec sa nouvelle compagne. À force de revoir en boucle les images de son frère décédé, l’héroïne de Speaking Parts engage un acteur pour l’incarner dans un film qu’elle a écrit. Or cet acteur, qui assure son quotidien en travaillant dans un hôtel, est adulé par une collègue camériste, amoureuse transie qui loue tous ses films pour y traquer ses figurations. De la même manière, le protagoniste d’Adjuster, qui travaille dans une compagnie d’assurances, demande aux victimes des sinistres des photos de leur vie passée qu’il s’acharne à reconstituer dans leur chambre de motel. Dans le même film, un riche millionnaire se plaît à mettre en scène dans la vie ses fantasmes et ceux de son épouse pour mieux les filmer ensuite. Chaque fois, le voyeur tente de sublimer ses désirs et ses frustrations dans des dispositifs où il se découvre lui-même.

Je laisse la parole à Philippe Rouyer :

Cette construction est exacerbée dans Exotica, où chaque personnage sert de miroir à un autre. C’est ainsi que le lien que tisse Francis, le contrôleur fiscal, avec Christina, la strip-teaseuse, renvoie à leur passé commun, passé où a interféré Éric, animateur du club et amant de la jeune fille. De son côté, Thomas, le marchand d’animaux, se rend à l’opéra pour y épier ses voisins de rangée, jeunes gens de couleur, à qui il a lui-même fourni les places. Comment le douanier, qui l’observait derrière une vitre dans la première scène à l’aéroport, va indirectement l’amener à l’Exotica, c’est tout le jeu de ce film en forme de puzzle dont Egoyan se plaît à assembler les morceaux pour en faire apparaître le motif caché dans le tapis.

Un bon film, malgré d'étonnantes longueurs. Une bande-son exceptionnelle, une photo excellente, une Christina sublime. A voir, même si c'est tout sauf un chef d'oeuvre.

Escape from hell

je ne suis pas totalement parti, j'ai même pu rencontrer durant la semaine dernière les amis DocMacToast, Fredo et Harry Tuttle de ZoneL. Ne vous focalisez pas sur le faible nombre de billets que je publie en ce moment ; ils ne sont pas le reflet de mon activité, qui est archi-débordante (et débandante, si j'ose dire).

Vous aurez de mes nouvelles bientôt, si toutefois avoir de mes nouvelles vous sied quelque peu.

Ubik

je ne suis pas très présent ces jours-ci. Je vous prie de m'en excuser. Je tenterai d'enregistrer un copeaudcast dans les prochains jours, et de vous parler philosophie, avec La liberté et la loi de Lucien Jaume. et aussi avec Tabatah Cash. :)

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