Scarlet Diva

Film italien de et avec Asia Argento. Avec Jean Shepard, Vera Gemma, Fabio Camili

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Sleepwalker

Thriller suédois de Johannes Runeborg, avec Ewa Carlsson, Ralph Carlsson, Palm Anders, Tuva Novotny (2000). Ce film a reçu le Grand Prix « Sang neuf » au Festival du film policier de Cognac 2001.

Ulrik Hansson (Ralph Carlsson) est un architecte d'une quarantaine d'années qui mène une vie paisible dans une banlieue tranquille, entouré de sa femme Monika (Ewa Carlsson) et de ses deux enfants. Ces derniers reviennent tout juste d'un agréable voyage avec leurs amis et ont décidé de déménager. Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pourtant, le lendemain, Ulrik se réveille baignant dans le sang et découvre avec étonnement que sa famille a disparu. S'apercevant également qu'il est victime de crises de somnambulisme, il tente une expérience en filmant ses errances nocturnes afin de retrouver sa famille. Commence alors le dramatique voyage d'Ulrik dans son inconscient le plus noir.

Iron Maiden killed me ce soir

Je voudrais à présent vous parler du groupe qui pour moi, est non parmi les meilleurs, mais est LE meilleur de tous les groupes, tous styles confondus, qu'il m'a été donné d'écouter depuis ma naissance. J'ai nommé : la Vierge de Fer.

Pourquoi une telle assertion ? parce que je ne connais pas d'autre groupe ou artiste duquel je puisse dire que j'aime toutes les chansons, sans aucune exception. Or, c'est le cas d'Iron Maiden. Je vous propose donc, en écoute ici, The Nomad, un morceau choisi au hasard - et j'insiste sur le hasard - avec mon lecteur de mp3. Et, au final, assez bien représentatif : des riffs puissants, deux, voire trois ou quatre mélodies enchevêtrées, des guitares qui se répondent et se poursuivent dans des solos fuyants, la voix de Bruce, la basse de Steve, la dimension théâtrale de leur musique, tout est présent ici. Ce n'est pas non plus aussi grandiloquent qu'Alexander the Great ou Powerslave, mais on reconnaît bien ici le style classique du groupe.

Cette chanson est extraite de Brave New World, leur avant-dernier album en date. Et celui du grand retour d'Adrian Smith et de Bruce Dickinson, fermée la parenthèse Blaze Bayley, ex-chanteur de Wolfsbane. Excellente parenthèse, soit dit au passage, contrairement à ce qu'ont cru les détracteurs du moment. D'ailleurs, Dickinson n'est que l'un des quatre chanteurs du groupe, puisque, s'il a tenu le plus longtemps, il ne faudrait pas pour autant oublier Paul Di'Anno, Blaze Bayley, mais aussi, quoique beaucoup moins connu, Paul Day, le premier chanteur du groupe, en 1975-6.

Ce que j'aime chez Iron Maiden, outre la qualité musicale irréprochable de ce groupe Londonien, c'est la sympathie que ses protagonistes inspire. Tout le monde connaît en effet les pochettes et visuels du groupe, si nombreuses qu'on ne peut vraiment les compter. Elles ont tout pour attirer les fans de Re-Animator ou autre Hell Raiser, voire les fans de Carpenter, et autre faune interlope dérangée, mais pas, a priori, les gens normalement constitués. Elles ont tout pour faire fuir le porteur de mocassins à glands dont Harry Tuttle parle ici, et la gente féminine dans son intégralité cosmique.

Pourtant, il y a beaucoup de sixième degré dans ces prochettes. Certaines me font vraiment marrer par leur côté excessif ; celle-ci par exemple.

Je me souviens du clip de Holy Smoke, en 1991 environ : on voyait Dave avec des bottes en caoutchouc gratter une guitare en plastique, les pieds dans un ruisseau, et qui peinait à masquer son fou-rire naissant ; Nico et Adrian (ou Janick, je ne me souviens plus) sortir d'une motte de fouin, Bruce chanter et remuer comme un débile, mort de rire, assis sur une charrue.

Contrairement à l'image que les non-initiés pourraient avoir, les membres d'Iron Maiden ont un sens de l'humour désopilant, so british. Et par conséquent un capital sympathie immense. Il n'y a qu'à visiter le site de Nico pour s'en convaincre.

