Liberopensiero (libre-penseur) présente ici une comparaison, issue des réflexions du conseiller pour la sûreté nationale de l'ex-président américain Jimmy Carter, Zbignew Brzezinski. Selon ce dernier, la tendance à un centralisme de facture stalinienne du régime de Poutine ne doit pas être confondue avec le retour à une certaine forme de totalitarisme communiste. En effet, les Russes ont compris que le communisme équivaut à une régression économique et politque, et l'élite sait que retourner au régime communiste équivaudrait à renoncer à quelques privilèges. Par conséquent, tous les intérêts s'accordent pour promouvoir en Russie un capitalisme d'État, sujet à un contrôle strict de centre, qui offre les avantages de la richesse et des voyages à l'étranger. Il représente pour beaucoup la meilleure formule pour recevoir des gratifications et voir réalisées les aspirations nationalistes.

Brzezinski en tirait la conclusion que le régime de Poutine ressemble toujours plus au fascisme de Mussolini.

Le régime fasciste parlait de la grandeur de la nation italienne et de la discipline, en exaltant le mythe d'un passé plein de gloire. Poutine fait de même.

Le Duce donna de la rigueur aux horaires des trains italiens ; il centralisa le pouvoir politique au nom du nationalisme. Poutine fait de même. Il favorisait les prises de contrôle de l'économie, sans toutefois la nationaliser ou éliminer les oligarques et leur mafia. Poutine également. Poutine - observait le conseiller de Carter -

cherche à unir les traditions de la Tcheka (la gestapo de Lénine), le leadership de Staline, la revendication de l'orthodoxie russe d'une troisième Rome, et rêves panslaves d'un unique grand État guidé du Kremlin.

Brzezinski est optimiste quant à l'avenir, nous le sommes moins.

Voir également cette lettre du Corriere della Serra.