L’histoire vue comme une course-poursuite entre le pouvoir d’Etat et la puissance sociale

Comme les deux formes basiques et mutuellement exclusives d’interrelations entre les hommes sont ou bien la coopération paisible ou bien l’exploitation coercitive, la production ou bien la prédation, ainsi l'histoire de l'humanité, en particulier l’histoire de son économie, peut être considérée comme un combat entre ces deux principes. D'une part, il y a productivité créatrice, échange paisible et coopération ; de l'autre, dictature coercitive et prédation imposées à ces relations sociales. Albert Jay Nock a nommé avec brio ces forces de contestation : « puissance sociale » et « pouvoir d'Etat »[1]. La puissance sociale est le pouvoir de l’homme sur la nature, sa transformation coopérative des ressources de la nature et l’aperçu de la loi naturelle, au profit de tous les individus participants. La puissance sociale est le pouvoir sur la nature, et les conditions de vie réalisées par les hommes grâce à l'échange mutuel. Le pouvoir d’Etat, comme nous avons vu, est la saisie coercitive et parasitaire de cette production – il assèche les fruits de la société au profit de dirigeants non productifs (sinon réellement anti-productifs). Tandis que la puissance sociale touche à la nature, le pouvoir d'Etat est le pouvoir sur l’homme. Tout au long de l'histoire, les forces productives et créatives de l’homme ont sculpté, maintes et maintes fois, de nouvelles manières de transformer la nature au bénéfice de l'homme. C’était du temps où la puissance sociale a jailli à la face du pouvoir d’Etat, et où l’empiétement de l’Etat a considérablement diminué. Mais à chaque fois, après un délai plus ou moins long, l'Etat a pénétré ces nouveaux secteurs, pour estropier et confisquer la puissance sociale une fois encore[2]. Si la période du XVIIe au XIXe siècle a été, dans beaucoup de pays occidentaux, une phase d'accélération de la puissance sociale, et en corollaire d’amélioration de la liberté, de la paix et du bien-être matériel, le vingtième siècle a été principalement un âge dans lequel le pouvoir d’Etat l’a rattrapé – avec pour conséquence un retour à l'esclavage, à la guerre et à la destruction[3].

En ce siècle, la race humaine fait face, à nouveau, au règne virulent de l'Etat - de l'Etat armé à présent des fruits de la puissance créatrice de l'homme, confisqués et perverti au bénéfice des objectifs de l’Etat. Les derniers siècles étaient des périodes durant lesquelles les hommes ont essayé de créer des limites constitutionnelles ou autres au pouvoir de l'Etat, pour constater finalement que de telles limites, tout comme tout autre tentative, ont échoué. Des nombreuses formes que les gouvernements ont pris au fil les siècles, de tous les concepts et institutions qui ont été essayés, aucun n'a réussi à maintenir l'Etat sous contrôle. Le problème de l'Etat est évidemment très loin d’être réglé. De nouveaux chemins d’enquête doivent peut-être être explorés, si toutefois la solution finale de la question de l'Etat doit jamais être atteinte[4].

Murray N. Rothbard, Egalitarianism as a Revolt Against Nature and Other Essays, Auburn, Mises Institute, 2000 (1974), pp. 55-88.

Notes

[1] Sur les concepts de puissance sociale et de pouvoir d’Etat, voir Albert J. Nock, Our Enemy the State, Caldwell, Idaho, Caxton Printers, 1946. Voir aussi Nock, Memoirs of a Superfluous Man, New York, Harpers, 1943, et Frank Chodorov, The Rise and Fall of Society, New York, Devin-Adair, 1959.

[2] Parmi le flux de l'expansion ou de la contraction, l'Etat s'assure toujours qu'il possède et maintient certains « postes de commandement » cruciaux de l'économie et de la société. Parmi ces postes se trouvent le monopole de violence, le monopole de la puissance juridique suprême, les canaux de communication et le transport (poste, routes, fleuves, lignes aériennes), qui ont irrigué l'eau des despotismes orientaux, et l'éducation – pour façonner les avis de ses futurs citoyens. Dans l'économie moderne, l'argent est le poste de commandement critique.