Si vous ne connaissez pas ce groupe aux cent millions d'albums vendus, aux innombrables bootlegs et concerts, aux fans planétaires, un petit conseil : jetez-vous sur un de leurs CD, n'importe lequel ; vous ne serez pas déçus. Et prenez connaissance de leur site et de leur forum.

Le socialisme et le problème des frontières

1. Étendue dans l'espace de la communauté socialiste

La caractéristique de l'ancien socialisme est de prôner le retour à la production très simple d'autrefois. Son idéal est le village autarcique, ou tout au plus le district autarcique : une ville avec quelques villages groupés autour d'elle. Pour les champions de ce socialisme ancien, commerce et relations commerciales sont plutôt antipathiques ; à plus forte raison le commerce extérieur leur apparaît-il comme quelques chose de nuisible et qu'il faut supprimer. Le commerce extérieur, disent-ils, apporte dans le pays des marchandises inutiles, dont on pouvait se passer autrefois. Il est donc prouvé qu'on n'en a pas besoin ; c'est seulement la facilité qu'on eut de se les procurer qui provoqua cette dépense inutile. Ce commerce extérieur pervertit les moeurs et traîne avec lui des usages et des conceptions étrangers. Le cynique et stoïque principe vital de l'autarcie est interprété de bonne heure par les utopistes comme signifiant : se suffire à soi-même économiquement. Plutarque vante la Sparte de Lycurgue, idéalisée de manière romanesque, quand il écrit qu'aucun vaisseau chargé de biens marchands n'entrait dans ses ports [1].

Attachés à cet idéal de l'autarcie économique et méconnaissant le caractère du commerce et des relations commerciales, les utopistes perdent de vue le problème de l'étendue de leur État idéal. Que les frontières de leur pays fabuleux soient vastes ou restreintes ne joue aucun rôle dans leurs raisonnements. Le plus petit village offre assez de place pour la réalisation de leurs plans. C'est ainsi que l'idée se fait jouir de réaliser à titre d'essai l'utopie sur une petite échelle. Owens fonde New-Harmony à Indiana, Cabet au Texas une petite Icarie, Considérant également au Texas un phalanstère modèle, "réduction lilliputienne de la nouvelle Jérusalem", comme il est dit avec mépris dans le Manifeste Communiste.

Peu à peu les socialistes s'aperçurent que l'on ne pouvait prendre comme principe du socialisme l'autarcie d'un espace restreint. Thompson, un élève Owens, fait remarquer que l'égalité entre membres d'une commune ne prouve pas que l'on pourrait mener à bien l'égalité entre membres de différentes communes. Aussi, suite logique de cette observation, son idéal revêt la forme d'un socialisme centralisateur. Saint-Simon et son école étaient nettement centralistes [2]. Pecqueur disait de ses plans de réformes qu'ils étaient nationaux et universels [3].

Ainsi se pose au socialisme un problème particulier. Peut-il y avoir sur cette terre un socialisme limité dans l'espace, ou bien toute la terre habitée doit-elle former une communauté socialiste homogène ?

2. Le problème des frontières physiques de la communauté socialiste et le marxisme

Pour le marxisme il ne peut y avoir qu'une solution de ce problème : la solution oecuménique.

Le marxisme part de ce principe que déjà le capitalisme, par une nécessité interne, a imposé sa marque au monde entier. Le capitalisme n'est pas limité à un peuple ou à quelques peuples. Il est au-dessus des nations, il est cosmopolite. "A la place de l'ancienne simplicité de besoins, à la place de l'isolement local et national, des relations commerciales se sont établies de toute part, rendant toutes les nations dépendantes les unes des autres." Avec les bas prix de ses marchandises — son arme la plus puissante — la bourgeoisie contraint toutes les nations à adopter la manière de produire de la bourgeoisie, si elles ne veulent pas courir à leur ruine. "La bourgeoisie force les nations à introduire chez elles la soi-disant civilisation, c'est-à-dire à s'embourgeoiser. En un mot elle se crée un monde à son image." Et cela est valable non seulement pour la production matérielle, mais aussi pour la production intellectuelle. "Les produits intellectuels des diverses nations deviennent un bien commun à toutes. La partialité et la mesquinerie nationales deviennent de jour en jour plus impossibles, et les nombreuses littératures locales et nationales finissent par former une littérature mondiale" [4].

