Dantik


Copeaudcast consacré aux Racines du mal, de Maurice G. Dantec, et à l'Homme doré, recueil de nouvelles de Philip K. Dick.

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  • Date Thu, 25 Aug 2005 12:56:49 GMT
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L'Homme doré

La piste familale

Chapitres précédents :

La famille est à la fois le berceau du droit naturel (quoi de plus naturel que la famille ?), mais aussi le lieu par excellence de la possession des corps. Kant légitimait cette possession par sa réciprocité, car pour lui la « communauté sexuelle » est l’usage réciproque des organes et des facultés sexuelles d’une personne par une autre personne. Cela ne peut donc se concevoir que dans le cadre du mariage, qui par définition pour Kant est civil. Hegel soutiendra au contraire que le mariage n’est pas contractuel, car il est en contradiction flagrante avec l’impératif catégorique kantien :

  • la volonté de contracter est le fait des individus, pas le mariage, qui est selon Hegel le fruit du déterminisme et de la raison
  • le lien contractuel est extérieur et contingent, tandis que le lien familial est absolu et immanent (ce point est difficilement contestable)
  • le contrat statue sur les choses, le mariage concerne les personnes.

Cela étant, Kant comme Hegel partagent en réalité un même fondement dans leur conception du mariage, celui issu du monde grec et romain, celui du pater familias. Philippe rappelle avec grande justesse, que le modèle de la famille rappelle fortement le modèle de l’Etat, à ceci près que la famille a sans doute servi de modèle à l’Etat. On pensait dans ces temps anciens que les vertus privées seules pouvaient garantir les vertus publiques, et que par conséquent les bons pères faisaient les bons citoyens.

Durant l’Antiquité, donc, la patria potestas était absolue. Elle s’exerçait sur tous les membres de la famille, esclaves compris, même sur les enfants majeurs, sur les fils qui n’avaient pas été émancipés, sur les filles tant qu’elles n’avaient pas été mariées. Les enfants n’avaient pas de droit héréditaire, car, à leur âge, nul ne savait s’ils vivraient jusqu’à l’âge adulte, compte tenu de la très forte mortalité infantile.

En un mot, la possession des corps est apparue comme une conséquence ou une condition de la possession des choses, et même de la préservation de cette possession. En effet, le pater familias devait prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher la division de sa propriété. Ceci prenait diverses formes :

  • Le pater familias avait un pouvoir sur les corps : il pouvait mettre à mort les filles sans recourir à une loi, notamment en cas d'adultère. Les jugements domestiques, plus généralement, étaient soustraient au contrôle de l'Etat ; le père évaluait la gravité de la faute et fixait la peine sur la base de ses critères personnels.
  • le pater familias avait aussi un pouvoir sur la vie quotidienne de la famille : il était le seul propriétaire des biens de la famille, de tous les biens, y compris sur ce que les enfants pouvaient y ajouter par leur propre travail, les dons et les legs. Le père pouvait même tuer ses enfants, y compris adultes, un peu à la manière de l'avortement aujourd'hui, car il était propriétaire de ses enfants, au sens plein du terme. Les abandons d'enfants étaient monnaie courante, certains étaient même mangés ou vendus. Si l'Eglise était très dure à l'encontre de l'infanticide, elle n'a en revanche rien trouvé à redire aux abandons d'enfants. Parce qu'elle y bénéficiait via la pratique de l'oblation, qui consistait à offrir un enfant à un monastère à titre définitif. Au surplus, l'Eglise s'opposait fermement à l'adoption, car, en l'absence d'une telle pratique, elle récupérait plus d'héritages laissés sans héritiers, lesquels venaient gonfler les caisses de ladite Eglise.

Pourquoi l'institution du pater familias a-t-elle changé ?

Pour Fustel de coulanges, la clé est religieuse. Puisqu'il y a une vie après la mort, il fallait que le lien entre les générations assure que l'âme du mort soit honorée convenablement. L'intérêt s'est donc substitué à l'altruisme, car il est de mon intérêt d'honorer mes ancêtres, il est aussi de mon intérêt d'avoir une descendance qui devra, elle aussi, honorer ma mémoire. Toute la puissance paternelle provient donc, selon Fustel, de la religion. Le mariage, la continuité familiale, la propriété privée, tout ceci provient de la religion et appartient à la famille plus qu'à l'individu.

Fustel ajoute que le droit de propriété eût été tout autre s'il avait été écrit par un législateur ; car en effet, celui-ci est bel et bien antérieur à l'Etat. Toute la déclinaison juridique du droit romain découle de ces préceptes ; le père est le chef suprême de la religion domestique, il est donc responsable de la perpétuité du culte ; la famille est indivisible et inaliénable. C'est elle le véritable propriétaire, le père n'en est que l'usufruitier. Ce dernier exerce par ailleurs une justice complète et sans appel.

