Vous me direz, bien sûr : qu'est ce que des films de cul, des actrices de cul, viennent faire sur ce blog, qui nous parle par ailleurs de l'analyse économique du droit et de la pensée de Condillac ?

Pardon, mais pour ma part, je ne trouve pas qu'il y ait la moindre solution de continuité. Plus exactement, ce blog rassemble, avec un malin plaisir mais sans démarche volontaire, un certain nombre de thèmes que la société met au banc. Pas le ban des mariés, le banc des accusés. C'est vrai bien sûr du libertarianisme, qui connaît le même sort que mon voisin Mouloud : personne ne le connaît, mais tout le monde le déteste, de manière presque épidermique. Comme si le Grand Satan était à nos portes. C'est vrai de la musique étrange dont je vous entretiens parfois ; c'est vrai aussi, sinon plus encore, du cinéma bis ou d'exploitation, qui est presque le second thème central de ce modeste blog. Et je classe, même si d'autres le contestent, le cinéma érotique, celui des années 60 jusqu'au années 80, dans cette catégorie. Et même le cinéma pornographique, celui des années Lahaie, et celui qui a littéralement explosé durant la décennie suivante. En revanche, je goûte fort peu les gonzos contemporains, toutes les merdes incroyables qui font de nos jours la joie des catalogues de Concorde et autres grossistes du cul. Auparavant, on faisait encore du cinéma ; à présent, on laisse les hardeurs tenir d'une main leur caméra et de l'autre leur engin, et, aligné bout à bout, si j'ose dire, on obtient un produit que seuls des producteurs incroyablement nuls peuvent considérer comme finis.

Bref, revenons-en, si vous me le permettez, à Marie. Celle-ci a connu une carrière éclair, comme souvent du reste dans ce milieu, qui s'étale, en gros, de 1987 à 1990. Elle apparaît pour la première fois dans 40° à l'ombre, rebaptisé Attention fillettes ! par la suite. Elle y joue le rôle d'une des deux soeurs friponnes qui ne pensent qu'à ça, rôle qu'elle reprendra dans Deux belles garces. Ce film marque également l'une des premières apparitions d'un dénommé... Rocco. En 1988, elle tourne, outre Deux belles garces, son meilleur film à mon sens, d'autres productions mineures (notamment L'éducation d'Anna, aka l'homme qui était fou des femmes). En 1989, outre les Rendez-vous de Sylvia, que je n'ai pas vu, ''Chantages de femmes'' dont j'ai déjà parlé, Marie tourne Etreintes à la prison de femmes, film très bon et presque 100% féminin. C'est par un week-end à Rimini qu'elle achève, à l'orée de 1990, sa fulgurante carrière.

Même si Marie a tourné une dizaine de films environ, ce qui n'est rien à côté des stars du X d'hier comme d'aujourd'hui, qui dépassent fréquemment la centaine de productions, Marie a, je crois, marqué les esprits de toute une génération, sinon plus. Il est rare de voir une belle brune si élancée, qui, à vrai dire, éclipsait littéralement le reste de la distribution.

J'aimerais vraiment savoir ce qu'elle est devenue. J'espère qu'elle coule des jours paisibles, avec son mari et ses enfants, et qu'elle garde de cette étape très forte de sa vie une mémoire heureuse. Bref, qu'elle n'a pas suivi le chemin escarpé que Karen a emprunté, il y a peu.

J'attends les commentaires de ceux qui l'ont aimé ; les autres, qu'ils ne montent même pas sur mon trottoir.

Fidèle à ma désormais célèbre habitude (c'est Google qui le dit), voici quelques captures que j'ai rassemblées de la belle, si des fois vous ne verriez pas de qui je parle.