Il s'ensuit, d'après la conception matérialiste de l'histoire, que le socialisme lui aussi n'est pas un phénomène national, mais international. Il représente une phrase historique de toute l'humanité et non pas d'un seul peuple. La question de savoir si telle ou telle nation est déjà "mûre" pour le socialisme n'a même pas besoin, d'après le marxisme, d'être posée. Le capitalisme rend le monde entier mûr pour le socialisme et non pas seulement un pays isolé, ou même une industrie isolée. Les expropriateurs, dont l'expropriation marquera un jour le dernier pas vers la réalisation du socialisme, l'on ne peut se les représenter autrement que comme de grands capitalistes, dont les capitaux sont placés dans le monde entier. Pour le marxiste les expériences socialistes des utopistes sont aussi stupides que la proposition, évidemment ironique, qu'avait faite Bismarck d'introduire à titre d'essai le socialisme dans un des districts polonais de la Prusse [5]. Le socialisme est une époque historique que l'on ne peut fabriquer artificiellement, à titre d'essai réduit, dans une cornue. Pour le marxisme le problème de l'autarcie d'une communauté socialiste ne peut même pas se poser. La seule communauté socialiste qu'il puisse envisager embrasse toute l'humanité et tout l'univers. La direction économique est unique pour le monde entier.

Les marxistes d'une époque plus récente ont reconnu, il est vrai, que tout au moins pour un temps il fallait envisager l'existence juxtaposée de plusieurs communautés socialistes indépendantes [6]. Si l'on accorde cela, il faut aller jusqu'au bout et considérer le cas où une ou plusieurs communautés socialistes existeraient au milieu d'un monde reposant à peu près partout sur une base capitaliste.

3. Le libéralisme et le problème des frontières

Lorsque Marx et à sa suite la plupart des écrivains socialistes modernes, se représentent la réalisation du socialisme exclusivement sous la forme d'un État socialiste mondial et homogène, ils oublient que de puissantes forces s'opposent à cette génération oecuménique.

D'où provient cette légèreté qui escamote simplement ces problèmes ? Nous ne croyons pas nous tromper en disant qu'elle est la conséquence d'opinions régnant à l'époque de la formation du marxisme sur la contexture politique future du monde, opinions dont rien ne justifiait l'emprunt, ainsi que nous le montrerons plus tard. A cette époque la doctrine libérale se croyait fondée à considérer tous les particularismes régionaux ou étatiques comme la survivance d'un atavisme politique. Le libéralisme avait exposé, d'une manière irréfutable pour tous les temps, sa doctrine sur les effets du protectionnisme et du libre-échange. Il avait montré que tout ce qui entrave les échanges commerciaux tourne au détriment de tous ceux qui y sont intéressés. Il s'était employé avec succès à réduire les fonctions de l'État ne se pose pas. Pour lui l'État n'a d'autre mission que de protéger la vie et la propriété des citoyens contre les assassins et les voleurs. Il est donc de peu d'importance pour le libéralisme que tel ou tel pays fasse ou non partie de "chez nous". Que l'État s'étende plus ou moins dans l'espace semble indifférent à une époque qui abolit les barrières douanières et qui cherche à uniformiser les systèmes juridiques et administratifs des différents États. Vers le milieu du XIXe siècle pour les libéraux les plus optimistes l'idée d'une société des nations, d'un véritable État mondial pouvait sembler réalisable dans un avenir assez proche.

En ce temps-là les libéraux n'avaient pas assez prêté attention au plus grand obstacle qui s'opposait au développement du libre-échange mondial : le problème national. Les socialistes, eux, ne s'aperçoivent pas du tout que pour la société socialiste cet obstacle est encore bien plus important. L'incapacité qui empêche les marxistes d'aller plus loin que Ricardo en matière d'économie politique et leur inintelligence de toutes les questions de politique nationale leur interdit d'entrevoir seulement les problèmes qu'elles soulèvent.

Notes

Ludwig von Mises, ''Socialism''

Notes

[1] Cf. Poehlmann, t. I, pp. 110..., pp. 123...

[2] Cf. Tugan-Baranowsky, Der moderne Sozialismus in seiner geschichtlichen Entwiclung, Dresde, 1908, p. 136.