En devenant une oeuvre humaine, la loi se reconnaît comme sujette au changement. Elle n'est plus une tradition saine, elle est un simple texte. Elle admet formellement que le patrimoine peut être partagé entre frères. Grâce à la Loi des Douze tables, la propriété passe ainsi de la famille à l'individu. Ce droit absolument nouveau, la religion ne l'a pas dicté. Il se rapproche bien plus d'une forme de droit naturel.

La suite dans quelques temps, je serai moins présent dans les prochaines semaines...

Suppression de la radio obscure

A cause de ceci (merci messieurs les statolâtres et autres censeurs papous), j'ai choisi de supprimer jusqu'à nouvel ordre la radio obscure, ainsi que la (ou plutôt les) copeaulations. Je tenterai à l'avenir de trouver une autre solution, aussi légère et modulable que la radio blog.

Je ne concluerai pas ce bref billet sans avoir invité la SACEM et ses éminents membres à aller se faire foutre, bien sûr.

Tabatha Cash : photos

51 photos

Marilyn Jess

Après quelques stars des années 80, ou de l'orée des années 90, remontons à présent encore un peu dans le temps pour parler un peu de la (super)star des années 70, j'ai nommé Marilyn Jess.

Qui est cette actrice, qui donne la réplique à Fabrice Luchini dans Emmanuelle 4 ? Qui est celle qui fut un certain temps l'égérie du journal Hara-Kiri, pour qui elle posait très court vétue dans des romans photos humoristiques ? Qui est celle qui est decapitée dans la décapotable du clip de Bernard Lavilliers, Idées noires ?

Je n'ai pas vu tant de films que cela de la belle, alors je citerai, pêle-mêle, Les Petites écolières, Sens interdits (tourné au crépuscule de sa carrière), Les Délices du Tossing, Adorable Lola, Parties de chasse en Sologne, La Femme objet, et puis ce doit être à peu près tout je pense (cf infra).

Comme le dit John B. Root :

En 76 c'était une époque bénie pour le cul, l'année où les films X étaient autorisés. Il y avait plus de films X que de films normaux. Les films étaient vachement bien, la production française avait de la gueule, des films en 35 mm avec des scénarios. (...) Des filles comme Marilyn Jess avaient 18 ans, j'avais 18 ans c'était le monde idéal ! On avait l'espoir que ça devienne quelque chose, et puis le censeur est passé avec la loi de finance, et foutu le X dans un petit ghetto, où il est toléré à condition d'être insignifiant.

Ce n'est pas une fausse remarque, loin de là.

Marilyn était donc la concurrente directe de l'autre (super)star de l'époque, vous l'avez déjà devinée bien sûr, il s'agit de Brigitte Lahaie. Pourquoi préférer la première à la seconde (ou le contraire, bien sûr) ? c'est très difficile de répondre intelligemment à cette question, mais je dirai que Marilyn avait un côté mutin et même "amateur", qui la mettait à l'exact opposé de Brigitte, qui, elle, donnait bien plus l'impression d'une mangeuse d'hommes. A bien des égards, Marilyn me rappelle Laure Sinclair, par exemple.

Il est bien plus difficile que je l'imaginais d'avoir des infos précises sur la belle. Née en 1959, sa carrière débute dans la deuxième moitié des années 70, avec Collégiennes à tout faire (1977). Evidemment, en cette période poétique, on sait que les titres des films X sont frappés du sceau du bon goût. J'ai pour ma part un penchant pour les quelques titres suivants : Déculottez-vous mesdemoiselles, Rien ne vaut la première fois, Charlotte, mouille sa culotte !, ou encore La Madone des pipes, de Bénazéraf, et j'en passe ! MAis il faut tout de même reconnaître que les films tournés par Marilyn n'ont pas un titre aussi trash que ceux de pas mal d'autres actrices... Elle a par ailleurs tourné plusieurs films américains dans les années 87-89, tels que Traci, I love you avec la célèbre Traci Lords, en 1987, ou encore Foxy Lady 12, avec bien sûr Teresa Orlowski.