[3] Ce processus parasitaire de « rattrapage » a été presque ouvertement proclamé par Karl Marx, qui a concédé que le socialisme doit être établi par la saisie du capital précédemment accumulé par le capitalisme.

[4] Très certainement, un ingrédient indispensable d'une telle solution doit être la lutte contre l'alliance des intellectuels et de l'Etat, par la création des centres d’enquête et d’éducation intellectuelles, qui seront indépendants du pouvoir d’Etat. Christopher Dawson note que les grands mouvements intellectuels de la Renaissance et des Lumières ont été réalisés en travaillant en dehors de, et parfois contre, les universités solidement retranchées. Ces académies des idées nouvelles furent établies par des patrons indépendants. Voir Christopher Dawson, The Crisis of Western Education, New York, Sheed and Ward, 1961.

Comment les Etats entrent en relation les uns les autres (2/2)

Le point jusqu’où les Etats ont dépassé les règles de la guerre civilisée durant ce siècle ne nécessite aucun développement ici. Dans l'ère moderne de la guerre totale, combinée avec la technologie de la destruction totale, l'idée même de maintenir une guerre limitée à l'appareil d'Etat semble bien plus étrange et désuète que la constitution originelle des Etats-Unis.

Quand les Etats ne sont pas en guerre, des accords sont souvent nécessaires pour maintenir les frictions à un degré minimum. Une doctrine qui a curieusement gagné une large acceptation est celle de la « sacralisation » alléguée des traités. Ce concept est perçu comme la contre-partie de la « sacralisation des contrats ». Mais un traité et un contrat véritable n'ont rien de commun. Un contrat transfère, d'une façon précise, des titres de propriété privée. Puisqu'un gouvernement, dans aucun sens du terme, ne « possède » son secteur territorial, aucun accord qu'il signe ne confère de titres de propriété. Si, par exemple, M. Dupont vend ou donne sa terre à M. Durand, l'héritier de Dupont ne peut pas légitimement se retourner contre l'héritier de Durand et réclamer la propriété de la terre. Le titre de propriété a déjà été transféré. Le contrat du vieux Dupont lie automatiquement le jeune Dupont, parce que le plus vieux a déjà transféré sa propriété ; le jeune Dupont ne peut donc formuler aucune réclamation sur cette propriété. Le jeune Dupont peut seulement réclamer celle dont il a hérité du vieux Dupont, et le vieux Dupont ne peut léguer que la propriété qu'il possède toujours. Mais si, un beau jour, le gouvernement de Syldavie est contraint ou même par exemple trompé par le gouvernement de Bordurie, et doit donner une partie de son territoire, il est absurde de réclamer que les gouvernements ou les habitants des deux pays soient empêchés pour toujours de réclamer une réunification de la Syldavie en raison de la sacralisation d'un traité. Ni les personnes ni la terre de Bordurie du nord-ouest ne sont possédées par l'un ou l'autre des deux gouvernements. En corollaire, un gouvernement ne peut certainement pas lier, au nom du passé, un gouvernement postérieur par un traité. Un gouvernement révolutionnaire qui renverse le roi de Bordurie pourrait, pareillement, être à peine sommé de s’expliquer des actions ou des dettes du roi, parce qu’un gouvernement n'est pas, à l’instar d’un enfant, un vrai « héritier » de la propriété de son prédécesseur.

Dans l'espace, personne ne vous entendra crier

Vous aurez bien évidemment reconnu dans le titre de ce billet le slogan paru au fronstipice de l'affiche d'Alien. Et c'est bien de ce dernier film dont je souhaite vous parler.