[3] Cf. Pecqueur, p. 699.

[4] Cf. Marx-Engels, Das kommunistische Manifest, p. 23.

[5] Cf. Bismarck, Discours prononcé à la séance du Reichstag, le 19 février 1878. Fürst Bismarcks Reden, édit. v. Stein, t. VII, p. 34.

[6] Cf. Bauer, Die Nationalitätenfrage und die Sozialdemokratie, Vienne, 1907, p. 519.

Politique d'égalisation régionale, dépenses et égalité réelle

Un petit billet sur les leçons que l'on peut tirer de l'expérience belge en la matière. Comme vous le savez, la Belgique a été, de 1831 à 1977 un Etat unitaire. Depuis lors, le pays est divisé en trois régions administratives, au sein d'une organisation de type fédéral. La Wallonie, industrielle, berceau du charbon, de la scidérurgie et de la chimie, a connu durant tout le XXe siècle un essor conséquent. La Flandre, elle, a été plutôt à la traîne, à tout le moins jusque dans les années soixante.

Depuis 1993, le pays est séparé en trois régions autonomes. Ni le Nord, si le Sud, ni Bruxelles, ne peuvent être assimilés à de véritables économies de marché. Comme presque toute l'Europe continentale, la Belgique a une économie mixte. Une loi de 1960 planifie l'économie et crée le Bureau du Plan. Cette économie semi-administrée est, un peu à l'instar de l'Italie, au service des partis politiques, traditionnellement très puissants en Belgique.

Cela étant, la Belgique a évolué petit à petit vers une plus grande séparation culturelle, au profit de mouvements régionalistes de plus en plus puissants. Les mouvements nationalistes flamands ont une grande influence, notamment le Boerenbond. Ils aspirent à la constitution d'un Etat flamand indépendant. Les Wallons, eux, espèrent dans une large mesure un éventuel rattachement à la France. Je me souviens de l'époque pas si lointaine durant laquelle je vivais proche de ces froides contrées, et où je regardais chaque jour le journal de la RTBF 1, diffusé en boucle à une heure jusqu'à une heure fort tardive. Anne Delvaux, la blonde présentatrice évoquait presqu'au quotidien ces frictions Nord-Sud, ainsi que le cas particulier de Bruxelles.

Cette séparation culturelle est le reflet de l'évolution opposé de la Flandre et de la Wallonie sur le plan économique. En effet, le chômage s'est continûment accru en Wallonie, juisqu'à atteindre 17% de la population active, contre 7% en Flandre. Bruxelles connaît un sort encore pire, puisque la capitale bilingue atteint le taux record de 22% en décembre 2003. Le déclin de Bruxelles est par conséquent fort similaire à celui de la Wallonie.

Le PIB par habitant n'atteint donc que 10 675 € à Bruxelles, contre 10 783 € en Wallonie et surtout 12 563 en Flandre (la moyenne européenne étant de 11 801 €).

Pour remédier à ces différences de niveau de vie, les Belges ont créé plusieurs instruments. Au premier rang desquels l'impôt sur les personnes physiques (IPP) qui, depuis 1989, permet aux régions aux revenus par habitant les plus bas de recevoir le plus de subventions, via un fonds d'intervention de solidarité nationale. C'est évidemment le cas de la Wallonie et de Bruxelles. Quant à la Flandre, elle, elle n'a rien perçu.

Résultat ? Les revenus par habitant à Bruxelles et au Sud ont bien progressé ; mais ceux de Flandre ont progressé encore plus. Si bien que Bruxelles, qui, en 1994, était la région la plus riche, n'est en 2003 qu'en seconde position, derrière la Flandre. Voir les résultats de cette intéressante étude dans ce papier d'Olivier Doms.

Alors les impôts régionaux ont été augmentés eux aussi. A Bruxelles, les impôts régionaux sur le revenu ont augmenté de 252,52 M€ en 1996 à 780,22 M€ en 2003. Les transferts de compétences n'expliquent pas à eux seuls une telle hausse.

Enfin, la sécurité sociale a été réformée. Elle inclut l'assurance maladie, maternité, décès, les pensions de retraite, l'assurance-chômage et divers autres programmes sociaux. La Flandre, ici aussi, subventionne le Sud, à hauteur de 2,91 Mds€.