Cheveux blonds platine (ce qui lui vaudra son surnom de "platinette" ou "patinette"), des courbes enivrantes, un regard magnétique et altier, Marilyn est la parfaite réponse européenne aux lolitas américaine : jeune, belle, oui, mais aussi aristocratique et glaciale. Des yeux vert-bruns, une poitrine naturelle mais généreuse, Marilyn a un caractère pétillant ; dans plusieurs films, on la voit notamment conduire une moto d'endurance. C'est d'ailleurs pour cela que la fin de sa carrière lui permettra de tourner aux States, notamment dans des quiches innommables telles que Grand Prixxx, de Fred J. Lincoln (1987), avec John Leslie, Joey Silvera, Christophe Clark ou encore Roberto Malone et un p'tit débutant, un certain Rocco Siffredi.

John lève un peu le voile sur ce qu'elle est devenue :

Marilyn Jess ? Je sais pas si c'est un secret ou non. Elle va très bien, elle est mère de deux enfants, elle est mariée à Michel Barny, réalisateur de pornos de l'époque bien connu. Elle est au moins aussi belle que lorsqu'elle avait 20 ans et elle a une pêche incroyable ! Ah là là, Marilyn ! Qu'est-ce que j'ai pu être ému par cette fille-là ! Elle a exactement mon âge donc, quand j'avais 18 ans et que je fréquentais les cinémas pornos, elle avait 18 ans aussi. Elle était la fille de mes rêves, la merveille des merveilles... Pour l'ado mal dans sa peau que j'étais à l'époque, elle était tout simplement fascinante.

Quelques critiques de films

Les Petites Ecolières (1980)

Synopsis : La ravissante et excitante directrice d'école, Brigitte Lahaie enseigne à ses écolières attentives et studieuses l'art des plaisirs sexuels de toutes natures. Cet enseignement passe par des travaux pratiques intenses. La grammaire ne s'intéresse qu'aux combinaisons masculines et féminines voire plurielles. La géographie se concentre sur les possibilités exploratrices des fellations et cunnilingus. Les punitions pour les mauvaises élèves sont impitoyablement sado-masochistes.

ouais ouais, ça c'est la jaquette, en réalité, il n'y a strictement rien de SM dans ce film, mais quelques scènes d'anthologie tout de même (la leçon de fellation, le gala de fin d'année scolaire, avec Marilyn dans le rôle du chaperon rouge, notamment).

La Femme objet (1980)

Peut-être mon préféré. Réalisé par Claude Mulot (Frédéric Lansac) qui, une nouvelle fois, tient le pari de faire quelque chose d'intéressant et de regardable avec ce type de cinéma. Un homme ayant d'immenses besoins sexuels, "fabrique" tel un Frankenstein en herbe une "femme objet" pour assouvir ses besoins (la plupart de ses femmes n'en pouvant plus dès le début du film)... Il réalise sous nos yeux le plus vil de nos fantasmes en quelque sorte !! Très sympa et rigolo, avec le fameux Richard Allan et l’ineffable Alban Ceray, que Ronnie Hayek a fort justement comparé à Bernard Pivot :).

Sens Interdits (1985)

Réalisé par Jean-Luc Brunet, il s'agit d'un polar hard sans grand intérêt, le film que j'ai le moins apprécié de tous. Marilyn a perdu son charme de jeunesse, et, malgré sa beauté rare, n'a plus le piquant de ses débuts.

Les Délices du tossing (1983)

Réalisé par Gérard Kikoïne, avec la brune Catherine Greiner dans le rôle principal, laquelle revient des USA pour présenter à ses copines françaises une toute nouvelle pratique amoureuse... La scène de Marilyn à l'arrère-boutique d'un magasin de vêtements est culte et comique. Bien évidemment, Cathy est plus connue sous le pseudo de Cathy Stewart.

Exhibition '79 (1979)

Je l'ai vu, mais je n'en ai gardé presqu'aucun souvenir.

Adorable Lola (1981)

Encore réalisé par Gérard Kikoïne, ce film est l'un des meilleurs de patinette. Elle y joue le rôle d'une call-girl, et on y trouve une scène mythique avec Pjotr Stanislas dans un train.

Vacances à Ibiza (1982)

Un film extrêmement chaud, à tout point de vue (à commencer par le climat). Avec un très bon casting, dans lequel on retrouve notamment Elodie Delage, qui jouait avec Marilyn dans Les petites écolières, Christine Black ou encore Marie-Claude Moreau, l'une des premières actrices hard black françaises.

Initiation d'une jeune marquise (1987)

Un film de capes et d'épées, ou en tout cas en costumes. Des scènes de plein air étonnantes. Une intrigue prenante, opposant deux marquises : celle de Bitenlair, et celle de Pompanoeud. Un rare exemple de légereté comique qui rappelle les années 70.