Ou plutôt des quatre Alien, car je ne ferai pas une fixation sur la version de Ridley Scott. Tout débute avec le Nostromo, vaisseau de commerce comportant un équipage de sept personnes, plus un chat, interrompt son long voyage intergalactique pour répondre à un SOS provenant d'une planète inexplorée.

Au cours de la recherche, l'équipage découvre les restes d'un gigantesque vaisseau extraterrestre dont les passagers semblent avoir été tués en d'étranges circonstances. Lors d'une expédition de reconnaissance, Kane trouve une sorte de caverne remplie d'œufs et, voulant en inspecter un, est agressé par la créature qu'il contenait. Cette créature s'aggripe au visage de Kane qui est ramené en urgence au Nostromo... L'aventure commence, elle ne s'achèvera que bien plus tard, avec la version de Jeunet, si toutefois vous me permettez de faire abstraction de l'obscure nouille qu'a été Aliens vs Predator de Paul Anderson.

La version de Scott fait appel à l'épouvante et à la science-fiction, mais presque pas à l'horreur. Je ne m'en plaint pas, car ce parti pris me semble parfaitement coller à l'ambiance si particulière et oppressante du film. Chose que Cameron, réalisateur d'Alien Returns, n'a manifestement pas pigé. Alien, version Scott, ne manque pas de surprise et de rebondissements : la façon dont les aliens se reproduisent, celle grâce à laquelle ils s'introduisent dans le vaisseau, celle qui leur permet de naître, leur forme effrayante... Sans compter un cyborg dont nous ne soupçonnions même pas l’existence.

La version de Cameron, donc. Si la transition est plutôt réussie, très réussie même (Ripley, après cinquante ans de dérive dans l'espace, est récupérée et part de nouveau en mission sur la planète du premier épisode. Une colonie humaine s'y est installée et elle ne répond plus ! Elle devra partir avec un régiment de marines pour mener une reconnaissance et reprendre possession des lieux), pour moi le reste ne suit pas. Un peu comme pour Star Wars, Alien le Retour repose sur une épine dorsale pourtant fragile, celle des effets spéciaux à outrance. Le seul aspect positif réside du reste dans les premières scènes du film, car, outre la transition, Cameron a relativement bien dépeint la déréliction de Ripley : on la retrouve malade, on la critique pour avoir fait sauter le Nostromo et bien sûr il y a toujours quelques connards pour dire qu’elle a tout inventé à propos du monstre. Elle passe des nuits horribles, et finalement accepte d’aller à la rencontre de celui qui hante ses nuits (après Copeau, faut pas exagérer non plus). La suite (mode méchant on) : du gore, du gras, du gros, du pas plus fin qu'un d'Amato quelconque (/mode méchant off).

Vient alors la version de Fincher, en 1992. Seule survivante du carnage précédent, Ripley s'échoue sur Fiorina 161, planète balayée par des vents puissants, prison réservée aux plus dangereux criminels de l'univers, une vingtaine d'hommes, violeurs, assassins, infanticides, etc. Ripley arrive seule dans ce monde de brutes, enfin, seule, pas exactement... C'est pour moi l'épisode qui, de tous, m'a le plus marqué. Je sais bien que les fans ne l'apprécient pas outre mesure, mais je pense au contraire que l'univers carcéral constitue à la fois un fil rouge de tous les épisodes, et le terreau le plus fertile à la peur. C'est indubitalement le film le plus noir des quatre, le plus psychologique aussi, plus encore que celui de Scott, ce qui relève de l'exploit. Fincher, à l'instar de Jeunet du reste, peut être considéré comme un réalisateur "visuel" d'abord et avant tout, ce qui est vrai. Il a collaboré tant au Retour du Jedi qu'à l'Histoire sans fin, dans la première moitié des années 80. J'ai adoré de lui tant Se7en que Fight Club, mais pas du tout Panic Room. Ce qui fait une bonne moyenne. La supériorité scénaristique de cet opus réside, à mon sens, dans la scène finale, celle du suicide (je ne dis rien de plus, pour ne pas déflorer l'Alien :)).