Selon la banque KBC, les transferts totaux depuis la Flandre, en direction de Bruxelles et de Wallonie, sont de 5,43 Mds€ en 2002 (3,76 Mds€ en 1990). Loin d'avoir amélioré le niveau de vie des habitants du Sud, cette politique a plongé dans l'assistanat de nombreuses villes : Liège, Mons, Charleroi, Bruxelles.

Les Flamands ne veulent d'ailleurs pas reduire les impôts et les dépenses payées par la Flandre ; ils veulent simplement que cet argent puisse servir leurs propres ambitions.

La Wallonie continue d'augmenter ses taxes. Bruxelles en crée de nouvelles. Ainsi en est-il par exemple du nouveau code du Logement, dont le seul effet est de diminuer plus encore le parc immobilier privé au profit du locatif social public. On couvre d'opprobre les propriétaires qui augmentent leurs loyers. Mais ils le font parce que le niveau prohibitif des droits de mutation n'encourage pas les moins fortunés des propriétaires à faire fructifier leurs capitaux. Les lois protégeant les locataires à bas revenus réduisent l'offre de logements proposés à la location, ce qui est un effet pervers bien connu en France également. Les impôts immobiliers atteignent en Wallonie un niveau 20% plus élevé que celui de Flandre.

En quatre ans, les dépenses bruxelloises sont passées de 1,769 à 2,122 Mds€.

Comme le dit Olivier Doms en conclusion, l'expérience belge de politique d'égalisation régionale n'atteint pas les buts affichés. Au lieu d'étendre la prospérité des régions riches vers les régions pauvres, elle a accéléré la chute de ces dernières. Les politiciens de Wallonie et de Bruxelles voient dans les programmes de transferts régionaux le moyen d'accroître leur empire bureaucratique et leurs dépenses. Les transferts régionaux ont isolé ces deux régions des conséquences de ces régimes de régulation, ce qui les appauvrira plus encore.

Au lieu de réduire les velléités séparatistes, cette politique les a intensifiées.

Ayn Rand : centenaire

Je ne suis pas très fan d'Ayn. Outre qu'Ophélie est plus agréable à regarder, Mariah plus agréable à écouter et Colette plus agréable à lire, Ayn et son objectivisme me laissent de marbre et ne me convainquent guère. Je leur préfère le subjectivisme de Lachmann, sinon de Mises. Même si je sais que l'opposition entre ces auteurs n'est pas aussi simple qu'une lecture superficielle pourrait le laisser supposer.

Néanmoins, alors qu'on célèbre en ce moment le centenaire de sa naissance, je voudrais néanmoins citer cette pensée d'Ayn qui est si anticonformiste qu'on ne peut que l'apprécier :

Beaucoup de professeurs de morale - aussi bien Jésus que John Stuart Mill - nous enjoignent à aimer nos semblables. Rand, comme l'enfant des Habits neufs de l'Empereur répond : "Avez-vous déjà rencontré ces personnes?"

Aimer tout le monde ? La plupart des personnes ne méritent simplement pas notre amour. Même un étranger extrêmement agréable n'a pas à exiger notre aide, et la plupart de nos semblables n'atteignent même pas ce seuil. En outre, insister tout le temps sur la quasi-obligation d'aimer chacun facilite l'oubli de notre premier devoir vis-à-vis de nos semblables : les laisser tranquilles.

Intellectuels et effets pervers

Puisque tout procès doit être instruit à charge et à décharge, j’ajouterai que l’hostilité des intellectuels - de beaucoup d’intellectuels - au libéralisme provient aussi dans une certaine mesure des effets pervers engendrés par l’ordre libéral. Mais l’ironie veut que les mêmes intellectuels qui condamnent l’ordre libéral soient aussi ceux qui en défendent certains des effets pervers. Dans mon livre, j’ai pris un certain et peut-être un malin plaisir à illustrer ce point par une variation sur un thème de Tocqueville : il soutient dans sa seconde Démocratie en Amérique, en s’appuyant sur ses observations américaines, qu’une société où les produits culturels sont des produits de consommation courante soumis à la loi de l’offre et de la demande constitue un terrain favorable au développement de la vulgarité.