Les photos sont là, et vous ne pourrez pas les enregistrer :)

Hiroshima, mon âme meurt


Copeaudcast consacré à une brève analyse des fondements de la bombe atomique, aux rapports entre démocratie et totalitarisme, à la guerre nucléaire, à l'occasion du cinquantième anniversaire du bombardement d'Hiroshima. Et commentaires à l'article de Ronnie Hayek paru sur Chacun pour soi.

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  • Date Sun, 07 Aug 2005 14:23:08 GMT
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Radio obscure update

Plusieurs nouveautés dans la radio obscure, qui je l'espère vous plairont, ne serait-ce qu'un petit peu :

  • Deine Lakaien, avec Where your are (version VNV Nation, je sais Eskoh va hurler, lui qui adore la chanson d'origine. Et oui je sais tout, grâce à Ataé à vrai dire)
  • Assemblage 23, avec Cocoon, un des rares morceaux lent du Canadien Tom Shear
  • Evils Toy, Virtual State
  • Apoptygma Berzek, Arp (version 808), morceau pas très connu de nos amis norvégiens
  • No Doubt, avec la reprise de Come on Eileen par la sublime Gwen Stefani
  • Jefferson Starship, avec We Built this City (oui oui, on n'a peur de rien)
  • VNV Nation, avec Chrome, extrait de leur dernier album Matter and form. J'adore la sonorité très rèche de cette chanson, qui rappelle effectivement le son synthétique du métal (enfin, je ne suis pas sûr que ceci veuille dire grand chose)
  • Rammstein, avec Amerika, au refrain entêtant, extrait de Reise Reise. Certains trouvent culcul la praline cette chanson, moi je l'adore.
  • et enfin, le Delerium du mois, en l'occurence Heaven's Heart (Key South mix) (site non officiel).

Boooone écoute !

Le collectif des fascites volontaires

Une nouvelle parcelle de maïs génétiquement modifié a été détruite mardi après-midi à Neschers (Puy-de-Dôme). Deux autres parcelles de maïs OGM avaient été détruites dans la nuit de lundi à mardi à Issoire et au Broc (Puy-de-Dôme), une destruction revendiquée par le Collectif des faucheurs volontaires.

A Neschers, le saccage, pour l'instant non revendiqué, a eu lieu en plein jour, entre 15H30 et 19H30, heure à laquelle la destruction a été constatée, selon une source judiciaire. Le Collectif des faucheurs volontaires avait déjà revendiqué le saccage d'une première parcelle de maïs génétiquement modifié à Beaulieu (Puy-de-Dôme), dans la nuit du 18 au 19 juillet.

Je suis révolté de voir que personne ne semble réagir à ceci, sachant que les quatre parcelles endommagées sont exploitées par le laboratoire Meristem Therapeutics, qui travaille à la production de lipase gastrique, destinée à tenter de soulager les patients atteints de mucoviscidose, et à la production d'anticorps anti-cancéreux.

Ces types sont des fascistes, des fanatiques et des violents. On met en taule pour trois fois rien des types qui fument du shit, ou qui fraudent le fisc. On ferait mieux de s'attaquer aux vrais dangers de la société contemporaine, et laisser les autres tranquilles.

Comme le dit Pierre-Ernest, la motivation réelle des faucheurs d'OGM est très simple : les tests réalisés le sont actuellement principalement dans le but de prouver l'innocuité des OGM en question : si vous cassez l'éprouvette, vous empêchez (ou vous retardez ) la preuve. C'est aussi simple que cela.

Chitah ajoute :

La mucovicidose est une maladie horrible, ici les cultures OGM ne servent pas à aider des entreprises agro alimentaires à baisser leurs coûts pour s'en mettre plein les poches, il s'agit de soigner des gosses de moins de cinq ans pour la plupart.

Meristem Therapeutics est une entreprise prometteuse, leur molécule est actuellement en phase III, ce qui pourrait signifier, hors retards dus à des boulets comme ces satanés faucheurs, une sortie de médicament d'ici quelques années.

No comment.

Michel Farinet, chanteur engagé

Je ne résiste pas au plaisir de remercier Walter-Rebuttand, qui m'a récemment fait découvrir l'un des meilleurs chanteurs français contemporains, en la personne de Michel Farinet, chanteur engagé qui n'hésite pas à dénoncer l'injustice qui sévit dans notre monde égoïste. Un must. Voici donc quelques chansons de Michel, en libre écoute sur copeau.org.

Je sens que je vais faire pas mal de jaloux et d'envieux !

Brueghel l'Ancien :

L'euro notre monnaie :

La belle marche de l'euro :

La marche pour les enfants :

Milite pour un monde plus éthique (la meilleure pour la fin) :

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