Cette force est aussi ce qui a rendu si difficile le travail de composition de Jeunet. La trilogie était bouclée, logique, cohérente, pourquoi avoir poursuivi ? Le scénario tient sur la tranche d'une alumette : Deux cents ans après le suicide de l'officier Ripley, une équipe de généticiens ressuscite la jeune femme afin de récupérer l'alien vivant en elle, qui n'est autre qu'une reine... Sigourney est froide, joue horriblement mal, n'est pas du tout crédible. Je n'ai ressenti, en salle lorsque je l'ai vu, aucune épouvante, aucun stress. Où sont passés l'effet de surprise, les multiples attaques et les poursuites ? Evidemment, on retrouve l'univers classique de Jeunet, avec des personnages qui ont des "gueules", et même des sales gueules, bien caractéristiques. L'aspect visuel est même l'un des plus réussis. Mais je trouve qu'on s'endort dans cette version, et que la relation maternelle de Ripley avec sa fifille la reine est proche de la débilité profonde. L'épisode de trop, même si la réalisation tient la dragée haute à celle des films précédents. Mais une réalisation seule ne saurait suffire à couvrir les insanités du scénario.

Lauren Brice

Au gré de mes conversations avec l'ami Zarton, j'ai réalisé que je tenais à vous parler, quoique brièvement, d'une actrice de films libertins des années 80 qui reste fort peu connue, et qui l'était déjà lorsque sa carrière était à son zénith. Elle s'appelle Lauren Brice. Très grande (1m 78), aux cheveux chatain-roux, elle a officié dans pas mal de productions américaines. Après une recherche sur le web, je n'ai rien pu savoir d'elle : ni sa véritable identité, ni sa date de naissance, ni sa nationalité. Encore moins ce qu'elle est devenue. Par conséquent, toute information que vous pourrez me communiquer sera bonne à prendre. Elle a obtenu un Adult Video Nudes Award avec Married Women, en 1991.

Je l'avais tout particulièrement appréciée dans Bush Pilots, avec Ashlyn Gere notamment. Ainsi que dans Mistress 2, film aux penchants féticho-gentils comme je les aime. Si vous connaissez d'autres films de la grande, je suis intéressé aussi :)

La bio la plus précise que j'ai trouvé d'elle est la suivante :

Porn Star Lauren Brice was a smoldering seductress with an illustrious, but all too brief career in adult films. With short, short dark hair and captivating, sensuous eyes, Lauren Brice possessed erotic qualities that seemed to come from deep within her soul. As one of America's finest adult actresses, Lauren Brice was often given juicy dialog as well as steamy sex scenes because she was one of the few who could really handle it well.

Although Lauren Brice made several dozen features, she never really took her film career seriously. Lauren Brice always considered herself to be a dancer and continues to tour as such today. Lauren Brice only made films from late 1989 though the early part of 1991 and some of her best work can be seen in Married Women, Back to Nature and Hate to See You Go.

She received the award in 1991 from the Adult Video News for the movie 'Married Women'.

En attendant, voici des photos d'elle. Peu, car elle est rare sur le net.

lire la suite

George Soros est-il un traître ?

j'ai conscience du fait que ma question peut vous sembler débile, n'étant pas Américain, et vous, lecteur, probablement pas non plus. Néanmoins, face à la curée des néocons à son encontre, le doute est permis. Afin de vous faire une idée, voici l'opinion, à contre-courant comme je les aime, de Liberteaser sur le bonhomme.

Ce billet comporte également d'intéressants développements sur la France, mais ce n'est pas l'objet de les commenter ici.