Je crois qu’il a raison et j’ai choisi d’évoquer sur ce chapitre le cas de la télé-réalité. J’ai proposé d’analyser ce phénomène comme une réponse novatrice à une demande. Le public aime qu’on lui montre des célébrités. Or les célébrités qui doivent leur succès à leurs mérites et dont les mérites et la personne sont médiatisables sont trop peu nombreuses pour répondre à une demande qui se fait explosive sous l’effet notamment de la multiplication des chaînes de télévision. D’où l’idée de proposer au public des célébrités, celles de Loft story ou de la Starac, dotées de mérites et de talents entièrement virtuels.

Poussant cette ligne de réflexion un peu plus loin, j’ai proposé à titre d’hypothèse qu’on peut analyser les cotes astronomiques atteintes par certains peintres - comme Yves Klein, dont la trouvaille principale a consisté à peindre en bleu des objets quelconques, par exemple les éponges qu’on peut se procurer chez le droguiste du coin - comme résultant d’un excès de la demande sur l’offre d’oeuvres d’art.

Je crois qu’on peut analyser de la même façon la production des syndromes généreusement inventés par la psychiatrie moderne, comme le syndrome de Sissi qui veut que l’allant et la vitalité puissent être des signes de mal-être, voire de dépression. Ces innovations dignes du Dr. Knock sont, me semble-t-il, un effet d’une inflation de la demande de santé et tout simplement de bien-être psychique.

Ces mécanismes pervers seraient sans importance s’il suffisait d’ignorer ces produits douteux. Mais il est bien possible que la loi de Gresham s’applique au cas des produits culturels : que, de même que la mauvaise monnaie chasse la bonne, les oeuvres d’art insignifiantes et les idées fragiles et douteuses chassent les bonnes en en décourageant la production.

On reconnaîtra qu’il serait difficile de lutter contre ces effets pervers, si effets pervers il y a bien, sans mettre en cause des valeurs fondamentales, comme la liberté d’opinion et de création. C’est pourquoi sans doute les intellectuels qui dénoncent les effets indésirables du libéralisme songent rarement à évoquer ce type d’effets.

Raymond Boudon, Rencontre Turgot du 5 mai 2004.

Liberty and Order

I was flipping through my preset radio channels and stopped on NPR to catch the tail end of an analysis of Bush's inaugural speech. One of the commentators (I wish I knew his name) offered a gem that went something like this:

I wish Bush would stop playing the liberty card so much when it comes to Iraq. We've got too much liberty in Iraq; we've got chaos. What we need in Iraq is not more liberty, but order, a word that conservatives used to be comfortable with.'

This is a typical view, and is quite similar to a slick syllogism that one of my conservative college professors once employed in order to (supposedly) refute extreme libertarianism: 'People can't have absolute or total freedom, because if I'm free to kill you, then you're not free to live. Therefore we need a government to restrict some of our natural liberties in order to guarantee a certain range of freedom for everyone.'

In the present article I'd like to explore these views. In the first place, they rest on a fundamental confusion over the definitions of liberty and freedom. But more important, they completely misunderstand the basis for the "spontaneous order" that is modern civilization.

Ambiguous Definitions

Of course, one understands where such conservatives are coming from. They think that people enjoy liberty and freedom to the extent that the government allows them to do certain things without fear of punishment. Therefore, because terrorists are "allowed" to operate in Iraq, the analyst on NPR concluded that Iraqis have too much liberty, and hence the need for Bush to stop pushing liberty and instead demand order.

Yet notice that there is a subtle confusion here. The only sense in which Iraqis are "allowed" to attack US convoys and fire mortars into police stations is that they are in fact doing it—the Iraqi government, as well as the US occupation forces, certainly hold the official position that such behavior is against the law. Moreover, it's not even the case that such terrorist acts, though illegal in a de jure sense, are de factolegal; the military and police forces are certainly not winking at terrorism.

On the contrary, the US and Iraqi personnel will kill you if they catch you in the act of terrorism (and sometimes even if they don't). Thus, if our NPR analyst wants to say that Iraqis have the freedom to engage in terrorism and that the US military needs to revoke such liberties, to be consistent he would also have to say that people in the US currently are free to deal cocaine and kidnap children, and that the government might want to consider revoking such liberties.

Let's consider the argument of my college professor, which also rests on a definitional confusion. Recall that he said the goal of absolute liberty is not only undesirable, but downright contradictory: If Jones is free to kill Smith, then Smith can't at the same time be free to live.

