A lire sur le site de Liberté chérie, cet excellent monologue de notre président, qu'Edouard son nègre a bien voulu nous communiquer.

Un filet de soleil, échappé des lourds rideaux de velours rouge heurte mon oeil droit. Je ne peux plus feindre le sommeil. En cette matinée symbolique, j'ai du mal à détacher mes pensées de ces dix dernières années de pouvoir. Le 7 mai est une date anniversaire que je n'oublie jamais. Je la savoure chaque année un peu plus. Elle me fait frissonner de plaisir. Je me suis battu toute ma vie, sans relâche, pour accéder à cette jouissance intime. Quarante-cinq années de politique, de coups tordus, de complots et d'intrigues. Quarante-cinq années passées à conquérir des bastions, à écraser mes ennemis, à imposer mon nom. De mes premiers pas, des coulisses obscures des ministères, de mon bureau d'écrivaillon au cabinet du ministre, j'ai senti que mon seul champs de bataille était là. J'avais, la jeunesse et, l'ambition aidant, soif de pouvoir comme nul autre. Un peu de sueur et de détermination, quelques coups de coude plus tard et j'étais dans les petits papiers du Président Pompidou, paix à son âme... Ce bon vieux Général nous amusait déjà, mes camarades de promotion et moi. Son intransigeance, sa raideur : il n'était plus que sa propre caricature. Il n'était plus le Président et nous n'étions plus gaullistes de coeur, mais de circonstance. Notre heure à nous, la jeune garde prétorienne du Régime, avait sonné : l'Etat s'offrait à nous. La politique était un banquet et nous allions festoyer. Mais l'heure est déjà bien avancée : je suis en retard.

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