Les individus face aux crises

je tenais à vous conseiller la lecture du dernier ouvrage de Marc Ferro, intitulé Les individus face aux crises du XXe siècle : L'Histoire anonyme. Reprenant le flambeau de l'Ecole des Annales, Marc brosse le portrait de l'individu face à l'événement majeur de son temps, face au danger imminent, face au basculement du monde. Pourquoi Marcel, en vacances dans le Vercors en juillet 1944[1], refuse-t-il de partir ? il sera arrêté et déporté. Pourquoi Olga, qui pressent le stalinisme, ne s'enfuit-elle pas ? Pourquoi les paysans russes, qui s'opposent au Kremlin lorsqu'il souhaite collectiviser la terre, deviennent-ils les pires bolcheviks une fois investi le Parti ? Coimment le nazisme a-t-il pu percer, alors que l'intelligenstia allemande s'opposait fermement à lui dans les années 30 ?

A toutes ces questions, Marc répond par le prisme de l'individu, de sa marge de liberté, de ses errements aussi. Ou comment se bâtit l'inter-relation entre les choix individuels et les situations collectives. Un ouvrage à lire, donc.

Notes

[1] Si vous avez la chance de passer par ce superbe promotoire, haut lieu de la Résistance, visitez la grotte de la Luire, et plus encore le village abandonné de Valchevrière, qui, à la différence d'Oradour, n'a pas été restauré. C'est un moment poignant qui vous attend.

L'Attaque des Clowns

Les lecteurs avisés que vous êtes ont sans doute remarqué que je n'ai jamais, ne serait-ce qu'évoqué, au sein de mes pérégrinations cinématographiques, la saga du flan de l'espace, dirigée d'une main de fer par le Pygmalion de San Francisco. L'espèce de machin qu'on appelle "Star Wars" de nos jours, qu'on appelait "la Guerre des étoiles" jadis.

Du réalisateur, je n'ai jamais vu American Graffiti, mais, en revanche, j'ai vu et apprécié THX 1138 (le THX n'est-il pas le format sonore qu'il a initié ?). Même Willow, qu'il a je crois plus ou moins scénarisé, reste un bon film.

En revanche, je ne peux pas dire que j'ai été passionné par la saga des étoiles qui se battent entre elles avec un type qui marche dans le ciel, poursuivi par un gros black asmathique. Ni par les combats entre vaisseaux intergalactique - interstellaires - intermarché, guère plus percutants que ceux de Bomber-X. Ni même par la qualité du scénario (mais qui n'a pas compris, à la moitié de l'épisode 4, que Dark Médor est le papounet de Luke ?). Les rayons lasers de la première trilogie sont encore moins réussis que ceux de Tron, des studios Disney. L'intérêt de la trilogie des années 70-80, la pseudo histoire d'amour autour d'une princesse plus moche que Caroline de Monaco, me semble bien ténu. Toute la première trilogie repose sur le jeu d'acteur d'Harrison Ford, qui n'a pas tenu là l'un de ses plus mauvais rôles.

Alors bien sûr on peut vanter l'indépendance de Lucas, se gargariser de son côté un peu gourou (vous ne trouvez pas qu'il ressemble à Rael ?), ou bien regretter ses penchants despotiques. Mais un réalisateur original n'implique pas un film original. Et c'est bien, à mon sens, là où le bat blesse dans la saga Star Wars : C'EST PLAT ! C'EST SOPORIFIQUE ! C'EST ETHERE !

Comme le dit Pierrot, Star Wars, c'est un peu comme un spectacle son et lumières, genre Puy du Fou[1].

Quant à la seconde trilogie (épisodes 1 à 3), je ne dirai rien, par charité, au sujet de la Menace fantôme. Quant aux deux épisodes suivants, si la Revanche des Sith est indéniablement le moins mauvais, pour que ces deux films aient pu sortir - ne serait-ce qu'un petit peu - de l'ornière dans laquelle ils se sont trouvés, il aurait déjà fallu que George embauche de vrais acteurs, pas des figurants tels que Hayden Christensen.

La Guerre des étoiles, c'est vraiment l'attaque des Clowns.

Notes

[1] Je vous renvoie à ses critiques sur L'Empire contre-attaque et sur Le Retour du Jedi.

