Or, d'un point de vue rationnel, la collectivité n'existe pas. Un immeuble n'est pas en premier lieu le fruit d'une entité collective. Il est d'abord le résultat des travaux conjoints d'une multitude d'individus, auxquels, pour se faire, se rattachent une multitude plus grande encore d'intérêts temporairement convergents. La société n'a pas de dimension collective, elle n'est que le résultat d'actions de coopérations individuelles ponctuelles et répétées. La " collectivité " n'a pas de vie propre, elle n'a pas de réalité tangible, et elle est autant une abstraction autant une chimère de l'esprit. Elle est une illusion, comme celui qui, se trouvant en avion à 7 000 mètres d'altitude au-dessus d'un océan, regarde ce dernier de là-haut et en conclut que cette mer est exactement comme sur son atlas en papier : une globalité, une grande surface bleu, immobile, uniforme et parfaitement lisse.

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