Paul Ormerod est un penseur très original, dont les principaux ouvrage jusqu'à présent ont été Butterfly Economics et The Death of Economics. Son dernier livre, Why Most Things Fail, explore les similarités qui lient l'économie et la biologie évolutionniste, tout particulièrement quant à leurs failles. Beaucoup de choses échouent, et le progrès survient par la sélection naturelle. Beaucoup de mutations biologiques sont suffisamment préjudiciables pour empêcher la survie ; il en est de même pour les innovations économiques. A la différence près qu'en biologie, l'organisme meurt avec sa mutation, tandis que dans les sciences économiques l'entrepreneur a un droit à l'erreur et, après un échec, peut essayer encore.

Ormerod note la prédominance, sinon l'ubiquité, de l'échec économique. Et que la courte durée est souvent synonyme de succès. La plupart des sociétés qui réussissent ne durent pas. Il opte pour l'évolution ponctuée, dans laquelle il y a des périodes d'innovation rapide et saccadé, correspondant aux périodes du changement biologique rapide. Plus nous expérimentons et innovons, plus sont importantes les chances que quelques idées surgissent et gagnent le grand combat de la sélection. Nous devons comprendre l'échec parce qu'il est fondamentalement naturel sinon normal, et concerne chacun de nous - individus, entreprises et gouvernements.

Encore un bouquin qui ne sera probablement jamais traduit dans nos vertes contrées, qui s'imaginent encore, un peu comme les chrétiens au XVIe siècle, être au centre de l'univers.