Welcome to Free Luna !

Enfin, le chef-d'oeuvre de Robert Heinlein est ré-édité en français. Un must, j'ai dévoré ce bouquin. Je comptais vous le présenter, mais franchement, il me semble préférable de vous renvoyer vers la prose du maître de la SF libertarienne, j'ai nommé l'ami Sylvain. Juste le premier paragraphe, pour vous donner envie de lire les suivants :

Nous sommes en 2075. Bien que la disette et la surpopulation y soient chroniques, la Terre est en paix sous l’égide des « Nations Fédérées » (une sorte d’ONU, en plus « musclée »). La Lune est habitée par plusieurs millions de personnes. Des bagnards et des déportés y ont fait souche et, pour des raisons physiologiques (car la gravité est plus faible sur la Lune et au bout d’un certain temps, le corps se modifie), ils ne peuvent revenir sur Terre. Leur principale occupation est la production de céréales dans de gigantesques galeries souterraines, céréales qui sont ensuite envoyées sur Terre. Comme son titre l’indique, ce roman raconte la révolte des habitants « lunatiques » qui veulent que leur indépendance soit reconnue par les nations terriennes. Après pas mal de péripéties, dont des bombardements de la Terre par des rochers catapultés de la Lune, et avec l’aide d’une intelligence artificielle, ils réussiront.

A lire également, une petite étude sur le libertarianisme de l'auteur. Ainsi qu'un fil de discussion ici. Et puis pour ceux qui veulent aller plus loin, voici le merchandising adéquat.

Belles libertariennes

Vous connaissez à présent relativement bien mon mauvais goût notoire, teinté de fétichisme plus ou moins refoulé, faisant de moi, sans fausse modestie, l'un des pires obsédés du monde libertarien francophone. Je ne le cède que devant Pankkake, qui, cependant, survole nos terres cendrées avec la douceur et la délicatesse d'un faux-bourdon en rut.

Quoi qu'il en soit, merci à Fabrice et à Turuk, qui, connaissant mes penchants libidineux, m'ont fait découvrir l'existence des Liberty Belles (j'adore ce jeu de mot). Quatre filles, aux idées bien arrêtées, qui, au surplus, ne manquent pas d'humour, ni de répartie, que demander de plus ?

Une photo peut-être ? Alors voici, en quasi avant-première, celle d'Anastasia.

Hum... je crois que j'adhère.

A lire d'ores et déjà, plusieurs billets désormais indispensables tels que The Paradox of Government: Why More is Less, ou encore Guilty Until Proven Innocent. Pour ne citer qu'eux.

Longue vie à ce blog ! Libertarian girls rule !

Et si vous voulez connaître a real french lover, et bien, vous n'avez qu'à me contacter. (ceci s'applique aussi aux lectrices du présent blog)

Comment les Etats entrent en relation les uns les autres (1/2)

Puisque la Terre est divisée en différents Etats, les relations d'un Etat à un autre doivent occuper beaucoup de son temps et de son énergie. La tendance normale d'un Etat c’est d’augmenter sa puissance, et, extérieurement, une telle expansion a lieu par la conquête d'un territoire donné. À moins qu'un territoire soit apatride ou inhabité, une telle expansion implique un conflit inhérent d'intérêt entre un ensemble de gouvernants et un autre. Un seul et unique groupe de gouvernants peut obtenir à un moment donné un monopole de la coercition sur n'importe quel secteur territorial : la puissance complète sur un territoire par l’Etat X peut seulement être obtenue par l'expulsion de l'Etat Y. La guerre, même risquée, sera une tendance toujours présente au cœur des Etats, ponctuée par des périodes de paix, et par des alliances mouvantes et des coalitions entre Etats.