Now this is just silly. Suppose that two people want to join a gang, and so the leader says, "Okay, you two are going to fight and the winner gets in." The two men inquire as to the rules of engagement. The leader responds, "There are no rules; you can do whatever you want. Now fight!"

Notice that in this story, if we were to follow the example of my college professor, the gang leader would have just uttered a nonsensical statement. For clearly each person can't do "whatever you want"; if the first guy wants to knife the other guy, and the other guy doesn't want to start bleeding, then at best only one of them can enjoy the freedom ostensibly promised to them both. The resolution, of course, is that when the gang leader in our story said "you can do whatever you want," he meant that the gang would not intervene to ensure the observance of certain rules during the fight. He did not mean that each person would be able to achieve whatever outcome suited his fancy.

In a perfectly analogous fashion, the government certainly can grant "absolute freedom" to its subjects—it can cease to operate at all. This involves no logical contradiction, so long as we remember not to confuse freedom with power. (My college professor could just as easily have argued that we can't have total freedom because Smith can't have the freedom to travel to Pluto.)

In case my gang analogy isn't convincing, consider a different example: If we adopt terminology such that Smith's freedom to kill Jones impinges on Jones's freedom to live, then we would also have to conclude that US citizens currently lack the freedom to burn a particular copy of The Communist Manifesto. After all, if Smith has the freedom to burn the book in question, then Jones can't also have this freedom; once the book is burned, no one else can burn it. But is this a very useful definition of freedom? Freedom and Property

What then is a better definition for these important terms? I submit that the only sensible route is to link freedom with a widespread respect for property rights. (Notice that this includes one's ownership of his or her body parts, and hence rules out things like murder and rape.)

This approach captures the essence of the classical liberal tradition concerning the rule of law and individualism, while avoiding some of its own ambiguities. (For example, many such scholars define liberty as not being subject to another's arbitrary will, but this definition also flounders if we take it literally.) Of course, equating freedom with respect for property rights doesn't finish the task of the political and legal theorist; we must then define the nature and content of property rights. Nonetheless, I claim that it's the first step to a proper understanding of freedom. Freedom and Order

Finally, we can move beyond matters of definition and consider the discoveries of economists and other social scientists who have appreciated the benefits of freedom: Not only does a widespread respect for property rights appeal to one's intuitive sense of fairness, but it also is indispensable for modern society. That is, if people generally did not refrain from theft and murder, then the division of labor and hence civilization would be impossible. To the extent that a monopoly government infringes on people's property rights (for example in its claimed right to tax), then it necessarily hampers the development of the social bonds and prosperity lauded by pro-Western thinkers.

In the case of Iraq, we see that the prescription of the NPR analyst is precisely backwards: Iraq suffers not from a lack of a violent group imposing their will on a subject population, but rather Iraq suffers precisely because it was originally subject to the "law and order" vision of Saddam Hussein, and now the "law and order" goals of US politicians. Serious thinkers have known for centuries that society is a complex, spontaneous order, which cannot be centrally directed at gunpoint. How long will it take the politicians and pundits to grasp this fact?

Robert P. Murphy, from Mises Institute

Ka-reine s'est endormie

Il paraît, à en croire Coldstar, que vous m'attendez toutes et tous sur ce terrain, pourtant glissant. Alors je m'y engouffre.

Je voudrais vous conter en quelques lignes l'histoire de Karen, née par un grand froid, une nuit enneigée d'hiver.

Karen était une petite fille de bonne famille. Elle vécut toute son enfance dans les Monts-du-Lyonnais, orgueilleux promontoire dominant l'ouest de la ville. De là, la petite fille rêvait, seule dans sa chambre, le yeux rivés sur le plafond étoilé de ses désirs. Elle s'imaginait reine, princesse, fée.

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Adieu Momo

Jacques Villeret est décédé il y a quelques jours.

Pour moi, il restera à jamais le Momo de Malevil. Film culte, bouquin culte de Robert Merle.

Nonobstant les infos parues ici ou là, les proches de Jacques - et notamment Francis Veber - ont indiqué qu'il

avait cette maladie qu'est l'alcoolisme et on sentait qu'il flirtait avec la mort en permanence.

Comme moi ! Alors bye bye frérot.

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