Nous avons vu que la tentative « interne » ou « domestique » de limiter l'Etat, du XVIIe au XIXe siècle, a atteint sa forme la plus notable avec le constitutionnalisme. Sa contrepartie « externe », ou « affaires étrangères », était le développement « du droit international », particulièrement des formes telles que les « lois de la guerre » et des « droits de la neutralité »[1] . Des parties du droit international étaient initialement purement privées ; elles émergeaient de la nécessité des négociants et des commerçants de protéger partout leur propriété et de juger des conflits. Des exemples sont constitués par le droit maritime et le droit commercial. Mais les règles gouvernementales elles-mêmes ont émergé volontairement, et n'ont pas été imposées par n'importe quel super État international. L'objet des « lois de la guerre » était de limiter la destruction d'un Etat par un autre à l'appareil d'Etat lui-même, préservant de ce fait du massacre et de la dévastation de la guerre le public « civil » innocent. L'objet du développement des droits de neutralité était de préserver le commerce international privé, même avec les pays « ennemis », de la saisie par l’une des parties belligérantes. Le but suprême était alors de limiter l'ampleur de n'importe quelle guerre, et de limiter en particulier son impact destructeur sur les citoyens privés des pays neutres, et même sur ceux des pays belligérants.

Le juriste F.J.P. Veale décrit avec charme la « guerre civilisée » qui s’est brièvement épanouie en Italie au XVe siècle :

« Les riches marchands et négociants de l'Italie médiévale étaient trop occupés à gagner de l’argent et à profiter de la vie pour entreprendre les difficultés et des dangers de devenir soldat. Ainsi ont-ils adopté la pratique de la location de mercenaires qui combattaient pour eux, et, étant des gens économes et commerciaux, ils ont écarté leurs mercenaires immédiatement après que leurs services pouvaient être évités. Les armées des guerres étaient donc louées à chaque campagne. (…) Pour la première fois, être soldat est devenu une profession raisonnable et relativement inoffensive. Les généraux de cette période ont manoeuvré les uns contre les autres, souvent avec une compétence consommée, mais quand l’un avait gagné l'avantage, son adversaire, en règle générale, s’enfuyait ou se rendait. C'était une règle identifiée qu'une ville pourrait seulement être saccagée si elle offrait une résistance. L’immunité a pu toujours être achetée en payant une rançon. (…) La conséquence naturelle a été qu’aucune ville n'a jamais résisté, car il était évident qu'un gouvernement trop faible pour défendre ses citoyens ait renoncé à leur allégeance. Les civils ont eu peu à craindre des dangers de la guerre, qui étaient le souci des seuls soldats professionnels.[2]»

La séparation absolue des civils et des guerres de l'Etat au XVIIIe siècle européen est soulignée par Nef :

« Même les communications postales n'ont pas été limitées longtemps durant la guerre. Les lettres ont circulé sans censure, avec une liberté qui étonne l'esprit du vingtième siècle. (…) Les sujets de deux nations belligérantes se parlaient s'ils se rencontraient, et quand ils ne pouvaient pas se réunir, correspondaient, non pas comme ennemis mais comme amis. La notion moderne selon laquelle (…) les sujets de n'importe quel pays ennemi sont partiellement responsables des actes belligérants de leurs gouvernants a à peine existé. Les gouvernants belligérants n’ont pas eu non plus l’envie d’arrêter les communications avec les sujets de l'ennemi. Les vieilles pratiques inquisitoriales de l'espionnage en liaison avec le culte et la croyance religieuse disparaissaient, et aucune recherche comparable en liaison avec des communications politiques ou économiques n'a été tentée. Les passeports ont été, à l'origine, créés pour fournir un sauf-conduit en temps de guerre. Pendant la majeure partie du dix-huitième siècle, rares ont été les cas où les Européens ont abandonné leurs voyages dans un pays étranger que leur propre pays combattait.[3]»

« Et le commerce ayant été de plus en plus reconnu comme salutaire pour les deux parties, l’équilibre de la guerre du dix-huitième siècle comprend également une quantité considérable de « rapports commerciaux avec l'ennemi[4]» .

Notes

[1] Ceci doit être distingué du droit international moderne, qui porte son effort sur la maximisation de l'ampleur de la guerre par des concepts tels que la « sécurité collective ».

[2] F.J.P. Veale, Advance to Barbarism, Appleton, Wis., C.C. Nelson, 1953, p. 63. De la même manière, le professeur Nef écrit, sur la guerre de don Carlos, faite en Italie entre la France, l'Espagne, et la Sardaigne contre l'Autriche, au dix-huitième siècle : « le siège de Milan par les alliés et plusieurs semaines plus tard à Parme. (…) Les armées rivales se sont réunies dans une bataille féroce en dehors de la ville. Dans ni l'un ni l'autre endroit, il y avait de compassion de la part des habitants, sérieusement balancés entre l’un et l’autre camp. Ils avaient uniquement peur de ce que les troupes de l'une ou l'autre armée pouvaient faire dans les villes, et du pillage. La crainte était sans fondement. À Parme, les citoyens ont couru aux murs de la ville pour observer la bataille dans la campagne en contrebas. », John U. Nef, War and Human Progress, Cambridge, Harvard University Press, 1950, p. 158. Cf. aussi Hoffman Nickerson, Can We Limit War ?, New York, Frederick A. Stoke, 1934.

[3] Nef, War and Human Progress, p. 162.

[4] Ibid., p. 161. Sur la recommandation faite par les chefs de la Révolution américaine de faire du commerce avec l’ennemi, voir Joseph Dorfman, The Economic Mind in American Civilization, New York, Viking Press, 1946, vol. 1, pp. 210–11.

Comment exploiter les pauvres du mieux possible ?

Le Citoyen durable vous l'apprendra.

Exploiter les pauvres, c'est excellent. Ils sont si nombreux que ça en vaut réellement la peine : ne dit-on pas que les petits cours d'eau font les grandes rivières ? Et puis le gros avantage qu'il y a à exploiter les pauvres c'est qu'ils sont beaucoup moins retors que les riches (les riches ont des relations haut placées, ils sont chafouins comme pas deux et vous voient venir de loin). Non vraiment, vivre aux crochets des pauvres, c'est l'idéal.

Hardos

Il y a quelques années, je ressemblais à ça :

(bon, la barbe en moins, et un petit côté cyberpunk en plus). J'ai ensuite opté pour un look plus gothique, mais pas tendace batcave ; plutôt tendance électro-indus. Pour plus de précisions sur ces termes barbares, il vous faut visiter le site du Crobard, le meilleur caricaturiste et fin connaisseur du milieu.

Tout ça pour vous dire, qu'aujourd'hui encore, si mon look n'est pas forcément différent de celui de pas mal de libertariens/libertins/libertaires, il est assez... différent de celui de mes congénères de l'ENA ! Ce qui n'est pas pour me déplaire, au passage.

Sinon, deux nouvelles chansons (enfin, nouvelles pour la radio obscure, car elles sont sorties il y a pas mal de temps). D'une part, je cède aux sirènes du consensus médiatique, avec Matmatah, dont le morceau a le mérite d'être très dansant et marrant, ce qui met un peu de lumière ici ; et d'autre part, Accept, groupe allemand que je vous avais déjà fait écouter précédemment avec Balls to the Wall (1983), que vous retrouvez à présent avec Russian Roulette (1987).

A noter enfin la réédition récente (avril 2005) d'I'm a Rebel (1980), un album vraiment important du groupe, avant le triptyque qui assurera son succès (Restless & Wild (1982), Balls to the Wall (1983), et surtout Metal Heart (1985)).

Et parti sur ma lancée, j'en ai profité pour ajouter un morceau de Manowar. Je voulais initialement mettre the Crown and the Ring, mais je pensais qu'il serait peut-être préférable de vous faire découvrir la version française de Courage, belle initiative, même si on sent bien que les Américains ont du mal avec nos "U", "R" voire "A". Extrait de cet album (pour la version originale), de 1996 :

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